«J’aimerais bien écrire un livre»

Avez-vous déjà entendu cette phrase, ou l’avez-vous dite au moins dans votre cerveau ? Je n’en doute pas, car les enquêtes révèlent qu’écrire et publier un livre est le désir d’un tiers des français, et une proportion au moins aussi importante d’américains.

Il y a deux types d’auteurs : ceux qui écrivent et publient, et les autres, qui se regardent les pouces en attendant que ce soit le bon moment, qu’ils aient la bonne idée, qu’ils trouvent le temps, qu’ils trouvent l’idée, qu’ils finissent le livre commencé.

Oui, vous l’avez senti, ce billet ne va pas être tendre ni gentiment motivant : parfois, j’ai envie de frapper du poing sur la table et de secouer les personnes qui me disent qu’ils n’y arrivent pas.

La principale cause de l’échec, c’est la peur. La peur du succès, la peur de l’échec, la peur du travail, la peur de la pauvreté. LA PEUR.

Avez-vous peur ?

Je suis sûr que vous n’admettrez pas que vous avez peur. Oui, vous pouvez avoir des excuses qui vous empêchent d’atteindre vos objectifs. Ces obstacles se surmontent, se contournent, se détruisent.

Personnellement, avant d’écrire un livre, je pensais qu’écrire un livre était impossible. Je pensais aussi qu’aller sur la lune était impossible. Sauf que quelques mois avant que je ne naisse, des hommes y sont allés (merci de ne pas perdre votre temps avec une théorie d u complot, sauf si c’est pour écrire une fiction). Par analogie, j’ai donc réalisé que si une chose impossible avait été réalisée, c’est que je pouvais aussi écrire un livre…

Ecrire un livre est possible pour à peu près tout le monde, et le publier aussi. Alors, sortez les doigts, arrêtez de vous asseoir sur vos moins, et commencez ce voyage difficile mais exaltant.

Ecrire est une habitude

L’homme est un être d’habitude. Je ne vais pas vous ressortir les études sur l’homme ancestral, mais plutôt vous conseiller de lire (en anglais malheureusement) l’excellent The Power of Habit: Why We Do What We Do, and How to Change de Charles Duhigg. Avant d’être la marionnette de votre inconscient, vous êtes la marionnette de vos habitudes. Changez celles ci, consciencieusement, et vous aurez encore plus de pouvoir, plus facilement qu’en combattant ou manipulant votre inconscient.

Le seul conseil qui serve aux gens qui ont envie d’écrire est celui-ci : écrivez. Vous formerez ainsi une habitude que vous pourrez développer. Améliorer. Transformer.

Ce n’est pas étonnant non plus si de nombreux auteurs qui ont réussit à publier plusieurs livres lus par des centaines de milliers de personnes sont des copywriters : de par leur métier, ils avaient l’obligation le besoin d’écrire, et le passage au livre pratique ou à la fiction n’était pour eux que refaire la même chose sur un terrain différent. Ils avaient l’habitude d’écrire.

Je ne peux pas parler des journalistes puisque je n’en côtoie pas, mais ils sont dans la même situation.

Mais je vous partage ce secret qui a fait la plupart des auteurs :

Vous devez écrire. Tous. Les. Jours.

C’est simple, évident, et éreintant, évidemment.

Ce qui prend le plus de temps dans l’écriture

Ce qui prend le plus de temps, ce qui peut vous faire perdre des heures, des jours, des années, c’est une chose simple : penser à écrire.

Oh ! les années passées à me lamenter de ne pas avoir réussi à dépasser les ventes en quelques unités de mes premiers livres. Les années à me lamenter sur le fait que je n’écrivais pas. Sur le fait que je n’avais pas écrit de roman. Que je n’avais pas publié.

Et tiens, ça c’est une bonne idée, ça pourrait faire quelque chose de sympa, ou d’utile. Tiens, et si j’écrivais sur… Ou que je faisais…

La deuxième chose qui prend le plus de temps, c’est la procrastination. Je vais faire ça demain, car aujourd’hui j’ai des choses plus importantes à faire (ou plus faciles). Il est vrai que l’écriture est une activité difficile, ingrate en fait. Alors que finir ses comptes, regarder Facebook, aller faire les courses, c’est facile. On sait déjà le faire.

Si vous faites l’effort de vous donner les moyens d’écrire un livre en entier, vous verrez en fait que ce n’st pas si difficile que ça. Vous avez besoin de vous fournir l’environnement propice pour le faire correctement, vous avez surtout besoin de vous fournir l’habitude de le faire.

Pourquoi je ne suis pas pianiste virtuose (ni ingénieur en astronautique)

Étant enfant, j’ai fait du piano. Je me débrouillais plutôt pas mal, j’avais ce qu’on appelle une bonne oreille.

Mais qu’est-ce que j’étais flemmard !

Mon prof de piano me répétait que je devais faire du piano tous les jours. J’avais une excellente excuse pour ne pas le faire, tous les jours. Mon piano était dans la salle à manger, elle-même ouverte sur le salon, au centre de l’appartement. Impossible pour mon frère de regarder Récré A2 si je jouais du piano (d’ailleurs, pour moi aussi). En fait c’est de sa faute, voilà !

Pour devenir bon pianiste, sans même parler d’être un pianiste virtuose, il faut être assis sur tabouret plusieurs heures par jour, à refaire les même gestes, les améliorer .

Ça, c’est plus dur et plus ingrat que l’écriture.  Vous refaites la même chose, encore et encore. Il y a des pièces de piano que je regardais avec dégoût à partir d’un moment, à force de les faire.

Avec l’écriture, vous avez au moins la chance de pouvoir recommencer tous les jours un nouveau premier jet. De mettre des nouveaux mots sur le papier.

Mais vous devez quand même vous mettre à écrire tous les jours pour y arriver, et faire quelque chose de complet.

Le secret de la richesse

J’ai fait des études de commerce, avec une majeure finance de marché. Oui, jetez moi une pierre. Ce que je préférais ? Ce qui m’amusait le plus ? L’actuariat, ses formules mathématiques et ses résultats confondants.

Vous prenez une somme d’argent, même modeste, vous lui appliquez un peu de risque (et donc d’intérêt), et vous la laissez travailler un peu chaque jour. Vous revenez quelque temps plus tard, et magie ! la somme a doublé !

C’est ce qu’on appelle l’intérêt composé.

Imaginez que vous appliquiez un petit intérêt composé à une certaine richesse, pendant le temps de plusieurs générations. Vous avez les grandes richesses des 1% les plus capitalistes.

Aves les mots et l’écriture, vous avez le même outil à votre disposition. Ecrivez 500 mots par jour pendant un mois. Au bout de deux mois, vous avez un petit roman, un livre pratique qui est assez gros pour être publié sans faire pâle figure.

Arrêtez de vous poser des questions

Je reviens à la peur de la première partie. Parfois on me dit que je suis inconscient. Si être inconscient, c’est ne pas se focaliser sur les risques, se laisser immobiliser par la peur, je veux bien.

J’ai la chance de croire en moi, d’avoir une estime raisonnable (je ne suis pas sans défauts, hein !), et surtout, surtout, de me dire que je peux devenir meilleur. Je l’ai vu tellement de fois, pour peu que je fasse un peu d’effort :

  • en maths en prépa, de 8 de moyenne à des notes de 14 à 18 aux concours d’HEC,
  • en philo : première note 0. Concours 12
  • en devenant développeur de sites web et d’applications multimedia au milieu des années 90 (je sortais d’une école de commerce, bordel !)

Et ces leçons de jeunesse, ajoutées à une éducation quand même empreinte de développement personnel (non, on m’a pas obligé à avoir Napoleon Hill comme livre de chevet à l’age de 12 ans), ont inscrit en moi la conviction que le temps, l’effort et le plaisir pouvaient vaincre la médiocrité, l’ignorance et la bêtise, même crasse.

Oui, de temps en temps, je me demande si je vais échouer. Quelle est la meilleure façon de savoir si je vais échouer ? Essayer ! Sinon, je pourrais toujours parler des amazones du bois de Boulogne.

Tout ça c’est mon expérience personnelle, ce n’est pas la vôtre. Réfléchissez à la vôtre, plutôt. Arrêtez de lire, là, maintenant, à la fin de ce paragraphe, et trouvez les moments dans votre vie où vous avez bien fait de vous lancer dans ce que vous avez fait car vous avez appris, développé, concrétisé quelque chose.

Vous avez visualisé ces événements ? Gardez les en mémoire, et remémorez-les vous désormais à chaque fois que vous vous demanderez si c’est une bonne idée de vous lancer dans telle ou telle chose. Au lieu d’avoir peur du lendemain, de regarder les nouvelles dépressives et inquiétantes à la télévision, visualisez vos réussites.

Je ne dis pas que vous réussirez tout ce que vous entreprendrez, non, pas tout de suite. À la fin, si.

Non, vous n’avez pas besoin de trouver une motivation, vous n’avez pas à vous poser de questions. Vous n’avez pas besoin de vous interroger sur la qualité de ce que vous écrivez. Vous avez tout à fait le droit de ne pas écrire quelque chose de bon la première fois, ou la deuxième. Donnez vous ce droit.

Vous avez besoin d’écrire.

C’est la seule réponse à toutes vos questions. C’est la seule certitude qui vous permettra de gagner. ET, quand vous aurez cette certitude, vous pourrez avancer, corriger le tir. Avant de bouger, vous ne saurez pas dans quelle direction vous allez.

Oh, bien sûr vous pourriez avoir peur d’un faux départ. De gâcher un potentiel. Ma réponse un peu crétine mais néanmoins juste à cette réflexion :

Il vaut mieux un con qui bouge qu’un génie assis.

Vous n’avez qu’une seule monnaie vraiment immanente dans votre vie : le temps. Ne le gâchez pas à attendre de savoir ce que vous allez faire (et là l’image de Tom Cruise dans Magnolia ou de Shia LaBeouf surgit dans mon esprit).

yanfe

Comment le faire ?

Cela peut être en se levant un peu plus tôt, cela peut être en écrivant  pendant votre trajet en transports en commun, cela peut être en passant moins de temps devant la télé. Cela peut être dans le train entre Saint Etienne et Paris, ou entre Saint Etienne et Grenoble… Cela peut être en passant en temps partiel.

Cela commence aujourd’hui. Cela finit dans un mois. Et vous recommencerez après.

Cela peut être une nouvelle de 2 000 mots. Un article de blog de 1695 mots.

Vous voulez écrire un livre ? Vous avez l’autorisation…

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