Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 13

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks ». Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici.

Avec quelle plateforme faut-il travailler ?

En fait cette question en appelle une autre : qu’est-ce que cette “platforme” dont je vous parle depuis plusieurs articles ? Je ne l’ai pas défini, même si j’en ai souvent parlé et que j’ai mis les noms des plateformes à côté.

En fait les ebooks ont longtemps vécu dans l’ignorance du grand public car il n’existait pas de solution complète et simple et économe pour acheter et consulter des livres numériques.

Vous aviez des lecteurs comme ceux de Sony (ils étaient super, pour l’époque), mais pas de boutique vraiment fournie et simple à utiliser.

La plateforme dont je parle est donc cet ensemble lecteur + boutique + logiciels qui permettent d’avoir une expérience confortable pour la lecture des ebooks.

Prenons un exemple avec la plateforme Kindle : vous avez la liseuse Kindle, à un tarif raisonnable, et la boutique Kindle sur internet avec tous les ebooks disponibles. Vous pouvez aussi consulter cette boutique depuis votre Kindle d’ailleurs, et quand vous trouvez un livre numérique qui vous plait, vous l’achetez, sans devoir à nouveau donner votre numéro de carte etc. Le livre arrive tout de suite sur votre liseuse et vous pouvez le lire.

Et si vous changez de Kindle, vous pouvez à nouveau télécharger vos précédents livres achetés.

Il y a donc la liseuse et la boutique. Souvent les deux sont très liés. La boutique Kindle ne vend que des livres pour Kindle. Idem pour iBooks ou Nook. La faute aux DRM, les fameux verrous numériques.

“Système” n’est pas un joli mot, donc on a utilisé plateforme.

Bon alors, avec laquelle travailler, par ordre de préférence ?

Le meilleur choix en termes de pérennité, d’indépendance et de capacité de développement, est d’avoir sa propre boutique et de vendre des ebooks dans tous les formats. Ce n’est pas le meilleur choix en terme de facilité de gestion, ni de notoriété. Mais c’est l’option la plus vitale, celle qui vous garantit le mieux de ne pas confier l’existence de votre activité à d’autres.

Ensuite, on a les plateformes connues dans le grand public. En France, il y en a principalement 3, Kindle, iBooks et Kobo. Je laisse de côté le détail des autres, mais je vais traiter tout de suite la question de manière latérale.

Ce qui est important pour vous est de distribuer vos ouvrages dans le maximum de formats disponibles et de pouvoir atteindre le plus de monde possible. Vous ne savez pas de quoi demain sera fait, où les lecteurs vont aller. Vous pouvez vous retrouver exposé si vous ne vous concentrez que sur une plateforme. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.

Scribd, Google Play, Youboox : des acteurs moins importants mais qui peuvent s’avérer intéressants pour vous. Quand vous avez fait le travail pour les trois plus importantes plateformes, autant dire que vous n’avez pas grand chose à dire pour celles-ci. Testez voir si l’eau y est meilleure.

Amazon Kindle : l’éléphant dans un magasin de porcelaine

Amazon est l’entreprise qui avec son Kindle a transformé les ebooks et a transformé ce qui était une opportunité en réalité.

Grand bien leur en a pris puisqu’ils ont réussi à prendre 90% du marché des ebooks en quelques années et développé le Kindle jusqu’à ce qu’en volume ils vendent plus d’ebooks que de livres papier.

Même si aujourd’hui ils ne sont plus aussi insolents dans leur domination, Amazon Kindle reste le principal lieu où acheter et vendre des ebooks. Donc si vous devez démarrer dans l’auto-édition numérique, démarrez avec Amazon !

Depuis fin 2011, Amazon Kindle est accessible en France aux auteurs et aux éditeurs indépendants avec son programme de vente directe Kindle Direct Publishing ou KDP. Vous verrez souvent cet acronyme à partir du moment où je vais vraiment plus souvent parler du Kindle.

Et Amazon adore les auteurs auto-édités ! Régulièrement, 1/3 des meilleures ventes du top 10 et du top 100 proviennent de personnes qui font de l’auto-édition, aussi bien aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni ou en France.

Tiens, au moment où j’écris ces lignes, dans le top 10, on a Giova Selly (pas de maison d’édition), John La Galite (KS Editions – apparemment sa maison d’édition), René Manzor (Editions de l’Èpée – Tout numérique), Aurélie Valognes (pas de maison d’édition).

top10 Amazon du 12/11

iBooks : vendre des livres ? Bof

iBooks est apparemment le deuxième acteur en volume sur la vente d’ebooks. C’est l’application/boutique d’Apple, qui ne vend des ebooks lisibles “que” sur iPad, iPhone et Mac.

Quand je dis “que”, il faut voir qu’il y a un nombre indécent de ces appareils dans le monde. On estime qu’Apple en a vendu 1 milliard depuis 2007. Je ne dis pas qu’il y en a encore 1 milliard en utilisation. Juste quelques centaines de millions dans le monde. Et iBooks a récemment connu un regain d’effort de la part d’Apple, qui a enfin rendu l’application présente systématiquement avec ses appareils.

iBooks et les relations que cette boutique entretient avec les auteurs indépendant et auto édités, c’est très bizarre. Des livres que je viens de citer chez Amazon, il n’y en a qu’un sur iBooks (et pas dans la bonne catégorie !). Et les auto-édités ne sont pas légion dans le top iBooks. A qu ila faute ? Aux deux ! Les auto-édités ne s’y intéressent pas autant. Les équipes éditoriales d’iBooks mettent en avant des livres de maisons d’édition connues : c’est un peu le serpent qui se mord la queue.

A tort, car ce qui compte ce sont vos lecteurs. Le seul garde-barrière qui vous intéresse, c’est le lecteur. Et si vous ne trouvez pas vos lecteurs sur iBooks :

  1. Vous vous asservissez à Amazon
  2. Vous perdez des lecteurs
  3. Vous mettez de côté de nombreux avantages stratégiques pour vendre plus de livres

Kobo : le petit acteur qui monte, qui monte

Kobo est la troisième plateforme de lecture avec liseuse et boutique. Ils se sont alliés à la Fnac en France, mais avec d’autres acteurs dans d’autres pays. Comme ils sont partis d’une position plus “outsider” que les deux premiers, ils déploient beaucoup d’efforts pour se développer.

Ils ont bonne réputation. Je n’ai pas particulièrement de réussites sur cette plateforme, mais je dois avouer à leur décharge que je ne fais pas non plus d’effort. A tort. Je regarde ce que font d’autres auteurs ou éditeurs indépendants, par exemple Hélène Muzet de L@ Liseuse dont je parlais précédemment, et je vois plusieurs livres classés dans le top de leurs catégories.

On retrouve René Manzor dans le top 50, mais pas le même Giova Selly, ni John La Galite, ni Aurélie Valognes. Donc là encore une plateforme qui est un peu à la traine, surtout du fait des auteurs et de leurs éditeurs quand ils en ont.

Une fois que vous aurez fait ces trois plateformes, vous pouvez faire les autres en effet. Vous pouvez aussi avoir votre site et votre boutique. C’est à double tranchant d’avoir sa boutique, mais cela se révèle assez vite un formidable accélérateur de ventes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *