Loto-édition, vous connaissez ?

La presse et les journalistes nous pondent pas mal d’articles en ce  moment sur l’autoédition. Après celui de Causette qui était plutôt enjoué et enthousiaste, celui truffé d’approximations et de délires du journaliste de Livres Hebdo, c’est Lire: qui s’y colle.
Autant le dire, n’allez pas acheter Lire: pour cela, vous n’y apprendrez rien d’intéressant.

Par contre, si vous voulez vraiment savoir à quel point les éditeurs traditionnels font leur travail de manière fantastique, presque œuvre de sauvegarde et de sauvetage de l’humanité, oui, cela vous confortera…

On dit que les frontières bougent entre l’édition et l’autoédition. Si c’est de cette manière qu’elles bougent, je ne suis pas impressionné par l’attention et l’intérêt que la plupart des magazines portent à a question. Il est rare qu’il y en ait un qui ne soit pas réac, défendeur du Privilège Royal accordé aux éditeurs de publier ces vils écrits des petits scribouillards.

Que Béatrice Duval chez Denoël défende son gagne-pain ne m’étonne pas, mais cantonner l’autoédition aux genres « amour, polar, porno… » me paraît insultant. Peut-être est-ce toutefois une mauvaise retranscription de son discours.

Est-ce que les autoédités sont tous à l’affut d’une édition papier traditionnelle ? Sont-ils tous prêts à baisser leur froc pour être en papier ? Non, ils sont des aventuriers qui cherchent des lecteurs, et sont prêts à aller les chercher partout, pourvu que ce soit fait dans un rapport entre le créateur et l’éditeur qui soit équilibré.

Fin au servage ! Dans cet article, la noblesse c’est Minuit, Gallimard, Actes Sud, etc. Trop élitiste ? Oui, possible. On se croirait ici :

Dans une société où les études, l’approche de la connaissance n’est plus réservée à une élite, n’est-il pas naturel que l’écriture et l’édition soient aussi à la portée de tout le monde ? Dans une édition qui ne peut plus s’appuyer que sur la bestsellerisation pour survivre, n’est-il pas naturel que les auteurs prennent leurs responsabilités ?

Une réflexion au sujet de « Loto-édition, vous connaissez ? »

  1. Je dirais même : dans une société qui brandit haut et fort son écriteau “je suis Charlie” en défense de la liberté d’expression, n’est-il pas normal que les auteurs aient réellement accès à cette liberté ?
    J’avais déjà entendu cette interview avec ce regard complètement acerbe sur l’accès à la connaissance pour tous. Typique de l’élitisme intellectuel de notre pays… solidement ancré justement dans le petit monde des livres 😉

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