Le plus gros risque de l’auto-édition, c’est, probablement, le manque de patience

Dans ce podcast, je reçois Solène Bakowski. C’est le premier podcast de 2016, à la fois un moyen de clore 2015 et de se projeter dans l’avenir.

Solène a publié en auto-édition deux romans en 2015, dont Un Sac, prix spécial du jury Amazon 2015, et Chaînes. Nous parlons plus longuement de ces deux romans et de leur parcours pendant l’interview.

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Ce qui est amusant c’est que cette entretien a été enregistré en décembre, avant que Solène soit deux fois en offre éclair Amazon.

La première fois, si j’en crois mon outil d’espionnage des classements des offre-éclairs, c’était le 23 décembre, pour Un Sac. Le résultat a été non seulement fulgurant, mais pérenne, puisque ce roman reste encore aujourd’hui dans le top 20, après avoir accédé à la première marche du podium pendant presque une journée. Un Sac était déjà dans le top 100 avant son offre-éclair, et avait donc déjà un « bon historique » de ventes les jours avant cette offre-éclair.

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Chaînes a eu l’opportunité d’une offre-éclair quelques jours plus tard, il me semble le 1er janvier. Comme j’avais commencé à espionner le classement de ce livre il y a quelques mois, j’ai plus d’historique. On peut y voir un livre qui se vend régulièrement mais affronte une visibilité insuffisante (ou peut-être mal ciblée). Et l’on voit aussi l’impact à double tranchant des algorithmes magiques d’Amazon : Chaînes réussit à atteindre brièvement le top 5, mais comme l’historique de ventes n’est pas bon sur les jours précédents, ne se maintient pas.

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Vous pouvez cliquer pour voir l’image plus grande.

Les auteurs que je reçois en entretien ont souvent eu du succès et réussi à trouver des lecteurs. Mais comme on le voit, il n’y a pas de recette magique, et on est jamais certain de reconduire un succès d’un roman à l’autre. Dans auteur auto-édité, il y a d’abord auteur, il faut donc continuer à écrire et publier, ce qui est aussi « beaucoup » plus facile à faire régulièrement que si on passe par de l’édition traditionnelle, plus lourde, plus lente et plus statique.

Aucun espoir n’est perdu pour Solène de trouver d’autres lecteurs avec son deuxième livre auto-édité en numérique. Des lecteurs peuvent le trouver par Un sac, d’autres le trouveront aussi avec son troisième roman, etc. Elle a déjà changé la couverture, elle peut changer le titre, la catégorie pour qu’elle soit plus appropriée.

Vous pouvez retrouver Solène sur son blog http://solene-bakowski.com

Concernant le giveaway dont je parle dans l’introduction, vous pouvez y accéder ici.

Vous pouvez écouter l’intégralité du podcast ici, ou le retrouver dans iTunes etc…

Et vous pouvez aussi retrouver l’intégralité de l’entretien en texte…


Cyril. – Bonjour ! Aujourd’hui, j’ai le plaisir de recevoir Solène Bakowski, qui est auteur et autoéditée. Auteur de trois romans, dont deux qui sont en autoédition sur Kindle. Bonjour Solène, est-ce que tu peux nous présenter tes livres et te présenter toi aussi ?

Solène. – Bonjour Cyril ! Alors, merci pour ton invitation. J’ai effectivement publié trois livres. J’en ai publié un à compte d’éditeur, tout à fait traditionnel, qui s’appelle Parfois on tombe, qui est sorti aux Éditions Favre en janvier 2014. Et puis ensuite, j’ai publié Un sac sur KDP en janvier 2015, un an plus tard. Et puis, plus récemment, en juin, j’ai publié Chaînes.

Cyril. – D’accord. Donc tu as touché à la fois à l’édition à compte d’éditeur et ensuite tu es partie dans l’autoédition. Est-ce qu’il y a eu un rapport de cause à effet ? Ou c’est juste… l’opportunité de sortir un livre d’un tiroir et de lui donner sa chance, que les éditeurs ne lui avaient pas donnée ?

Solène. – Alors, si tu veux, j’ai un parcours un peu à l’envers. Le premier livre, en fait, le premier texte que j’ai écrit, c’est Un sac, qui a été très très brièvement publié par une toute petite maison d’édition que personne ne connaît et que personne ne connaîtra jamais plus puisqu’elle a mis la clé sous la porte trois semaines après l’avoir publié ! Autrement dit, je crois qu’elle a imprimé juste de quoi approvisionner ma famille et mes amis, soit une trentaine d’exemplaires à tout casser, donc rien. Il n’y a plus aucun exemplaire de cette première édition-là qui existe. Ensuite, moi, je ne suis évidemment pas restée dans cette maison d’édition-là, puisque de fait elle n’existait plus. J’ai cherché un éditeur pour un autre texte que j’avais écrit après, qui s’appelait Parfois on tombe. J’ai trouvé un éditeur : les Éditions Favre, en Suisse. Et puis, en fait, la maison d’édition Favre avait mis beaucoup, beaucoup d’espoir dans le texte Parfois on tombe. Il s’est avéré que les ventes n’ont pas été à la hauteur de leurs espérances et du coup ils… En gros, ils m’ont dit qu’ils n’étaient pas prêts à publier à nouveau des romans. Donc j’ai pris ça pour une invitation… Très cordiale, ceci étant ! Ça s’est fait évidemment sans amertume ; c’est la loi du marché, elle est comme ça. Donc je me suis dit : je n’ai plus d’éditeur. J’avais récupéré les droits sur Un sac, puisque la première maison d’édition n’existait plus. J’avais donc dans mon tiroir un texte auquel moi, j’avais la faiblesse de croire un peu et je me suis dit : qu’est-ce que je fais ? Est-ce que je me relance dans les envois, la dizaine, la vingtaine, la trentaine d’envois postaux ? Ou est-ce que je tente plutôt l’aventure KDP ? Sans vraiment savoir de quoi il retournait, si tu veux. C’était un peu par hasard. Et je me suis dit : après tout, je n’ai rien à perdre ; je tente, on verra bien. Et j’ai tenté et j’ai vu. Et je ne regrette pas du tout !

Cyril. – Donc c’était plus une récupération, en fait, de tes droits sur un livre qui n’était plus édité qui t’a permis de passer à l’autoédition.

Solène. – Tout à fait. C’est-à-dire que je pense que si j’avais… Si les Éditions Favre avaient décidé de récupérer Un sac et puis avaient choisi de continuer à publier mes romans, très honnêtement je ne suis pas sûre que je me serais tournée vers l’autoédition. En tout cas pas tout de suite. Non pas que je n’étais pas convaincue de ce que ça pouvait apporter. Disons juste que j’étais complètement… Que j’avais une méconnaissance totale du système. Si tu veux, moi, à l’origine, je suis comme, je l’imagine, beaucoup de personnes qui rêvent d’écriture : le fait qu’il y ait une petite…

Cyril. – Ça fait toujours plaisir !

Solène. – Oui, d’être publié à compte d’éditeur, tu es content ! Tu te dis : « J’ai été choisi ». Tu vois, c’est plutôt… Voilà, ça donne… Ça me donnait dans ma tête un peu de crédibilité. Alors, évidemment, je te dis ça au passé, parce que maintenant je n’ai plus du tout la même approche.

Cyril. – Oui, tu as fait sauter une barrière, comme ça, dans ton esprit, qui est : il faut forcément passer par un éditeur pour avoir de la crédibilité.

Solène. – Tout à fait ! Parce qu’en fait, si tu veux, il y a quelque chose qui a été assez révélateur pour moi. Il faut savoir que… Enfin, sans doute le sais-tu et les personnes qui écoutent le savent aussi : en fait, quand tu es dans une maison d’édition, ta reddition de compte arrive un an… Un peu plus d’un an après la sortie du livre. À peu près. Entre un an et un an et demi, ça dépend. Et donc au moment où je touchais… Où j’avais, si tu veux, cette reddition de compte des Éditions Favre qui arrivait devant moi, j’avais en même temps les premiers versements, entre guillemets, Amazon. Donc déjà une petite vision de ce qu’allait… D’un nombre de lecteurs. Et je me suis rendue compte que finalement, l’autoédition… Eh bien, je gagnais plus de lecteurs comme ça. Et ça s’est vraiment fait en même temps ! Du coup, je me suis dit : ben, voilà, quoi !

Cyril. – Oui, ça a complètement brisé la limite et tu t’es dit : après tout, je suis toute seule, avec mes maigres efforts et ma maigre connaissance de l’édition de base. Je peux faire au moins aussi bien qu’un éditeur papier.

Solène. – Voilà : je peux faire au moins aussi bien ; c’est exactement ces mots-là qui me sont venus à ce moment-là. Tout à fait !

Cyril. – Tu avais quand même eu la chance de passer… Enfin, la chance… Tu avais quand même eu l’expérience, plutôt, de passer deux fois par un processus d’édition papier. Une fois avec la toute petite maison d’édition, et la deuxième fois avec Favre. Ce qui fait que tu avais quand même un petit peu d’expérience aussi dans le travail de préparation de l’édition global.

Solène. – Oui. Écoute, là-dessus, si tu veux… Ce qui me fait dire… Je cherche mes mots, parce que je ne veux pas dire de bêtise.

Cyril. – Il ne faut pas être désagréable, mais en même temps on a toujours…

Solène. – Non ! Je ne veux pas être désagréable. Si tu veux, je n’ai même pas envie d’être désagréable, parce que je n’ai aucune amertume. Si tu veux, je suis consciente que les maisons d’édition ne sont pas des mécènes. Elles sont là pour faire tourner la boutique. Même si on est dans un domaine culturel où on aimerait que les contingences matérielles ne nous atteignent pas… Bon, voilà, on est tous pareils : on est là pour avoir quelque chose dans l’assiette, quoi ! Tu vois ? Donc si tu veux, c’est vraiment sans aucune amertume. Ce que je veux… Mais je cherche mes mots, parce que je voudrais vraiment trouver les bons pour te répondre. Parce que ce que tu dis là m’amène, si tu veux, à te dire ce que… Les différences que j’ai pu observer, les avantages et les limites de chacun des systèmes. Qui ne sont à mon avis pas des systèmes à opposer, mais plutôt des systèmes complémentaires. J’ai… Avec l’autoédition, j’ai gagné en liberté. J’ai le choix de ma couverture, j’ai le choix de mon titre, et j’ai le choix de chacun des mots que je vais employer dans mon texte. Dans l’édition traditionnelle, notamment avec Favre, où il y a eu quand même… Où c’est une vraie équipe d’édition ! Parce qu’après, des maisons d’édition, tu en as pléthore, avec tous les types de professionnalismes !

Cyril. – Il y a un article récent d’une syndicaliste sur les Éditions de l’Harmattan, qui est quand même assez cinglant.

Solène. – Oui, l’Harmattan, ce n’est pas…

Cyril. – Ce n’est pas un éditeur !

Solène. – Bon, après, moi, je ne veux pas casser des équipes que je ne connais pas ! Mais bon, voilà…

Cyril. – Ce n’est pas moi qui le dis. Ce sont des gens qui travaillent chez l’Harmattan.

Solène. – Mais moi je sais que… Si tu veux, moi, j’avais travaillé il y a très longtemps en tant que libraire chez Virgin, et j’entendais déjà des choses assez rigolotes sur l’Harmattan à ce moment-là. Entre les libraires, ça causait. Donc c’est une vieille histoire ! Ça fait des… Ça fait quinze ans.

Cyril. – Ça fait des lustres, oui.

Solène. – Voilà. Mais bon ! Si tu veux, je vais te parler d’une maison d’édition qui est une vraie maison d’édition, avec un vrai travail… Enfin, qui souhaite faire un vrai travail éditorial. Donc oui, là, c’est vraiment bien, parce que ton texte, il est pris en charge. L’éditeur, quand il est bon, il est capable de te dire : « Écoute, là, ça va ; là, ça va moins ; ton personnage, il n’est pas comme il devrait être… » En fait, en gros, ils te prennent… Ils peuvent… Ils ont cette capacité-là, de te prendre ton texte qui est brut et de l’amener vers quelque chose de plus ciselé, si tu veux. D’en faire… Un diamant, c’est un gros mot ! Mais tu vois, d’en faire quelque chose de plus… De plus réussi. Alors, a contrario, c’est vrai qu’avec l’autoédition, tu es tenté quand même de presque mettre ton texte tel quel en ligne, si tu n’es pas assez entouré, ou si toi, tu n’as pas cette distance-là. Il n’y a pas de garde-fou.

Cyril. – Oui. C’est vrai que le fait d’avoir de la liberté et du contrôle ne doit pas aller à l’encontre du fait d’avoir de la patience.

Solène. – C’est ça. Tout à fait.

Cyril. – Et de revenir sur son texte et sur son livre pour le perfectionner au maximum.

Solène. – Voilà. Mais ça, ça suppose d’être bien entouré, quand même. Tu sais, moi, je crois, Cyril, que l’auteur est vraiment son plus mauvais lecteur. Je crois qu’à un moment donné, quand tu écris un texte, même si tu planches dessus plusieurs mois après avoir fini ton premier jet, que tu y retournes, que tu y retournes, que tu y retournes… À un moment donné, tu atteins tes limites. Et tu as besoin de quelqu’un qui a les… De quelqu’un d’extérieur qui va te pointer ce que toi, tu n’es plus capable de voir. Moi, je crois très fort à ça. Je ne pense pas que l’auteur peut vraiment fonctionner en autarcie, si tu veux !

Cyril. – Oui, je suis d’accord avec toi. Je comprends et je partage aussi tout à fait cette opinion. Et le fait d’avoir des gens qui vont juger ton travail, non pas sur des critères affectifs (pas uniquement sur des critères affectifs) mais aussi sur des critères littéraires, ou des critères de genre, c’est indispensable.

Solène. – Oui, il me semble.

Cyril. – Juste pour en finir avec Parfois on tombe, est-ce que tu sais si Favre a l’intention, un jour, de le publier en version électronique ? Parce qu’il est disponible uniquement en version papier.

Solène. – Alors… Alors, alors, alors ! Je ne sais pas !

Cyril. – Ce n’est pas pour parler de Favre spécifiquement, mais c’est plus pour parler de l’édition traditionnelle en général.

Solène. – Oui. Alors, écoute, je ne sais pas. Et justement parce que je ne savais pas, sur les conseils d’une amie j’ai fini par leur demander ce qu’ils comptaient faire, puisque ne sachant pas et étant très directement concernée par la question, on s’est dit qu’il fallait quand même que je sois au courant. Et puis dans le cas où ils décideraient de ne pas s’en servir… Enfin, de ne pas le publier en version numérique, est-ce que moi, je pourrais éventuellement le faire ? Écoute, pour l’instant, on en est là ; on m’a dit : « On verra à la rentrée ». Là, en janvier. Donc évidemment, le 6 janvier, je redemande ! Parce que je pense qu’ils ne savent pas, en fait. Tu as des maisons d’édition qui ont une politique éditoriale numérique depuis, depuis… Enfin, qui est vieille ! Et puis tu en as d’autres qui n’ont pas eu cette réflexion-là encore, qui sont un peu attentistes, qui regardent ce qui se passe. Je pense… Je ne sais pas, mais je crois que Favre, certainement, n’a pas dû voir les possibilités du numérique. J’imagine. Mais je n’en sais rien.

Cyril. – Oui, ils ne sont peut-être pas aujourd’hui capables de le faire. Ils n’ont peut-être pas l’expertise pour le faire. Et justement… Alors, je comprends qu’ils ont les droits sur toutes les versions et toutes les adaptations, et que d’un autre côté, ils ne savent pas vraiment comment le faire.

Solène. – Sûrement. Je pense que c’est ça qui bloque. Alors peut-être que…

Cyril. – Une renégociation avec eux du contrat, où justement, tu prendrais plus d’implication dans la version numérique et tu permettrais à ton livre d’être plus lu serait un moindre mal.

Solène. – C’est ça. Bon, ce n’est pas tout à fait ce que je leur ai demandé.

Cyril. – Non, je n’en doute pas !

Solène. – Évidemment ! Après, oui, effectivement, il faut discuter. Il faut discuter, mais il y a aussi autre chose qui va entrer en ligne de compte, qui pour moi est très important. C’est le prix. Le prix du livre numérique.

Cyril. – C’est vrai que les éditeurs papier ont de grosses difficultés à bien comprendre les mécanismes du prix dans le numérique.

Solène. – Si tu veux, moi, si je me place en tant que lectrice… Parce qu’avant d’être auteur, je suis d’abord une grosse, une dévoreuse de livres ! J’en achète beaucoup. Je lis aussi bien en papier qu’en numérique. Donc je jongle sans aucun souci. Mais c’est vrai que quand je vois un prix… Un livre, si tu veux, avec un prix en numérique supérieur à sa version poche, systématiquement je vais aller vers la version poche.

Cyril. – Oui, ça, c’est horrible.

Solène. – Parce que… Parce que voilà, je trouve que c’est… Enfin, c’est dingue ! Je ne sais pas ce qui justifie ça. Je me pose pas mal de questions. Je fais des… Je cherche. Mais voilà, en tant que lectrice, j’ai ça. Donc si tu veux, si Parfois on tombe est proposé à un prix dingue en numérique…

Cyril. – 13,99 € !

Solène. – Oui, ça me paraît cher, quoi ! Enfin, je ne sais pas, on verra. On verra ! Je ne peux pas parler d’une discussion qui n’a pas eu lieu, si tu veux !

Cyril. – Oui. Il est à combien, en papier ?

Solène. – Je crois qu’il est à 18 €, il me semble.

Cyril. – Oui, alors si on fait 18 € moins 30 %, qui est ce que fait en général l’éditeur papier qui…

Solène. – C’est ça, on doit être à peu près à 13 €. 13,99 € TTC, je pense.

Cyril. – 12,60 €.

Solène. – 12,60 €. Alors, tu vois…

Cyril. – 12,60 €, pour un livre numérique, c’est cher.

Solène. – Ça me paraît cher ! Ça me paraît cher ; en même temps, comparativement à ce qui se passe…

Cyril. – Surtout quand on voit qu’il y en a d’occasion à 11,51 €.

Solène. – Oui. Donc si tu veux, moi… Non, je… Voilà, moi, ce que j’aimerais, c’est pouvoir le proposer à un prix que moi, je juge décent pour du numérique.

Cyril. – Je comprends.

Solène. – Voilà. Mais bon, là, encore, je n’ai pas la main, donc…

Cyril. – Non, mais c’est une négociation à avoir avec eux. Et puis, peut-être, si plus tard tu retrouves un éditeur papier, réussir à séparer les droits numériques des droits papier, ou des choses comme ça. Il y a des montages à faire. Il faut que les éditeurs papier, aussi, se rendent compte que c’est important aussi pour l’auteur de s’investir lui-même dans l’édition, de porter le livre, et qu’il y a tout à gagner à avoir beaucoup d’efforts de l’auteur pour la vente de son livre. En général.

Solène. – Il me semble. Il me semble, oui ! J’espère que ça va venir.

Cyril. – Alors, on passe maintenant à Un sac, que tu as publié le 10 janvier 2015, si mes souvenirs sont bons et que les informations d’Amazon sont justes…

Solène. – Ça doit être à peu près ça, oui, je pense. Si c’est la date que tu as, c’est que c’est la bonne date !

Cyril. – Attends, je suis en train de regarder. Évidemment, je ne retrouve pas la date… Comme d’habitude. Bon, mi-janvier 2015, on va dire. Et c’est un livre qui a donc eu le prix spécial du jury 2015 d’Amazon sur les autoédités. Donc un prix qui a été décerné… Corrige-moi si je dis une bêtise, c’était en octobre ? Fin octobre ou début novembre ?

Solène. – Non, c’était début octobre. C’était le 5 octobre.

Cyril. – Début octobre, voilà. Je disais n’importe quoi ! Où il y avait deux prix, normalement : le prix décerné par le jury et le prix des lecteurs. Donc je rappelle, le prix décerné par le jury, c’était Fidèle au poste. Le prix des lecteurs, c’était Souviens-toi Rose. Et il y a eu un troisième prix qui est sorti, comme ça.

Solène. – Oui. Du chapeau.

Cyril. – Du chapeau. Et c’était donc ton livre. Ce qui correspond quand même à une adhésion forte de l’ensemble du jury.

Solène. – Écoute, de l’ensemble, je ne sais pas. Pour avoir discuté un petit peu en off avec Lorànt Deutsch, je ne sais pas si c’était de l’ensemble du jury ! Mais en tout cas, tout le monde… Je crois que tout le monde s’est accordé à dire que ce livre-là marquait un peu et que c’est en vertu de ça qu’ils ont décidé de me donner ce prix-là. Donc j’étais très très fière ! J’étais très contente.

Cyril. – Je comprends ! Je comprends : avoir un prix spécial…

Solène. – C’est ça. Quelque chose qui n’était pas… Voilà : qui n’était absolument pas prévu. Tu imagines ma surprise, la surprise qui était la mienne quand ils ont annoncé ça, parce qu’en fait, je ne sais pas si tu as vu, il y a des vidéos qui ont été…

Cyril. – J’ai vu des vidéos. Je crois que c’est Élisabeth Sutton qui faisait des vidéos en même temps, qui publiait. Et j’ai vu quelques-unes des vidéos. En direct ! Et puis j’ai vu d’autres vidéos après. Presque en direct ! Avec un tout petit décalage.

Solène. – Non, mais voilà… Donc évidemment, c’était une énorme surprise. Mais j’ai été très très heureuse de me dire que c’était… Enfin, moi, je l’ai pris comme le… Comment te dire ? Comme le prix du cœur, quoi, si tu veux. Comme c’était un prix qui n’était pas prévu, qu’en plus ce n’est pas… Un sac a fait son chemin et continue à faire son chemin, mais bon, je ne fais pas partie, si tu veux, des gros vendeurs d’Amazon, moi. J’ai un nombre de lecteurs qui va être plus restreint que celui d’Amélie Antoine ou que celui d’Isabelle Rozenn-Mari. Du coup, je me suis dit : ouah ! C’est bien ! J’étais contente.

Cyril. – C’était un couronnement, d’une certaine manière, pour un livre qui avait déjà bien avancé sur la plateforme Amazon Kindle. Il a cinquante commentaires. Ce qui me permet à moi, qui ne connaît pas les chiffres de ventes, de me rendre compte du nombre de lecteurs qu’il y a eu derrière.

Solène. – Oui. Il a fait son chemin, mais il a eu un chemin, si tu veux… Il a eu un démarrage en diesel, parce que le premier mois j’ai dû en vendre quinze, le deuxième… Si tu veux, il s’est… Il a vraiment pris son envol de manière pas du tout spectaculaire, si tu veux.

Cyril. – Oui, graduelle, poussé par les lecteurs… Ce qui est la manière d’avoir un parcours le plus long possible, aussi.

Solène. – Eh bien, écoute, ça a l’air de se… En tout cas, c’est ce qui a l’air de se passer… C’est ce qui a l’air de se passer : je pense qu’il a été vraiment porté à bout de bras par les lecteurs. Et puis il y a peut-être eu un bouche à oreille. Il y a eu pas mal de choses qui sont passées aussi sur les blogs, autour de ce livre, donc il a été porté par les lecteurs, par les blogueurs… sans que moi j’aie eu trop à m’investir dans le marketing, parce que au moment où je l’ai sorti, moi, je ne savais même pas ce que signifiait le mot marketing, tu vois, en gros ! Vraiment, je… Et du coup, bon, voilà. De fait, l’analyse que tu fais est en train de se démontrer puisqu’aujourd’hui Un sac continue son petit bonhomme de chemin. Alors, même s’il n’est pas dans les sommets, quand même, il continue. Il continue et puis j’ai eu le plaisir de voir qu’il était bien placé au Canada aussi. Ce qui est étonnant.

Cyril. – Il n’est pas dans les sommets, mais il reste bien classé dans les catégories. C’est-à-dire qu’il y a un moment où il y a le top 100, qui est l’espèce de hall of fame. La voie des stars… C’est… Comment ça s’appelle, à Los Angeles, le truc où il y a les all stars, les étoiles partout…

Solène. – Les étoiles par terre ? Je ne sais pas.

Cyril. – Je ne sais pas. Je ne sais plus… Bon, c’est un peu ça ! Et puis, après, il y a le top des catégories. Et rester dans le top des catégories, même si on n’est plus dans le top 100, ça reste quand même le moyen d’avoir des ventes récurrentes, tous les mois, même si elles sont moins importantes. Mais ça permet de durer beaucoup plus longtemps. Et là, en l’occurrence, il est dans le top 100 des e-books Kindle en policier et suspense, et en littérature. Parce que c’est un livre qui a les deux aspects.

Solène. – Oui, absolument.

Cyril. – Il est très bien écrit, en plus d’avoir des histoires un peu… Qui donnent froid dans le dos !

Solène. – Oh non, elle ne donne pas froid dans le dos ! Elle est sage, cette histoire.

Cyril. – Quand même un peu. Il y a des choses dérangeantes.

Solène. – Ah oui ! Mais pas froid dans le dos !

Cyril. – Oui, pas froid dans le dos… Et puis, ensuite, tu as donc publié ton troisième roman, Chaînes, que tu as publié à quel moment ? Et là, Amazon va me sauver et me dire exactement quel jour… Et non, ils ne le disent pas du tout.

Solène. – Au mois de juin. Je crois que c’est… Alors, est-ce que c’est le 19 ou est-ce que c’est le 21 juin, je ne sais plus.

Cyril. – Ce n’est pas grave, c’est au mois de juin.

Solène. – C’est mi-juin, oui.

Cyril. – Mi-juin, d’accord. Donc tu l’as publié mi-juin, et sur celui-ci, c’est un petit peu plus difficile, encore aujourd’hui, de réussir à trouver les lecteurs.

Solène. – Oui. Oui, c’est plus difficile, effectivement. Alors, je pense que c’est dû au fait que c’est un livre qui mélange les genres et du coup, si tu veux, j’ai eu des difficultés, moi, à le classer, à le ranger correctement. J’ai eu… Enfin, j’ai pas mal tergiversé. Et je pense que c’est ça qui a fait qu’il a du mal à se faufiler. Moi, j’ai… J’ai par exemple changé de couverture au mois de… Récemment, là, début novembre. J’ai… Je me suis demandé si je n’allais pas changer de titre. La description, elle a changé quatre fois. Bon, ce n’est certainement pas ce qu’il faut faire ! Ce n’est certainement pas ce qu’il faut faire, mais bon, c’est ce que j’ai fait !

Cyril. – Ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est de réussir à trouver le bon mix. Enfin, je ne parle pas de mix marketing, mais je parle de mix : mélange de tout ce qu’il y a dans le livre pour qu’il trouve ses lecteurs. Pourtant, il a déjà trouvé pas mal de lecteurs, ce livre, parce que… En tout cas, des lecteurs qui l’aiment beaucoup puisqu’il a… Alors, on parlait tout à l’heure, pour Un sac, de cinquante commentaires. Là, Chaînes, il en a vingt-six commentaires, donc moitié moins. Mais surtout, il a vingt-deux commentaires cinq étoiles et quatre commentaires quatre étoiles.

Solène. – Eh oui. Tu comprends donc ma grande frustration !

Cyril. – Je comprends tout à fait ta frustration.

Solène. – Mais enfin, c’est une frustration… Je le dis évidemment en souriant : ce n’est pas dramatique non plus ! Mais c’est vrai que je ne peux pas m’empêcher de me dire : mince… Ce n’est donc pas la qualité qui est en cause ! Parce que ça aurait pu être ça. Ça aurait pu être un livre mal… Enfin, qui plaît… Un livre sans… Qui ne touche pas, qui ne plaît pas… J’aurais pu faire un livre qui n’aurait pas été… Si tu veux, dont la qualité d’écriture aurait pu ne pas être au rendez-vous. Je ne dis pas qu’elle l’est ! Mais bon, voilà, tu comprends ce que je veux dire… Et apparemment ce n’est pas ça. Donc bon… Je ne sais pas !

Cyril. – Oui, c’est quelque chose à chercher à… Le gros avantage que tu as en faisant de l’édition numérique, c’est que comme tu dis, tu peux changer la couverture assez facilement (ce que tu as déjà fait) et tu peux changer la description toutes les semaines ! Bon, ce n’est pas forcément la bonne chose à faire. Mais tu peux le faire.

Solène. – Tu peux le faire ! Ça permet de rattraper le coche quand tu penses que tu as loupé quelque chose.

Cyril. – Et l’autre avantage, c’est que… Pense un petit peu à la situation si ça avait été un livre papier. Tu l’as lancé en juin. Il n’a pas eu les ventes que toi, tu escomptais. Si tu avais été éditeur et si tu avais été vendeur dans une librairie, au mois de septembre, il était reparti !

Solène. – Absolument. C’est vrai que ça, c’est un gros avantage. C’est que les livres en numérique ont une durée de vie beaucoup, beaucoup plus longue. On n’est pas… On n’est pas dans la loi des retours trois mois après…

Cyril. – Oui. En plus, on dit trois mois après… Chez certains, c’est même quatre semaines après !

Solène. – C’est quatre semaines après, et des fois, même, les livres ne sont pas déballés des cartons ! Mais là, c’est vrai que c’est l’avantage. C’est indéniable. Mais il y a vraiment de nombreux avantages à être autoédité, quand on y réfléchit !

Cyril. – Oui ! Il y a des risques, aussi. Mais c’est vrai qu’il y a des avantages et que c’est une expérience aussi, qui… Moi, je pense que tout auteur qui est édité chez un éditeur devrait au moins une fois s’essayer à l’autoédition. Pour l’expérience que ça amène et pour la meilleure connaissance, aussi, que ça amène des principes marketing. Je le dis ; c’est un appel à tous les auteurs qui sont chez des éditeurs papier : essayez !

Solène. – Voilà, essayez : ça ne coûte rien et ça peut…

Cyril. – Essayez ; ça ne coûte rien, en plus ! Parce que si ça ne marche pas, qu’est-ce que vous pouvez faire ? Vous enlevez votre livre de l’édition numérique et vous continuez avec un éditeur papier !

Solène. – C’est ça. C’est vrai.

Cyril. – Bon, ça veut dire aussi que… Enfin, le fait que tu l’aies sorti et qu’il n’ait pas eu le succès que toi, tu avais… Enfin, pas forcément le succès que tu avais visé, mais plus de difficultés, ça veut aussi dire que ce n’est pas parce qu’on réussit bien une fois qu’on va réussir bien deux fois.

Solène. – Oui ! Écoute, moi, je suis plutôt optimiste ! Alors, je vais dire qu’on va réussir de façon un peu plus lente ! On va plutôt voir le verre à moitié plein, si tu veux bien. Non, mais blague à part, oui, ça veut dire qu’il y a un facteur chance qui est indéniable. Au-delà de toutes les… Enfin, qui est indéniable… Du haut de ma toute petite expérience de rien du tout, c’est ce que je ressens très fort aujourd’hui. Je me dis : voilà, il y a un livre qui sort à un bon moment, qui a le thème qui va parler à un moment donné aux lecteurs… Qui… Voilà : le succès, c’est quelque chose qu’on… Je ne sais pas. Si on avait la recette, à la limite, on serait tous auréolés de succès et puis youpi, quoi. Il n’y a pas… Même si on met, à mon avis, toutes les… Enfin, si on rassemble toutes les conditions possibles pour que ça marche, ce n’est quand même pas dit que ça marche. Tu vois ce que je veux dire ?

Cyril. – Je vois très bien ce que tu veux dire.

Solène. – Il y a ce côté chance qui est… Qu’on ne peut pas… Qui est impalpable et qui est… Ça marche ou ça ne marche pas, en dépit de toutes les stratégies et de toutes les statistiques qu’on pourra sortir. Et c’est bien aussi ! À la limite, ça garde l’effet de surprise.

Cyril. – Ça veut dire que dans les semaines et les mois qui viennent, tu vas continuer à faire des efforts en marketing… Alors, on ne parle pas de ce qui vient : on en a parlé auparavant, on réserve la surprise aux personnes qui écoutent. Mais ça veut dire que tu vas continuer à faire du marketing et à essayer de trouver les lecteurs. De différentes manières, et pourquoi pas en faisant des promotions.

Solène. – Pourquoi pas. Ça veut dire que oui, moi, j’ai la faiblesse de croire quand même en ce texte-là.

Cyril. – Mais tu as tout à fait raison d’y croire, étant donné que tu as déjà vingt-six commentaires positifs !

Solène. – C’est ça, en fait ! À la limite, je te dis, j’aurais eu des retours moins… Entre guillemets, moins élogieux, j’aurais mis ça dans ma besace et je me serais dit : bon, d’accord, il n’est pas bon, j’ai foiré. J’ai foiré, ça arrive ! Là, du coup, je n’ai pas envie de laisser tomber. En revanche, je ne suis pas non plus une adepte du marketing trop agressif et puis je ne me sens pas le talent pour ça. Tu vois ? J’ai aussi envie d’écrire et de me consacrer au prochain, que je suis en train de préparer.

Cyril. – Oui, c’est important d’avoir un bon équilibre entre l’activité d’auteur et l’activité d’éditeur. Et donner l’accent sur l’un ou sur l’autre au bon moment.

Solène. – C’est ça. Surtout quand, en plus, tu as une activité salariée à temps plein en parallèle. À un moment donné, la multiplicité des casquettes fait que tes journées n’ont plus vingt-quatre heures, mais un peu plus, et ce n’est pas tenable très longtemps. Donc moi, je suis obligée de choisir mes moments et de mettre mes priorités, si tu veux. Donc là, ma priorité, aujourd’hui, elle est vraiment sur l’écriture du prochain. Ce qui ne m’empêche pas d’essayer de faire vivre quand même un peu Un sac et Chaînes, évidemment ! Mais voilà, aujourd’hui, j’ai envie d’être à 100, 200, 300 % sur celui que j’espère sortir cet été.

Cyril. – Parmi les trois piliers pour être un auteur qui dure, aujourd’hui, il y a le blog, il y a la liste d’e-mails, et il y a le fait d’écrire plus de livres. Et c’est quand même le fait d’écrire plus de livres qui va permettre d’en vendre plus. Et de trouver plus de lecteurs.

Solène. – On est d’accord ! Absolument. D’ailleurs, on voit : les auteurs qui fonctionnent très bien en ce moment sont des auteurs qui sont très prolifiques.

Cyril. – Oui, on en parlait tout à l’heure en regardant la catégorie fantastique et terreur, dans laquelle se trouve bizarrement Chaînes : sur les vingt premiers, il y a quand même au moins cinq livres de Stephen King, au moins cinq livres de Scott Nicholson et trois livres d’Isabelle Rozenn-Mari.

Solène. – Eh oui. Donc il n’y a pas de secret : il faut produire. Il faut écrire, écrire, écrire, pour que… Pour gagner, au fur et à mesure des textes, de nouveaux lecteurs.

Cyril. – Voilà. Et dans auteur autoédité, il y a d’abord auteur.

Solène. – Il y a d’abord auteur, et ça, il ne faut pas qu’on l’oublie ! C’est quand même ça le cœur du sujet !

Cyril. – Alors, moi, j’ai tendance un peu, parfois, à parler beaucoup marketing, marketing, marketing, mais quand même, à la base, on est dans un métier d’auteur. Bon, écoute, continue comme ça, tu as tout à fait raison ! Tu as déposé les bons jalons et puis c’est une activité qui, il ne faut pas oublier aussi, est au long cours !

Solène. – J’espère !

Cyril. – C’est ce qu’on disait il y a un instant : la durée de vie d’un livre numérique est nettement plus importante que la durée de vie d’un livre papier.

Solène. – Voilà. Là, la durée de vie d’un livre numérique, c’est le lecteur qui la définit. Donc tant que les livres trouveront leurs lecteurs, les livres continueront d’exister et c’est très bien comme ça.

Cyril. – Très bien. Écoute, merci beaucoup, Solène. Où est-ce qu’on peut te retrouver, sur Internet et ailleurs ?

Solène. – Alors, on peut me retrouver sur mon site : www.solene-bakowski.com. On peut me retrouver également sur ma page Facebook : Solène Bakowski, mais aussi sur Twitter et Google Plus. Avec mon nom, on devrait pouvoir y arriver.

Cyril. – D’accord, très bien. Merci encore pour cet entretien et j’espère à bientôt, pour parler d’autres livres !

Solène. – À très bientôt, Cyril ! Merci à toi.


 

Et si vous avez lu jusqu’ici, je vous recommande un autre article pour ne pas nous quitter tout de suite : mes prédictions pour 2016.

5 réflexions au sujet de « Le plus gros risque de l’auto-édition, c’est, probablement, le manque de patience »

  1. Merci pour cette interview, Cyril et Solène 🙂
    Justement, je viens de pondre un article de fond sur l’auto-édition (mon lien sur mon nom), on est synchro !
    Solène, j’ai ton roman “Un sac” dans mes étagères virtuelles lol, je te connais un peu depuis le concours Amazon. Quelle belle récompense tu as eue !
    Solène, c’est marrant, je pense exactement comme toi à propos du succès : il y a selon moi une part de “recette”, de choses à suivre, et une autre part entièrement due au hasard. Ben ouais, sinon ce serait trop facile ^_^
    Souhaitons que 2016 voie émerger de nouvelles opportunités ou idées dans le monde des “Indés” !
    Marjorie

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