Mémé dans les orties avec Aurélie Valognes

Le podcast pour publier sur Kindle iBooks et Kobo
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Dans cet épisode 6, Aurélie Valognes nous raconte son parcours rapide vers le succès en tant qu’auteur autoéditée, et nous livre ses habitudes personnelles pour l’écriture. Elle partage avec nous aussi sa stratégie actuelle pour développer cette activité d’autoéditrice.

Pour écouter directement cet épisode :

Vous pouvez retrouver Aurélie sur son site et sur sa page Facebook. Je vous conseille de vous inscrire à sa newsletter si vous appréciez son roman. Si vous ne l’avez pas encore lu, vous pouvez le trouver sur Amazon Kindle et dès le 15 mai en librairie, disponible en précommande chez Amazon.

J’avais déjà enregistré une intervention d’Aurélie pendant une table ronde d’Amazon Kindle au Salon du Livre de Paris 2015, disponible ici.

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Place à la transcription :

Cyril. – Bonjour ! Aujourd’hui, j’accueille Aurélie Valognes, qui est auteur, qui a publié un livre sur Kindle au mois de juillet : Mémé dans les orties, et qui a rencontré depuis un très beau succès, puisqu’elle a vendu je crois plus de 24 000 exemplaires depuis le mois de juillet sur la plateforme Kindle. Bonjour Aurélie !

Aurélie. – Bonjour Cyril !

Cyril. – Merci de m’accueillir. Merci de m’accorder cet entretien. Alors, comme souvent avec les personnes qui sont auteur et qui ont publié sur Kindle, je vais te demander comment tu avais découvert l’autoédition.

Aurélie. – L’autoédition, pour moi, est vraiment arrivée par hasard. J’étais plus focalisée sur l’écriture de mon livre. Je ne me suis pas forcément posé la question de ce que j’allais en faire derrière. Je comptais l’envoyer à des maisons d’édition traditionnelles, par la poste. Et puis, étant donné que mon roman, je l’ai terminé en juillet, je me suis quand même dit : je tombe dans une mauvaise période parce qu’il n’y aura peut-être pas un retour très rapide des maisons d’édition. Et puis, mon roman est un roman assez léger, qui conviendrait tout à fait pour un roman de plage ; et je trouve ça dommage de ne pas le donner à lire tout de suite à des lecteurs.

Et puis, dans un troisième temps, j’ai aussi eu mon mari et ma meilleure amie qui m’ont dit : « Ton livre est très très bien, bravo ! » et je n’ai absolument pas cru à leur histoire. Je me suis dit : bon, OK, ils me disent ça vraiment pour me faire plaisir ; mais ils n’ont pas le choix de me dire que c’est un bon livre. Et donc, moi, ça m’a vraiment donné envie d’avoir un avis très très neutre. Et donc je me suis dit : mais je devrais le mettre sur Internet. Et donc j’ai commencé à chercher un peu quelles étaient les options. J’ai trouvé le livre à compte d’auteur, mais donc c’était plus pour le livre papier. Et puis, après, donc, j’ai vu qu’Amazon proposait KDP et je me suis dit : pourquoi pas tenter l’aventure ? J’ai ouvert la plateforme et très rapidement le livre s’est retrouvé en ligne.

Cyril. – D’accord. Cette fameuse mise en ligne, tu l’as faite comment ? Tu t’es lancée à corps perdu dans l’application très rapidement ou tu as un petit peu tâtonné avant de le faire ?

Aurélie. – Alors, en fait, ça s’est fait vraiment très très vite parce que le jour où je suis allée voir la plateforme KDP pour la première fois, ça a été le même jour où je me suis décidée à le mettre en ligne. En fait, j’ai commencé à voir la structure : c’était facile, c’était en français… Rentrer le titre : j’avais déjà mon titre. Rentrer la description : j’ai tapé une description, que je n’avais pas forcément préparée, mais je savais de quoi parlait mon roman, donc je l’ai laissée. Choisir les catégories : on n’avait pas quinze milliards de choix, donc j’ai mis littérature générale et littérature humoristique, qui correspondaient tout à fait à mon roman. Et puis après, très vite, on nous demande un prix. Je me suis dit : bon, je vais mettre un prix assez bas, mais pas trop trop bas, donc 2,99 € : j’avais déjà vu sur Internet que c’étaient des prix qui pouvaient se faire pour attirer aussi le lecteur. Et puis, très très rapidement, on demande : « Sauvegarder et publier ». Et là, je me suis dit : OK, go ! J’ai sauvegardé et publié le même jour, et le livre était prêt à être mis en ligne aussitôt.

Cyril. – Oui. Vingt-quatre heures plus tard, en général, voire même avant.

Aurélie. – Exactement, oui.

Cyril. – Et qu’est-ce qui s’est passé ensuite, pour toi ?

Aurélie. – Et donc, pour moi, ça a été un peu la grosse frustration, parce que forcément je dis à tous mes amis, à ma famille : j’ai écrit un livre (parce que personne ne le savait), est-ce que vous pourriez l’acheter, le lire et mettre un commentaire ? Et là, très vite, je me rends compte que mes amis ne lisent pas ! Donc ils ne vont pas non plus lire pour moi. Que ma famille lit, mais pas tant que ça. Ma mère, elle doit lire quatre livres par an, et plutôt lentement. Donc pas grand-monde ne me soutient à ce moment-là. La famille de mon mari un peu plus. Et donc au final, chacun commence à acheter son petit exemplaire, à le lire, à me dire : « Ce n’est pas trop mal, bravo ! », mais personne ne laisse d’avis sur Amazon.

Donc grosse frustration, parce que le livre existe sur la plateforme, n’a pas encore d’avis, et les premiers avis sont hyper importants pour générer aussi des avis de personnes que je ne connais absolument pas. Et donc, au bout de trois semaines, enfin je commence à avoir quatre, cinq, six, sept avis. Et des nouveaux avis qui commencent à arriver de personnes que je ne connais pas du tout. Des Sylvie, des Chantal, Frédéric… Donc des prénoms, vraiment, que je ne connais pas et qui ne sont pas de ma famille ! Et mon roman arrive à ce moment-là, je crois, dans le top 11 de la littérature humoristique, donc je suis extrêmement ravie. J’en vends une petite dizaine à peu près par jour, donc pour moi c’est vraiment super.

Cyril. – C’est déjà bien, dix par jour !

Aurélie. – Oui. Vraiment très très bien ! Et je me dis : voilà, j’avais un espoir d’en vendre cent ; là, vu la tendance, je vais y arriver en deux mois, c’est génial. Et en fait, à ce moment-là, ça commence à s’emballer et je monte très très vite. Dans la littérature humoristique, je deviens numéro un. Et une fois que je deviens numéro un de la littérature humoristique, je rentre dans le top 100 fin août. Et là, ça s’emballe et je grimpe dans le top 100 et je reste longtemps derrière Valérie Trierweiler numéro deux et un jour je la dépasse.

Cyril. – D’accord. Oui, là, c’est l’algorithme d’Amazon Kindle qui découvre tout à coup ton roman et qui se dit : « Tiens, ça marche ! » et qui te met vraiment en avant. Tu regardais tes ventes à peu près tous les jours ou… Tu étais derrière ton ordinateur à appuyer sur le bouton rafraîchissement, ou pas ?

Aurélie. – Alors, oui ! Moi, j’étais en vacances, mais alors j’avais mon portable et mon iPad qui me suivaient à peu près toutes les heures et je regardais constamment les ventes. Donc effectivement, moi, dès qu’il y avait une vente de plus, j’étais… Je sautais au plafond ! J’essayais de ne pas trop en parler aux gens autour de moi parce qu’ils ne comprenaient peut-être pas forcément, mais effectivement je pense que je fais partie de ces gens qui abusent du refresh toutes les trois secondes parce que c’est vraiment… C’est incroyable, cette opportunité de pouvoir voir à la seconde près ou à la minute près les ventes qui peuvent exister sur le livre ! Et c’est vraiment incroyable de voir cette courbe qui augmente, qui augmente. De voir cette tendance mensuelle : « Vous avez fait x euros en moyenne par mois ». Et c’est vraiment superbe. Donc effectivement, je faisais partie de ces gens complètement frénétiques, qui suivaient les courbes à fond !

Cyril. – Donc tu es arrivée assez vite dans le top 100. Moi, je me souviens que j’avais fait des captures d’écran au mois de juillet ou août. Tu n’étais vraiment pas loin du tiercé de tête, je dirais ! Tu es arrivée très vite là-haut. Tu es restée encore dans ce top 100 tout l’été, tout l’automne. Aujourd’hui, tu y es encore.

Aurélie. – Oui. Alors, en fait, pour moi, j’ai quand même trouvé ça long ! Parce que tout le monde parlait du top 100 et moi, je crois que je suis rentrée vers le 20 août dans le top 100, donc ça fait presque deux mois (un mois et demi) après la mise en ligne. Donc il faut quand même laisser le temps au bouche-à-oreille initial de se faire.

Et après, effectivement, je me suis bien installée dans le top 5. Top 20 au moins pendant huit mois. Et là, je crois que je suis passée sur la deuxième page, donc… Après neuf mois à être dans le top 20, je crois que maintenant je suis dans les 40e. Ce qui reste… Enfin, je suis extrêmement fière du résultat, mais c’est vrai que rester tout en haut, c’est assez incroyable, très grisant, et je pense qu’il n’y a pas une personne qui soit allée sur Amazon qui n’ait pas été confrontée à ma couverture vichy de Mémé dans les orties, en se disant : « Je n’en peux plus de ce livre ! Non, je ne veux pas l’acheter. Non ! Point. »

Cyril. – Je dois avouer que moi aussi je l’ai assez longtemps… Comment dire ? Je me suis assez longtemps retenu avant de cliquer sur le bouton « Acheter » pour… Parce que la couverture m’attirait, mais en même temps elle… Elle ne me repoussait pas, mais je me disais…

Aurélie. – Qu’est-ce que c’est ?

Cyril. – Qu’est-ce que c’est : voilà ! C’est quoi, cet ovni ?

Aurélie. – Exactement !

Cyril. – D’ailleurs, cette couverture, c’est toi qui l’as faite ?

Aurélie. – Oui. Je l’ai faite moi-même.

Cyril. – Tu as beaucoup de qualités, alors. À la fois… Parce que c’est une bonne couverture !

Aurélie. – Disons que je voulais ressortir du lot. Donc effectivement elle ne rentre dans aucun code et je pense que si, elle peut énerver pour cela. Mais j’avais vraiment envie qu’elle se voie et sur Amazon le fond est blanc. J’avais prévu au départ quelque chose de très beau, mais au final quand je l’ai fait… Quand j’ai fait une espèce de mini-test pour voir en format tout petit, par rapport aux autres, dans un top 100 classique, si elle pouvait ressortir, on ne la voyait absolument pas ! Et donc j’ai préféré la visibilité à une couverture plus belle, qui peut raconter une histoire. Donc après, ça plaît ou ça ne plaît pas. En tous les cas, c’est sûr qu’elle était très visible. Et je suis même très très fière, quand mon fils passait pour voir derrière mon écran ce que je faisais et qu’il disait : « Oh, c’est le livre de Maman ! » Donc voilà, même lui, il le reconnaît. Dès qu’il pouvait le voir sur Amazon, parmi tous les autres livres. Donc mission accomplie !

Cyril. – D’accord. Assez rapidement, tu as eu un site. Puisque tu as un site. C’est donc www.aurelie-valognes.com.

Aurélie. – Exactement.

Cyril. – Ce site, tu l’as créé quand ?

Aurélie. – Alors, je l’ai créé… Enfin, c’est mon mari qui l’a créé, parce que moi, je ne sais absolument pas faire ce genre de chose ! On l’a créé assez tard. On ne l’a pas créé au départ. On a dû le créer vers mi-septembre, quelque chose comme ça. Donc une fois que le livre commençait à avoir son petit succès et que j’avais aussi pas mal de lecteurs qui m’écrivaient et qui voulaient en savoir un peu plus sur moi. Donc je me suis dit : c’est vrai que, aujourd’hui, les gens achètent mon roman un peu par hasard parce que l’histoire peut les attirer, mais concrètement, qui est Aurélie Valognes ? Ce serait bien d’en raconter un petit peu plus sur moi. Même si j’avoue que le site, aujourd’hui, il n’est pas encore optimal. J’ai du mal à me confier ou à trouver un intérêt quelconque à ce que je pourrais raconter.

C’est un peu comme la page Facebook ; c’est un super outil, mais je passe mon temps à me demander : est-ce que ça va vraiment intéresser les gens qui suivent la page, de savoir que je vais prendre un café dehors, que je suis en train d’écrire avec un cappuccino, que voilà… Donc effectivement, le site, c’était plus pour donner une proximité et me présenter à mes lecteurs potentiels. Dedans, aujourd’hui, j’ai mis un petit résumé de mon livre. J’aimerais créer aussi des fiches personnages. Donc ce n’est pas encore tout à fait complet aujourd’hui. J’ai rajouté un contact… Donc j’essaye de donner un peu de proximité. Peut-être une partie agenda le jour où j’aurai plus d’actualités aussi, quand je ferai peut-être plus de salons et des signatures. Pour le moment, c’est encore un site en construction, dont l’objectif était vraiment de plus partager avec mes lecteurs qui je suis.

Cyril. – Et puis avoir un contact avec eux directement sans devoir systématiquement passer par Amazon Kindle.

Aurélie. – Alors, en fait, moi, aujourd’hui, le contact, je l’ai déjà directement parce qu’à la fin de mon livre, j’ai mis mon adresse e-mail. Donc j’ai beaucoup beaucoup de personnes qui m’écrivent directement, soit pour me féliciter pour mon roman, pour me dire qu’ils ont passé un bon moment. Pour me dire que le livre est tombé à un moment important de leur vie et que ça leur a donné envie de renouer avec une personne qui peut être difficile dans leur entourage. Ou alors, tout simplement, pour me demander aussi des conseils. Parce que ce sont aussi de jeunes auteurs qui aimeraient s’autopublier, mais qui n’osent pas forcément franchir le pas.

Cyril. – D’accord. Je suis retourné cette semaine sur ton site, puisque j’y étais déjà allé auparavant, et j’ai vu quelque chose que je ne me souvenais pas avoir vu auparavant, c’est une inscription pour une newsletter. C’est quelque chose de récent ou vous l’aviez mis depuis le début ?

Aurélie. – Oui ! On l’a fait ce week-end, avec mon mari. Et donc la première newsletter n’est pas encore lancée, mais effectivement, je me suis dit… Il y a beaucoup de personnes qui me demandent aussi des nouvelles : quand sort le deuxième ? quand sort le premier roman en librairie ? Donc je me suis dit : voilà, c’est vrai que c’est important de garder un contact avec ses premiers lecteurs. Et donc je me suis dit : le format newsletter sera, je pense, le bon. Donc on a créé ça ce week-end. Pour l’instant, je n’ai aucun retour si ça va marcher, mais je compte… On compte l’activer…

Cyril. – Je me suis inscrit !

Aurélie. – Ah, super !

Cyril. – Je me suis inscrit. Alors, je ne sais pas : peut-être que je ne suis pas encore dans la base de données, mais moi, je me suis inscrit. Donc tu as cette newsletter, qui est vraiment faite pour garder un contact avec les gens et pour pouvoir les contacter quand tu feras d’autres choses qui peuvent les intéresser.

Aurélie. – Alors, oui, pour les contacter. Mais surtout pour garder le contact. Enfin, c’est vraiment ça. Aujourd’hui, effectivement, je le garde aussi en tête en me disant : les gens ont aimé le premier roman, il y a des chances qu’ils puissent aimer aussi le deuxième. Et puis voilà : aujourd’hui, j’ai beaucoup de personnes qui m’ont contactée. Ces personnes-là, je n’aimerais pas perdre aussi leur trace, donc je leur ai demandé si elles souhaitaient faire partie de cette liste de contact. Et pour l’instant, la plupart des réponses sont positives, donc voilà. Pour le moment… Oui, effectivement, on l’a créée avec mon mari ce week-end, et donc c’est vrai que pour le moment c’est encore un outil en devenir. Je verrai ce que je peux en faire. Mais j’essaie aussi de regarder un peu ce que peuvent faire les autres auteurs. Et puis il y a un peu de tout sur le marché. Moi, je ne veux absolument pas… Enfin, je n’aimerais pas que la relation que je peux avoir avec mes premiers lecteurs soit une relation qui soit juste commerciale, dans le sens où je leur envoie un e-mail juste deux semaines avant la sortie de mon prochain roman. Je veux essayer de garder le contact. Donc c’est aussi le rôle de la page Facebook. La newsletter, ça sera aussi pour communiquer, par exemple, si je vais l’année prochaine au salon du livre, si je vais faire des dédicaces dans certains coins de France… Voilà, vraiment pour garder cette proximité avec eux.

Cyril. – Oui, le site web, la newsletter, la page Facebook ne sont pas que des outils commerciaux, ne sont pas que des moyens de recontacter les gens quand on fait une nouvelle version ou qu’on fait un lancement, mais c’est en général pour garder le contact avec eux et puis avoir un lien. Créer un vrai lien.

Aurélie. – Exactement. Parce que c’est vrai qu’aujourd’hui, des auteurs (et des auteurs à talent), il y en a des milliers en France. Franchement, chaque lecteur n’a pas le temps de tous les lire. Et moi, je me suis posé la question : est-ce que mon deuxième roman, je veux attendre plus longtemps avant de le lancer ? Laisser passer un an, deux ans, trois ans… Ou est-ce que je veux m’y mettre tout de suite et proposer le roman peut-être l’année prochaine ? Et très vite, la solution… Ce qui m’a semblé le plus évident, c’est : quand on a la chance d’avoir de premiers lecteurs qui sont très enthousiastes et qui réclament le deuxième roman, il ne faut pas les faire attendre parce qu’après ils nous oublient et puis ils le réclameront beaucoup moins. Donc c’est aussi pour moi une opportunité de garder le contact avec eux, de leur montrer que oui, je suis en train de travailler dessus ! Ça arrive, ça arrive… Et puis, le jour où le deuxième roman est prêt, pouvoir leur annoncer comme une bonne nouvelle le plus tôt possible.

Cyril. – D’accord. Tu es aussi… Donc tu vas bientôt aussi être éditée en papier.

Aurélie. – Oui.

Cyril. – Je crois avec Michel Lafon.

Aurélie. – Tout à fait !

Cyril. – Qui s’est trouvé un bon filon en récupérant… Enfin, peut-être un bon filon, je ne sais pas. Mais qui en tout cas a déjà fait ses armes sur le fait de récupérer un auteur Kindle en le passant en papier. Quand est-ce qu’il sort, ton roman, en papier ?

Aurélie. – Donc effectivement, mon roman va sortir aux Éditions Michel Lafon le 15 mai prochain. Et j’ai eu la chance d’avoir Florian Lafani, qui travaille chez Michel Lafon, qui est venu vers moi de manière spontanée, au moment où je venais d’envoyer mon manuscrit aux autres maisons d’édition, et donc on a eu de belles discussions, avec Florian et avec un autre grand éditeur, sur l’avenir du livre, ce qu’ils comptaient en faire, leur ambition sur ce premier roman. Leur vision aussi de moi en tant qu’auteur et sur mon avenir dans leur maison d’édition. Et puis, très rapidement, les deux pistes ont très bien avancé.

On a commencé à affiner le contrat d’édition et il est apparu que Michel Lafon était l’éditeur le plus avancé dans la compréhension du monde littéraire qui change et que l’autre éditeur était un peu plus frileux, parce que j’aurais été la première auteur autoéditée chez eux et eux avaient quelques peurs quant à ce format un peu inédit, notamment en termes de ventes : ils se demandaient s’ils auraient pu vendre autant que ça une fois que moi, de mon côté, j’en avais déjà vendu plus de 2 000. Ce qui n’était pas du tout une question que Michel Lafon se posait, parce qu’ils avaient déjà vécu l’expérience une ou deux fois auparavant.

Cyril. – Notamment avec Agnès Martin-Lugand.

Aurélie. – Exactement. Aujourd’hui, Michel Lafon, c’est un des éditeurs qui a vraiment, j’ai envie de dire, tout compris, dans le sens où eux repèrent des talents sur la toile. Et leur objectif aussi, c’est d’investir sur ces jeunes auteurs dans la durée et de travailler avec eux. Donc effectivement, après, tout est possible en termes de contrat. Ils sont extrêmement flexibles. Cela dépend bien sûr du succès initial du roman. Mais eux, ce qu’ils veulent aussi, c’est faire émerger de nouveaux talents et utiliser leur force en librairie pour donner plus de visibilité à ce roman.

Cyril. – Donc tu as eu un beau succès. Est-ce que tu en es déjà à envisager de changer de carrière ? Puisqu’aujourd’hui, tu travailles dans le marketing, ce qui n’a absolument rien à voir… Enfin, dans un secteur qui n’a absolument rien à voir avec le travail d’écrivain ou avec l’édition.

Aurélie. – Alors, effectivement, la question, je me la pose régulièrement. Mais la raison me fait tenir et continuer à faire les deux de front. Aujourd’hui, j’ai écrit un roman, un premier roman, qui a eu un beau succès numérique, mais je n’ai aucune confirmation que ce succès va aussi se retrouver en librairie. Bien évidemment, je croise les doigts, mais je ne peux rien faire de plus. Donc aujourd’hui, effectivement, j’aimerais ne faire que ça : écrire, écrire, écrire…

Maintenant, concrètement, ça serait une prise de risque et je crois que n’importe quel éditeur sensé m’encouragerait à garder mon travail, au moins le temps de concrétiser et de confirmer avec un deuxième ou troisième roman que le premier soit bien un succès et qu’une vraie carrière d’auteur puisse exister pour moi. Donc la question, je me la pose, mais c’est, pour le moment encore, une fausse question et je dois tenir bon en menant les deux métiers de front.

Cyril. – Et justement, est-ce que ce n’est pas trop difficile, de tenir les deux métiers de front ?

Aurélie. – Aujourd’hui, moi, je trouve ça assez difficile dans le sens où j’ai un travail qui me demande énormément. Je dois faire du 9 h-20 h tous les jours, plus beaucoup de voyages d’affaires, donc le soir, effectivement, j’ai plus envie de me poser, profiter de mon fils et de mon mari. Le week-end, j’essaye de m’allouer minimum deux heures le samedi, deux heures le dimanche, pour l’écriture mais je suis loin de mon rythme de croisière que j’avais pu avoir pour l’écriture de Mémé dans les orties, où j’écrivais cinq heures non-stop chaque jour et où vraiment je n’avais plus aucune peur d’ouvrir l’ordinateur pour écrire le matin.

Là, je suis plus à redouter le week-end, en me disant : allez, on y va ! Sois sûre de toi ! Changer de casquette comme ça d’un métier à l’autre n’est pas si évident. Maintenant, voilà, il faut garder le cap et je sais que l’histoire que je compte raconter, elle est déjà finie dans ma tête et sur mon petit carnet. Maintenant, il faut sortir les chapitres un par un et j’essaie de garder ce plan et cette rigueur.

Cyril. – D’accord. Tu comptes ton effort en temps et non pas en caractères ou en mots. Tu ne te fixes pas un objectif à chaque fois que tu te mets à écrire ; c’est vraiment juste : je me consacre tant de temps.

Aurélie. – Alors, quand j’écris, moi, ce que je veux, c’est pouvoir vraiment avancer sur mon plan. Et donc je veux au moins écrire un chapitre à la fois. Ou deux chapitres. Ou trois chapitres. Donc je ne suis pas vraiment en nombre de mots ni en temps, mais je fais plus en chapitres. Et m’assurer que j’avance bien par rapport à mon plan, que je ne dérive pas trop. Donc effectivement, minimum pour moi : il me faut au moins deux heures, pour vider mon esprit, me mettre à fond dans ma nouvelle histoire, penser comme mes personnages. Je n’arriverais jamais à ouvrir mon ordinateur pour écrire, même si mes chapitres sont assez courts parce qu’au final, c’est trois, quatre, cinq pages. J’ai besoin quand même d’un temps devant moi pour pouvoir reprendre, corriger, relire ce que j’avais écrit la dernière fois, pour aussi me permettre d’avancer sur le même ton.

Cyril. – D’accord. Et tu fais ça… Alors, donc, tu ne peux pas faire ça le matin tôt, mais tu fais ça le soir quand tu as encore l’énergie ou le week-end uniquement.

Aurélie. – Exactement. Le matin, je prends le temps plus de lire le journal… Prendre le temps, vraiment, de parcourir un peu les événements du monde, qui aussi peuvent m’aider à ouvrir un peu mes chakras. Et puis le matin, je regarde aussi dans le métro les gens, j’écoute un peu leurs conversations, donc j’essaie de capter l’air du temps. Mais le soir, pour le coup, c’est le moment où j’essaie de remettre tout sur papier. Enfin, sur papier… Sur ordinateur.

Cyril. – D’accord. Tu utilises des outils particuliers ou tu es toujours dans Word ?

Aurélie. – Alors, moi, je suis toujours dans Word. Pour le premier roman, j’avais fait un document Word par chapitre. Là, sur le deuxième, je suis plus sur un seul document Word et j’avance tranquillement.

Cyril. – D’accord. Je me souviens que tu disais que tu faisais très très attention à ne pas perdre ton premier roman, que tu avais soit sur ton ordinateur, soit sur une clé USB… Tu disais : « La clé USB, elle peut disparaître », des choses comme ça ! Tu as un petit peu solidifié, consolidé cet aspect sauvegarde de ton ordinateur ?

Aurélie. – Alors, oui et non.

Cyril. – Je dis ça parce que la semaine dernière, j’étais avec Guy Poursin qui est un auteur qui lui travaille dans les livres pratiques et qui a eu un gros problème avec son ordinateur : il y a eu une surtension EDF et son disque dur a brûlé.

Aurélie. – D’accord.

Cyril. – Et il a perdu des dizaines de bouquins, comme ça, et comme c’était une surtension EDF, ça a aussi mis en carafe sa sauvegarde, qui était branchée tout le temps. Donc il n’a rien pu récupérer.

Aurélie. – Ah oui ! Donc non, moi, ce que je fais, c’est que mon document, dès que j’ai fini de travailler dessus, je le re-sauvegarde bien évidemment sur l’ordinateur, mais aussi sur clés USB (j’en ai deux différentes) et je me l’envoie aussi sur une boîte e-mail. Donc je sais que je peux le retrouver. Même si je pense que ce n’est pas la chose la mieux à faire en termes de sécurité que de l’envoyer par e-mail, au moins je sais que je peux le retrouver quelque part dans le cloud !

Cyril. – D’accord. Très bien ! Tu parlais tout à l’heure de ton prix. Donc tu as juste fixé le prix une fois, puis ensuite tu n’as pas changé. Tu n’as pas eu de stratégie de prix particulière pour…

Aurélie. – Donc effectivement, j’ai toujours laissé 2,99 € pour mon roman. J’avais remarqué sur Internet que c’était un bon prix pour faire partie des ventes suggérées par Amazon comme petits prix, sans pour autant faire une promotion. Et donc ce prix-là, je l’ai toujours laissé à 2,99 €. J’ai vu que les Vandroux, Jacques Vandroux, a augmenté son prix de 2,99 € à 3,99 €. Et maintenant, c’est vrai que je me pose la question de… Après un certain petit succès, est-ce qu’on n’aurait pas intérêt à augmenter un peu le prix ? Mais je n’ai pas forcément une réponse plus claire que ça.

Cyril. – Le cas de Jacques, si tu m’entends bien, est peut-être un petit peu différent dans le sens où… Alors, je n’ai pas étudié en détail si c’étaient tous ses romans qui étaient passés à 3,99 €, mais en tout cas Les Pierres Couchées, c’est un gros pavé qui fait quand même 500 à 600 pages. Donc le passer à 3,99 € sur un gros roman, ça a plus de sens. Il ne faut pas oublier quand même que… Il y a un rapport entre la quantité de lecture et le prix.

Aurélie. – OK.

Cyril. – Il n’y a pas que ça comme rapport, bien sûr, mais il y a aussi ça comme rapport.

Aurélie. – Donc effectivement, moi, c’est plus une question que je me suis posée en me disant : est-ce qu’il n’y a pas un nouveau prix moyen recommandé, maintenant qu’on voit qu’il y a certains romans qui peuvent sortir. De toute façon, moi, quand je le lance avec Michel Lafon, à partir du 15 mai, on va laisser le prix de 2,99 € pour le prix numérique, sur toutes les plateformes.

Cyril. – Bon, merci Aurélie. Quelle est la prochaine grande étape pour toi ? Ou quelles sont les deux plus grandes étapes qui vont venir dans les mois qui viennent ?

Aurélie. – Donc, effectivement, dans les beaux projets que j’ai personnellement en tant qu’auteur, le prochain qui arrive dès le mois de mai, c’est le lancement en librairie de Mémé dans les orties, mon premier roman. Donc je suis vraiment impatiente de savoir si d’autres lecteurs, en dehors du cercle d’Amazon, seront captifs et si l’histoire continuera de plaire. Donc ça, je suis vraiment impatiente ! Et le deuxième beau projet que j’ai également, c’est l’écriture du deuxième roman, qui devrait sortir en 2016.

Cyril. – Eh bien, je te souhaite plein de choses et plein de chance pour ces deux moments.

Aurélie. – Merci, Cyril !

 

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