Marketing : même édités traditionnellement, les auteurs doivent s’y mettre

J’écoute plusieurs podcasts anglosaxons sur l’autoédition , le métier d’auteur et d’autoéditeur. Parmi ces podcasts, il y a celui de Mark Dawson qu’il a lancé il y a 4 mois, pour partager son expérience et celle d’autres auteurs qui réussissent à atteindre leurs objectifs d’édition, notamment en maîtrisant leur marketing.

Le podcast de la semaine est particulièrement intéressant, car James Blatch et lui ont un entretien avec une autrice qui a explosé l’année dernière au Royaume Uni et se lance en ce moment aux Etats-Unis, Clare Mackintosh.

Podcast SPF : Clare fait du marketing auteur

Cette autrice a choisi et réussi à trouver un agent puis un éditeur. Le rôle de l’agent dans les pays anglosaxons est plus important et son intervention presque essentielle : rares sont les éditeurs qui discutent directement avec les auteurs. Cela prend plus de temps, et ce roman écrit en 2012 n’a été publié qu’en 2014.

Mais ce n’est ni là ni sur la question de son succès que l’interview de Clare a éveillé mon intérêt. C’est surtout sur son travail personnel de marketing.

Le marketing de l’auteur édité

Ainsi, quand elle a signé avec un éditeur, elle a vécu un véritable entretien d’embauche, où l’éditeur lui a posé des questions sur la manière dont elle vivait sa vie personnelle, dont elle travaillait, ses relations, comment elle était en contact avec ses lecteurs, son public.

Clare a développé sa propre mailing-list. La mailing-list n’est pas un outil pour les auteurs autoédités seuls, et surtout pas une rustine pour compenser les déficiences d’un auteur autoédité par rapport à un auteur édité traditionnellement. C’est un véritable outil pour être en contact avec ses lecteurs, sans avoir la distance imposée par une distribution traditionnelle dans les librairies, les supermarchés et les chaines du livre.

Ainsi, Clare a obtenu d’avoir le lien vers sa page d’inscription à la fois dans toutes les versions de son livre électronique (non seulement au Royaume Uni, mais aussi aux États-Unis), et dans les versions papier. C’est quelque chose qu’elle a demandé.

Je compare cela à la situation d’un auteur français, qui même s’il travaille avec Amazon Crossing pour être édité aux États-Unis, n’a pas de lien vers une page d’inscription sur son livre traduit, comme c’est le cas pour Alice Quinn ou j’imagine Jacques Vandroux (qui n’a de toutes façons pas de newsletter).

La plateforme devient plus importante

En parallèle de l’écoute de cet épisode, j’ai repensé à la manière dont les éditeurs français faisaient leurs courses parmi les autoédités français, et les profils qu’ils recherchaient. Bien sûr d’abord des bons livres. mais de plus en plus souvent aussi, des auteurs et surtout des autrices qui utilisent correctement les outils numériques pour rester en contact avec leurs fans sur Facebook, sur leurs sites.

Ce n’est pas une révolution, ce n’est qu’une évolution, et elle est progressive. Mais de plus en plus, nous verrons les éditeurs s’intéresser à des auteurs qui sont capables de gérer eux-même leur fameuse plateforme. De faire leur marketing soit en allant en dédicaces, soit en touchant leurs lecteurs par des moyens électroniques.

Auteur traditionnel ou autrice autoéditée, une des clés d’une longévité et d’un succès plus important est de maîtriser aujourd’hui les outils de son marketing.