Épisode 33 – L’autoédition c’est la liberté, le marketing c’est l’enfer

Une nouvelle fois, un podcast qui n’a de podcast que le nom, car il s’agit plus d’une interview. Mais qu’importe le vin, pourvu qu’on ait l’ivresse !

Cette semaine, c’est à nouveau un auteur de fiction que j’ai le plaisir de recevoir sur ces pages. Et pour une fois c’est un homme ! J’ai l’impression de recevoir plus de femmes que d’hommes, non ?

Donc merci, Wendall Utroi, pour avoir rétabli un peu la balance 😉

Je suis toujours axé marketing, écriture, relation avec Amazon, mes marottes de vieux garçon… et malgré cela Wendall réussit à dire des choses que je n’ai pas entendu ailleurs. L’autoédition est une casquette bien pratique qui cache des profils, des parcours, des auteurs authentiques. 

Bonjour Wendall, merci de m’accorder du temps pour répondre aux questions que se posent les auditeurs et lecteurs du podcast autoédition. Je sais plusieurs choses sur toi, mais pas tous les lecteurs. Peux-tu te présenter pour briser la glace ?

Bonjour Cyril !
Je suis un quinqua au parcours professionnel un peu atypique.
Un homme simple, avec ses défauts, mais surtout aussi ses défauts 😉 (Ça, ça va plaire aux dames !)
Marié, trois enfants, perpétuel curieux et boulimique de la vie.
Amoureux des livres depuis ma plus tendre enfance, et touche à tout autodidacte.

Tu as déjà plusieurs livres dans la boutique Amazon Kindle. Peux-tu raconter ce qui a donné lieu à la publication de ces livres en autoédition ?

Il s’agit plus d’un concours de circonstances que d’un choix réfléchi. Je me trouvais à l’étranger quand j’ai terminé mon premier roman. Il m’était impossible d’envoyer un manuscrit depuis ce pays, et je ne me sentais pas capable de le faire, je doute beaucoup de mes capacités, et je ne le trouvais pas abouti.

En parcourant la toile, j’ai découvert sur un blog, la possibilité de confronter ses écrits directement aux lecteurs grâce à la plate-forme d’Amazon Kindle. En fouinant un peu plus, j’ai découvert les parcours d’Alice Quinn et de Jacques Vandroux. Je me suis créé un pseudo, histoire de me cacher derrière en cas d’échec, et j’ai tenté l’aventure.

Ayant eu la chance éhontée de pouvoir trouver un lectorat dès le premier roman, j’ai poursuivi l’expérience tout naturellement pour les deux suivants, sans me poser de question.

Le premier roman a été un succès il y a bientôt deux ans. Deux ans, c’est l’éternité dans l’édition traditionnelle. Et pour toi, est-ce différent ? Je ne te demande pas de donner des chiffres, car je sais que beaucoup ne veulent pas le faire. Mais si tu peux donner un ordre d’idées. Il est encore 229e au moment où j’écris.

C’est vrai que deux ans semblent une durée de vie phénoménale, surtout pour l’édition traditionnelle.

Pour le numérique, il n’en est rien, je reviens vers le cas de Jacques qui doit certainement détenir le record avec 800 Jours dans le top 100, pour un titre publié il y a quatre ans.

Mon premier roman naviguait plus vers la 500e place avant la sortie de mon dernier bébé. Il revient petit à petit dans le classement, bénéficiant du succès de son cadet.

Concernant les chiffres, ils sont loin d’être constants, je dirai que je vends encore en ce moment une centaine de titres par mois après 2 ans ce qui est phénoménal.

Évidemment, on ne peut pas manquer de parler du petit dernier, publié au début de février. Il est monté, presque tout seul, sembles-tu dire, dans les classements des ventes Amazon, sans promotion, sans offre éclair. Première partie de ma question : qu’as-tu fait toi-même pour accompagner le lancement ?

Avant tout, je ne voudrais pas que les lecteurs ou les auteurs tentés par l’autoédition pensent qu’il ne s’agit que de promouvoir son œuvre pour que cela fonctionne. Il faut donc insister sur le fait que le travail en amont est primordial.

Concernant le lancement, j’ai, tout comme pour les titres précédents, impliqué les lecteurs qui me suivent, pas comme une tactique de vente, mais tout simplement parce que j’aime ça et que je trouve cela utile. Je leur ai demandé de choisir la couverture, en leur proposant 4 épreuves différentes. Je leur ai également demandé leur avis pour ma 4e de couverture.

J’ai innové cette année, en diffusant une vidéo de prélancement, puis un « trailer » (bande-annonce). J’ai beaucoup aimé m’investir dans cette création vidéo, certes au rendu très amateur, mais qui a été vu plus de 10 000 fois sur Facebook.

J’ai fait imprimer quelques affiches (format A4) que j’ai placées dans certains commerces autour de chez moi, des salles d’attente, des centres commerciaux.

J’avais prévu un marque-page, mais je ne l’ai pas fait imprimé à cette heure. Peut-être plus tard.

Concernant Amazon :
Je crois qu’ils ont envoyé un mail aux lecteurs qui avaient acheté mon premier livre, au presque tout début de la mise en ligne, mais sans réel effet sur les ventes. Elles ont réellement décollé aux environs du 18 février, soit une dizaine de jours après la publication.

Sinon, aucune offre éclair. Ils m’ont par-contre mis en Select 25. Sur le moment je ne l’ai pas vu, mais je ne doute pas que cela ait eu un effet positif sur la visibilité de mon livre, et donc les ventes.

Autre élément j’ai choisi de publier en février, car les vacances d’hiver sont un excellent tremplin et un moment privilégié de lecture.

C’est marrant, car d’autres se plaignent plutôt d’un tassement des ventes. Je te souhaite qu’il y ait en effet réel tassement et que celles de mars permettent de conquérir de nombreux autres lecteurs.  Pour revenir à l’offre éclair, et pour ceux qui ne connaissent pas, peux-tu décrire ce que c’est, comment ça se passe et ce qui se passe pour un auteur qui y participe ?

Il s’agit d’une proposition d’Amazon de mettre en avant le roman en le proposant à un prix inférieur que le prix de vente habituel. Dans mon cas, je le vends 2 euros 99,  il serait alors en promotion à 0.99 euro. Souvent ces offres ne durent que 24H00, elles ont un effet énorme sur la remontée dans le classement et peuvent vous propulser dans les premières places.

Tu as une newsletter à laquelle on peut s’inscrire quand on va sur ton site http://www.wendallutroi.net. Quel usage as-tu fait de cette liste avant la sortie du livre et pour le lancement ?

Cela va te surprendre, j’en suis certain ; je n’ai pas utilisé cette liste du tout. À ce jour, je n’ai d’ailleurs envoyé aucune newsletter depuis mon site.

J’ai vu que l’inscription était possible aussi bien dans la page et avec une fenêtre qui s’affiche au milieu de la page quand on arrive sur le site pour la première fois. Sais-tu ce qui a le meilleur rendement ?

Aucune idée ! Mon site est récent, je l’ai créé peu de temps avant le prix littéraire organisé par Amazon. Je dirai octobre 2015. Pour être honnête, je n’y suis pas très actif.

Je manque de temps, ce ne sont pas les idées de post qui me manquent…

Peux-tu donner la taille de ta liste ?

Idem, aucune idée, je pense une quinzaine de personnes pas plus. J’échange plus avec ma page Facebook.

Donc, l’essentiel de tes interactions avec tes lecteurs se passe sur ta page Facebook. Je vois d’ailleurs que ta vidéo n’est pas sur ton blog, mais uniquement là-dessus. C’est une page auteur, pas un compte personnel (d’ailleurs WendallUtroi est un nom de plume). Je suis remonté dans le temps sur celle-ci. Qui est Walter Dounil ? Serait-ce un nom de plume de WendallUtroi ?

Lol c’est amusant, tu es vraiment remonté très loin … Joli travail d’investigation !

C’est un des pseudo qui était en lice, j’avais utilisé un générateur d’anagramme. Tu remarqueras que Wendall Utroi et Walter Dounil utilisent les mêmes lettres (celles de mon nom et prénom). Sur les conseils de mes proches, j’ai gardé Wendall.

Passes-tu beaucoup de temps sur ta page Facebook ? J’ai vu qu’en ce moment, oui, mais d’habitude ? 

C’est un support auquel je me suis habitué, et qui me convient, je me connecte tous les jours.
Cela ne me demande pas énormément de temps, et c’est moins impersonnel qu’un blog ou un compte twitter.
Ceux qui me suivent sur mon compte peuvent se désabonner quand ils veulent, j’essaie de ne pas être trop prolifique dans mes posts, sauf en ce moment, mais c’est l’actualité qui veut ça.

Au fil du temps, des liens se sont créés avec des lecteurs, et je trouve cela génial, une sorte d’amitié virtuelle.

De manière générale, est-ce que tu passes beaucoup de temps à faire du marketing, à aller chercher des lecteurs ? Où est-ce que tu te concentres uniquement sur les quelques actions qui, tu le sais, seront les plus productives ?

Pour mon premier roman, je ne savais pas ce que voulait dire marketing pour un auteur indépendant.
Pour le second, je me suis un peu lancé dans cette tâche que je n’apprécie pas vraiment.
C’est venu petit à petit. Et aujourd’hui, cela dépend surtout de mon état d’esprit et de mon emploi du temps, que d’une réelle organisation réfléchie.

J’ai beaucoup travaillé la diffusion de la bande-annonce, mais le roman n’était pas encore en vente lors de sa première diffusion. C’est certainement une erreur de marketing. Dans ce domaine, je tâtonne encore beaucoup.
J’aimerais en refaire une, un peu plus « professionnelle ».
En fait, depuis ce « trailer » j’ai très peu diffusé d’informations en dehors de ma page Facebook et de mon compte twitter. Disons une quinzaine de posts sur différentes pages, guère plus.

Je continue de penser que la meilleure des publicités reste le bouche-à-oreille des lecteurs.

Le marketing me fait un peu peur, c’est un travail délicat qui doit trouver sa balance entre le ni trop et le ni trop peu.

Je crains que trop de diffusions nuisent plus qu’autre chose. Je ne donnerai pas d’exemple, mais certains font du matraquage, et j’ai peur que le résultat soit un raz le bol.

Tout est question de dosage !

La couverture est superbe. Mieux encore qu’un genou à terre, qui déjà sortait du lot. Comment a-t-elle été réalisée ?

Merci, oui je la trouve magnifique.

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Audrey Alwett, une auteure (les poisons de Katharz) que j’ai rencontrée au prix littéraire m’a conseillé une graphiste pour un projet en cours. Elle m’avait dit grand bien de cette personne avec qui elle travaille régulièrement.

Je l’ai contactée, j’avais déjà une ou deux idées que je lui ai proposées, elle a tout de suite opté pour celle de la femme assise contre un mur. Elle m’a proposé plusieurs épreuves que j’ai soumises à mes lecteurs.

Ils ont choisi celle qui est sur la couverture, et je les en remercie, car ce fut un choix excellent (choix que vous pouvez voir sur ma page Facebook).

Pour ceux qui voudraient entrer en contact avec cette excellente graphiste ; il s’agit de Gaëlle Merlini. www.gaelle-creative.com

Je prends mon entretien habituel à l’envers, et je vais maintenant à nouveau m’adresser à l’auteur. Es-tu un plotter (faisant des plans, des fiches personnages, etc.) ou un pantser, guidé par ta muse ? 

Pour les deux premiers romans, j’ai suivi le cours de mon imagination, laissant le clavier et l’histoire me guider.

Cela a été différent pour ce dernier opus. Quoique !

J’avais dans l’idée d’écrire un thriller sanglant dans un huit clos intense. Il est vrai qu’au vu de la 4e de couverture on pourrait croire à un clone de « SAW ». Ce film m’a marqué !

J’avais donc juste un canevas avec une trame globale de l’histoire.

Mais mon imagination et ma volonté de rester humain ont été plus fortes et après les deux premiers chapitres, j’ai changé de cap, de façon radicale.

L’idée me plaisait plus, me correspondait plus. Les personnages de départs avaient déjà leurs caractères, je n’ai eu qu’à les laisser évoluer.

Tu vois, finalement, quand je veux être organisé le « bordel » reprend les rênes.

As-tu des habitudes d’écriture régulières, une sorte de routine à laquelle tu t’astreins, mais qui en même temps te libère ?

Je suis un mauvais exemple, car de nouveau, très désorganisé dans ma façon de travailler. Mais il y a bien deux ou trois petites choses :

J’aime écrire en musique, soit classique (de plus en plus), même si je suis incapable de citer les titres ou compositeurs. Parfois de la musique épique.

Ma chienne berger australienne à mes côtés me fait grand bien.

Je peux écrire plusieurs heures de suite sans décoller le nez de l’écran, ou, écrire tout en surfant, postant des messages sur twitter, m’arrêtant après deux lignes, regarder la télé et y revenir.

Mais, lorsque je suis comme avec « L’enjeu » dans des moments cruciaux, plongé dans mon histoire, alors, la Terre peut s’arrêter de tourner.

As-tu un outil préféré ? Des techniques particulières à partager ?

Non, je travaille sous Word, j’ai essayé Scrivener, mais je n’ai pas accroché.

Je suis de la vieille école : Post-it gribouillé, notes sur un coin de publicité du supermarché, oubli et nouvelle idée. Je te dis : « bordélique ».

Tu as touché à des genres un peu différents en allant du côté de la fantasy ? J’imagine que c’était d’abord une envie de lecteur, un souhait d’écrire dans ce genre, même si tu n’es pas « connu » pour celui-ci. Est-ce que, en dehors de la problématique d’édition et de marketing, ce changement de genre t’a apporté créativement de nouvelles choses, et lesquelles ?

D’ailleurs c’est un Tome 1. Quid du Tome 2 ?

Mon roman fantasy vient d’une demande d’une de mes filles, elle a insisté et j’ai cédé de bon cœur. Mes lectures d’hier et d’aujourd’hui flirtent parfois avec ce genre que j’apprécie.

Je savais que « mes » lecteurs m’attendaient sur un second suspense, mais c’est une des libertés de l’autoédition, pouvoir se frotter à différents genres.

Cela m’a fait un bien fou, tout d’abord, j’étais heureux de faire plaisir à ma fille, mais également à moi. Quand j’écris, j’essaie d’écrire quelque chose que j’aurai aimé lire, et dans la fantasy, l’imagination a peu de limites.

Lors de la rédaction du « dompteur de pluie », je me suis laissé aller, sans contingence, si ce n’est toujours de vouloir surprendre et aspirer le lecteur.

J’ai appris, et j’ai encore beaucoup à apprendre. Tout d’abord, à canaliser mon imagination, la fantasy laissant toute liberté à l’auteur, elle est aussi un piège vers le « trop ».

Une des choses qui m’exaspère c’est le manque de cohérence, ce genre vous oblige à de la rigueur.

Côté création, elle m’a permis de pointer sur une de mes tendances à vouloir décrire les scènes, les décors, à outrance, j’ai donc cherché à synthétiser. Il me reste encore du chemin, mais je suis sur la bonne voie.

Je pense que grâce à ce second roman, mon dernier a gagné en qualité.

La suite et fin est prévue pour cet été.

Tu seras sur le Salon du Livre qui a lieu du 17 au 20 mars. Tu prends un congé pour être là tout le temps ou tu fais un saut ? Tu seras où d’ailleurs pendant ce salon ?

Amazon a eu la gentillesse de m’impliquer dans différentes tables rondes, speed dating et autres événements. M’ayant prévenu suffisamment à l’avance, j’ai pris un congé et je serai présent les quatre jours sur le stand Amazon.

Je vais revoir des auteurs que je connais et que j’apprécie et en rencontrer de nouveaux.

Je suis déjà en mode surexcité.

Merci, Cyril, pour cette interview et merci aux lecteurs qui me font l’immense joie de me suivre dans mes écrits.

Wendall


Pour retrouver Wendall, les meilleures adresses sont donc :

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4 réflexions au sujet de « Épisode 33 – L’autoédition c’est la liberté, le marketing c’est l’enfer »

  1. Merci Wendall pour ces confidences d’écriture et pas seulement…
    Tu nous donnes les coordonnées de la graphiste, c’est vraiment sympa.
    Pour le trailer, je le trouve plutôt réussi.
    As-tu aussi un créateur à conseiller?
    à bientôt au salon,
    Alice

    1. Merci Cyril, présenté comme cela peut-être, je pensais plus à ma manière d’écrire et ma désorganisation en matière de marketing.

      Merci Alice,
      Pour le trailer je l’ai fait moi-même en utilisant un programme qui s’appelle Pinacle Studio. On rame au début, puis finalement, en insistant, il devient assez intuitif.
      À bientôt au salon.

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