Podcast autoédition : un an d’expérience, une passion pour la vie ?

Pour cet épisode du podcast, j’espérais interviewer une inconnue qui avançait doucement, mais sûrement dans l’autoédition, et grimpait avec chaque nouveau livre une marche supplémentaire. Manque de bol, Laure Manel a dépassé ses espérances entretemps et fait maintenant partie de ces auteurs qui sont allés dans le top 20 des ventes Kindle 😉

On pourrait se lamenter de choses plus désagréables…

Il n’empêche que sur l’année qui s’est écoulée, elle a été persévérante, a cherché les différents moyens pour trouver de nouveaux lecteurs, a été attentive aux différents moyens qu’elle pouvait trouver pour faire la livre de son premier puis de son second livre. Que les résultats ont été modestes au début, et que la sortie de son deuxième roman a été l’occasion de relancer la machine et d’en faire plus (écrire de nouveaux bons livres : le meilleur marketing que vous puissiez faire !).

Tout n’est pas rose évidemment, il faut réussir à trouver le temps pour écrire, il faut assumer d’être auteur (le syndrome de l’imposteur nous guette toujours), il faut capitaliser sur sa relation avec les lecteurs… mais si on aborde ce parcours avec persévérance et bienveillance, on a la quasi-certitude que ces deux qualités nous seront retournées 😉

La qualité de l’enregistrement audio est très très moyenne. Je suis désolé. C’est tout à l’honneur de Florence d’avoir réussi à en faire la retranscription. Veuillez tous accepter mes excuses : Skype nous a laissé tomber et je n’ai pas réussi à améliorer le son (les informations n’étaient pas là pour le faire, tout simplement).

Vous pouvez retrouver la retranscription de cette interview ici :


Cyril. – Bonjour ! Aujourd’hui, dans le podcast autoédition, je reçois Laure Manel. Bonjour Laure.

Laure. – Bonjour Cyril !

Cyril. – Est-ce que tu aurais la gentillesse de te présenter, s’il te plaît, et de présenter un petit peu ton parcours dans l’autoédition ?

Laure. – Oui. Alors, j’ai publié mon premier roman sur KDP l’année dernière, au mois de juin. Qui s’appelle Histoire d’@, c’est un roman épistolaire moderne, entre guillemets, puisqu’il s’agit d’un échange de mails entre deux personnes. Et puis j’ai publié un deuxième roman, L’embarras du choix, fin janvier. C’est un roman contemporain, différent donc, dans la forme, du premier.

Capture d’écran 2016-05-27 à 09.54.23

Cyril. – Ce sont tes deux premiers romans. Tu les as directement publiés en autoédition. Est-ce que tu as passé du temps avant, à essayer d’aller voir des maisons d’édition pour trouver un contrat à compte d’éditeur ?

Bien entourée entre Matthieu et Cédric Charles
Bien entourée entre Matthieu et Cédric Charles

Laure. – Alors, oui, j’ai commis cette perte de temps ! En fait, Histoire d’@, il était prêt à la fin de l’été 2014 et j’ai fait quelques envois à la fin de l’été, et même en janvier 2015. Sans aucune conviction ! Vraiment.

Cyril. – Sans aucune conviction, tu ne pouvais pas y arriver !

Laure. – Non, mais je l’ai fait un peu histoire de ne pas avoir de regrets. J’avais envie de le faire. Mais sans prétention. Donc effectivement, je trouve que c’est une perte de temps. Je ne l’ai pas du tout fait pour le deuxième parce que l’autoédition, c’était LA solution. Pour moi et je pense pour beaucoup d’autres. Parce que le but, c’est d’être lu, et grâce à l’autoédition, j’ai des lecteurs et ça, c’est vraiment une grosse satisfaction.

Cyril. – Est-ce que tu es tout de suite arrivée dans le top 100 ? Est-ce que les débuts ont été très faciles ? Est-ce que tu avais mis de ton côté tous les atouts pour faire un lancement fulgurant de ton premier roman ?

Laure. – Pas du tout ! Pas du tout… C’est vrai que… En fait, je suis partie de rien du tout. Même mon nom, puisque j’écris sous pseudonyme. Quand j’ai sorti Histoire d’@, je suis arrivée en même temps sur le net. J’ai ouvert un site ; j’ai ouvert une page Facebook, un profil aussi. Mais je n’avais pas du tout fréquenté les groupes Facebook, etc. avant la sortie de mon livre. Donc je suis partie… Enfin, j’ai sorti Histoire d’@ dans l’anonymat le plus total !

Sans vraiment en parler à mon entourage, parce qu’on va dire que je ne l’assumais qu’à moitié. Cet écrit. Le fait d’écrire… Et puis, par rapport à mon travail, aussi. Donc j’étais un peu cachée. Je n’en ai pas vraiment parlé, ou à très peu de personnes.

Donc forcément, je n’ai pas eu un démarrage fulgurant, ça, c’est sûr. J’avais de petits sursauts dans le classement, mais en gros, c’est… J’ai démarré aux alentours de la 800e place et au plus bas, je suis allée à la cent et quelque millième place.

Cyril. – Et qu’est-ce que tu as fait pendant… Depuis quelques semaines, tu as mis un peu… Tu as déjà passé la seconde quand tu as publié, en fait, L’embarras du choix en janvier. Mais ces efforts ont été plus payants dans les semaines qui viennent de s’écouler.

Mais entre le mois de juin et le mois de janvier, qu’est-ce que tu as fait, qu’est-ce que tu as eu comme démarche, comme ça, pour démarrer, découvrir un petit peu comment faire ton marketing, faire en sorte que ton livre soit plus visible par tous les lecteurs ?

Laure. – Alors, je me suis pas mal servie de Facebook, même si j’en suis un peu revenue de mettre des posts sur des groupes… Ça va un petit peu ! Je me suis aussi occupée de la couverture, quand même, parce que la première, c’était une version maison, qualité assez simple et sans doute trop sombre. Donc j’ai fait appel à un graphiste pour le deuxième. Et du coup, j’en ai profité pour faire aussi la couverture du premier. Enfin, refaire celle du premier.

Cyril. – Oui, tu as bossé avec David Forrest, non ?

Laure. – C’est ça. Donc j’ai vraiment apprécié cette collaboration. Il a un peu revu la couverture d’Histoire d’@. Je pense que ça ne fait pas de mal ! J’ai vraiment adoré la couverture proposée pour L’embarras du choix. Qui a été, d’ailleurs, bien reçue. J’ai demandé des avis sur Facebook pour le choix de la couverture. Mais sinon, je dirais que…

Si, je suis allée sur monBestSeller.com. J’ai proposé, on va dire, à peu près… Une petite moitié de Histoire d’@. Ça m’a apporté des commentaires. Je pense de gens qui étaient un peu intéressés par le livre. Je ne sais pas du tout, en termes de ventes, après, ce que ça a engendré.

J’ai fait un petit peu la même démarche avant la sortie du deuxième. J’ai mis un tiers du livre, de L’embarras du choix. Et comme celui-ci est en trois parties, j’avais décidé de faire un tiers de chaque partie. Pour donner une image un peu plus précise sur le contenu du livre. J’avais fait ça un mois avant la sortie de L’embarras du choix. Je pense que ça a permis aux gens de découvrir le livre avant qu’il soit sur Amazon, donc ça a créé une certaine attente. Enfin, en tout cas, par rapport aux retours que j’en ai eus. Mais c’est vrai que jusqu’à la sortie du deuxième, Histoire d’@, il était tranquille. Alors, il y a eu l’offre des dix jours en or, quand même, fin décembre. J’ai eu un petit sursaut de ventes ! Pourquoi tu ris ?

Cyril. – Parce que c’est moi qui avais fait…

Laure. – Ben oui ! Donc là, j’ai eu un petit sursaut fin décembre. Et puis fin janvier, L’embarras du choix est sorti. Ça a bien reboosté Histoire d’@. Enfin, pas au point d’en vendre tous les jours, mais il était un peu plus visible. Et même, juste de façon très annexe, j’ai aussi publié sur KDP un petit roman jeunesse, tout petit d’ailleurs, qui fait à peu près 15 000 signes. Et lui aussi, de temps en temps, il est acheté. Alors, ça m’amuse un peu… C’est vraiment très annexe, mais des fois, de temps en temps, j’ai une vente sur chaque et je me dis : c’est quelqu’un qui a pris les trois ! Ça m’étonne toujours !

Je pense effectivement que le deuxième a entraîné le premier, lui a donné un peu une deuxième vie. Et puis bon, la troisième vie, concrètement, c’est l’offre éclair, évidemment.

Cyril. – Pour Histoire d’@, est-ce qu’au début, tu étais dans KDP Select et est-ce que tu as utilisé les outils de promotion qui sont fournis avec KDP Select ? Essentiellement les promotions gratuites ?

Laure. – Oui, j’ai utilisé ça fin juin. Fin juillet, je crois. Et puis, en septembre. Parce qu’en septembre, c’était déjà renouvelé, les trois mois, donc j’ai réutilisé quelques jours.

J’en tire sans doute effectivement quelques lecteurs de plus, mais en termes de bénéfices directs… Ça ne rapporte pas de commentaires, ça fait fléchir dans le classement général…

Et puis, justement, quand j’ai appris en novembre qu’il fallait quatre mois sans baisse de prix pour éventuellement qu’on nous propose des promotions type offre éclair ou promo du mois, je me suis dit que c’était une perte de temps de passer par la gratuité.

Cyril. – Quand tu faisais ces gratuités au début, comment est-ce que tu faisais pour dire aux gens que c’était gratuit ? Tu utilisais essentiellement Facebook ?

Laure. – Voilà, oui. À cette époque-là, je n’étais pas sur Twitter. Facebook, globalement. J’ai ma liste d’abonnés, mais en septembre, sur ma liste d’abonnés, j’avais peut-être une dizaine de noms ! Donc ça ne m’a pas rapporté grand-chose. Oui, c’est surtout Facebook. Je n’ai pas fait de publicité autre. Ni de publicité directe Facebook, d’ailleurs. Ça, j’ai tenté un peu plus tard. Et j’ai du mal à mesurer l’apport aussi de ces publicités. Peut-être que je ne m’y prends pas non plus très bien !

Cyril. – Ensuite, on aborde la deuxième phase de cette année qui vient de s’écouler. C’est donc, à partir du mois de janvier, la sortie de L’embarras du choix. Donc là, tu avais déjà plus travaillé sur la couverture, tu avais déjà commencé à mettre en ligne sur monBestSeller pour soulever un peu plus l’intérêt… Enfin, pour générer un peu plus d’intérêt avant la sortie du livre. Est-ce que ce deuxième lancement a été un peu plus efficace dans les premières phases ?

Laure. – Ah oui, oui ! Clairement, oui ! Déjà, cette fois-ci, j’ai un peu plus communiqué auprès de mon entourage, parce que dans les mois qui ont précédé, j’ai fini par en parler pas mal. Donc ils étaient prêts pour le lancement du deuxième, on va dire.

J’ai créé un événement sur Facebook pour la sortie.

J’ai quand même pas mal de lecteurs d’Histoire d’@ qui attendaient, du coup, le deuxième. Vraiment. Et puis, je ne veux pas dire qu’ils se sont jetés dessus à la sortie, mais il y a des gens qui étaient dans l’attente.

Donc effectivement, oui, j’ai pu attendre le top 100 le lendemain de la sortie. Je n’y suis pas restée longtemps : c’est l’histoire de trois ou quatre jours.

Cyril. – Quand même ! Quand même.

Laure. – Oui, oui ! C’est vrai que j’ai eu un lancement intéressant. J’étais contente. Après, c’est vrai que quand le soufflé retombe… Et puis qu’on se dit qu’on a un petit peu épuisé, entre guillemets, les ressources de l’entourage… Ça retombe ! Il y en a qui ont des effets boule de neige, la fusée dès la sortie… Moi, c’est retombé !

Mais je n’étais pas mécontente du lancement, et puis j’avais déjà aussi le troisième en tête, donc je sais que de toute façon, le mieux, c’est quand même d’en publier un autre à la suite, en fait. Enfin, à la suite… De penser déjà au prochain.

Finalement, il n’y a rien de tel que d’en sortir un pour réveiller un peu les précédents. Et puis, je comptais, j’espérais effectivement quelques mois après la sortie recevoir l’offre d’Amazon.

Cyril. – Je regarde le graphe. Comme tu étais dans l’offre dix jours en or, j’ai commencé à surveiller ton classement pour voir si les dix jours en or fonctionnaient, apportaient des ventes de mon côté, etc. et donc j’ai le graphe de tout ton historique depuis mi-décembre, je dirais. Début février, il y a un petit peu plus de ventes sur Histoire d’@ et ça devient plus régulier. Donc il y a vraiment une corrélation et les deux se collent l’un à l’autre. En fait, quand la marée monte, tous les bateaux montent en même temps.

Laure. – C’est ça. C’est ça ! C’est vrai que je crois que… Oui, j’ai le graphique aussi devant moi… La place la plus basse que j’avais eue pour Histoire d’@, 42 000e, c’était juste avant, la veille des dix jours en or. Donc après, ça a remonté. Et puis effectivement, à partir de février, c’est beaucoup plus régulier. Le premier était visible, quand même, sur Amazon. Il a fait un bon démarrage, donc effectivement il était noté, je ne sais plus, là, dans les nouveautés… Baromètre de ventes, etc. Enfin, on le voyait dans pas mal de pages sur Amazon, L’embarras du choix. J’imagine que les gens ont cliqué. Après, ils ont vu en bas les lecteurs… Enfin, les gens qui ont acheté ce livre ont aussi regardé tel article…

Cyril. – Alors, justement, un des aspects qui est important, c’est le ciblage des lecteurs et l’adéquation de ton roman avec d’autres romans, pas forcément similaires mais qui peuvent plaire aux mêmes personnes. Est-ce que tu regardes ça de temps en temps ? Est-ce que tu as été voir quels étaient les romans qui étaient conseillés quand on allait voir L’embarras du choix ou quand on allait voir Histoire d’@ et dans l’autre sens ?

Laure. – Conseillés ou qui avaient été vus et achetés ?

Cyril. – Alors, je veux dire, quand tu vas sur Amazon, tu as par exemple sur L’embarras du choix, en bas… Il y a Histoire d’@ qui est mis en avant. Premier livre qui est mis en avant. Ensuite il y a Nos adorables belles-filles d’Aurélie Valognes, un livre de Florence Clerfeuille, Le début des haricots, etc. Est-ce que tu es allée voir dans les deux sens ? C’est-à-dire voir les livres qui sont conseillés par Amazon quand on regarde L’embarras du choix, mais aussi voir si L’embarras du choix était conseillé sur les autres livres ? Non ?

Laure. – Ça m’est déjà arrivé, rapidement, mais je n’ai pas tiré de grandes conclusions de ces affaires-là !

Cyril. – Parce que ça fait partie d’un des endroits où on peut avoir plus de visibilité, justement. Ça fait partie des quelques endroits évidents où avoir de la visibilité, et le fait d’avoir une bonne adéquation, comme ça, entre son livre à soi et un autre livre comparable, et de bien l’identifier, permet de… Il faut quand même essayer un petit peu, par moments, de le faire entrer dans une case. En tout cas de choisir les bonnes personnes. Donc pour un auteur, mais aussi pour les lecteurs, ça permet de mettre les livres ensemble, tu vois.

Laure. – Oui, je sais.

Cyril. – Mais toi, tu n’es pas allée le voir.

Moi, je suis allé voir…
Moi, je suis allé voir…

Laure. – Pas vraiment, non. Pas vraiment.

Cyril. – Je peux te dire que par exemple, quand tu vas voir C’est forcément le chiffre trois !!! de Sophia Sagnot, L’embarras du choix fait partie des livres qui sont recommandés par Amazon. Pas en première page, mais quand même.

Laure. – D’accord. Mais c’est vrai que ce matin, par exemple, je me suis rendue compte que dans le mail… Enfin, avec l’offre éclair, quand on arrive sur la page des promos Amazon, il y a un peu plus bas, sur les cent e-books qui sont à moins 50 %… Le mien est apparu ce matin, par exemple, dans les seize qu’on voit. Alors qu’avant, on ne le voyait pas du premier coup, on va dire. Là, il était visible. J’ai remarqué ça ce matin. Et c’est vrai que ce matin, j’ai vu qu’il y avait pas mal de ventes dès le départ de la journée. Je me suis dit : tiens, c’est bizarre ! Et j’ai constaté ça après. Oui, je pense que la visibilité, ça fait tout.

Cyril. – Oui, ça fait tout. Ils font tourner, en fait, les livres qui sont en promotion Kindle, et j’ai l’impression qu’à certains endroits, c’est plus le classement des ventes qui entre en ligne de compte, et à d’autres endroits, c’est plus un choix personnel. Mais c’est vrai qu’il y a des livres, par exemple, là-dedans, qui ne vont jamais apparaître. Dans les 100 e-books à moins 50 % ou plus du mois, il y en a certains qui n’apparaîtront jamais dans les premières recommandations. Il faudra que les gens aillent à l’intérieur pour voir la suite.

Laure. – Là, la couverture, en plus, on la voit, je pense ! Elle est…

Cyril. – Ah oui ! Elle est notable ! C’est bien.

Laure. – Oui ! Et puis, ça correspond bien à l’histoire. Enfin, je trouve qu’elle est très bien. Elle est très adéquate avec l’histoire. En trois parties, en plus. Après, on peut y voir ce qu’on veut, avec les petits cœurs, mais ça fait écho à l’histoire.

Cyril. – Ce qui a changé beaucoup de choses, qui t’a donné vraiment un énorme coup de pouce, voire même plus, c’est… Ça commence au mois de mars, avec un e-mail reçu de l’équipe KDP qui te propose de présenter un livre pour une offre éclair.

Laure. – Oui. Histoire d’@.

Cyril. – Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu tout ça ?

Laure. – Oui. Alors, donc, j’ai reçu ce fameux mail tant attendu. Parce que j’en avais entendu parler, évidemment. Via Facebook, par exemple.

Donc ils m’ont proposé au mois de mars pour le mois d’avril soit une offre éclair soit la promo du mois sur avril. Soit l’offre des ponts de mai. L’offre des ponts de mai, qui était à cheval sur avril et mai, du 26 avril au 8 mai.

J’ai répondu, évidemment, à cet e-mail, en donnant ma préférence pour une offre éclair. J’avais envie de faire cette expérience-là ! Et j’ai quand même dit que je n’étais pas inintéressée par la promo des ponts de mai. Et je trouve que…

Ils ont donné réponse en deux temps. Un premier temps sur l’offre éclair et la promo du mois. Donc j’étais en offre éclair le 20 avril. Et une semaine après, je reçois à nouveau un mail qui me dit que je suis aussi sélectionnée, entre guillemets, pour cette promo des ponts de mai. Donc voilà, le calcul a été rapide : j’avais en gros huit jours entre la première offre et la deuxième et je me suis dit que si je prenais la sortie du top 100, je pourrais vite y revenir. Et c’est ce qui s’est passé.

Et en plus, le mois suivant, j’ai reçu une proposition de promotion pour le mois de mai, pour le deuxième, L’embarras du choix. Et là, cette fois-ci, j’ai préféré tenter la promo du mois plutôt que l’offre éclair. Et j’ai été exaucée.

Cyril. – C’est parfait ! Mais c’est bien d’avoir deux livres, l’un après l’autre, à pouvoir proposer dans des offres différentes, de manière à récolter le plus de lecteurs possible.

Laure. – Voilà ! Oui, effectivement, j’ai l’impression que la machine s’est vraiment mise en route. Là, je suis en phase up ! Bien sûr qu’après, ça va retomber, mais déjà je profite ! Là, L’embarras du choix est 34e du top 100.

Cyril. – Vers le 17 avril (parce que mon graphique n’est pas super précis), tu es au rang 27 000 environ. Et le 20 avril, qu’est-ce qui t’arrive ? Pour Histoire d’@ ?

Laure. – Ben, c’est l’offre éclair. J’arrive… Je suis troisième à la fin de la journée. Et puis, ça a été assez fulgurant. Enfin, c’est le principe de l’offre éclair en général. Je pense que tout le monde a en général de bons résultats et une satisfaction.

Cyril. – Non, notre ami le Pape François a eu de très mauvais résultats.

Laure. – Ah bon !

Cyril. – Il n’a pas atteint le top 100.

Laure. – Oh, le pauvre !

Cyril. – Voilà. Il y a de temps en temps des offres éclair qui ne marchent pas bien.

Laure. – Oui, je me doute aussi. Mais bon, effectivement, j’espérais entrer dans le top 100 et si possible dans le top 10. Ce qui s’est passé. Et puis au moment où j’allais sortir… Finalement, je ne suis pas vraiment sortie. Enfin, je suis revenue !

La promo, ça marche !
La promo, ça marche !

Cyril. – Oui, tu as fait un petit écart. Tu as fait un petit écart vers la place je ne sais pas combien, mais…

Laure. – Oui. À un moment, oui, je suis sortie un petit peu, je crois. Je ne vois pas très bien, là, mais…

Cyril. – À peine.

Laure. – Je me dirigeais vers la sortie quand il y a eu la promo des ponts de mai. Donc évidemment ça a renfoncé le clou. Je ne sais pas si je peux dire ça comme ça ! Mais ça a permis de confirmer. Et puis d’être visible un peu plus longtemps sur Amazon.

Cyril. – On va parler un peu chiffres. Avant l’offre éclair, tu étais… Tu l’as écrit dans ton blog, et je mettrai bien évidemment un lien vers ton blog dans les notes du podcast, mais avant l’offre éclair, tu étais à combien d’exemplaires ?

Laure. – Pour Histoire d’@, j’étais à 300 à peu près.

Cyril. – Et aujourd’hui ?

Laure. – Avec l’offre éclair, 300 le jour même. Enfin, 302. Et puis, la promo des ponts de mai : 300 aussi. Sur dix jours. Et puis depuis, quasiment 200. Donc j’arrive à 1 100 exemplaires à peu près. À peu de chose près.

Cyril. – Voilà. 1 100 lecteurs en un an. Même pas.

Laure. – Même pas. Ben oui, ça se fête !

Cyril. – Tu vas aller manger des huîtres ? C’est une private joke.

Laure. – Oui, voilà ! Non, ça ne marchera pas.

Cyril. – Bon, c’est champagne et chocolat, alors.

Laure. – Champagne et chocolat, si on veut.

Cyril. – Bon, très bien.

Laure. – Non, mais c’est vrai que… C’est pareil, les premiers commentaires, forcément, ce sont des gens qu’on connaît…

Cyril. – Oui, quand on reçoit son premier commentaire de quelqu’un qui n’a pas lu le roman avant, et qui met cinq étoiles surtout !

Laure. – Oui, c’est ça. En plus, moi, au début, mes amis, ils n’osaient pas trop mettre trop d’étoiles. Ils se disaient… Bon, c’est vrai qu’Amazon dit que cinq étoiles, c’est parfait. On n’ose pas trop dire que c’est parfait.

Et puis, finalement, à un moment… Histoire d’@, il a eu plein d’étoiles. Notamment à partir de la sortie du deuxième. J’avais plein de commentaires pour Histoire d’@. Mine de rien, il plaît quand même. Enfin, il ne plaît pas à tout le monde, bien sûr. Mais il a quand même globalement des bons commentaires et une bonne moyenne de notes, on va dire.

Cyril. – Qu’est-ce que tu fais pour prolonger ces efforts-là uniquement au niveau marketing promotionnel dirais-je, est-ce que tu as développé… Tu parlais de ta liste tout à l’heure. Est-ce que tu as réussi à faire grandir ta liste de personnes qui sont inscrites pour être en contact avec toi ?

Laure. – Pas vraiment !

Cyril. – Pas vraiment. D’accord.

Laure. – Non. Je dirais que ce n’est vraiment pas facile. Les gens, même s’ils nous apprécient, je trouve qu’ils sont assez réticents à s’inscrire pour recevoir des mails, d’une façon générale.

Cyril. – Parce que, bien évidemment, quand on s’inscrit à ta liste, on reçoit un mail de spam tous les jours.

Laure. – Pas du tout ! Non, il n’y en a qu’un ou deux dans le mois, et encore. Donc non, ce n’est pas énorme. Après, j’ai essayé de créer, on va dire, un petit concours interne pour mes abonnés, en leur faisant écrire un petit quelque chose. Donc ça a fait un vrai flop : j’ai reçu un texte. Bon. Je voulais offrir un exemplaire dédicacé, mais… J’avais envie de les faire écrire.

Après, peut-être que c’est aussi par le fait que… J’anime des ateliers d’écriture, en fait, dans la vraie vie, aussi, parce que j’ai une autoentreprise d’écrivain public et dans ce cadre-là j’anime des ateliers d’écriture, donc j’aime bien aussi faire écrire les gens, partager les textes. Donc je me suis dit, à partir de mes livres, je peux peut-être trouver des petites choses à faire pour essayer de créer une curiosité, et puis une envie d’écrire, puisque dans les lecteurs, il y a quand même beaucoup de gens qui écrivent un petit peu. Donc je me suis dit : c’est un petit quelque chose de récréatif, et puis je mettrai les textes gagnants sur mon site et j’offrirai l’exemplaire dédicacé. Ça n’a pas suscité un engouement énorme ! Enfin, si : pour Histoire d’@, j’avais fait un petit concours ; j’avais eu plus de textes.

Mais depuis… Enfin, pour L’embarras du choix, ce que j’ai tenté n’a pas fait d’émules. Bon, ce n’est pas grave ! C’était juste une tentative pour, justement, créer un lien d’écrivain à lecteurs. Voilà. Mais, non, marketing pur, j’ai essayé, mais je ne sais pas si c’est du marketing, j’ai essayé de faire deux vidéos de présentation. Dont une que j’ai mise un petit peu en publication listée sur Facebook. Je n’ai aucune idée, vraiment, des bénéfices. Parce que même si on a des clics, après, vers le site marchand, on ne peut pas savoir si les personnes achètent.

Cyril. – Si, on peut savoir. Mais enfin, bon, on en parlera après l’émission.

Laure. – D’accord !

Cyril. – Donc ça, c’est les aspects purement marketing promotionnel. Mais surtout, le meilleur marketing, c’est d’écrire un autre livre.

Laure. – C’est ça. Je pense, oui.

Cyril.Est-ce que tu as bientôt fini ton troisième roman ?

Laure. – Ouh là là ! Non ! Il est commencé, j’en suis déjà contente !

Cyril. – C’est bien !

Laure. – Oui. En fait, je l’ai commencé fin mars, alors que… Je l’écrivais déjà plus ou moins dans ma tête avant d’avoir fini le deuxième, d’ailleurs. C’était un peu perturbant ! Mais oui, je l’ai commencé fin mars, et puis je n’arrive pas trop à écrire. Même, on va dire, pas du tout. Ça me désespère profondément.

Cyril. – D’accord. Donc là, on aborde la partie plus métier d’auteur. C’est difficile.

Laure. – Disons que j’ai un métier principal qui me prend quand même pas mal de temps en-dehors des vacances. Heureusement, j’en ai pas mal ! Donc ça va mieux ! Je suis enseignante.

Cyril. – J’allais dire que tu étais dans l’armée, mais non.

Laure. – Pas du tout ! Je suis enseignante.

Cyril. – Tu sais que l’armée, ils ont presque autant de vacances que vous.

Laure. – Oui, sans doute. Oh, mais, il n’y a pas que nous ! Et du coup, j’ai aussi la direction de mon école. J’ai des CM1-CM2 ; ça m’occupe pas mal, quand même.

Cyril. – Ah oui, quand même.

Laure. – CM1-CM2, direction d’école. À temps plein. J’ai du mal à voir le jour un petit peu. Enfin, en tout cas, j’ai du mal à écrire au quotidien.

Cyril. – Oui, donc tu profites essentiellement des moments de congés pour pouvoir le faire.

Laure. – Voilà. En plus, malheureusement, je ne suis pas du soir et j’ai besoin de sommeil. Sinon, je pourrais écrire la nuit, mais je suis incapable. Donc j’écris, oui, par salves intenses, surtout pendant les vacances. Après, quand je me trouve, des fois, deux heures dans un week-end, évidemment, j’essaye d’en profiter. Mais j’écris vraiment par à-coups.

J’aimerais bien me créer une petite routine d’écriture et me créer des contraintes. Un petit peu comme disait Jean-Philippe Touzeau : 500 mots par jour. Mais moi, quand j’écris, je suis plutôt à 2 000, 5 000, voire plus dans la journée, parce que j’écris à fond. Quand j’écris, j’écris très vite. Ça coule tout seul, je ne sais pas comment l’expliquer, mais par contre, la plupart du temps, le problème, c’est que je n’écris pas ! Et puis… Donc voilà, je sais que je vais me rattraper un petit peu cet été.

Cyril. – Tu en écris deux cet été !

Laure. – C’est vrai que quand je m’aménage du temps, j’arrive à… Après, il y a toute la phase de relecture aussi, évidemment. Là, je parle d’un premier jet, qui s’écrit tout seul.

Après, moi, quand je me lance dans le premier jet, j’ai quand même la trame. Toute l’histoire est planifiée. Je sais où je vais. Je sais comment ça se termine. Donc à partir de ce moment-là, effectivement, j’écris très vite. Je n’ai pas trente-six questions à me poser sur ce qui va se passer après.

Même si là, pour le troisième, j’ai un peu plus de marge de manœuvre sur, on va dire, vraiment le contenu intérieur. Je sais la fin, mais je m’offre des petites…

Cyril. – Surprises.

Laure. – Oui, des petites surprises. D’ailleurs, en fait, je me surprends souvent, justement, à avoir l’impression que mes personnages m’échappent un peu et vivent un peu leur vie. Me détournent un petit peu la trame prévue au départ ! Donc je les regarde un peu faire leur vie. Pour l’instant, j’écris ce que… Ce que je vois, j’allais dire ! Et puis je ferai les retouches après.

Je l’ai donné, là… Je ne l’ai pas fait pour les deux premiers, mais j’avais besoin pour ce troisième, d’avoir quelques retours déjà sur le début. Donc j’ai transmis le début de mon texte (ça fait à peu près trente pages) à quelques personnes de mon entourage pour avoir un peu des retours. Pour voir si ça suscite déjà un peu l’intérêt, ou s’il y a des incohérences, des choses qui ne vont pas. Pour les traiter maintenant, plutôt que de me rendre compte à la fin qu’il y a un problème.

Parce que c’est un petit peu ce qui s’est passé avec L’embarras du choix. Je l’avais fini en août dernier, L’embarras du choix. Le premier jet. Donc trois parties, tout ça… Et j’ai fait lire à quelqu’un qui me connaît pas mal, quand même. Un bêta-lecteur. Qui m’a fait un retour assez négatif sur le fait que les trois parties étaient trop répétitives, etc. Parce qu’effectivement, la perspective de départ était très différente. Donc j’ai tout remanié. Enfin, je l’ai réécrit quasiment aux deux tiers, en fait, entre octobre et fin décembre. Donc là, par exemple, la troisième partie, je l’ai faite en quatre jours, coincés entre le 20 décembre et le 25. Avant Noël, je voulais avoir fait la troisième partie. Je l’ai faite très très vite. Je ne faisais que ça toute la journée.

Après, j’ai eu la phase de relecture. En plus, je m’étais, entre guillemets, engagée à publier L’embarras du choix fin janvier et je n’avais pas tellement envie de remettre à plus tard la publication annoncée. Donc oui, c’est vrai que là, j’ai donné tout ce que je pouvais ! Malheureusement, du coup, il a été publié aussi avec quelques petites coquilles.

Cyril. – Ce qui, pour une ancienne relectrice, est quand même un comble !

Laure. – C’est vrai ! C’est vrai… C’est vrai. Mais… Ce qui est incroyable, effectivement, c’est quand même que… On ne voit pas, des fois, ses propres erreurs.

Cyril. – Ne m’en parle pas ! Ne m’en parle pas. Ne m’en parle pas… Je ne te jette pas la pierre, parce que je viens d’avoir une mésaventure de ce genre-là. Le truc que tu as relu trois fois, tu as l’impression que tout est bon, et puis tu le relis une quatrième fois et tu te dis : mais ce n’est pas possible, comment j’ai pu laisser passer des choses pareilles !

Laure. – C’est vrai que c’est terrible. Autant pour la version numérique, tu te dis : on peut la retoucher tous les jours si on veut.

Cyril. – Mais même ! Tu peux la retoucher tous les jours, mais si tu l’as déjà donnée à pas mal de personnes, ça pose quand même un souci.

Laure. – Oui, voilà. Non, mais après, trois ou quatre coquilles qui traînent quelque part et des erreurs à toutes les pages, il y a une différence ! Cela dit, je lis régulièrement des livres, aussi, papier de grands éditeurs et je trouve des coquilles.

Cyril. – Oui, ça, on ne peut pas… On ne peut pas… C’est difficile de l’éviter, quand même.

Laure. – Il y en a chez les grands éditeurs, donc je me dis bon… On ne va pas non plus… Bon, après, c’est vrai que j’avais à cœur de vendre quelque chose de propre.

C’est aussi pour ça que j’ai fait appel à David Forrest pour la couverture. J’avais envie de donner une image, pas non plus professionnelle, mais bon… En tout cas, pas 100 % amateur, qui aurait fait une couverture sur KDP. Enfin, la première, je ne sais pas si tu l’as vue, Cyril. Si tu sais comment elle était…

Cyril. – Si, si ! Ça fait bientôt un an que je suis ce que tu fais. On est entrés en contact… En tout cas, j’ai suivi la sortie d’Histoire d’@ très tôt. Donc j’ai vu tout avancer doucement.

Laure. – Oui, doucement !

Cyril. – Non, mais doucement, mais en même temps de manière persévérante.

Laure. – Ah oui ! Et puis, ce que je n’ai pas dit aussi tout à l’heure… Je ne sais pas si c’est intéressant. Quand on parlait de marketing entre guillemets, ou du moins d’essayer de se faire connaître un petit peu. Au mois de septembre, j’ai contacté… Enfin, même, c’était dans l’été, mais j’ai eu un partenariat avec Livraddict au mois de septembre sur Histoire d’@, qui a fait que le livre a été lu par dix blogueuses.

Cyril. – Oui, c’est bien, ça !

Laure. – Voilà. Qui ont chacune chroniqué le livre. Donc ça, ça l’a fait sans doute un peu plus connaître. Après, je ne peux pas dire que ça a fait un bond incroyable, mais…

Cyril. – Non, mais c’est une pierre, puis une autre pierre, puis une autre pierre, et c’est comme ça qu’on fait un mur.

Laure. – C’est ça ! Et puis, du coup, dans les blogueuses qui l’ont lu, qui ont lu le premier, il y en a pas mal qui ont voulu lire le deuxième, qui sont en cours de lecture, ou… Donc effectivement, ça amène des lectrices qui conseillent d’autres lectrices. Des lecteurs, aussi. Il ne faut pas que j’oublie non plus les lecteurs. C’est vrai que j’ai tendance à penser que c’est plus féminin, on va dire.

Cyril. – Tu es plus dans une littérature, quand même, qui est sentimentale. Sans être non plus complètement dans le pur romance.

Laure. – Oui, voilà. C’est plus contemporain, mais c’est vrai que c’est plus… C’est peut-être plus à visée féminine. Mais en même temps, j’ai des commentaires d’hommes aussi, qui ont apprécié. Même les deux.

Cyril. – Oui, oui, bien sûr !

Laure. – C’est vrai que je trouve ça bien aussi, que ça ne soit pas que estampillé roman pour les femmes !

Cyril. – Roman à gonzesses, comme dirait l’autre. (Note de l’intervieweur : en référence à un goujat qui commentait les actualité d’abus dans la politique)

Laure. – Voilà.

Cyril. – Des histoires de bonnes femmes !

Laure. – Ça ne me pose pas plus de problèmes que ça d’avoir un lectorat plus féminin que masculin.

Cyril. – Oui, et puis tu écris dans un genre, mais c’est aussi un genre qui te plaît. Enfin, bon. Ça y est, je suis en train de m’enterrer tout seul… Mais c’est clair que, pour te connaître personnellement, je ne t’imagine pas faire un roman d’aventure avec des zombies ou des choses comme ça !

Laure. – C’est ça ! Oui, effectivement, ce n’est pas ce que je lis et je serais incapable d’écrire un roman d’aventure ou un thriller ou… Non, non ! Même si ça m’est arrivé d’en lire, ce n’est pas… Je ne me vois pas écrire ça. Clairement, je ne me vois pas non plus le talent d’échafauder des scénarios… Voilà, il faut quand même avoir une sacrée imagination et puis un sens du rythme… Il y a tellement de choses dans un thriller. Tellement de qualités que… Effectivement, ce n’est pas du tout mon créneau, entre guillemets.

Moi, je lis vraiment de la littérature contemporaine. Pas forcément romance, entre guillemets, mais voilà : littérature contemporaine. Plutôt Didier van Cauwelaert, Tatiana de Rosnay, Agnès Ledig… Enfin, des choses comme ça. Des auteurs comme ça. Donc je me sens plus là-dedans et c’est vrai que moi, la matière que j’aime bien travailler, c’est la vie dans tout ce qu’elle a… Dans tout ce qu’elle représente, mais voilà : la vie, le quotidien, les relations entre les gens, etc. Ce n’est pas forcément purement axé romance effectivement. Il y a des thèmes…

Cyril. – Non, ce n’est pas… Je ne voulais pas que tu penses que j’avais réduit tes romans à de la romance. Pas du tout.

Ta définition du succès, à toi, c’est quoi ? C’est trouver le plus de lecteurs possible ? C’est vivre en écrivant à 100 %, abandonner l’Éducation nationale ? C’est trouver des dizaines de milliers de lecteurs en papier ? C’est…

Laure. – Ouh là… Forcément, disons, déjà, premièrement, viser un maximum de lecteurs. Mais déjà, j’arrive en cumulé à bientôt 2 000 lecteurs, finalement, avec les deux livres. Et je n’en reviens même pas ! Enfin, c’est tellement… C’était inespéré.

C’est sûr que ce que j’aimerais, à défaut de vivre de ma plume, parce que je n’ai vraiment pas cette prétention-là et puis je me doute que c’est très difficile et que ce n’est pas forcément ce que je veux, j’aimerais bien me dégager un peu plus de temps pour écrire. Parce que la preuve, c’est qu’au quotidien, je n’écris pas du tout assez. Ça représente vraiment une frustration pour moi ! Donc déjà je vais essayer d’aménager mon temps de travail dans les mois et années à venir. Mais le succès… Évidemment, si un éditeur papier venait frapper à ma porte, je ne serais pas contre arriver en librairie, évidemment. Mais c’est quelque chose que je n’ose pas espérer. C’est dans les rêves. Je pense que tout le monde en rêve plus ou moins, même s’il y a des autoédités très heureux qui veulent rester autoédités.

Et moi, franchement, si je reste que, entre guillemets, autoéditée, ça m’ira parfaitement aussi, parce que je trouve que c’est une expérience vraiment positive. C’est une super aventure. On rencontre les lecteurs. Moi, c’est ce que je voulais. J’ai des retours. Des fois, j’ai des messages privés sur Facebook de gens qui sont enchantés de leur lecture. Des retours directs comme ça, je trouve que… Enfin, je n’imaginais pas ça du tout avant. Avant de me lancer là-dedans, vraiment, c’était quelque chose que je n’imaginais pas, d’avoir des lecteurs de tous horizons qui viennent vers moi pour parler de mes livres. Et c’est vraiment… Oui, c’est vraiment une grosse satisfaction, déjà, en soi. Donc après… Évidemment, on espère plus, peut-être. Mais déjà, c’est énorme.

Cyril. – Donc définition du succès, c’est continuer à écrire, passer plus de temps à le faire, et pourquoi pas trouver un éditeur papier. Tu lui donnerais tous les droits, à l’éditeur papier ?

Laure. – Non. J’aimerais vraiment garder les droits numériques. Oui, vraiment. Parce que moi, ça me désespère quand je vois les livres numériques de certains éditeurs à 13, 14 €. Je trouve ça… Assez désespérant !

Cyril. – Oui, parce qu’on imagine qu’il y a plein de lecteurs qui ne lisent pas ces livres parce qu’ils sont quand même relativement chers.

Laure. – Oui, tout à fait. Moi-même, ça me fait reculer. Quand on voit tout ce que… Bon, après, ma PAL, elle est… Ma Kindle est pleine. J’ai aussi des livres papier. Moi, je lis vraiment les deux. Un livre qui vient de sortir, par exemple, je vais attendre à la rigueur sa sortie en poche pour l’acheter en poche, mais je ne vais pas l’acheter en version Kindle à 15 €. Enfin, je ne vois pas l’intérêt. Ou alors j’achète carrément la version papier à 18 ou 19. Il y a tellement peu d’écart entre les deux prix que je… Je ne me l’explique pas et je trouve que c’est dommage.

Cyril. – J’ai vu encore cette semaine, en cherchant des livres pour ebookgang, un livre qui, en version Kindle, était plus cher que la version poche.

Laure. – Oui.

Cyril. – C’est aberrant !

Laure. – C’est aberrant, on est d’accord. Oui. Oui, je trouve ça dingue ! C’est pour ça que… Je ne comprends pas ces tarifs-là. Après, évidemment… Et puis ça se vend ! Parce qu’il y en a des très chers, quand même, dans le top 100. En version Kindle. Il y a des romans dans le top 100 qui sont, oui, à 13 € en version Kindle. Donc je me dis : c’est que les gens l’achètent en nombre, quand même à ce prix-là.

Cyril. – Oui, parce que le classement est fait uniquement sur le nombre de ventes. Non pas sur le chiffre d’affaires, c’est-à-dire le nombre de ventes multiplié par le prix. Donc Musso, quand il est premier à 13,99 € et qu’à côté vous avez un autoédité à 0,99 ou à 2,99 €, il faut se dire que l’un dans l’autre ils font en moyenne le même nombre de ventes.

Laure. – Voilà, c’est ça. Mais c’est un prix, moi, que je trouve prohibitif. Enfin, tant mieux ! Tant mieux pour eux ! Mais c’est vrai que du coup, moi, j’aimerais vraiment garder les droits numériques, parce que je n’aimerais pas voir mon livre numérique passer de 3 € à 12 ou… Enfin, bon, ça, c’est… C’est du domaine du…

Moi, là, j’ai envie de me concentrer sur le troisième roman, effectivement, et de me faire plaisir en écrivant. Parce que ma problématique actuelle, c’est de trouver plus de temps pour écrire. Clairement. Après, c’est vrai que les réseaux sociaux aussi, c’est assez chronophage. Et que parfois je me dis que je serais mieux… Enfin, je ferais mieux d’écrire, plutôt que de converser, etc. Mais en même temps, c’est sympa, ce lien avec les lecteurs, avec les auteurs, et je n’ai pas envie de m’en passer non plus.

Cyril. – Justement, parlons des groupes de Facebook et de tout ça. Est-ce qu’il y a des cercles, des groupes dans lesquels tu as trouvé plus de ressources, qui t’ont permis d’avancer plus vite que d’autres ?

Laure. – Il y a le groupe d’Aloysius Chabossot, évidemment : Auteurs indépendants sur Kindle. Que m’avait d’ailleurs conseillé, dès le mois de juin, Amélie Antoine. Je l’avais contactée par mail. Elle m’avait vraiment conseillé ce groupe-là pour avoir des informations et c’est vrai qu’effectivement j’y ai souvent eu recours pour avoir des renseignements, des conseils…

Je trouve que c’est un endroit où on mutualise pas mal nos expériences. Du coup, je me suis permis, d’ailleurs, hier, de faire un petit post avec un lien vers mon blog sur un article, parce que je me suis dit que peut-être il pouvait intéresser des auteurs sur Kindle.

Mais c’est vrai que là-dessus… Ça m’a aussi vraiment étonnée, dans l’expérience de l’autoédition, cette solidarité qu’il y a entre les auteurs. Les auteurs indés. Je ne m’attendais pas à trouver ça. Cette entraide, etc. Après, je ne parle pas de….

Cyril. – Attention, attention ! Je ne suis pas d’accord là-dessus ! Il y a deux groupes. Il y a un groupe moderne, dont on fait partie (enfin, dont j’espère que je fais partie) qui est justement plus participatif et on ne se tire pas la bourre et quand on se croise dans les classements on se fait coucou, etc. Et puis il y a un groupe de personnes qui restent encore vachement vindicatives, je trouve.

Laure. – C’est vrai. J’en ai aperçu quelques-uns.

Cyril. – Mais ils ne restent pas longtemps dans le groupe.

Laure. – Oui.

Cyril. – Mais ils existent encore.

Laure. – Après, c’est vrai que… Je pense que quand, par contre, on est entre guillemets concurrents dans un concours Amazon, par exemple, qui a démarré il y a quelques semaines ou quelques jours, c’est peut-être un peu différent. Parce qu’il y a, à mon avis… Il y a plus de concurrence, dans ce cadre, du concours, même peut-être au niveau des commentaires, etc. sur Amazon. Enfin, ça s’est vu l’année dernière.

Cyril. – Oui, ça s’est vu l’année dernière et c’était assez triste, je trouve.

Laure. – Donc, effectivement, moi, je ne me sens pas du tout là-dedans ! Évidemment. Déjà, je ne suis pas dans le concours. Je suis toujours à côté, moi ! Je publie trop tôt ou trop tard, mais… Plus ou moins toujours trop tôt ! Mais ce n’est pas grave. Ça ne me pose aucun souci.

Cyril. – Non, mais voilà : c’est peut-être ce qu’on peut reprocher… Enfin, on ne peut pas lui reprocher à lui, mais il y a des moments où la bienveillance et la solidarité et la participation qu’on trouve dans l’autoédition disparaît un petit peu sous les concours ou sous des choses comme ça.

Laure. – Voilà. Ça, c’est sûr. Mais par exemple, c’est vrai que quand je suis allée le 19 mars au salon du livre de Paris et que je me suis retrouvée avec toi et bien d’autres sur le stand Amazon, j’ai trouvé qu’il y avait vraiment une ambiance sympathique, enjouée… Enfin, on avait l’impression que c’était un peu la fête du livre, la fête des indés !

Cyril. – Mais oui ! Mais c’était la… Enfin, on se voit une fois par an ! Pour la plupart.

Laure. – Oui. Moi, c’était la première fois, mais c’est vrai que j’ai déjà hâte d’y retourner ! Parce que c’était super de pouvoir converser avec les gens qu’on voit d’habitude derrière notre écran et puis de passer à du concret, d’être dans le réel. Parce que le virtuel… Après, c’est pour ça aussi que… Enfin, j’ai tenté, aussi, on va dire, le côté réel.

Cyril. – Oui, justement, j’allais te parler du côté réel, du côté matériel, du côté papier avec l’édition CreateSpace, mais aussi prendre ses bouquins, aller dans les librairies, etc. Tu as fait des séances de dédicace ?

Laure. – Oui. J’en ai fait deux. Deux chez Cultura. Dans le même magasin Cultura, d’ailleurs. Une en novembre et une, là, en toute fin du mois d’avril. La première fois, je n’avais que le premier roman. Avec l’ancienne couverture, d’ailleurs. Et la deuxième fois, j’avais les deux. Que dire ?! Ce n’était pas… Enfin, c’était assez décevant.

Cyril. – C’est comme l’autoédition numérique : c’est quelque chose qui s’apprend.

Laure. – Oui, je pense ! Et puis, après, ça dépend des jours. Là, la dernière dédicace, je m’attendais à mieux que la première. Finalement, ça a été moins bien. Peut-être aussi parce qu’on était à la fin du mois d’avril et que… Mais même, les gens que j’ai vus passer, ils ne s’arrêtaient pas forcément pour acheter d’autres livres. Après, Cultura, ce n’est pas qu’une librairie, donc ça défile beaucoup. Les gens, il y en a qui foncent aux DVD, etc. On n’intéresse pas toujours les gens qui entrent chez Cultura.

Après, j’ai été très bien accueillie ! C’était vraiment super. Mais je ne suis pas sûre de retenter beaucoup l’expérience dans ce cadre-là. Par contre, je vais avoir mon premier salon, là, fin août, et j’ai hâte de voir ce que ça va donner. Un gros, gros salon, d’ailleurs, où les indés sont les bienvenus. Parce que ce n’est pas toujours le cas !

Cyril. – Oui ! C’est quoi, comme salon ?

Laure. – C’est le salon La Forêt des Livres, à Loches. Le Woodstock de la littérature. Il est surnommé comme ça, ce salon. Il est vraiment à la rentrée littéraire. Enfin, c’est le 28 août. Les livres qui sont là ce jour-là sont les livres, normalement, qui font la rentrée. Il y a plein de prix remis. Et il y a une allée des indépendants. Des éditeurs indépendants.

Moi, j’y suis allée en tant que lectrice deux années de suite. Ce n’est pas très loin de chez moi : c’est à une heure. Et je trouve que c’est vraiment un endroit super, assez magique, au milieu des arbres centenaires, à côté d’un château, en plein air. Donc j’espère qu’il ne pleuvra pas ! Là, ce serait moins drôle ! Mais voilà, j’attends pas mal de cette journée. Je pense que…

Mais bon, j’attends pas mal, mais pas en termes de ventes : en termes de rencontres avec les lecteurs, en termes d’interaction. C’est vraiment un super salon. Ce sera mon premier.

Cyril. – Je vais te reposer la question sur le Cultura. Comment ça se passe pour faire une dédicace dans un Cultura ou un espace culturel ? Tu les as contactés longtemps à l’avance ? En termes de rémunération pour eux ? Parce que j’imagine qu’ils te demandent une part des ventes ?

Laure. – Moi, ils m’ont pris 25 %, mais je crois que d’habitude ils font 30. Après, moi, je les appelés en octobre pour si possible avoir une dédicace avant Noël, et quand j’ai appelé, tous les samedis étaient pris, déjà. Du coup, je me suis rabattue sur un mercredi. En l’occurrence, le mercredi 11 novembre. Jour férié.

Cyril. – Où ils étaient ouverts.

Laure. – Où ils étaient ouverts. Effectivement. Et donc, pas mal de gens a passé, à la recherche de cadeaux de Noël entre autres, évidemment. Mais je n’en ai pas vendu beaucoup. Ce n’est pas forcément simple de dédicacer comme ça en librairie quand on n’est pas connu. Après, j’ai fait des marque-pages aussi, et ça, je dirais que c’est un bon appel, entre guillemets. Tu tends le marque-page et la conversation s’engage, ou pas. Mais il y a aussi des gens qui l’ont lu et puis qui sont revenus sur leurs pas du coup pour aller feuilleter les livres. Mais en termes de bénéfices financiers, il y en a zéro.

Je dirais même que pour la dernière j’ai quasiment perdu de l’argent, parce que je me suis un peu mal débrouillée dans mes commandes de livres papier, donc je les ai commandés sur Amazon. Bon, bref… Donc autant dire que… Voilà. Je ne m’y reprendrai pas comme ça. Et puis, je ne suis pas sûre d’en refaire de sitôt. J’attends de voir, déjà, le salon de La Forêt des Livres de fin août. Et puis après, je verrai.

Cyril. – Bon, Laure, on va arrêter là. On va se quitter. Alors, où est-ce qu’on peut te retrouver ? Sur ton site web. On peut te retrouver sur ta page Facebook. On peut aussi te retrouver sur Twitter.

Laure. – Un peu moins.

Cyril. – Un peu moins présente, d’accord. Donc je mettrai Twitter, mais sans trop y croire. Mais essentiellement sur ta page Facebook et sur ton site web. Et on peut s’inscrire, bien sûr, à ta liste et profiter des concours que tu organises.

Laure. – C’est vrai que ça vaut le coup !

Cyril. – Voilà !

Laure. – Je suis aussi sur Instagram. Et ça m’a apporté quelques lecteurs aussi, d’ailleurs. Et puis sur Google Plus. J’ai créé un compte Google Plus, mais on ne peut pas dire non plus que j’y sois beaucoup.

Cyril. – Non, mais au moins tu y es. C’est déjà bien. Et puis, cela te permet de ramener tout le monde vers ton site web.

Laure. – Tout à fait.

Cyril. – Bon. Merci beaucoup, Laure. Et puis, écoute, on attend le troisième !

Laure. – Oui ! J’espère être au rendez-vous tout début novembre.

Cyril. – Et puis le quatrième, aussi.

Laure. – Ah oui. De toute façon, je ne vais plus m’arrêter. Ça, c’est… Je pense que j’ai cette certitude-là.

Cyril. – C’est une bonne nouvelle. Merci.

Laure. – Merci à toi !

Cyril. – À bientôt.

Laure. – À bientôt.

3 réflexions au sujet de « Podcast autoédition : un an d’expérience, une passion pour la vie ? »

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