Entretien avec Jacqueline Vandroux sur l’autoédition Kindle, iBooks et Kobo

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L’épisode 8 est la seconde partie d’un entretien que j’ai eu avec Jacques Vandroux (en fait Jacques et Jacques-line Vandroux). Cette fois, on écoute Jacqueline nous raconter son expérience d’éditrice sur tous les plateformes, son blog, comment elle en est venue à écrire elle-même un ebook, mais cette fois pratique, pas un roman.

J’avais déjà enregistré une intervention de Jacques et Jacques-line sur le stand Amazon du Salon du Livre à Paris, disponible ici.

Pour écouter directement cet épisode :

Vous pouvez retrouver Jacqueline sur son site et sur sa page Facebook.

Et bien sûr, si vous n’avez pas encore lu son livre qui raconte par le détail ses démarches pour mettre les livres sur Kindle et ailleurs, vous devez corriger cette grosse erreur :

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Cyril. – Bonjour. Merci à toi aussi de m’accueillir et d’accepter cet entretien. On va rentrer plus dans la partie édition avec toi, puisque toi, tu es, sans aucune connotation négative, le soutier derrière qui fait sortir les livres de Jacques.

Jacqueline. – Voilà. On peut dire ça, oui, effectivement.

Cyril. – Bon, de manière agréable ! Et tu participes aussi, comme disait Jacques tout à l’heure, à la partie relecture avant, l’histoire et ce genre de chose.

Jacqueline. – Oui. L’histoire, c’est en fonction de ce qu’il veut bien me dévoiler et puis, des fois, il est un petit peu en panne, en se disant : « Tiens, là, voilà comment c’est en train de se passer ; il faudrait que je trouve une idée pour faire évoluer tel ou tel personnage » ; on en discute ensemble et puis… Il arrive que je donne des idées et il arrive qu’elles soient adoptées. Parce que pas toujours ! Mais bon, parfois, j’ai une petite influence sur l’évolution du roman. Mais ce n’est pas systématique !

Cyril. – D’accord. Il ne te donne pas les chapitres les uns après les autres, au fur et à mesure qu’il les écrit, pour…

Jacqueline. – Si, si ! On a ce travail-là aussi. Comme ça, ça me permet de voir aussi si parfois, ça part un peu dans une direction qui ne va pas bien et ça me permet aussi de… Je ne vais pas dire de le recadrer, parce que ce n’est pas ça qu’il faudrait dire, mais de le faire réfléchir sur la direction de son roman. Parce que, des fois, si ça part mal, je dis : attention, là, soit c’est quelque chose que tu as déjà dit dans un précédent roman, soit je ne vois pas bien comment tu vas pouvoir faire en sorte que ça évolue après, il faudrait peut-être revoir ce chapitre. Et en général, il m’écoute pour ça, par contre, parce que j’ai souvent raison !

Cyril. – Une femme a toujours raison dans un couple, mais bon… Les hommes sont obtus aussi. Ce n’est pas parce qu’une femme a raison qu’un homme n’est pas obtus.

Jacqueline. – Non, mais ça vient petit à petit. Il faut faire un travail !

Cyril. – Exactement ! Bien sûr, toi aussi tu travailles. Ton activité d’éditrice n’est pas ta seule activité. C’est loin d’être ta principale activité, d’ailleurs. Tu as des journées bien remplies. Comment est-ce que tu fais, toi aussi, pour concilier cet aspect d’éditrice qui, vu le nombre de livres que vous avez publié, quand même, est assez important et doit te prendre du temps avec ton activité normale ?

Jacqueline. – En fait, quand on a commencé cette histoire, au niveau professionnel on peut dire que là où j’étais, c’était en train de se restructurer, je n’étais pas forcément débordée de travail et intellectuellement, je n’étais pas non plus très sollicitée. Donc cette histoire, ça m’a permis, pendant deux ans au contraire, quand je rentrais chez moi, de me mettre devant quelque chose, de faire un travail, d’avoir la satisfaction de produire quelque chose et d’avoir un petit travail intellectuel. Depuis, j’ai changé de poste. Et là, par contre, ça devient plus difficile, parce que sur mon nouveau poste, par contre, je suis beaucoup sollicitée et je m’y suis pas mal investie. Donc du coup, là, c’est vrai que j’ai quand même moins de temps. L’édition elle-même, en fait, ce n’est pas très chronophage. Ce qui m’avait pris vraiment beaucoup de temps au début, c’était d’aller voir sur Internet, d’aller chercher comment il fallait faire pour toutes les choses qu’on a faites. Ça, maintenant, c’est un acquis que j’ai. Je n’ai plus besoin de le faire. Après, une autre chose qui me prend du temps, enfin qui m’a pris du temps, c’était d’écrire le livre Grimpez vers le top 100 et d’alimenter le blog. Le livre est maintenant écrit ; par contre, il… Pardon ?

Cyril. – Je disais : d’ailleurs, si quelqu’un qui fait de l’autoédition (ou qui veut faire de l’autoédition !) n’a pas lu ce livre, il faut rattraper cette erreur tout de suite parce qu’il y a dedans une mine de renseignements et d’expérience personnelle. En plus, tu as essayé beaucoup de choses différentes les unes après les autres, donc tu as à la fois beaucoup de choses à raconter, et tu as aussi beaucoup passé de temps là-dessus.

Jacqueline. – Oui, voilà, j’ai passé beaucoup de temps. Et puis, quand j’ai lancé ce blog pour Jacques, je me suis dit : il paraît qu’il faut faire un blog pour faire du marketing, qu’est-ce que je vais pouvoir raconter sur mon blog ? Qu’est-ce que je connais d’intéressant ? Et puis finalement c’était un aspect intéressant, où je pouvais apporter des choses. Ce n’était pas un domaine que je connaissais bien donc je me suis dit : allez, je me lance là-dessus. Petit à petit, au fur et à mesure des billets du blog, on m’a dit : « Tu devrais en faire un livre ». Donc c’est comme ça qu’effectivement le livre est sorti. Donc ça, ça me prenait du temps, mais ce qui me prenait du temps aussi, c’était les félicitations des gens qui avaient lu le livre, qui avaient des questions complémentaires à poser, et qui m’envoyaient des mails pour me poser une question, deux questions, certains une dizaine de questions. À un moment, j’étais bien sollicitée pour ça ! Et puis il y a des auteurs, aussi, qui m’ont soumis beaucoup leurs manuscrits pour me demander ce que j’en pensais, que je donne un premier avis, que je leur fasse des remarques sur la mise en forme… Donc ça, à une époque….

Cyril. – Tu as même failli monter une maison d’édition, alors ?

Jacqueline. – Oui, mais à une époque je l’ai fait, et puis à un moment c’est devenu trop, donc j’ai dit : non, stop, j’arrête. Je ne peux plus ! Déjà, ça devenait un livre par semaine, quasiment. Donc là, d’une part je n’avais pas le temps, et d’autre part, on me soumettait des livres, des choses que je n’avais pas forcément le goût de lire. Donc du coup, ce n’est pas très plaisant, de lire et de faire un commentaire sur un livre qu’on n’a pas envie de lire. Donc je préfère… À la rigueur, je le fais toujours, donner des commentaires sur des livres d’auteurs autoédités, mais ce sont des livres que j’ai achetés, que j’ai choisi de lire, et s’il y a des choses à redire dedans, je contacte l’auteur et je lui dis ce que j’ai vu. En général, l’auteur est plutôt content que je le fasse. Je n’ai jamais eu de retour négatif, en fait. En général, les gens sont contents, et souvent, c’est le départ d’échanges plus fournis, soit sur Facebook, soit ailleurs, avec ces auteurs. Donc c’est un aspect sympa aussi.

Cyril. – Oui, c’est un aspect sympa, le fait de connaître aussi pas mal de gens. Je l’ai vu sur le… Alors, on s’est croisés sur le stand Kindle d’Amazon au Salon du livre à Paris. Vous étiez bien entourés !

Jacqueline. – Voilà, oui !

Cyril. – Il y avait pas mal de gens qui vous connaissaient déjà d’avant, etc. Ça fait quand même un certain cercle de relations sympathiques par ailleurs.

Jacqueline. – Oui, on a accepté… On a été vraiment, enfin pas surpris, mais c’était… On a trouvé beaucoup de chaleur sur ce stand du Salon du livre, parce que justement on revoyait des gens qu’on avait vus l’année passée (donc qu’on connaissait déjà un petit peu), d’autres avec lesquels on avait pas mal d’échanges épistolaires, et puis des gens qui nous suivent… Enfin, beaucoup d’échanges vraiment sympas et on est revenus regonflés par rapport à ça. Enfin, très fatigués, mais regonflés aussi. C’était vraiment très très sympa.

Cyril. – Oui, quatre jours assez intensifs. En ce qui concerne Amazon Kindle, je vais te poser quelques questions un peu plus précises sur la stratégie que vous avez adoptée et certaines choses que vous avez faites et je commencerai par le programme d’Amazon dont tout le monde a parlé en début d’année 2015, qui est Kindle Unlimited. Vous avez plusieurs livres qui sont dans KDP Select et donc qui sont ouverts à Kindle Unlimited. Est-ce que pour vous ça a eu un impact positif, négatif, ou ça a eu un impact, mais pas plus que ça ?

Jacqueline. – Alors, nous, ça a eu un impact, parce que… Donc c’était aussi au moment où on lançait le livre Projet Anastasis et il faut voir que… Pardon, j’ai une perturbation extérieure ! Il faut voir que pour une centaine de livres qui sont achetés, il y en a une trentaine qui sont loués, soit via Kindle Unlimited, soit via Kindle Online Library. On ne sait pas faire la différence entre les deux. On ne sait pas si le livre a été emprunté via la bibliothèque ou via le prêt illimité. Ça, on n’a pas accès à l’information.

Cyril. – Vous aviez déjà beaucoup d’emprunts avec la librairie en prêt, avant le lancement de Kindle Unlimited ?

Jacqueline. – On en avait moins que ça et puis surtout c’était souvent en début de mois qu’il y avait des emprunts et puis en fin de mois, ça se tassait. Alors que là, c’est quasiment en continu. Et puis, c’est du coup sur tous les titres. Enfin, bon, le fait que Projet Anastasis marche bien, ça donne envie aux gens de lire d’autres titres de Jacques. Et donc, ceux qui sont abonnés à Kindle Unlimited, la première chose qu’ils font, c’est qu’ils vont voir quels sont les autres titres qui sont disponibles. Et du coup, les titres qui étaient d’ailleurs sur Kobo et sur d’autres plateformes, qui ne se vendaient pas très bien, on les a remis en exclusivité sur Amazon. Et pour le coup, ils ont été empruntés de nombreuses fois et comme un emprunt, du point de vue de l’algorithme d’Amazon, il compte comme une vente, ils sont montés dans le top 100 et pendant un moment on a eu les cinq livres de fiction de Jacques dans le top 100 des meilleures ventes. Grâce à ça, je pense. Voilà ! Par contre, on a quand même laissé les deux autres gros romans de Jacques sur les autres plateformes, parce qu’on essaye d’être un petit peu partout aussi.

Cyril. – Oui. Les ventes sur iBooks et sur Kobo, c’est peau de chagrin par rapport aux ventes sur Kindle Amazon ?

Jacqueline. – Alors, sur Kobo, il y a la responsable des contenus numériques de Kobo, qui s’appelle Camille Mofidi, qui était au Salon du livre d’ailleurs, qui fait vraiment de gros efforts pour mettre en avant les auteurs autoédités et lorsqu’il y en a un qui s’inscrit, en général… Enfin, je ne sais pas trop comment ça marche, mais j’ai cru voir passer le fait qu’elle les contactait et elle fait beaucoup d’efforts de mise en avant de livres, donc il y a vraiment un gros travail de sa part qui est fait pour ça. Ceci dit, nous, en termes de nombre de vente, je ferai un article prochainement là-dessus, avec plein de chiffres, comme les gens aiment, mais on vend quand même vraiment moins sur Kobo que sur Amazon. Et après, si on parle de Google Play ou iBooks, alors là, c’est négligeable.

Cyril. – C’est négligeable. Je suis… Je crois que je suis le seul à avoir acheté Au cœur du solstice sur iBooks alors qu’il était en précommande. C’est ça ?

Jacqueline. – Ah, peut-être ! Je ne sais pas, parce que je n’ai pas accès aux chiffres, de savoir qui l’a acheté en précommande ou pas.

Cyril. – Ah, parce que vous les publiez au travers de Smashwords ?

Jacqueline. – Oui. Alors, sur Smashwords, ils disent : « Il faut faire la précommande. Il faut la faire pendant au moins trois mois. » Donc je l’ai fait. Mais ça n’a pas eu un impact énorme ! Il y a eu quelques ventes, mais ça n’a pas duré longtemps.

Cyril. – Si je peux me permettre, en fait, le problème, c’est je crois que tu l’as fait en précommande sur ces plateformes-là alors qu’il était déjà sorti sur Amazon Kindle.

Jacqueline. – C’est ça. Tout à fait, oui. En fait, il avait déjà été publié antérieurement sur ces plateformes, mais via la maison d’édition Syllabaires éditions, qui a fermé ses portes en septembre 2014, 13, je crois. Je ne sais plus. Oui, 2013, pardon. Et du coup, on s’est retrouvés à se demander si on allait les remettre sur iBooks ou pas, et si oui comment faire. Alors que par ailleurs, on n’était autoédités que sur Amazon. Donc on s’est pris par la main et on les a mis sur ces plateformes. Mais c’était… Par exemple, pour publier via Smashwords, il faut un formalisme bien particulier. Il faut écrire des choses au début du livre qu’on n’a pas besoin de mettre ailleurs. Donc ce n’est plus vraiment le même livre, ce n’est plus exactement le même contenu que ce qu’il y avait sur Amazon. Donc effectivement, c’était le même… Il était en précommande alors qu’il était déjà vendu ailleurs, mais ce n’était pas exactement le même livre. Et il a un numéro ISBN différent.

Cyril. – Je pense que pour le prochain, si vous refaites l’expérience avec Smashwords et KDP en même temps, c’est bien d’essayer de faire une précommande sur les deux plateformes en même temps. C’est-à-dire à la fois sur Amazon Kindle et sur Smashwords, pour que tout le monde puisse en profiter de la même manière.

Jacqueline. – Je ne pense pas qu’on fera ça !

Cyril. – D’accord. Vous resterez sur KDP Select ?

Jacqueline. – Oui, parce qu’en fait le fait de pouvoir le mettre en exclusivité et de le faire profiter de KU et de KOLL, ça permet quand même d’en vendre beaucoup plus et d’être bien mieux placé et beaucoup plus longtemps dans le top 100 des meilleures ventes. Et si on y est depuis si longtemps, c’est aussi pour ça. Donc je ne pense pas que… Et ce qu’on a vendu en plus par rapport à ce qu’on aurait vendu si on avait été sur iBooks, c’est…

Cyril. – Ça ne vaut pas le jeu. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Jacqueline. – Ça ne vaut vraiment pas le coup ! Donc voilà : on va continuer comme ça pour le moment. Alors, certains nous diront qu’on joue le jeu d’Amazon, effectivement, mais en même temps….

Cyril. – Mais vous avez raison, si vous en profitez !

Jacqueline. – En même temps, Amazon, s’ils n’avaient pas été là, on n’en serait pas là non plus et l’équipe d’Amazon nous aide beaucoup aussi. Donc c’est un peu un accord gagnant-gagnant quelque part. Pour nous et un puis petit peu pour eux. Pour les deux.

Cyril. – Est-ce qu’aujourd’hui encore, tu en es à regarder les rangs et les suivis de ventes tous les jours, ou est-ce que c’est quelque chose que tu as fait un moment et que tu as cessé de faire ?

Jacqueline. – C’est terrible, ça. Le temps qu’on y passe ! Alors, beaucoup moins qu’avant, mais quand même. Encore, oui.

Cyril. – Ah oui, d’accord !

Jacqueline. – Quand on a un livre qui est dans le top 20, on regarde, quand même. Mais c’est le seul qu’on regarde vraiment de près, à vrai dire. Les autres, on jette un œil de temps en temps. Mais vraiment de près et peut-être plusieurs fois par jour, celui qui est dans le top 20, oui, on le regarde. On le suit.

Cyril. – En ayant des sueurs froides quand Amazon fait une promotion particulière et qu’il redescend en dessous du 20. Enfin, qu’il va plutôt dans les vingt et quelques, trente et quelques, à chaque fois, j’imagine.

Jacqueline. – Ça, c’est seulement quand il est vraiment aux toutes premières places. Maintenant, on ne regarde plus les offres spéciales. Mais effectivement, quand il était aux toutes premières places, chaque jour, on se disait : est-ce que l’offre spéciale va nous dépasser ou pas ? Mais bon, c’est un peu un jeu aussi. En réalité… Mais bon, on le fait au début du lancement du livre, et puis de moins en moins avec le temps. Mais c’est un peu un jeu aussi. Mais on se laisse prendre ! C’est un… On se laisse prendre. Par contre, sur iBooks, je ne regarde jamais. C’est marrant !

Cyril. – C’est bizarre ! Alors, par rapport aux ventes, est-ce que tu as justement, comme ça, un tableau où tu regardes, où tu notes aussi les actions que vous faites vous, les choses qui sont publiées sur vous, qui peuvent avoir un impact sur les ventes ?

Jacqueline. – Non. Quand même pas, non. L’impact sur les ventes, le vrai impact sur les ventes, c’est une journée offre éclair ou ce genre de chose, mais en général c’est… Les rares fois où on a un article sur un blog ou dans le journal, ça n’a pas vraiment d’effet sur les ventes. On regarde ! On regarde, et puis on voit que ça n’a pas d’effet, donc on ne fait pas de… Pas d’effet notable, en tout cas.

Cyril. – Oui. Je pensais aussi aux opérations commerciales que vous pouviez faire vous ou qu’Amazon pouvait faire pour vous dans certains cas. Est-ce que tu notes aussi ce genre d’opération pour voir quel est l’impact sur la progression ?

Jacqueline. – Oui, oui, on regarde ! D’autant plus que maintenant, avec Amazon, c’est vraiment facile puisqu’on a les courbes de ventes au cours du temps. Et donc s’il y a une action particulière, on voit tout de suite l’effet sur les courbes de ventes, donc… Mais on ne le trace plus… On faisait au début, ça : jour par jour, on notait le nombre de livres vendus chaque jour, par titre, tout ça… On l’a fait un certain temps et puis bon, on se lasse, quand même ! Donc ça, on ne le fait plus. Mais on regarde, oui. Mais sans… Alors, peut-être on n’est pas assez professionnels de ce côté-là. On regarde, voilà. On regarde et on en tire des conclusions, mais on ne fait pas un traçage très précis.

Cyril. – D’accord. Concernant le blog, c’était surtout un moyen de garder le contact avec les lecteurs des premiers romans, pour ensuite leur raconter d’autres histoires, ou c’était dès le début un blog que tu faisais pour parler d’autoédition ?

Jacqueline. – Au tout début, c’était un blog pour avoir, comme je dis dans mon livre, une espèce de carte de visite pour les livres de Jacques, en se disant : vous pouvez aller voir sur Internet ce qu’on raconte sur ces livres ; c’est à telle adresse que ça se passe. Voilà. Donc après, ce blog, il faut l’alimenter. Comme je l’ai alimenté beaucoup sur des aspects autoédition, ça a attiré surtout des auteurs, plutôt que des lecteurs. Mais ça attire aussi un petit peu des lecteurs, parce que j’essaie d’alterner les articles entre autoédition et articles sur les livres. Bon, on se dit que finalement, ce n’est pas forcément une mauvaise chose puisque les auteurs sont aussi des lecteurs. Donc sur une centaine qui regardera une page, il y en a peut-être un qui achètera un livre. Donc finalement, ce n’est pas forcément perdu non plus de ce côté-là ! Mais voilà. Et puis, surtout, le but, c’est aussi de me faire plaisir et d’écrire des trucs que j’ai envie d’écrire. On n’est pas, on n’a pas forcément une démarche hyper professionnelle de ce côté-là. Nous, notre objectif, c’est de faire des choses qui nous plaisent, de ne pas trop se prendre la tête non plus, parce qu’on a quand même chacun un job à côté…

Cyril. – Et des enfants !

Jacqueline. – Et des enfants, oui, qui font des études et qu’il faut soutenir. Donc on se fait plaisir et si ça ne nous fait plus plaisir, on arrête.

Cyril. – Parmi les choses qui peuvent faire plaisir, j’ai très peu parlé de l’autre livre que vous avez publié ensemble, qui est L’arbre à chocolat.

Jacqueline. – Qui va avoir une suite, d’ailleurs.

Cyril. – Qui va avoir une suite, d’ailleurs. Tant mieux ! Est-ce que tu peux parler un petit peu de ce projet et de ce que vous aviez fait alors ? C’était quand déjà ? En 2013 ?

Jacqueline. – En 2013. Et là, il y a une autre histoire qui est prête. Elle manque encore un peu… Il manque quelques petites illustrations, mais on va y arriver. Donc l’histoire de ce livre, elle est amusante. C’est… Donc mon mari a un filleul et bon, toujours la question à Noël, c’est : qu’est-ce que je vais lui offrir ? Et donc l’idée formidable de sa maman : « Tiens, puisque tu écris des livres, offre-lui une histoire que tu auras écrite toi-même ». Donc il a écrit son histoire, sur du papier A4 imprimé, et puis je lui ai dit : ce serait bien que tu en fasses un livre ! Et je lui ai dit : oui, d’accord, je veux bien, mais dans ce cas, on le… Alors là, il est en train de me faire des signes comme quoi ce n’est pas la vérité ! Bon, l’auditeur tranchera ! On en a discuté, on va dire ! L’auditeur tranchera. Donc j’ai dit : OK, on fait un livre, mais on l’édite. Il a dit : « OK, on l’édite. Mais dans ce cas, on le met gratuitement, parce que ça m’embête quand même, c’est une histoire que je vais offrir, je n’ai pas envie de la vendre, je n’ai pas envie de gagner des sous avec. » Le problème, c’est qu’avec Amazon, on ne peut pas proposer un livre gratuitement. En tout cas, on ne peut pas le proposer de manière durable gratuitement. Donc j’ai suggéré : on le fait payer le prix minimum et puis, par contre, les sous qu’on gagne, on les verse à une association.

Cyril. – C’est quelle association ?

Jacqueline. – Alors, c’est une association… Maintenant, ça doit être précisé sur la page Amazon, je crois. C’est une association qui s’appelle Locomotive et qui accompagne les parents d’enfants atteints de cancer et de leucémie. Donc c’est une association qui est basée à l’hôpital de Grenoble, au CHU de Grenoble, à La Tronche. Bon, ce ne sont pas des sommes monstrueuses qu’on gagne avec ce livre, parce qu’à raison de 99 centimes… 35 % de 99 centimes… Et puis on n’en vend pas des milliers non plus ! Mais bon, c’est un petit geste, pour ce livre qui… Voilà. Donc il a fallu faire des illustrations. Là, on s’est dit : qu’est-ce qu’on fait ? Et on a dit : puisque c’est un projet un peu pour les enfants, on va demander à des enfants de faire des dessins. Ce qu’on a fait. Donc c’est artisanal, mais c’est revendiqué et assumé.

Cyril. – D’accord. Et donc il y a un deuxième tome qui va sortir bientôt, que vous allez publier, qui sera dans le même cadre. C’est-à-dire que vous allez raconter une suite à cette histoire (puisque c’était un tome 1) et puis les bénéfices de ça…

Jacqueline. – Ce sont les mêmes personnages, dans une nouvelle aventure. Une nouvelle histoire pour les mêmes personnages. Avec, pareil : l’argent des ventes sera donné. Sans doute à la même association.

Cyril. – Très bien. Depuis quelque temps déjà, vous avez commencé à aller voir à l’étranger et donc vous avez une version en anglais des Pierres couchées qui est sortie. Décollage imminent, qui…

Jacqueline.Au cœur du solstice.

Cyril.Au cœur du solstice, excuse-moi. Pardon. Et Projet Anastasis ? Il y a tellement d’informations avec vous, j’ai du mal à m’y retrouver en fait. Voilà. Vous avez deux livres en anglais, un livre en allemand qui vient juste de sortir. C’est Au cœur du solstice celui-là, puisque c’est…

Jacqueline. – Voilà. Ce n’est que Au cœur du solstice pour l’instant et on a signé un contrat pour la traduction de Projet Anastasis, qui est le dernier.

Cyril. – Et ce n’est pas trop dur de laisser ses bébés, comme ça, partir dans les mains d’autres éditeurs ?

Jacqueline. – Alors, comment le signaler ? On a fait un test, nous, de faire une traduction pour une nouvelle : Décollage imminent. En suivant tout ce qu’il faut faire pour traduire : trouver un traducteur, corriger, revoir la typographie… C’est vraiment un métier ; c’est un travail, et quand on a fini la chose, on s’est dit : c’est vraiment du travail, ça coûte cher. S’il n’y a pas beaucoup de ventes, on ne fera pas ça nous-mêmes. On l’a mis en vente et il n’y avait pour ainsi dire pas de ventes… Donc on s’est dit : c’est bon, on a notre réponse. On ne se lancera pas là-dedans par nous-mêmes. Et suite à ça, on a eu une… Enfin, je ne sais pas si ça a une relation de cause à effet, je n’en ai aucune idée ! On a eu cette proposition d’Amazon pour Au cœur du solstice et là, nous, on était ravis parce qu’on s’est dit : de toute façon, c’est quelque chose qu’on n’aurait jamais fait par nous-mêmes. Donc ce n’est pas du tout pareil que si on avait signé avec une maison d’édition française pour le livre en français, puisque là c’était pour un livre que nous, on n’aurait jamais produit. Donc au contraire, on était ravis ! Enfin, là, pour ce qui est de laisser son bébé, c’est peut-être plutôt Jacques qui pourra répondre, par contre !

Cyril. – Mais j’imagine que si vous en avez discuté, c’est sans problème.

Jacqueline. – Oui, je pense qu’il est d’accord, là : il ne fait pas de grands signes, donc c’est que…

Cyril. – D’accord. Quelles sont aujourd’hui les grandes prochaines étapes ? C’est à nouveau recommencer : réécrire, ressortir un nouveau livre… Ou est-ce que c’est autre chose ?

Jacqueline. – Alors, les prochaines étapes, c’est un nouveau roman, sur lequel travaille Monsieur, et puis moi, ma prochaine étape (c’est d’ailleurs l’objet de mon prochain billet sur le blog) c’est de dire que je vais peut-être un peu lever le pied pour ce qui concerne le blog, les relectures des livres des auteurs, mes interventions sur Facebook… Je vais continuer à accompagner les livres de mon mari, mais peut-être avec un petit peu moins de… Passer un petit peu moins de temps sur les aspects…

Cyril. – Autres.

Jacqueline. – Voilà : sur les aspects autres. Parce que les journées n’ont que 24 h et voilà !

Cyril. – Oui, il faut faire ça toujours avec du plaisir.

Jacqueline. – Voilà : il faut que ça reste un plaisir. Ça reste un plaisir, mais quand je rentre chez moi le soir après 19 h, je n’ai pas forcément toujours envie de me mettre à écrire un article sur le blog.

Cyril. – Voilà, oui : ça génère de la frustration et ce n’est pas bon non plus. Jacqueline, merci beaucoup. Tu remercieras Jacques, qui doit être derrière le téléphone, aussi.

Jacqueline. – Et qui te salue et qui t’entend.

Cyril. – D’accord. Merci beaucoup à vous deux pour cet entretien. Je vous souhaite beaucoup d’inspiration pour le nouveau roman que j’espère lire bientôt.

Jacqueline. – Bientôt, peut-être pas, mais un jour, j’espère !

Cyril. – D’ici un an ! D’ici un an.

Jacqueline. – Il s’y remet dès qu’on raccroche. J’y veillerai !

Cyril. – Je vais raccrocher vite, alors ! Merci encore et puis j’espère qu’on reparlera d’ici quelque temps de nouveaux projets et d’autres choses. Merci. Au revoir.

Jacqueline. – Au revoir !

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