Podcast autoédition 38 – Vers l’infini et l’au-delà !

Cette semaine dans le podcast de l’autoédition, je reçois Pascal Bléval, auteur autoédité que j’ai eu le plaisir de rencontrer de visu au Salon du Livre de Paris en mars. Pascal n’a pas un profil similaire aux autres auteurs interviewés récemment dans le podcast, mais l’intérêt est justement de rencontrer des profils différents, variés, originaux, avec des projets divers.

En l’occurrence, Pascal est fan de science fiction en tant que lecteur, donc il écrit dans ce genre en tant qu’auteur, et s’oriente plus vers la science-fantasy (un genre que je ne connaissais pas avant de lui parler). Que ce soit en édition traditionnelle ou en autoédition, ce n’est pas la catégorie favorite des français. À tort, puisque c’est un genre génial et que les français s’y sont illustrés, tant dans des catégories 100% SF que plus littéraires (Barjavel ou Boulle). Non, je n’aime pas la science-fiction…

L'intégrale du livre de Pascal
L’intégrale du livre de Pascal

Comme Alan Spade que j’avais interviewé auparavant, Pascal a choisi de mettre un tome de sa première trilogie à très petit prix (gratuit même), et il utilise cette stratégie pour percer petit à petit dans sa catégorie. Mais comme on le voit dans l’entretien, il n’a pas l’intention de s’arrêter là !


Petite interruption avant de passer à l’entretien. J’ai récemment réalisé une version papier de 82 questions sur l’autoéditionet je fais en ce moment un concours avec tirage au sort pour gagner des versions papier ou numériques de ce livre.

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Pour écouter le podcast en entier :

La retranscription

Cyril. – Bonjour ! Aujourd’hui, je reçois Pascal Bléval dans le podcast de l’autoédition. Bonjour Pascal.

Pascal. – Bonjour Cyril ! Bonjour à tous et à toutes.

Cyril. – Est-ce que tu aurais la gentillesse de te présenter, de présenter un petit peu ton parcours en autoédition et tes livres ?

Pascal. – Alors, mon parcours en autoédition est relativement récent. Cela va faire deux ans que j’ai commencé à m’autoéditer, mais pour l’instant je n’ai que deux publications sur différents sites : Amazon, Fnac, et deux-trois autres. À part ça, ça fait quand même pas mal de temps que j’écris. On va dire depuis la fin du lycée, avec une petite interruption de cinq-six ans au beau milieu de tout ça. Donc ça fait pas mal de temps que je pense à l’écriture. Jusqu’à maintenant, j’étais très focalisé sur le monde de l’édition, sur le fait d’envoyer mes romans à l’édition traditionnelle. Et puis, il y a quelques années, j’ai commencé à découvrir le monde de l’autoédition et j’ai fini par me lancer il y a deux ans. Voilà, ça, c’est pour la partie autoédition.

Cyril. – Quand tu envoyais des livres en papier vers des maisons d’édition, est-ce que c’était facile de trouver des maisons d’édition qui correspondaient à ce que toi, tu écrivais, ou au type de public que tu visais ?

Pascal. – Je ne l’ai pas vraiment fait beaucoup. Disons qu’à l’époque où je le faisais, j’étais en stage en maison d’édition. Donc ça m’a facilité un peu la tâche dans le sens où j’imprimais le roman sur leurs propres imprimantes et je le donnais directement au comité de lecture. Donc je n’ai pas eu à me lancer dans une grande campagne d’envoi de livres papier. Heureusement pour moi, parce que ça peut revenir cher ce genre de chose. Certainement beaucoup plus cher que l’autoédition. Donc je n’ai pas eu besoin de faire ça.

Mais sinon, effectivement, il y a eu un moment après les stages où j’ai hésité à le faire et là, je suis allé dans une grande surface. J’ai cherché des livres qui étaient semblables au mien et j’ai regardé les noms des maisons d’édition, histoire de voir leur ligne éditoriale. Donc, si j’avais eu envoyé des manuscrits, je ne l’aurais pas fait au hasard, j’aurais ciblé des maisons publiant le même genre de choses que ce que j’écris, ce qui semble logique.

Cyril. – Tu as toujours été dans un genre science-fiction, fantasy ?

Pascal. – Oui. Mes tout premiers livres étaient un peu plus ancrés dans le réel, mais c’était déjà de la science-fiction, assez largement. Au début, c’était plus science-fiction. Et peu à peu, je m’oriente vers la fantasy.

Cyril. – Alors, tu parles des livres que tu as publiés en autoédition, mais tu n’as pas donné les titres. Il faudrait que tu donnes les titres !

Pascal. – C’est vrai ! Ma première publication, c’est un recueil de nouvelles. Un recueil de quatre nouvelles qui s’appelle Chroniques d’une humanité augmentée. Qui traite en fait de l’impact de la réalité virtuelle sur notre société. D’ailleurs, j’aurais dû l’appeler Chroniques d’une humanité virtuelle. Ça aurait peut-être été encore plus dans le mille.

Cyril. – Tu as le droit de changer de titre, tu sais.

Pascal. – Oui, mais maintenant je pense que c’est un peu tard. Et puis bon… C’est écrit sur la couverture ; il faudrait que je demande à mon illustrateur de rechanger à nouveau. Ce serait peut-être un peu complexe. Parce que ce n’est pas moi qui fais mes couvertures. Je suis absolument incapable de dessiner et ce sont des créations à 100 % nouvelles, les couvertures de mes livres. Donc Chroniques d’une humanité augmentée. On suit à travers quatre générations successives d’une même famille l’évolution de l’humanité au contact de la réalité virtuelle. Ça, déjà, de nos jours, il y a pas mal d’impact de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle sur notre vie. Donc au début, ça commence vraiment à notre époque. Ça commence avec quelqu’un qui travaille dans une boîte d’assurance au 52 rue d’Amsterdam. Parce qu’à l’époque, je travaillais dans une boîte d’assurance, au 52 rue d’Amsterdam, justement ! Quasiment la première moitié du recueil se passe de nos jours.

L’autre publication est un roman, pour le coup. Donc ce ne sont pas du tout des nouvelles. Et c’est beaucoup plus long. Parce qu’autant le recueil se lit en, peut-être, une heure et demie, autant le roman, je pense que c’est plutôt huit-dix heures. Et là, le roman, c’est de la pure SF. Ça s’appelle Le Chant de l’Arbre-Mère. Comme le premier recueil, c’est disponible en papier et en numérique. Et Le Chant de l’Arbre-Mère, c’est l’histoire d’une mission d’exploration sur une planète qui s’appelle Altar. Une mission constituée à la fois de scientifiques et de militaires (et même d’un mercenaire) qui va essayer de comprendre pourquoi l’ensemble des habitants d’une petite colonie, subitement, ont disparu, juste après avoir déclaré avoir aperçu une race extraterrestre inconnue. Au début, leur mission était de vérifier si les extraterrestres étaient conscients, intelligents, etc. et au moment où ils arrivent, comme la colonie a disparu, du coup, leur mission devient : retrouver les colons, comprendre ce qui s’est passé, voir si c’est en lien avec les extraterrestres ou pas. Voilà. Donc c’est un quasi huis-clos dans le vaisseau, entre les sept-huit personnages qui composent la mission. Plus l’intelligence artificielle qui gère le vaisseau.

Cyril. – Et qui a une importance…

Pascal. – Elle a une présence. Une importance, je ne dirais pas, mais une forte présence dans le roman. Il y a pas mal de gens qui semblent avoir apprécié sa personnalité un peu particulière.

Cyril. – D’accord ! Ces livres-là, tu les as publiés sur Kindle, sur Kobo Fnac. Sur iBooks aussi, ou pas ?

Pascal. – Sur iTunes, oui. Et je ne suis pas sûr de renouveler l’expérience.

Cyril. – Donc ça fait deux ans que tu le fais. Tu as un peu plus de retours sur ce qui fonctionne pour toi, ce qui ne fonctionne pas pour toi ?

Pascal. – Alors, en termes de plateforme, ce qui fonctionne pour moi, clairement, c’est Amazon. À un moment j’avais regardé : je devais avoir 10 % de ventes Fnac par rapport aux ventes Amazon. Concernant les autres plateformes, il y en a quand même pas mal, j’ai dû faire 1 % maximum. C’est assez dérisoire. Franchement… Quelques épisodes gratuits, éventuellement, sur les autres plateformes comme iTunes et compagnie, mais aucun téléchargement payant.

Alors que sur Amazon, la version intégrale du Chant de l’Arbre-Mère se vend plutôt pas mal. Honnêtement, je suis plutôt content. Je dois en être à 180 ou 200 à l’heure actuelle. Ce qui est peu par rapport à un certain nombre d’autres auteurs, mais qui me paraît, moi, assez inatteignable si je me remets un an en arrière.

Cyril. – Puisqu’on est en train de parler des plateformes et des boutiques, on va rester un petit peu là-dedans. Donc pour faire en sorte de baisser les barrières et de trouver des lecteurs, tu as le premier opus qui est gratuit, qui est disponible sur Amazon Kindle et l’objectif, c’est d’avoir des gens qui aiment bien le premier opus et qui, soit prennent les autres opus, soit prennent l’intégrale.

Pascal. – Tout à fait. D’ailleurs, à la toute fin du livre, qui est aussi bien sur Kindle que sur Fnac et autres, d’ailleurs, l’opus gratuit, il y a des liens directs d’achat de l’intégrale et du second opus également. De façon à ce que les gens, à la fin de leur lecture, puissent directement acheter la suite et embrayer, du coup, sur les épisodes suivants.

Cyril. – Alors, ça, c’est mon côté purement marketing qui parle, mais est-ce que tu as mis des espèces de tags ou des choses comme ça pour voir quels gens cliquent où ?

Pascal. – Normalement, j’avais mis un lien raccourci Google. Ce qui aurait dû me permettre de suivre, effectivement, le nombre de clics. Malheureusement, c’est vrai que je n’ai pas été assez organisé et que du coup, je ne suis pas certain de pouvoir retrouver les stats comme ça. Surtout qu’un des problèmes, c’est que j’ai fait en plus… J’ai scindé par épisodes, ce qui fait x tags différents, et ça commence à être assez compliqué à suivre. J’essaierai de m’organiser mieux pour les prochains. Mais c’est vrai qu’il y a des choses que je ne maîtrise pas encore à ce niveau-là.

Cyril. – Oui, parce que l’idée, c’est de mesurer, pour savoir ce qui est le plus efficace, et de se concentrer là-dessus.

Pascal. – Oui, tout à fait. Histoire de ne pas perdre de temps, justement. De ne pas s’éparpiller sur les différentes méthodes.

Cyril. – Oui, et puis ne pas passer des heures à faire ce genre de chose.

Pascal. – Oui, ce qui est intéressant, c’est quand même avant tout l’écriture. Mais bon, c’est vrai que le marketing, ce n’est pas forcément ce qui m’intéresse le plus, même si ça ne me pose pas de problème en soi, mais avant tout, ce que j’aime, c’est écrire.

Cyril. – Oui. Eh bien, puisque tu me tends la perche, on va passer justement à l’écriture. Tu as un travail habituel. Tu ne travailles plus dans la même société d’assurance, 52 rue d’Amsterdam.

Pascal. – Je travaille toujours dans le même groupe d’assurance, par contre. C’était une des filiales de ce groupe.

Cyril. – D’accord, mais tu as ce travail quotidien et donc tu dois trouver d’autres moments pour pouvoir écrire. Tu t’organises d’une manière spécifique ? Tu as réussi à créer une routine ? Ou c’est plus en fonction des disponibilités, je dirais, exceptionnelles ?

Pascal. – J’ai une routine qui s’est imposée de par le fait, vu que j’ai pas mal de temps de transport depuis un an et demi, vu que je me suis expatrié dans le 28.

Cyril. – Oh là là ! Oh là là, oui, tu es fou !

Pascal. – J’habite à Maintenon, maintenant, si j’ose dire. Non, c’est vrai que je me suis un peu éloigné de mon boulot, vu que je travaille à Nanterre préfecture. Donc j’ai deux heures porte à porte. Il y a un petit temps de marche à pied, de changement, tout ça, mais on va dire que je peux compter sur une heure, une heure et quart, de transport aller, une heure et quart retour, pendant lesquelles je suis assis avec mon mini ordi sur les genoux et au cours desquelles j’essaye d’écrire.

Le soir, c’est moins drôle. Clairement. Parce que ça met un peu plus de temps, parce qu’il y a un peu moins de trains, parce que plein de choses. Parce que le soir, on a quand même envie d’arriver chez soi. Et puis qu’il y a la fatigue de la journée ! Il ne faut pas non plus se leurrer. Je pars de chez moi, il est 7 h ; j’arrive chez moi, il est 20 h 45. Donc ça fait de grosses journées. Donc si je ne prenais pas ce temps-là pour écrire, il ne me resterait pas beaucoup de temps. Parce qu’une fois que j’ai fini de manger, que j’ai quand même dit « bonne nuit » aux enfants, il est 21 h 30.

Cyril. – Et tu dois te relever assez tôt le lendemain pour repartir.

Pascal. – Oui, je me lève à 6 h.

Cyril. – Donc tu profites de ces temps-là. Et est-ce que le train réussit à provoquer chez toi cette espèce d’effet tunnel où tu es concentré sur ce que tu écris ?

Pascal. – Oui. Avant, j’habitais à Rueil-Malmaison, donc c’était un peu plus proche, mais mine de rien je mettais déjà trois quarts d’heure pour aller à Nanterre préf. Avant, donc, c’était même dans le bus que j’écrivais. Donc ça va, j’arrive à me concentrer, même au milieu du bruit.

Cyril. – Tu as en fait cette routine, régulière, qui t’est presque imposée par ton rythme de vie, et qui te permet d’écrire régulièrement. Ça veut dire que tu pourrais presque… Alors, à deux heures par jour, on va dire qu’il y a une heure qui est vraiment utile. Tu arrives à travailler deux heures par jour sur l’écriture.

Pascal. – En général, oui. Après, il y a des jours où je n’ai pas forcément le temps, où je dois faire autre chose. En plus, j’ai plusieurs projets différents en même temps. Enfin, ce n’est pas forcément toujours aussi efficace. Il y a des périodes, également. Quand, au travail, c’est vraiment la grosse période, c’est un peu plus compliqué.

Cyril. – En termes d’écriture, tu es plutôt quelqu’un qui prépare une structure à tes livres et qui ensuite écrit à l’intérieur de cette structure, ou tu es plutôt quelqu’un qui part d’une ou deux idées directrices, mais… Voilà : le début, la fin, le milieu. Et qui écrit au fil de la plume ?

Pascal. – Dans l’ensemble, j’ai plutôt tendance à bien structurer au préalable. Après, ça dépend des choses. Quand ce sont vraiment des textes courts, là, je me laisse porter par la plume, quand même. Un texte court, c’est deux-trois pages Word. C’est 700 mots. Donc c’est vraiment très court. Après, il m’est arrivé d’écrire un synopsis pour un texte de 700 mots quand même ! Mais j’essaie de ne pas trop le faire, parce que le problème, quand on synopsise tout dans les moindres détails, c’est qu’il y a un moment où on a l’impression d’avoir déjà écrit le livre, alors qu’on n’a écrit que le scénario. Et du coup, il ne reste plus rien à faire, et à la limite, pourquoi écrire ?

Donc il ne faut pas non plus trop en faire. Donc de plus en plus, j’essaye en fait de partir de personnages et de situations de départ, en ayant quand même une idée de la fin, pour voir où, en tirant sur la ficelle, ça va me mener. J’avais commencé une petite série science-fiction comme ça, qui se passait dans un vaisseau à la dérive, où la seule idée de départ, c’était vraiment les deux personnages. Sans avoir même là carrément une idée d’où je voulais en venir. C’est venu au fil de l’écriture, l’idée de la fin. Pour l’instant, cette série est un peu en stase, mais un jour ou l’autre je la continuerai.

Et de plus en plus, je pense qu’une des choses les plus importantes, c’est vraiment les personnages, dans une histoire. Donc c’est sur ça qu’il faut se focaliser, presque plus que sur l’intrigue. Si on a de bons personnages, normalement, on peut plus facilement donner de bonnes intrigues, que l’inverse. Enfin, c’est mon opinion. Après, je suis encore un jeune auteur avec beaucoup à apprendre !

Cyril. – Justement, jeune auteur, tu te projettes dans quoi ? À quoi aspires-tu ? Tu veux creuser le sillon de la SF ? Tu veux en faire une activité plus importante ? Tu veux continuer à écrire par plaisir ? Quel est ton objectif ?

Pascal. – De toute façon, l’écriture est un plaisir avant tout.

Cyril. – Si on n’a pas de plaisir, ça ne sert à rien de le faire.

Pascal. – Oui, c’est ça. Si je n’y prenais pas plaisir… Le fait est que j’ai envie, à terme, d’en vivre. Donc si en plus je n’y prenais pas de plaisir, ce serait dommage.

Cyril. – Ce serait vraiment horrible !

Pascal. – C’est la meilleure façon, au bout d’un an, de se rendre compte que non seulement on n’y prend pas de plaisir, mais en plus les ventes ne décollent pas, là c’est le combo couperet et on arrête tout de suite, dans ces cas-là ! J’ai vu au moins un ou deux auteurs comme ça se lancer tout feu tout flamme dans l’aventure, et puis au bout de quelques mois se rendre compte que ça ne décollait pas autant qu’ils l’auraient voulu et arrêter. Une des clés, c’est quand même la persévérance. Et la persévérance, pour pouvoir l’avoir, il faut quand même qu’il y ait un moteur un minimum plaisir. Après, en termes de genre, je pense… En fait, j’oscille entre science-fiction et fantasy. Donc du coup, j’imagine que je vais me lancer dans la science-fantasy. Ça serait pratique !

Cyril. – Ça existe véritablement, comme genre ?

Pascal. – Oui. Il y a tellement de genres, de sous-genres de fantasy, que…

Cyril. – Oui, mais je veux dire : est-ce que c’est un sous-genre qui est facile à trouver et sur lequel il est facile de repérer des comparables en tant qu’auteur ou en tant que roman ?

Pascal. – Je dirais que Ténébreuse, par exemple, c’est de la science-fantasy. J’avoue que je ne me rappelle plus du nom de l’auteur, là, pour le coup, mais c’est une très grande série de science-fiction, science-fantasy. En fait, c’est de la science-fiction avec des sortes de pouvoirs magiques qui s’expliquent d’un point de vue scientifique. Sinon, un peu plus récent, il y a Les Pirates de l’Escroc-Griffe, de Guillermou, qui sont pour moi de la science-fantasy. De Jean-Sébastien Guillermou. Qui est paru aux Éditions Bragelonne. Pour l’instant, il y a eu les deux premiers tomes sur trois, et honnêtement, c’est un livre que je recommanderais. Une série que je recommanderais. C’est pareil, c’est de la science-fantasy dans le sens où c’est un univers complètement fantasmagorique. Ça se passe dans un monde-fleur. Et pour autant, il y a d’anciens artefacts qui semblent plutôt façonnés d’un point de vue scientifique par d’anciennes peuplades, entre guillemets.

Donc voilà : pour moi, la science-fantasy, c’est vraiment un genre à part entière. La façon dont ça va se faire dans mon univers, c’est… En gros, j’ai un univers que je m’apprête à développer. Dans lequel j’ai des fées, des créatures féériques et compagnie, et à côté de ça d’anciennes bases de type moderne laissées par une race aujourd’hui éteinte. Un peu classique dans le genre, mais j’essaie vraiment de réveiller les…

Cyril. – Oui c’est un trope. Entre guillemets un cliché, un lieu commun, mais ça fait partie des attentes des lecteurs, d’une certaine manière.

Pascal. – Oui, tout à fait.

Cyril. – La manière dont toi, tu le feras, sera originale parce que tu ne le feras pas forcément en te calquant complètement sur quelque chose qui a déjà été fait par quelqu’un d’autre, mais pour le lecteur, ça correspond à quelque chose qui va le rassurer, dans son cerveau, inconsciemment, et qui va rendre la lecture plaisante aussi.

Pascal. – Oui, il faut qu’il se raccroche à quelque chose de connu, quand même. Même au niveau du vocabulaire. C’est pour ça que j’essaye d’utiliser du vocabulaire un peu actuel, même dans des livres de fantasy, histoire qu’il ne soit pas complètement dépaysé. Ténébreuse, c’est de Marion Zimmer Bradley. J’ai cherché pendant… La Romance de Ténébreuse.

Cyril. – C’est un tout petit monde, la science-fiction et la fantasy ? Ou c’est un petit monde sur lequel il y a beaucoup de profondeur ? Parce qu’en fait, c’est un genre que je connais assez mal en France.

Pascal. – Le truc, c’est que c’est vrai que la littérature de genre est plutôt une littérature de niche à la base. Donc science-fiction et fantasy. La fantasy a eu la chance de plaire un peu plus, j’ai l’impression, aux jeunes adultes que la science-fiction. En tout cas, à l’heure actuelle, et du coup la fantasy est me semble-t-il un peu moins une niche que la science-fiction. La SF, c’est plutôt un truc d’Anglo-saxons, et encore plus… Les nouvelles de SF, c’est vraiment un truc anglo-saxon, plus que francophone.

Cyril. – Il y avait des super revues de science-fiction aux États-Unis, pendant des années et des années.

Pascal. – Oui, tout à fait. Genre Astounding et compagnie. C’était entre guillemets la belle époque, parce qu’ils étaient quand même un peu payés au lance-pierres, ceux qui étaient édités par ce biais-là.

Cyril. – C’est clair. Mais en même temps, des auteurs qui ont vraiment gagné leur vie, il n’y en a pas beaucoup dans l’histoire.

Pascal. – Non, et il n’y en aura jamais beaucoup. Les gens s’étonnent que les auteurs ne vivent pas de leur plume, mais enfin, c’est très compliqué. Il y a un seuil, en fait. C’est ça, le truc. C’est que tous ceux qui n’atteignent pas le seuil de ventes, clairement, ils n’en vivent pas. Et le seuil, à mon avis… Bon, ça dépend, il est plus ou moins élevé selon le niveau de vie qu’on veut obtenir, mais au-delà de ce seuil, tout de suite, ça flambe.

Cyril. – C’est l’exemple de Stephen King qui, pendant des années, a envoyé des nouvelles et gagné quelques dizaines de dollars par nouvelle, et puis un jour il y a eu Carrie.

Pascal. – Voilà. Et d’un coup, tout s’enflamme. Donc on ne peut pas s’attendre, en se lançant dans ce genre de métier, à en vivre comme ça, directement. Même pas forcément par persévérance. C’est une question de chance à un moment. Il faut être découvert, et puis subitement, tout le reste de la production qu’on a eue avant est découvert en même temps. C’est comme ça que je vois les choses. Du coup, il faut avoir produit !

Cyril. – Oui, il faut beaucoup produire. Il faut produire régulièrement. Il faut creuser son sillon.

Pascal. – Tout à fait.

Cyril. – Cent fois sur le métier remettre son ouvrage.

Pascal. – Exactement. Et puis espérer qu’un jour, les gens repèreront un des cent ouvrages et achèteront les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la foulée !

Cyril. – En matière d’ouvrages, est-ce que tu as déjà… Alors, tu parles de différentes choses que tu as commencées, mais que tu as laissées en stase. Est-ce qu’en ce moment, tu es en train de travailler sur un projet en particulier ?

Pascal. – Sur trois projets en particulier ! Et sur un autre projet en annexe. Le projet en annexe, ce sera le plus court, ce sont les microphémérides. En gros, le principe… Il y a un site microphéméride d’ailleurs, ainsi qu’une page Facebook. Le principe, c’est un collectif d’auteurs, unis pour écrire des micronouvelles. Moins de 1 500 caractères. Ça doit faire dans les 500 mots. Par là. Peut-être même 400 mots. Et du coup, il y a une micronouvelle par jour qui est envoyée aux abonnés du site microphéméride.

Cyril. – C’est super, ça !

Pascal. – Donc je dois en écrire une ou deux par mois, du coup.

Cyril. – C’est génial. C’est un très bon moyen de trouver un lectorat avide de ce type de sujet, de genre, et de s’appuyer dessus pour avancer.

Pascal. – Oui, surtout qu’on en écrit vraiment de tous les genres, parce qu’en fait on s’appuie en général sur l’actualité de la journée en question pour trouver le thème de la microphéméride. On doit correspondre d’ailleurs à ce qui s’est passé cette journée-là précise au cours des siècles précédents.

Cyril. – Ça, c’est un bon exercice !

Pascal. – Oui, c’est wikipédesque !

Cyril. – Il faut réussir à se projeter systématiquement dans un sujet en particulier.

Pascal. – Tous les gens sont bienvenus et c’est plutôt arrangeant. Au début, il y avait des thématiques comme… Je ne sais pas, par exemple, post-apocalyptique. Ou le truc quand on revit l’histoire de différente… Uchronique. Voilà, il y avait uchronie… Maintenant, il n’y a plus vraiment de thème imposé. Tout le monde écrit un peu le genre qu’il veut, mais forcément sur l’actualité du jour. Très très intéressant ! À côté de ça, à une époque, je participais aussi à des ateliers d’écriture en ligne où il y avait une nouvelle à écrire pendant la semaine, avec des mots précis à utiliser. Là, j’avoue que ça fait quelques mois où je n’ai vraiment plus le temps de le faire.

Et sinon, à côté de ça, j’ai trois projets en cours.

Un qui est déjà partagé de façon hebdomadaire sur Wattpad, par le blog Notre nouveau monde. Ils ont le compte Notre nouveau monde sur Wattpad et ils… En fait, c’est une écriture… Ce qu’ils appellent les romans à mille mains. Je pense que tu as déjà dû en entendre parler par-ci par-là. Par Aramis Mousquetaire sur Facebook et la page Facebook Notre nouveau monde. L’idée, c’est de faire des… D’écrire trois romans à la fois, avec différents auteurs. Sur celui auquel je participe, qui s’appelle Le Talon d’Achille, sans rapport avec la BD Achille Talon, plutôt avec le côté Épopée de Gilgamesh et compagnie. Épopée avec des dieux, des divinités, qui se combattent par l’intermédiaire des mortels. On est trois auteurs sur ce roman et on écrit chacun un texte par semaine à tour de rôle. Du coup, forcément, les contraintes nous sont imposées par les autres auteurs. Et en plus de ça, Aramis (celui qui a mis ça en place) nous impose une contrainte supplémentaire, potentiellement. Par exemple, il faut que dans le texte qu’on écrit, il y ait un duel. Ou une sorcière. Ou etc. Du coup, c’est d’ores et déjà partagé sur Wattpad. De façon gratuite, forcément. Et on en est… Il y a peut-être déjà une douzaine d’épisodes qui ont été partagés. Ça fait quoi ? Ça fait 700 mots par épisode, donc ça se lit très vite. Très très vite. Peut-être dix minutes maximum. Voilà. Il y a trois romans différents qui sont partagés chaque semaine.

Cyril. – D’accord. Donc sur Wattpad…

Pascal. – Et sur le blog.

Cyril. – Et sur le blog. Et toi, il y a des choses que tu ramènes sur ton site ?

Pascal. – Pour l’instant, non. Tiens, c’est vrai que je devrais… C’est une bonne idée, je devrais le faire.

Cyril. – Oui, quand même !

Pascal. – Mais pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?! J’ai perdu mes réflexes marketing ces derniers temps, tu as vu ?

Cyril. – Non, mais c’est très bien de collaborer comme ça, un peu, gratuitement. Mais c’est bien aussi d’essayer de cultiver son pré carré.

Pascal. – Tout à fait. Tout à fait !

Cyril. – Son propre jardin.

Pascal. – Je le relaie sur ma page Wattpad. Mais effectivement, je ne l’ai pas encore fait sur mon blog. J’en ai parlé une fois sur ma newsletter, mais pas ailleurs. Oui, je pense que je vais partager de temps en temps sur mon propre blog. Bonne idée. Merci ! Donc ça, c’est un des trois projets. En l’occurrence, c’est de la dark fantasy, avec un bon côté panthéon, divinités. On explore vraiment toutes les… Tous les panthéons, d’ailleurs : aussi bien grec que romain que babylonien… De façon assez libre, on va dire. Voilà !

Les deux autres projets que j’ai en cours : le premier est dans la continuité du Chant de l’Arbre-Mère puisqu’il s’agit en fait d’une sorte de préquel (je n’ai jamais su comment il fallait le prononcer) au Chant de l’Arbre-Mère. En gros, ce sera un recueil de nouvelles. Et chacune des nouvelles sera centrée sur un des personnages du Chant de l’Arbre-Mère. Donc ça permet de découvrir avant. Ce qui s’est passé avant.

Cyril. – Oui, et puis ça permet aussi d’aller plus loin dans l’univers du Chant de l’Arbre-Mère.

Pascal. – Ça permet de découvrir effectivement beaucoup plus largement de quel univers fait partie Le Chant de l’Arbre-Mère.

Cyril. – Tu es en train de construire un univers à toi, comme Iain Banks ou un truc comme ça.

Pascal. – Tout à fait, oui. C’est vraiment un…

Cyril. – J’ai pris une petite référence ! Un mec qui a écrit deux-trois romans de science-fiction pas terribles.

Pascal. – Deux-trois ! Je ne sais pas pourquoi j’ai un petit doute sur le deux-trois pas terribles ! Iain Banks, effectivement… Non, je n’ai pas cette prétention encore ! J’essaye de créer un univers. Ça fait déjà pas mal de temps que j’essaye de le créer.

Cyril. – Mais c’est bien ! C’est comme ça que les auteurs de science-fiction ont réussi à capitaliser sur leurs lecteurs, parce que c’est difficile, quand même, d’entrer dans un monde imaginé qui n’a pas tellement à voir avec celui qu’on a, nous, en général.

Pascal. – C’est vrai que là, c’est assez différent de notre époque. D’un autre côté, c’est de la science-fiction, pas de la fantasy, donc il n’y a pas de pouvoirs magiques. C’est vraiment dans la continuité de notre civilisation également.

Cyril. – D’accord. C’est plus tard, en fait. Ce n’est pas une transposition dans une autre galaxie, ou des choses comme ça.

Pascal. – Non, non. D’ailleurs, ce sont deux factions humaines qui s’affrontent plus ou moins. Il n’y a pas d’extraterrestres particulièrement, à part la race qu’on découvre dans le livre, mais ce n’est pas le sujet principal. C’est vrai que j’ai été pas mal, comment dire ? Inspiré par Asimov. Et chez Asimov, il n’y a pas d’extraterrestres, ou si peu. Une fois, c’est tout. Je ne me rappelle plus du nom, d’ailleurs, du… Je crois que c’était une nouvelle, plus qu’un roman, en fait. Tout ça pour dire qu’il n’y a pas de raison d’être désorienté par le livre en question. Il y a des non-fans de SF qui l’ont lu et qui l’ont apprécié. Il n’y a pas trop de vocabulaire spécifique non plus. Enfin, voilà. J’essaye de ne pas noyer les gens sous des appellations un peu spéciales. C’est vraiment dans la continuité de notre époque, mais plus tard. Ça, donc, c’est en cours de réécriture, en fait.

Cyril. – D’accord. Et tu t’es fixé un objectif de publication ?

Pascal. – Oui.

Cyril. – Bien !

Pascal. – Oui, normalement, ça devrait sortir en octobre. Pour l’instant, je ne communique pas trop sur sa date, au cas où, mais je vais essayer de tout faire pour que ça sorte effectivement en octobre, parce que bon… Il ne faut quand même pas non plus trop attendre ni trop faire attendre. Pour l’instant, j’ai la chance que les ventes du Chant de l’Arbre-Mère augmentent chaque mois un petit peu, mais ça ne va pas durer. Un jour ou l’autre, forcément, j’atteindrai le pic, si ce n’est déjà fait.

Cyril. – Oui, peut-être. Peut-être pas. Tu sais, on parlait de Bragelonne tout à l’heure, ils ressortent souvent des vieilles robes : Asimov, Clarke, etc. et ils arrivent à avoir des ventes décentes sur ces choses-là. Il y a des livres qui ont été écrits il y a une dizaine d’années qui resurgissent régulièrement.

Pascal. – Oui, oui, tout à fait.

Cyril. – Donc ce n’est pas forcément un pic à un moment et ensuite une longue descente aux enfers. C’est un bateau qui flotte, qui monte qui descend, qui monte qui descend, en fonction des gens qui le découvrent.

Pascal. – C’est l’avantage aussi du numérique. C’est que ça reste toujours en ligne et du coup, toujours accessible. Tout est possible. Une seconde renaissance est toujours possible. Mais après on dit que la durée de vie, initiale en tout cas, de la première phase, c’est plutôt six mois sur Amazon. Bon, après, ça peut revenir, avec les parutions suivantes. Je pense que c’est plutôt comme ça.

Cyril. – Alors, je t’interromps pour parler de quelque chose qui est plus dans l’actualité. Hier, il y a Author Earnings, qui est un site américain fondé par deux personnes, dont Hugh Howey, le mec qui a écrit Wool, qui a publié son rapport du mois. Et dans ce rapport du mois, ils ont fait quelque chose qu’ils n’avaient pas réussi à faire d’habitude, qui est d’aller voir tous les auteurs et tous les livres qui ne sont pas dans les meilleures ventes Kindle. Parce que la manière dont ils procèdent d’habitude, c’est : ils prennent un genre… Enfin, ils ont accès aux cent meilleures ventes du genre et ils regardent les chiffres sur ces cent titres. Mais là, ils sont allés plus loin.

Ils ont commencé à creuser, etc. et ils se sont rendu compte que… Aux États-Unis, pas en France ! Mais aux États-Unis, il y avait plein d’auteurs qui n’étaient pas dans les meilleures ventes, qui n’étaient pas dans les meilleures ventes des catégories, et qui pourtant réussissaient à faire leur petit bonhomme de chemin et à avoir des ventes régulières et des revenus pas négligeables : disons plus de 25 000 dollars par an, plus de 50 000 dollars par an, avec des titres qui étaient en fait des titres un peu oubliés. C’est-à-dire des titres qui n’étaient pas dans les palmarès.

Pascal. – D’accord. Moins en vue.

Cyril. – Moins vus.

Pascal. – Effectivement, oui. Mais après, c’est le marché anglo-saxon. Il est beaucoup plus profond.

Cyril. – Oui, il est beaucoup plus profond. Il y a juste trois millions de titres, alors qu’il n’y a que 200 000 titres en France !

Pascal. – Voilà ! Donc c’est vrai qu’être centième aux États-Unis, ce n’est pas la même chose qu’être… On va dire, même, à mon avis, vingtième en France. En termes de revenus, c’est plus facile. Mais bon… Le fait reste entier, effectivement.

Cyril. – Et puis il y a toujours la possibilité, justement, qu’à la faveur de la sortie d’un nouveau titre, les anciens titres reviennent sur le devant de la scène. On a souvent vu ça se produire pour… Isabelle Rozenn-Mari, par exemple, quand elle a sorti Souviens-toi Rose, il y a bientôt un an, ses autres romans qui sont eux beaucoup plus fantastiques et beaucoup plus fantasy ont repris un petit peu leurs ventes.

Pascal. – D’accord. Après, c’est vrai qu’il n’y a pas besoin d’être dans le top 10 pour vendre.

Cyril. – Non, non !

Pascal. – C’est vrai qu’à une toute petite échelle… Moi, je ne suis pas dans le top 100. Je ne suis même pas dans le top 1000 Amazon. En général. Dans le classement général. Je flirte parfois avec le top 100 science-fiction.

Cyril. – Tu y es en ce moment : tu es 66e du top 100 science-fiction.

Pascal. – Formidable ! Et j’ai quand même des ventes assez régulières, on va dire. Ce sont des ventes régulières à mon échelle, encore une fois. Là, j’ai le graphique sous mes yeux : en moyenne, ça va être deux livres par jour.

Cyril. – C’est bien. C’est super bien !

Pascal. – Surtout que c’est régulier. C’est ça qui est super… C’est régulier, et jusqu’à maintenant légèrement croissant. Donc deux raisons d’être plutôt positif. Après, j’ai eu un mauvais commentaire récemment et c’est vrai que ça a eu tendance à un petit peu baisser mes ventes pendant quelques jours. Et puis, j’ai eu deux-trois commentaires beaucoup plus positifs par la suite, donc bon… Là, aujourd’hui, par exemple, j’en suis à trois ventes. Youpi, j’ai fait ma journée, c’est bon, je peux démissionner ! Ça va me rapporter… Sept euros. Ce n’est pas pour tout de suite !

Cyril. – Ce n’est pas pour tout de suite…

Pascal. – Mais c’est vrai qu’on peut être en milieu de classement et quand même vendre de façon assez régulière. Mais ne pas vendre une journée… Le 30 mai, je crois que je n’ai pas vendu, et j’ai perdu 6 000 places. Voilà, c’est ça, le 30 mai, je n’ai pas vendu. Le 31 mai, j’avais perdu 6 000 places. C’est assez rapide, la claque !

Cyril. – Et… Je t’ai interrompu, le troisième projet, c’est ?

Pascal. – Alors, le troisième projet, ce sera de la fantasy dans un premier temps, qui va s’orienter peu à peu vers de la science-fantasy. Vraiment, ça va être un changement assez radical, et c’est plus qu’un roman, on va dire. C’est toute une galaxie, tout un univers, que je vais essayer de faire évoluer, et de faire exploser, même.

En gros, j’essaie de mettre les moyens, dans le sens où je ne travaille pas tout seul sur ce projet. Je me suis entouré d’un étudiant en webmarketing (parce que ça peut être utile, parce qu’il y a des gens qui sont plus compétents que moi pour le marketing), mais également d’un illustrateur (qui va créer une sorte d’identité graphique autour du projet, qui va faire du character design, qui va faire pas mal d’illustrations autour du livre) mais également une autre illustratrice, qui elle sera chargée d’animer les illustrations en question.

Cyril. – C’est un gros projet, alors !

Pascal. – J’essaie de faire un gros projet, effectivement. Et je pense exploiter des sites comme Patreon ou Tipeee, dans le cadre de ce projet. Ainsi qu’un site WordPress.com. Enfin, hébergé. Autohébergé. Je crois que c’est comme ça que ça s’appelle. Que va gérer l’étudiant en webmarketing. Donc j’espère que ça va bien se passer comme je le pense. Mais j’ai déjà fait lire le début à des gens qui avaient aussi lu Le Chant de l’Arbre-Mère et qui trouvent que c’est nettement plus fluide. Donc j’ai bon espoir !

Cyril. – D’accord. Ça, c’est le troisième projet. Il y a une question qui me revient, là. Quand on parlait des boutiques, tout à l’heure, et des gratuités. Le Chant de l’Arbre-Mère, l’opus 1 est gratuit. Comment est-ce que tu fais pour que les gens sachent qu’il est gratuit ? Parce que quand je vais le voir, il est au fin fond des classements des gratuits.

Pascal. – Je suis très triste, d’ailleurs, de cette place ! Il n’a pas toujours été aussi mal classé, mais c’est vrai que j’ai un peu moins de téléchargements. J’en ai en moyenne un par jour, on va dire. Là, ça fait trois-quatre jours qu’il n’y en a pas eu, bizarrement. Mais avant ça, il y a eu deux jours avec deux téléchargements. Comment je fais ?

J’avoue que je fais assez peu de communication.

Parfois, je bénéficie entre guillemets de partage de l’info par d’autres auteurs indépendants qui relaient mes posts.

De temps en temps, je fais une piqûre de rappel sur ma page Facebook ou sur la newsletter, ou sur mon blog. Là, ça fait quelque temps que je ne l’ai pas fait. Il faudrait peut-être que je le refasse. La dernière fois que j’ai eu droit à des partages, comme ça, d’information par d’autres Facebookiens, j’ai eu 14 téléchargements gratuits en deux jours. Donc c’était pas mal.

Cyril. – Oui, c’est bien !

Pascal. – Maintenant, c’est vrai que je ne communique pas énormément sur le fait qu’il soit gratuit. Sur sa gratuité. Mais les gens arrivent quand même à le trouver, bizarrement.

Cyril. – D’accord. Et tu n’as pas trouvé d’endroit spécifique où tu pouvais mettre en avant cette gratuité et en parler à plus de personnes à la fois ?

Pascal. – Éventuellement, à un moment, il y avait un… Il y a un groupe Facebook, il me semble, qui permet de faire la promotion des e-books gratuits, mais je n’ai pas extrêmement cherché non plus à faire de la promotion à ce niveau-là. Peut-être à tort, d’ailleurs.

Cyril. – C’est-à-dire que si tu n’as pas d’outil pour le faire, c’est difficile de… Enfin, tu peux passer des journées à chercher, tu ne trouveras rien.

Pascal. – Oui. Je l’ai fait au moment du lancement. Au moment du lancement, j’ai fait pas mal de communication, et ça a été plutôt efficace puisque le premier mois, je crois que j’ai eu 300 téléchargements gratuits. Donc effectivement, j’étais plutôt content. Et je pense qu’une bonne partie de mes ventes de la version intégrale vient de ça aussi. De cette époque.

Cyril. – Est-ce que tu essaies d’aller sur d’autres marchés, dans le sens où tu aurais essayé une version anglaise, par exemple, des choses comme ça ?

Pascal. – Pas encore fait. J’avais essayé de le faire pour Chroniques d’une humanité augmentée, mais c’est vrai que ça prend tellement de temps que je n’ai pas vraiment pu. Après, c’est vrai qu’en tant qu’auteur, ce n’est pas forcément simple de traduire de sa propre langue maternelle vers une autre langue.

Cyril. – Non, c’est très difficile. Je déconseille très fortement.

Pascal. – Alan Spade l’a fait. Je ne sais pas si ça lui réussit ou pas, en termes de ventes US. C’est vrai que d’un côté, il y a plus de lecteurs. De l’autre côté, effectivement, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de concurrence également. Il paraît qu’en Allemagne, ça marche bien, par contre.

Cyril. – Mais aux États-Unis, enfin dans le monde anglais, il y a par contre plus d’outils pour exploiter ce genre de démarche avec un gratuit et puis une série derrière. Moi, j’ai fait une opération de gratuité sur un livre en développement personnel. Pas du tout une fiction, donc a priori une cible qui est quand même plus petite que de la fiction, parce que j’ai mis six livres dans KDP Select. Je suis allé voir Freebooksy et j’ai royalement dépensé soixante euros pour avoir une mise en avant dans Freebooksy : j’ai eu 1 500 téléchargements.

Pascal. – Ça a été efficace, effectivement. On peut dire que ça a été efficace. Après, combien le liront ? Ce n’est pas forcément… Je ne sais pas quel est le ratio, mais…

Cyril. – Je ne sais pas quel est le ratio non plus, mais bon, il est arrivé 25e du top des gratuits sur Amazon.

Pascal. – Avec 1 500 téléchargements ?

Cyril. – Oui.

Pascal. – C’est assez énorme ! C’est là qu’on voit la différence, honnêtement, par rapport au marché français. Avec dix téléchargements en une journée, mon livre serait premier du top SF. Il serait clairement dans le top 100 des gratuits d’une manière générale.

Cyril. – Il faut trouver le moyen de faire des mises en avant plus concentrées et plus puissantes sur la gratuité de ton livre, pour justement le pousser plus comme ça et le rendre plus visible.

Pascal. – C’est vrai que des sites comme Freebooksy, il n’y en a pas forcément beaucoup encore au niveau francophone.

Cyril. – Est-ce qu’il y a des forums spécifiques dans lesquels tu vas, justement ? Des forums où il y a des lecteurs de SF, des forums où il y a des lecteurs de fantasy ou des lecteurs de science-fantasy ? Sur lesquels tu peux faire un peu de promotion de ton livre.

Pascal. – À un moment, je le faisais sur WeLoveWords, sur Telion.fr également. Et puis, il y a Wattpad.

Cyril. – Oui. Wattpad, c’est aujourd’hui le principal endroit où il y a du trafic pour ce type de livre ?

Pascal. – Disons que comme c’est un public un peu plus jeune, effectivement, il s’intéresse un peu plus à la littérature de genre que leurs aînés, on va dire. Après, il y a une partie de trente à cinquante ans qui lisent quand même mes publications sur Wattpad.

Cyril. – Merci !

Pascal. – Il n’y a pas que des dix-vingt ans kikoolol sur Wattpad. Heureusement ! Quand même. Non, mais sur Wattpad, par exemple, il y a effectivement le premier épisode du Chant de l’Arbre-Mère et un certain nombre d’autres de mes nouvelles. Il y a également une sorte de première version du projet de fantasy que je suis en train d’essayer de développer. En version très très très courte. Voilà.

Donc j’ai mis pas mal de textes, quand même, sur Wattpad. Et j’en ai mis pas mal aussi, d’ailleurs, sur WeLoveWords, et quelques-uns sur Telion. Sinon, non, je n’ai pas vraiment de forums sur lesquels je vais poster des textes. Je n’ai jamais trop pris le temps de me forumiser. C’est vrai que c’est tellement éclaté, là, pour le coup, comme public, qu’il faudrait trouver LE bon forum vraiment efficace et pour ça, il faut connaître, et ce n’est pas forcément évident.

Cyril. – Dans les autres endroits où on peut trouver des lecteurs, il y a la vie réelle. Pas numérique. Les salons, des choses comme ça. Est-ce qu’il y a dans ton genre des salons spécifiques sur lesquels tu as pu aller ou sur lesquels tu aimerais bien aller pour pouvoir rencontrer des gens et essayer de les convertir un par un avec des marque-pages ?

Pascal. – Alors, des salons de la littérature de genre, je pense qu’il y en a pas mal. De plus en plus. Après, des salons de littérature de genre qui acceptent les auteurs indépendants, ça fait déjà un peu moins.

Cyril. – Ah oui ?

Pascal. – Oui.

Cyril. – C’est triste.

Pascal. – Oui, c’est un peu triste. Tous les salons n’acceptent pas les auteurs indépendants, ou alors ils les parquent de côté.

Cyril. – Derrière, au fond !

Pascal. – Tous ensemble, dans la deuxième bulle, secondaire. Bon, après, il ne faut pas généraliser. Heureusement, il y a des petits salons régionaux qui ne sont pas comme ça. Et puis il ne faut pas non plus trop que je parle de ce que je ne connais pas. Je n’ai pas personnellement pratiqué beaucoup les salons, mais c’est ce que j’ai pu lire sur des blogs, ici ou là. Donc ce n’est pas une info de première main.

Cyril. – Tu es en contact avec d’autres auteurs qui sont dans les mêmes genres et les mêmes univers que toi, à part ceux avec lesquels tu collabores ? Et vous vous échangez des trucs ? Vous réussissez à former cette communauté d’indépendants, ou pas ?

Pascal. – Alors, là, dernièrement, c’est vrai que j’étais un peu en retrait par rapport à toute communauté possible et imaginable. Pour des raisons diverses et variées et personnelles. Mais sinon, j’ai pas mal d’échanges avec d’autres auteurs, soit qui me demandent des conseils sur un point ou un autre, ou inversement à qui je demande des conseils. Donc il y a des échanges d’information entre auteurs, effectivement.

Cyril. – D’accord. C’est un changement assez radical pour les auteurs en général, parce que l’image de l’auteur, c’est plutôt celle d’un indépendant qui ne participe pas trop. Sauf dans la SF, je crois. SF et fantasy, où justement, les gens se parlaient plus, quand même, déjà.

Pascal. – Oui, moi, je pense que c’est important de ne pas rester tout seul dans son coin. Parce qu’en tant qu’auteur, on ne voit pas forcément tout ce qui se passe dans ce qu’on écrit, déjà. Donc ça peut être utile d’avoir des avis extérieurs sur ce qu’on écrit. Et puis voilà, il y a tellement de nouvelles technologies à exploiter et tellement de nouvelles possibilités à exploiter qu’on ne peut pas penser à tout. Ne serait-ce qu’en termes de marketing. Il y a des auteurs qui pensent à certains outils marketing ; d’autres à d’autres outils. Voilà.

Il y a tellement de choses à connaître qu’on ne peut pas tout connaître en restant seul. Et puis, si j’étais resté seul dans mon coin, je ne me serais jamais autoédité. Tout simplement parce que je n’aurais jamais entendu parler de ça ! Ça fait assez peu de temps, en fin de compte, que j’entends parler de l’autoédition. Peut-être deux ans et demi. Trois ans maximum. Donc j’ai mis six mois, un an, à me décider. Parce que j’ai vu d’autres auteurs parler de leur expérience. Parce que j’ai regardé les blogs d’un certain nombre d’entre eux. Parce que j’ai discuté avec eux sur les réseaux sociaux…

Facebook, de ce point de vue là, me paraît être un outil assez intéressant pour pouvoir discuter avec des gens qui partagent les mêmes passions. D’une manière générale, d’ailleurs, sur Facebook, je n’y suis que pour l’écriture puisque je suis sous le pseudo Pascal Bléval directement et non pas sous mon vrai nom. Donc clairement, la plupart de mes contacts, c’est dans le domaine de l’écriture. On va dire à 80 %.

Cyril. – Pascal, merci beaucoup pour cet entretien. Est-ce que tu peux nous dire où on peut te retrouver ? Donc sur Wattpad, sous le nom de Pascal Bléval.

Pascal. – Oui, tout à fait.

Cyril. – Tu as un site perso.

Pascal. – Oui : pascalbleval.wordpress.com. Un peu moins actif ces derniers temps. Je vais essayer de m’y remettre. Mais ce n’est pas toujours évident d’écrire de nouveaux articles de blog.

Cyril. – C’est difficile, pour toi, le marketing ? C’est quelque chose qui provoque de la friction ? Ou c’est quelque chose que tu as réussi à automatiser un peu et à faire de manière… Sans trop y penser ?

Pascal. – Il n’y a pas de friction, mais non, clairement, ce n’est pas automatique, chez moi, le marketing. C’est loin d’être automatique… Disons que j’ai le malheureux défaut d’un peu trop m’éparpiller et du coup de ne pas assez me concentrer sur, justement, les choses qui marchent le plus. Et du coup, il y a un moment où je me dis que je perds trop de temps et ça remet tout en cause et du coup, je ne fais plus rien. Pendant une petite période. C’est justement ce qu’il ne faut pas faire, le défaut qu’il ne faut pas avoir. Il faut être régulier, normalement, pour le marketing, et c’est une des choses qui me manquent encore aujourd’hui : la régularité.

Cyril. – Oui, il faut être régulier dans l’écriture et dans le marketing. Mais d’abord dans l’écriture. Merci encore une fois et j’espère à bientôt ! Donc au mois d’octobre, on parlera d’un nouveau roman.

Pascal. – Oui. Tout à fait.

Cyril. – OK. Alors, on t’attend, maintenant !

 

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