10 bonnes raisons pour s’autoéditer

Je parle en général du «comment» sur ce site. Comment s’autoéditer en numérique, publier son livre sur Kindle, Kobo ou iBooks pour trouver des lecteurs qui en redemanderont, qui seront là pour être vos supporters, être vos fans et vous permettre de passer votre temps à écrire des livres intéressants ou distrayants, joyeux ou sombres.

Mais pour quoi s’autoéditer plutôt que de passer par la voie royale de l’édition traditionnelle ?

J’ai recensé plusieurs raisons valables.

Choisissez celle qui vous plaît le plus et laissez la vous porter plus loin, plutôt que de simplement vous dire «Parce que je le vaux bien».

Alors, pourquoi s’autoéditer ?

Pour être indépendant et avoir le contrôle

Vous pouvez avoir l’indépendance et  le contrôle de votre destin chevillé au corps. Et tant pis si cela signifie que vous paraissez parfois un peu égoïste, ou solitaire. Mais quand vous vous rendez compte que la personne qui est la plus créative et croit le plus en vous, c’est vous, vous vous dites que tant qu’à faire, autant donner le contrôle à la persona qui est le plus de votre côté.

Je dois avouer que c’est un de mes travers. J’aime collaborer avec certaines personnes, j’aime m’appuyer ou être en support, mais j’aime par dessus tout avoir le contrôle de mes succès et de mes échecs.

Cela veut dire qu’on aura des relations différentes au travail, à la manière de faire du travail, cela signifie aussi qu’on prend l’entière responsabilité de ce qui se passe, même si on n’est jamais à l’abri d’être aussi aidé par cette fameuse «chance».

Après , cette indépendance peut être à géométrie variable. Vous pouvez être dans un collectif, créer un label comme Bad Wolf, dont Audrey Alwett est la représentation. Vous pouvez être dans des groupes Facebook où les membres se serrent les coudes. Vous pouvez être un peu plus isolé. Mais vous devrez parler à vos lecteurs, vous ne serez donc pas complètement isolé.

Pour faire comme un homme

Oui, mesdames, l’édition, c’est pour les mecs, les vrais… C’est comme souvent un milieu assez masculin et très phallocrate. La notion de plafond de verre existe aussi bien dans l’édition que dans d’autres secteurs.

En aparté, je vais me lancer dans la couture aussi… un secteur apparemment très féminin 😉 ce sera l’occasion pour moi de vous dire si les femmes sont aussi vaches que les hommes. Fin de l’aparté.

Les lectrices sont plus nombreuses que les lecteurs. Et pourtant, les auteurs sont plus nombreux que les autrices (on dit bien actrice, pourquoi pas autrice ?). Y a-t-il une raison à cette disparité ? Je veux dire, à part la théorie des genres, le complot judéo-musulman trotskiste et autres foutaises ? La seule raison est que les femmes sont des femmes, pas des hommes. Pourtant les femmes peuvent souvent écrire mieux que des hommes, n’en déplaise à certains.

Je regarde la liste des personnes que j’ai reçu en podcast, et j’y vois plus de femmes que d’hommes. Ce n’est pas qu’elles aient plus de talent en tant que genre. Individuellement, si peut-être. Les trois lauréats du prix Amazon d’octobre étaient des lauréates. Et je suis sûr que s’il soulevaient la couverture, les statisticiens d’Amazon Kindle nous révèleraient que les femmes aiment plus lire des livres, et des livres de femmes.

Homme, femme, enfant ou vieillard, tout le monde a le droit de s’autoéditer. Vous n’avez plus besoin de demander la permission.

Pour choisir votre planning

Vous fourmillez d’idées et vous voulez publier 3 livres par an ? Vous aimez définir dans le temps vos propres objectifs ? Il y a intérêt à ce que vous aimiez être responsable de votre planning, car quand les retards vont se produire, vous ne pourrez pas reprocher cela à quelqu’un d’autre.

Maîtriser son planning, c’est à dire en définir un, le respecter et l’analyser, c’est quelque chose que vous allez devoir apprendre à faire si vous voulez durer et établir une relation dans la durée avec vos lecteurs.

Vous ne pourrez évidemment pas leur dire : «publication du livre tel jour» et vous rendre compte la veille que vous allez rater l’échéance. Ou peut-être une fois, mais guère plus.

Mon conseil : n’annoncez jamais quoi que ce soit avant que ce soit prêt ! Le nombre de personnes qui se sont fait mordre par un retard involontaire est effrayant.

Cela veut dire aussi qu’en tant qu’indépendant vous allez pour voir fixer vos propres échéances, et publier au rythme qui vous convient par rapport à vos objectifs. Ou au rythme qui vous permet d’atteindre vos objectifs. Ou au rythme qui est nécessaire pour atteindre vos objectifs, que vous soyez paresseux ou non.

A l’inverse, je vous rappelle que l’éditeur peut faire traîner la publication de votre livre, que vous ne pouvez pas écrire un livre et le publier dans la semaine qui suit dans le circuit traditionnel. Cela permet de prendre son temps, certes, mais j’ai entendu plusieurs auteurs ou autrices dire qu’ils avaient oublié une publication quand leur éditeur leur en a parlé.

Parce que vous écrivez dans un genre niche

Oui, l’édition traditionnelle est considérée comme la voie royale. Mais y a-t-il un éditeur pour chaque genre et sous-genre, pouvez vous y accéder ? Pouvez vous rentrer dans la «ligne éditoriale» qui conviendrait à telle entreprise ou telle autre ?

Il y a de nombreux genres avec lesquels les maisons d’édition, aussi grandes et connues qu’elles soient, ne savent pas pas travailler. Et ceci aussi parce que les librairies ne sont pas prêtes à accepter les titres correspondants.

Prenons un exemple que je connais pour avoir étudié la problématique : la comédie policière. Que j’aille à la Fnac, chez Decitre, ou dans d’autres librairies, plus petites, je n’ai aucun rayon qui corresponde. Que ce passe-t-il pour une comédie policière qui arrive chez ce libraire ? Celui-ci ne sachant qu’en faire, va la mettre dans les polars.

Non ! Erreur de casting ! Jamais ce livre ne trouvera de lecteur dans la catégorie polar, car ce n’en est pas un.

Les boutiques virtuelles, avec leurs rayonnages infinis et leurs sous-catégories à tiroirs, peuvent être plus adaptées. Déjà ce livre pourra se retrouver à la fois en policier et en humour, et pas seulement en policier. Et, pourvu que le genre commence à se définir par lui-même, la boutique en question peut créer un espace pour accueillir tous les livres de ce genre, leur donnant ainsi une meilleure visibilité.  C’est comme si on ajoutait des rayons dans les rayons d’une librairie.

Pour faire votre propre marketing

Il y a des gens qui n’aiment pas ce mot, mais il y en a d’autres qui ont choisi de présenter leur activité sous leur nom comme une véritable marque.

Pour cela, ils considèrent leurs livres comme un outil supplémentaire de rentrer en contact avec leurs prospects et de développer leur tunnel de vente avec eux. C’est à dire qu’avoir un livre, et se présenter comme auteur a un certain prestige (je suis moi même auteur, mes chers, veuillez vous éloigner de mon piédestal).

Vous vendez des formations pour faire des blogs, devenir riche, devenir vous-même auteur sur Kindle iBooks et Kobo ? Avoir des livres sur les boutiques de livres numériques est un bon moyen de capter l’attention de votre cible. De la fidéliser. De lui faire de “l’upselling”.

Je ne m’en cache pas, je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas. Pour certains, lire un de mes livres suffira. Pour d’autres, qui voudront aller plus loin ou auront besoin de plus d’infos, d’exercices pratiques, de suivi, ce sera indispensable de suivre une formation en ligne. Et le jeu en vaut la chandelle, pour eux.

Et il y a le marketing “one to one”, une expression qui a disparu du radar, un truc des années 90 (et les années 90, c’était bien quand même !). Le marketing effectué par un éditeur traditionnel est généralement très déconnecté du lecteur : ils ne savent pas qui il est, il ne peuvent pas le savoir tant il y a d’intermédiaires. Alors qu’avec l’autoédition numérique, si vous utilisez votre site web, votre mailing-list, vous pouvez gagner ce rapport avec votre lecteur et faire du vrai marketing one-to-one. En tout cas, aller plus loin dans la gestion de la relation.

Que vous soyez auteur autoédité ou en passant par un éditeur traditionnel, vous pouvez en tirer parti. Je pense même que de nombreux auteurs traditionnels auraient beaucoup intérêt à sortir de leur tour d’ivoire et pratiquer ce type de relations avec leurs lecteurs, pas seulement lors des salons.

Pour vous amuser et être créatif

Le livre numérique permet des choses que le livre papier ne permet pas. Et inversement. Je chéris mon exemplaire de Envisioning Information d’Edward Tufte, impossible à réaliser probablement en numérique.

Mais entre l’audio, la vidéo et l’interaction, le livre numérique peut être un nouveau medium multimedia (un vrai, pas comme les CD rom que j’ai fait dans ma jeunesse, pourvu que la technologie soit pérenne).

Qui dit livre plus complet dit souvent aussi livre plus complexe à réaliser. Qu’il s’agisse des livres avec ambiances sonores comme ceux de Booktrack, des livres avec lecture “Read Aloud” (lecture simultanée) ou des livres multimedia comme ceux que propose iBooks et iBooks Author, vous pouvez aller beaucoup plus loin.

Vous pouvez publier sur votre blog puis en faire un livre, faire parler votre livre et votre site, mettre des vidéos dans votre livre ou dans votre site etc. Et je ne parle pas des œuvres plus complexes de livres multimedia que certains réalisent.

Pour republier vos livres

Ah, le pilon ! Quelle belle invention. Car c’est comme le feu sacrificiel qui brûle nos amours déçues.

C’est aussi ce moment où un éditeur traditionnel peut vous rendre vos droits. Oui, parfois, il faut lui faire une clé, ou tel Hulk Hogan, lui sauter dessus depuis la troisième corde du ring. Votre livre a eu le succès qu’il pouvait avoir dans le circuit traditionnel, avec cet éditeur.

Il sera difficile de retrouver un nouvel éditeur pour le même livre. Les éditeurs «détestent» les rééditions en général, en tout cas celles qui ne sont pas en coffrets. Le poche ? N’y pensez pas.

Mais est-ce à dire que votre livre n’a plus d’intérêt ? Il y a des livres qui ont été édités en 1936, en 1924, qui sont toujours publiés aujourd’hui et sont dans les premières places de leurs catégories. Il y a des livres qui ont disparu avant d’être réédités (voir Je suis une légende dans l’article suivant).

Quant au domaine public, il contient quelques bouquins qui ne sont pas si nuls que ça, hein… Ce n’est pas parce que c’est vieux que c’est mauvais.

Parce que vous gagnerez plus de vos ventes

Alors là, c’est pas évident du tout ! Mais c’est pourtant complètement vrai.

  • Pas évident du tout parce que vous ne pourrez gagner plus que si vous faites des ventes. Or, étant seul cela vous sera malgré tout plus difficile. Au début, et si vous ne vous accrochez pas.
  • Complètement vrai car être auteur dans l’édition traditionnelle, cela ne paye pas.

Les gains d’un auteur dans le circuit des livres numériques, compte tenu du prix de l’édition et de la distribution, sont censés être meilleurs. Pour un auteur autoédité, c’est particulièrement vrai quand il touche des royalties de 70% au lieu de 5-10% (15% étant très rare).

Les volumes ne sont toutefois pas les mêmes. Ou le sont ils ? Qui peut dire si tel livre aurait vendu plus d’exemplaires en papier ou en numérique ? Pour certains de ces livres, c’est délicat.

Pour ne pas tomber dans le piège du compte d’auteur

Ne tapez pas le mot «auto-édition» sur Google, vous seriez assailli par des hordes de publicités pour des entreprises qui vous disent qu’elles vont vous transformer en auteur de bestseller.

Alors je vais dire tout le mal que je pense de ces maisons d’édition non pas dans le métier qu’elles exercent mais dans la promesse qu’elles font, les ressorts qu’elles utilisent etc.

Elles sont la honte de la profession d’éditeur.

Vous aurez de la chance si vous trouvez une maison d’édition à compte d’auteur qui se limite à faire bien son travail d’édition et d’impression. Celles ci sont malheureusement aussi touchées par l’opprobre car elles sont trop proches des pires.

Les pires vont en plus vous faire de l’extorsion. Extorsion sur les volumes, extorsion dans les contrats (avec des clauses qui frisent la prison à vie, pour vous).

Ne signez jamais un contrat avec une maison d’édition sans l’avoir fait lire par un avocat qui s’y connait dans le droit intellectuel. Et non, le cousin Jean-Jacques qui traite des divorces n’est pas qualifié !

Parce que vous n’avez pas trouvé votre éditeur

Après tout, c’est peut être la raison la plus simple, la plus évidente : vous avez laissé tomber. Vous avez envoyé vos tapuscrits, manuscrits et autres emails à des dizaines d’éditeurs, en recommandé, en Word par mail. Et, perdu dans la masse de 20, 40 ou 60 manuscrits quotidiens, vous n’avez pas réussi à convaincre. On ne vous a pas lu est un extrême, votre manuscrit est nul en est un autre.

Oui, J.K. Rowling a essuyé 12 refus avant de publier Harry Potter. Oui, Stephen King a passé des années à publier des histoires courtes dans une presse bienveillante et intéressante avant de pouvoir écrire un vrai roman et devenir l’auteur à succès que l’on connaît. Mais tout ça, ce sont des histoires qu’on raconte aux enfants auteurs le soir pour leur faire peur.

La seule chose qui compte c’est que vous êtes auteur, que vous savez trouver les lecteurs qui vont apprécier ce que vous avez écrit. Qui vous remercieront de l’avoir écrit et de leur avoir accordé un bon moment, de leur avoir appris quelque chose.

Pour cette raison, vous devez déjà vous remercier. Pour avoir le courage d’aller tout seul affronter les lecteurs, vous jeter dans l’arène. Cette raison aussi est bonne. A vous de le prouver.

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