Faire une bonne description de votre ebook : le fond

Je suis souvent stupéfait de voir que des auteurs indépendants ou auto-édités peuvent passer des mois à écrire un livre, y mettre leur cœur et des centaines d’heures, et échouer misérablement à faire une description de ce livre pour les boutiques en ligne.

Or cette description est un des facteurs essentiels pour déclencher un achat ou le téléchargement de l’extrait (qui lui même déclenchera une vente si le livre est bon).

C’est vrai qu’en tant qu’auteur, on n’a pas tendance à considérer son livre comme un produit. Pourtant c’est ce qu’il est à partir du moment où il est sur le rayonnage virtuel des boutiques de livres numériques comme Kobo, iBooks, et surtout Kindle.

Encore une fois, je vais me consacrer à Kindle, puisque comme on l’a vu en parlant de la forme des descriptions c’est la plus importante boutique en général, que cette description sera probablement modifiée sur la forme à moyen terme, et que c’est la boutique pour laquelle il est plus facile de “copier” les bonnes descriptions. Mais ce que je vais dire s’applique aussi aux autres boutiques. Par conséquent, ayez Kindle en ligne de mire, puis adaptez votre description pour les autres ebooks.

Vous n’avez pas besoin de passer des mois à améliorer votre description, mais de grâce, passez-y le temps nécessaire et essayez de revoir vos descriptions avec un œil neuf et neutre de temps en temps pour voir ce qui peut clocher.

Dites vous aussi que ce texte de rédaction publicitaire sera aussi la première rencontre que les lecteurs pourront avoir avec votre livre et ce qu’il contient. Vous ne pouvez donc pas le bâcler.

Les objectifs de la description

En gardant tout ce qui précède à l’esprit, mettez aussi du cœur dans votre description afin qu’elle soit meilleure que celle des autres livres de la boutique et qu’elle s’adresse aux bons lecteurs, ceux que vous désirez trouver. Voici 5 objectifs essentiels que vous devez atteindre :

  1. Accrocher l’intérêt de votre lecteur dès la première ligne.
  2. Définir le ou les genres et sous-genres de votre livre. Vous devez donc à nouveau cibler.
  3. Etre clair et lisible pour le lecteur et adhérer à “la description des meilleurs livres” (je sais qu’une telle chose n’existe pas, mais pensez à un modèle parfait de description)
  4. Contenir les mots-clés que votre roman évoque ou les questions-clés que votre livre pratique résout. Si ces mots-clés sont aussi des mots que vous trouvez dans la liste Amazon, c’est encore mieux.
  5. Finir par un appel à l’action pour expliquer noir sur blanc au futur lecteur ce qu’il doit faire.

J’ai numéroté ces objectifs, mais ils ont tous le même poids. Vous devez donc juger de vos descriptions à l’aune de chacun de ces objectifs pour savoir si elle est bonne.

Il y a un sixième objectif (car aucune liste n’est bonne sans un item supplémentaire) : votre description doit exploiter au maximum l’espace qui lui est accordé. Sur Kindle, vous avez droit à 4000 caractères (y compris la mise en forme). Si vous écrivez 5 lignes de description, le compte n’y est pas ! Vous seriez mieux avec 50 lignes.

Soignez votre accroche

L’accroche est importante parce qu’elle va pousser votre lecteur à deux choses : lire votre description et lire votre livre. Vous devrez donc lui consacrer beaucoup de temps. Les formes interrogatives permettent d’éveiller l’attention du lecteur, mais n’en abusez pas. Par contre vous pouvez utiliser des mots-clés et des genres dans cette accroche :

  • Un thriller addictif
  • À dix-sept ans, Lizzy Gardner vécut un terrible cauchemar lors d’une nuit qui aurait dû être parfaite.
  • Nouvellement diplômées, les étudiantes Zoé et Holli prennent la route pour Las Vegas juste pour décompresser. Pourtant,…
  • Personne n’a la recette d’une vie agréable. Pourtant chacun s’emploie, comme il peut, à faire de la sienne une aventure qui vaille la peine d’être vécue.
  • Qu’est-ce que la câlinothérapie? Quels sont les bienfaits des câlins sur la santé? Les récentes découvertes montrent que le câlin améliore notre bien-être par la libération de l’hormone du bonheur…
  • Caroline Reynolds vient d’emménager dans un superbe appartement à San Francisco, mais sa première nuit est perturbée… par les exploits nocturnes de son voisin !
  • Avec un célèbre joueur de hockey pour demi-frère, Violet connaît bien la réputation sulfureuse de ses camarades de jeu. Notamment du capitaine de l’équipe, le légendaire Alex Waters qui fait rêver toutes les filles.
  • Le premier métier d’un auteur est bien entendu d’écrire de bons livres, mais de nos jours, son deuxième métier est d’en assurer la promotion.
  • Que recherchez-vous aujourd’hui dans votre vie ?
  • Les scientifiques nous disent que nous n’utilisons qu’environ 5 % de notre cerveau. Aussi, quel est le potentiel fabuleux qui se cache derrière les 95 % que nous n’exploitons pas ?
  • Un roman policier sous forme épistolaire : un genre à lui tout seul !
  • La cinquantaine passée, Marc vient de quitter son job de journaliste. Il est un peu désœuvré dans son appartement parisien quand son ancienne collègue, la jeune Manon, vient le solliciter pour mener une enquête. Il s’agit d’élucider un meurtre vieux de dix ans qui s’est produit dans un petit village de l’Aveyron.
  • Envie d’essayer la psychanalyse, mais vous n’avez pas encore franchi le pas ? Curieuse ou curieux de savoir ce qu’il se passe derrière la porte d’un cabinet de psy quand vous n’y êtes pas ? Voici l’occasion !
  • Qui a dit que les gens ne pouvaient pas changer ? 9 histoires inspirées de 9 états d’esprit différents, et des émotions qui leur sont associées.
  • Apprenez à utiliser les puissants outils de pixelmator, créez, sublimez vos photos et partagez.

Avez-vous déterminé les genres des livres dont je viens de vous donner la première phrase de description ?

J’espère bien que oui… pour moi en tout cas, ces accroches servent leur objectif. Je ne sais pas si elles fonctionnent aussi bien qu’elles pourraient, seuls des tests pourraient le déterminer. C’est là la difficulté et la magie d’une bonne accroche, c’est que certaines marchent mieux que d’autres, mais on ne sait pas pourquoi, ni lesquelles.

N’oubliez pas que sur certains appareils (le Kindle, la vue de la boutique Amazon Kindle dans un smartphone, iBooks, Kobo etc.), seule l’accroche sera visible sans réclamer d’effort supplémentaire du lecteur. Il FAUT lui donner envie d’en lire plus ou d’acheter votre livre DANS l’accroche.

Comment trouver les bonnes accroches ?

Vous pouvez utiliser vos neurones ou vous servir de l’outil KDPSpy pour déterminer quels sont les livres qui ont le plus de succès dans votre niche, et vérifier les mots-clés qu’ils utilisent, suivre leur évolution et en tirer parti pour vous.

Mon père avait l’habitude de reprendre la phrase d’un autre grand copywriter : “Le copywriting est un métier de copieurs”. Copiez ce qui fonctionne en l’adaptant à votre cas particulier ! Et particulièrement en matière d’accroche.

N’hésitez pas à vous constituer une “swipe-file”, c’est à dire un dossier où vous mettrez les meilleures descriptions et les meilleures accroches. Quand vous en avez besoin pour créer votre propre accroche, lisez-les, puis refermez ce dossier et écrivez en une qui sera presque originale.

N’oubliez pas que votre description doit être de qualité irréprochable, y compris au niveau de l’orthographe. Si vous commencez à mettre des fautes d’orthographe dans votre description, vous donnerez raison à ceux qui pensent que les auto-édités ne savent pas écrire sans faute, et vous repousserez des lecteurs potentiels.

Ne vous contentez pas d’un extrait

Sur les romans, je vois des descriptions qui se résument à un extrait. Savez-vous qu’il y a un bouton qui permet aux gens de télécharger ou de consulter en ligne un extrait de votre livre ? Oui ? Alors pourquoi en mettez vous un autre. Cela ne vous servira pas.

Bien sûr, l’extrait est valable par contre pour ajouter du contenu à votre description, mais mettez le plus tard.

Utilisez les preuves sociales

Si vous avez de bons commentaires, des chroniques sur des blogs, des articles dans la presse, vous pouvez les réexploiter dans votre description pour donner une première preuve sociale que voter livre est bon et répond aux objectifs qu’il s’est fixé.

Pensez au nombre de partages et de “j’aime” sur une page Facebook. C’est une preuve sociale qui utilise un référent extérieur pour asseoir la qualité ou l’intérêt du sujet en question. Vous pouvez faire exactement la même chose pour votre livre (en attendant qu’Amazon nous donne accès à un onglet “chroniques” dans Author Central comme aux États Unis).

L’appel à l’action

Eh oui… les lecteurs sont des gros flemmards. Ils arrivent à la fin d’une description, et même s’ils l’ont lue en entier et sont donc à même d’acheter le livre, il faut leur dire de le faire.

On peut être un peu grossier comme je le fais sur Comment publier un livre ou plus fin comme certains auteurs américains et français :

  • Plug your mind into The Beam. It’s been waiting for you.
  • Choose Yourself illuminates your personal path to building a bright, new world out of the wreckage of the old.
  • N’hésitez pas à lire l’extrait gratuit avant de vous décider à effectuer votre achat.
  • Un thriller incisif et nerveux. Une course vers la vérité servie par un découpage méthodique. Pour un résultat détonnant.

Faites appel à un spécialiste

Je ne vais pas vous vendre mes compétences, car je les réserve pour moi. Mais comme pour toutes les autres étapes de l’autoédition, il est important de savoir reconnaître à quel moment vous êtes dépassé, et de mettre à profit les compétences d’intervenants extérieurs.

Je ne connais pas non plus de copywriter de descriptions. C’est une activité qui pourtant mérite qu’on s’y attache et qu’on la développe. En effet, si on a un bon livre mais une mauvaise description, on gâche des possibilités de lecture. On ne pourra jamais vendre un cheval boiteux en lui mettant un beau nœud, mais un beau nœud sur un étalon…

Vous-même, au fur et à mesure, vous pourrez devenir cette personne qui sait mieux faire des descriptions. N’hésitez donc pas à les revoir pour les améliorer, puisque vous avez cette opportunité qu’un livre imprimé n’a pas !

8 réflexions au sujet de « Faire une bonne description de votre ebook : le fond »

    1. Je parle de la liste que tu remplis dans KDP. Si tu mets thriller fantastique, roman d’aventure, stephen king dans tes mots clés, c’est mieux de remettre ces termes dans la description aussi. Amazon est la seule boutique à ma connaissance qui exploite la description dans les termes de recherche. Par ailleurs, pour un lecteur qui trouve ton livre sur la base d’une recherche, c’est toujours mieux si la description fait tilt dans son cerveau parce qu’il y retrouve son terme de recherche.

  1. “N’hésitez pas à lire l’extrait gratuit avant de vous décider à effectuer votre achat.”
    Merci de qualifier cet appel de “fin” 🙂
    Mais c’est également intéressé ! Quelqu’un qui télécharge un extrait et à qui ça ne plait pas, ne lira pas le livre, et, a priori, ne le commentera pas. Ce qui évitera potentiellement des commentaires désagréables…
    C’est pas de la finesse ça aussi ? 🙂

  2. Il me semble que KDP n’autorise pas l’utilisation de nom d’autres auteurs dans les mots clés (à vérifier), sinon très bon article. En revanche, il faut aussi savoir doser sa description. Tous les lecteurs n’aiment pas une description chargée de superlatifs ou tout simplement trop commerciale. Il faut surtout utiliser les 4000 caractères pour servir le le livre et l’univers de l’auteur avec une certaine cohérence. Je confirme l’astuce pour les mots clés répétés dans la description.

  3. Merci pour cet article.

    J’ai lu dans un autre article qu’il fallait mettre un descriptif maximal pour un ebook “technique” (“Apprenez…”, “Comment…”). Mais que pour un roman, mieux valait se limiter à 150 mots.
    http://www.quelqueslignes.com/2013/03/06/comment-ecrire-une-description-vendeuse-pour-son-livre/
    Qu’en est-il ?

    J’ai tendance à mettre mon accroche (la 1ere ligne) en H2. Est-ce une erreur selon toi ?

    Pour info, je signale que les nombres de balises sont plus limitées qu’avant. Exit l’orange et les autres couleurs, il n’y a plus que : gras, italique, soulignement, liste à puces, liste à numéros, ligne de séparation. La balise saut de ligne est inutile car si on saute une ligne avec 2 x “entrée”, ça prend en compte.

    J’hésite par rapport au nombre de balises à mettre. Evidemment, je me doute qu’il ne faut pas mettre du gras / italique / soulignement etc. partout.
    Mais je m’interroge sur le juste milieu.
    Je me permets 2 exemples :

    https://www.amazon.fr/dp/B00757TMAK
    (peut-être mettre l’accroche en normal, gras, ou en H3 ?
    Sinon, ajouter quelques mots soulignés et/ou en gras, italique ?)

    https://www.amazon.fr/dp/B01DTBXO3Q
    (peut-être pas commencer par la description de la série mais par un mot sur l’histoire ?)

    1. Bonjour Alexis, Je pense que c’est une erreur aujourd’hui de commencer en H2. Cela laisse moins de place dans le nouvel emplacement de description. Il ne faut pas se leurrer : à terme la description “ancien modèle” va complètement disparaître comme sur amazon.com.
      En ce qui concerne la limitation à 150 mots, je ne partage pas entièrement l’avis exprimé par Nicolas. Mais il part du bon principe. Si on peut en effet faire une description courte et synthétique, puis aller dans la précision dans une autre partie, c’est bien.
      Toujours commencer par une accroche.
      “Le premier opus d’une série qui vous glacera le sang”, “Le truc étonnant pour réduire votre dépendance au sexe”, “Quand je me suis mis sur Kindle, ils ont rigolé, mais…” etc. Je crois qu’il y a un peu de travail à faire là dessus 😉

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