Les réponses à vos questions sur les ebooks – Jour 10

Je vais aussi profiter de ce week end pour traiter de petites questions qui ne sont pas si importantes pour vous, mais qui concernent l’édition traditionnelle en général, et expliquent l’environnement.

19. Est ce que la distribution en supermarché et grands distributeurs aide les éditeurs ?

Ce type de distribution est celui qui est apparu dans les années 70 en France. Les hypermarchés se sont mis à acheter des livres et à les vendre. Mais les hypermarchés représentent le niveau ultime de la consommation.

  • Ils vont avoir peu de références (un catalogue assez peu fourni),
  • ils vont faire des promotions sur ces livres.

En conséquence, ils vont vendre beaucoup (en quantité) de peu (en diversité) de livres.

Pas question de trouver les 72 000 ouvrages sortis en 2013 dans les rayons des hypermarchés.

Par contre, les éditeurs les plus importants aiment (adorent) vendre beaucoup d’exemplaires des livres qui marchent le mieux chez eux. Avec les hypers ils ont un partenaire qui va leur permettre de faire de gros volumes.

Alors pourquoi la loi Lang sur le prix unique du livre ? Eh bien cela avait un impact sur la diversité du catalogue : laisser la part de marché des hypers dans la distribution des livres devenir plus importante leur donnait du pouvoir, réduisait le choix des livres et mettait en danger les libraires indépendants.

Pour les éditeurs qui font des best sellers, c’est donc neutre. C’est plus douloureux pour les autres éditeurs.

Maintenant, avec internet, il s’est produit quelque chose qui n’existait pas avant : la possibilité de mettre en stock et de vendre des produits de la “longue queue” : ces produits qui n’intéressent pas beaucoup de personnes, mais quand même, un nombre non inexistant.

Avec les plateformes type Kindle ou iBooks, et avec les catalogues de livres en ligne s’est produit le contraire de la concentration vécue avec les hypers ou les grandes surfaces culturelles.

20. Est ce qu’Amazon va détruire les éditeurs et les dominer ?

Depuis mars 2014, on parle beaucoup du problème de distribution des livres du groupe Hachette aux Etats Unis. Je n’ai pas assez de connaissances du marché du livre pour dire si cela touche aussi les livres du Groupe Hachette en France.

Le bras de fer entre un éditeur et un distributeur n’est jamais profitable. Ni à l’un, ni à l’autre, ni aux consommateurs ou aux auteurs.

Le relais que ce bras de fer a dans l’actualité et dans le cercle des auteurs montre a quel point Amazon est aujourd’hui dans un rôle majeur pour tous les éditeurs et les auteurs.

Maintenant, Amazon a besoin des éditeurs. Ils essayent de devenir eux aussi éditeurs, c’est pour dire à quel point ils pensent que ce rôle est important. Certes il draguent les auteurs auto-édités, mais ceux-ci restent peu nombreux. Sans éditeurs, Amazon aurait moins de livres à vendre, donc ils ne peuvent être dans une situation de domination absolue.

On en arrive à une relation de symbiose, et non pas de parasitage. Le conflit entre Amazon et certains éditeurs n’en est que plus regrettable.

Quelle est la position de ces éditeurs ? Agissent-ils vraiment dans le meilleur intérêt des lecteurs et des auteurs ? Non, évidemment, leurs intérêts à eux sont les plus importants. Et ils veulent aujourd’hui rester les garde-barrière de l’édition en général.

21. Est ce que le marché de l’édition a appris quelque chose de l’industrie du disque ?

J’ai déjà un peu abordé la question en parlant des DRM et du piratage. L’industrie du disque a peiné à passer au numérique. Ils ont tout fait pour en rester au CD.

Mais les utilisateurs les ont pris de devant avec le format mp3, un format “suffisant” pour la musique, facile à partager.

Ensuite Napster est arrivé et le partage “illégal” de mp3 a pris énormément d’ampleur. Les utilisateurs, les auditeurs de musique voulaient des titres de musique au format single, et facilement disponibles au même moment que les sorties CD.

Heureusement pour les éditeurs de CD, iTunes est arrivé. D’abord complètement opposés à la distribution de titres un par un, ils ont finalement apprécié le fait d’avoir de nouveaux revenus, de plus en plus importants au fur et à mesure. Ils en sont venus à majoritairement abandonner les protections anti copie de type DRM : les clients n’en veulent pas, et en fait, seule une partie de la population des auditeurs se partage de la musique s’il y a une offre sérieuse et large comme iTunes.

Il faut bien le dire, les gens qui aujourd’hui s’échangent de la musique sont soit des gens qui ne l’achèteraient pas (ce ne sont pas des consommateurs à la base), soit des gens dont le besoin n’est pas aujourd’hui pris en compte : fichiers de meilleure qualité, problèmes de territoires (un disque distribué dans un territoire mais pas dans un autre), indisponibilité dans des formats sans verrou numérique.

Est-ce qu’aujourd’hui les éditeurs de livres publient les livres au format e-book en même temps que papier, à des tarifs raisonnables, sans verrou numérique qui dégrade le produit vendu ? Rarement.

Ils ont de la chance, il n’existe pas de Napster de l’ebook, et la consommation de livres est moins immédiate que celle de titres musicaux.

Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut ignorer les mésaventures de l’industrie du disque et reproduire leurs erreurs. Traiter les lecteurs comme des pirates en puissance ou les empêcher de lire le livre qu’ils veulent, le vendre à un prix à peine inférieur au prix du broché alors que le coût de fabrication et de distribution n’a aucune commune mesure, c’est se moquer des lecteurs, et donc de l’auteur.

Publier ses ebooks – Jour 9

Ce week-end où j’écris un peu moins est aussi pour moi l’occasion de revoir et de faire un petit bilan de tout ce que j’ai écrit jusqu’à présent pour voir les erreurs, les inexactitudes, les approximations, et corriger le tir si nécessaire.

Bien que j’ai la vanité de croire que tout ce que j’écris est parfait 😉 , j’ai en effet remarqué des endroits où j’ai mal exprimé ma pensée, où je ne disais que la moitié de ce que je voulais dire.

La simplicité du blog et son caractère historique, c’est à dire le fait que l’on écrit des choses à un moment donné, font que je ne vais pas aller corriger les paragraphes en question. Je vais plutôt en parler ici.

Et cela me permet aussi de parler de l’exigence de qualité et de l’aspect “correction” de vos textes, puisque la relecture et la correction sont le thème central de cet article.

Quelques corrections

Sur la question 126, jour 5, j’ai dit que plus vous écrirez de livres et les publierez, plus vous pourrez avoir de succès. C’est vrai, mais c’est à prendre avec quelques précautions et mises en garde.

L’édition ou l’auto-édition n’est pas une loterie. Il ne s’agit pas d’essayer d’acheter des billets et d’augmenter ses chances de gagner en écrivant plus de livres pour être dans une approche “plus il y en a, plus j’ai de chances de réussir”.

Qu’il s’agisse de l’écriture ou de l’édition, cette démarche ne fonctionne que si à chaque fois, vous faites des progrès dans votre activité.

D’ailleurs, quand je parle de chance… La chance n’existe pas, ou plutôt ce n’est pas du hasard. La chance qui vous tombe dessus par hasard, non. Je me souviens d’une discussion avec Alice Quinn (où peut être était-ce juste un commentaire qu’elle avait fait), dans laquelle elle disait qu’elle avait eu de la chance.

Si on considère que passer des jours à retravailler son titre, à corriger son manuscrit, à définir son nom d’auteur (Alice Quinn est un pseudonyme), à améliorer sa couverture, si on considère donc que ça c’est de la chance, oui, Alice a eu de la chance. Mais tout ce travail d’amélioration a porté ses fruits, surtout.

L’adage que vous devez vous mettre en tête est : “La chance est le moment ou le travail intensif rencontre l’opportunité”.

Vous travaillez à améliorer votre écriture, vos personnages, votre style, la manière dont vous choisissez et rédigez vos livres pratiques si c’est ce style que vous écrivez. Vous travaillez à maîtriser et améliorer votre manière de créer des couvertures, de choisir un titre, de faire votre description et de lancer vos ouvrages.

Tout cela, c’est de l’acquit, de l’expérience, quelque chose qui vous appartient. Et un jour (peut-être plusieurs fois par an), ce travail et cette expérience vont de pair avec l’air du temps, un sujet d’actualité, un besoin des lecteurs.

Ce jour-là vous avez de la chance. Vous avez créé une opportunité et mis en face la qualité de votre travail.

Donc pour augmenter vos “chances” de réussir, il faut apprendre votre métier. Ou vos métiers si vous êtes à la fois auteur et éditeur.

Par ailleurs, vous devez mettre de côté l’idée que vous allez faire un best-seller. Ou que quelqu’un va vous apprendre comment écrire un best-seller.

Je ne sais pas le faire, Albin Michel ne sait pas le faire etc etc. Là où les éditeurs traditionnels sont doués c’est pour accélérer le succès d’un ouvrage qui marche bien, pas pour savoir à l’avance lequel va bien marcher.

Ce que vous devez faire c’est créer :

  • une audience de personnes qui vont acheter ce que vous publiez,
  • une série de livres que les gens vont acheter, les uns après les autres ou en collection.

En conclusion, plus vous publierez des livres de bonne qualité, ou meilleurs à chaque fois, plus vous réfléchirez à ce que vous publierez, et plus vous connaîtrez votre métier d’éditeur, plus vous aurez de succès.

Publiez vous-même vos livres – Jour 8

Pendant ce week end du 11 novembre, je lève un peu le pied sur les réponses à vos questions, désolé, mais c’est pour mieux repartir après. Promis !

Je ne publierai donc qu’une seule, ou que deux réponses par jour…

9. Est-ce que c’est long ?

Ça dépend de quoi on parle. Il y a des parties de la création et de la publication d’un ebook qui sont longues, d’autres qui le sont moins.

Bien évidemment, le plus long c’est l’écriture. Cela peut prendre plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois en général, plusieurs années pourquoi pas.

Cela peut vous poser un problème. Déjà un problème de régularité et d’astreinte à l’écriture.

Il y a plusieurs solutions à ce problème. La méthode 750, le fait d’écrire régulièrement chaque jour, comme une séance de méditation. C’est ce que je conseille le plus.

Il y a aussi par exemple des moments où l’on peut écrire plus. Par exemple en novembre, il y a aussi NaNoWriMo aux Etats Unis. C’est le mois national d’écriture, dont l’objectif est d’écrire un texte de 50 000 mots ou 200 pages en un mois.

Un mois c’est à la fois long et court. Tenir ce rythme peut être difficile, mais la récompense est là : un premier jet de 200 pages.

11. Est-ce qu’il faut choisir entre l’édition traditionnelle et les ebooks ?

Beaucoup pensent que c’est exclusif. Soit vous êtes dans l’édition numérique, soit vous êtes dans l’édition traditionnelle. Rien n’est plus faux. Il y a de nombreuses raisons de faire les deux, avec des partenaires similaires ou différents, voire en auto-édition pour l’un ou l’autre.

Par exemple François Bott, ancien rédacteur en chef du Monde de la Littérature, qui est édité par plusieurs éditeurs et qui travaille avec Rumeurs & Cie pour éditer des livres qui ne sont plus disponibles car les droits ont été abandonnés par les éditeurs traditionnels.

Par exemple Hélène Muzet des éditions L@ Liseuse a repris un recueil de nouvelles dont l’auteur avait obtenu des prix littéraires et l’a édité sur Kindle. Il se trouve qu’au même moment, le même titre sortait aussi en version papier en Suisse avec un nouvel éditeur. La couverture était différente entre les deux ouvrages, mais l’auteur, le titre et le contenu étaient le même dans tous les formats.

Par exemple J.K. Rowling…

Saviez vous que J.K. Rowling, l’auteur d’Harry Potter, était auto-éditrice ? Relisez ce que je viens de vous dire : un des plus gros succès de librairie des 20 dernières années, une femme presque aussi riche que la Reine d’Angleterre, auto-éditrice ?

Bon, elle est très atypique : elle a commencé comme auteur publiée dans le secteur traditionnel avant de voler de ses propres ailes. Et elle est auto éditrice avec de gros moyens 😉 Mais sa maison de distribution pottermore lui permet de vendre elle même et en direct tous les livres de la série Harry Potter, à des tarifs raisonnables et pour toutes les liseuses.

Un petit article en anglais sur Wired pour en savoir plus sur la démarche.

La page copyright d'Harry Potter chez Pottermore

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 7

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici.

Aujourd’hui je vais exceptionnellement garder une sorte de continuityé avec hier, en parlant essentiellement des images et des livres qui nécessitent des images, ou beaucoup d’images.

80. Peut-on insérer des images (Arlette) ?

Oui vous pouvez donc insérer des images. Les images dans les ebooks mériteraient un livre à elles toutes seules, car il y a beaucoup de choses à expliquer au profane pour guider son choix. Je n’ai pas encore écrit cet ebook;-)

Le logiciel que vous utiliserez pour créer votre ebook pour une plate-forme, ou pour PDF, va un peu conditionner la manière dont vous pourrez mettre vos images.

Un format d’image récent, disponible uniquement sur les fichiers d’ebooks les plus récents (ePub 3) est un format vectoriel, le SVG. Par exemple ce format est encore aujourd’hui trop confidentiel, et les outils pour en créer trop peu nombreux pour en parler ici. Donc il faudra attendre un livre sur cette question, en français.

Si vous êtes angliciste, vous pouvez télécharger celui ci qui date un peu, mais reste explicatif et je pense assez clair. Il ne parle que des images non vectorielles.

Après, il y a la question du format de l’image. Format d’enregistrement et format de stockage et de compression.

Pensez que vos images peuvent être vues sur une variétés d’appareils. Alors qu’est-ce qui est important ? D’utiliser l’image comme illustration ou de lui donner la meilleur qualité possible? Si c’est la qualité qui compte, vous pouvez mettre des images de très grande taille car les lecteurs peuvent par exemple regarder votre livre avec des tabllettes avec écran de très haute résolution.

Je ne vais pas donner les tailles ici : elles seront périmées demain. En tout cas, visez grand pour que vos lecteurs ne soient pas déçus.

Car si la qualité de votre image est importante, n’oubliez pas non plus que les utilisateurs peuvent la voir d’abord en taille réduite, insérée dans du texte, puis ensuite agrandie à la taille complète de l’écran, en tapant deux fois dessus avec une liseuse. Qu’il s’agisse d’une liseuse noir et blanc ou d’une tablette couleur.

Après vient le format du fichier. Vous avez deux grands choix : le JPEG (format qui finit par .jpg) le choix pour les photos, les tableaux. Et le PNG, pour le reste. Ne compressez pas trop vos jpeg au détriment de la qualité.

Comment installer des captures d’écran dans l’ebook (Christine)

La question des captures d’écran est plutôt : comment faire une capture d’écran pour la mettre dans un ebook ?

Cette question là dépend de votre ordinateur ou de votre tablette.

Si vous avez un iPad, appuyez en même temps sur le bouton de retour à l’accueil et le bouton d’allumage pour capturer tout l’écran, et retrouvez la photo dans votre liste de photos.

Sur un Mac, vous pouvez appuyer sur Cmd+Shift(la flèche des majuscules)+3 pour capturer tout l’écran ou Cmd+Shift(la flèche des majuscules)+4 pour sélectionner la partie que vous voulez imprimer : vous aurez alors une image qui sera créée sur le bureau de votre Mac.

Sur Windows, cela fait des années que je n’ai pas fait de capture d’écran. Je me souviens qu’alors il fallait appuyer sur impr. écran puis ouvrir un logiciel d’images pour coleler la capture d’écran qui était dans le presse papiers, comme décrit ici. Apparemment il y a enfin un outil pour le faire (snipping tool) depuis Windows 7, mais cette vieille technique fonctionne toujours.

Bien sûr Christine, si vous parlez de captures d’écran vidéo de l’écran, ma réponse ne sert à rien, merci de me le faire remarquer.

Toujours pour parler d’images : quelle taille doit faire la couverture ?

Là j’ai de la chance, j’ai déjà écrit un article sur le sujet cet été.

82. Je suis photographe, puis-je éditer un livre sur Kindle? (Clément Jude)

Oui, vous pouvez, mais je ne sais pas (je ne crois pas) que ce soit une excellente idée.

Maintenant je n’ai pas les informations, et elles sont difficiles à avoir. Voyez vous, le Kindle, c’est beaucoup la liseuse Kindle noir et blanc. Amazon, dans sa grande bonté et sa transparence légendaire, ne nous donne aucune indication du nombre de liseuses Kindle vendues, ni de tablettes Kindle vendues. Encore moins des usages de ces deux appareils.

Comme je suis un utilisateur d’iPad et de Kindle, j’ai du mal à croire que les gens achètent les tablettes Kindle Fire 😉 En toute impartialité, difficile de dire quelle proportion de personnes lisent sur Kindle Fire en couleur, et quelle proportion lisent sur Kindle pour iPad, et combien pour Kindle Mac ou PC.

Je regarde par ailleurs la boutique Amazon. Catégorie Beaux livres: 43 articles. 43 !

Allez, je cherche photographie. Il y a une catégorie photographie dans la boutique Kindle. Qu’y vend-on ? Des livres pour faire de la photographie, régler la luminosité d’un studio, utiliser Lightroom etc. Et pas mal de livres qui selon moi n’ont rien à faire dans cette catégorie (Photos de lesbiennes ? Franchement :-().

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Ce sont d’ailleurs les mêmes titres que l’on retrouve sur la boutique iBooks dans la catégorie photographie.

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Il faut aller dans les livres gratuits de la catégorie photographie d’iBooks pour trouver de beaux livres de photographie.

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Donc oui, vous pouvez éditer un livre de photographies sur Kindle, mais je vous conseille d’aller voir dans la catégorie photographie sur iBooks, au risque d’être submergé par les autres livres. Car c’est plus probablement là bas que vous trouverez des gens intéressés par votre travail.

Et vous avez un outil sur Mac qui vous permettra de faire rapidement et aisément de beaux livres de photographies sur Mac : iBooks Author. Quand c’est facile, pourquoi hésiter ?

Regardez par exemple ce qu’a fait Getty avec sa série Focus.

Ensuite, pour vous assurer que vous ne vous adressez pas au mauvais public, faites une version de votre livre aussi pour Kindle. Et comparez les résultats entre les deux plateformes.

Laquelle est la plus intéressante, POUR VOUS ? Vous êtes différent de moi, de Jules, de Jim. Vous seul pouvez déterminer là où vous devrez faire porter vos efforts.

Peut-on faire d’autres livres contenant des images ?

Cette question ne m’a pas été posée telle quelle, mais elle me permet de répondre latéralement à la question du livre illustré pour les enfants.

Les enfants représentent un véritable public pour les livres numériques sur tablette. Bien que les liseuses et tablettes soient des produits assez fragiles, les enfants en prennent soin et sont véritablement attirés par cet objet et ce qu’il leur permet de faire.

Je vous signale au passage la jeune pousse de deux amis, Thomas et Edouard, qui ont fait un logiciel de partage de livres illustrés pour les enfants et leur famille. La société s’appelle StoryPlayer. Ils ne s’adressent malheureusement pas aux auteurs auto-édités (je les pousse) car ils doivent faire chaque livre à la main. Mais leur application a rencontré un beau succès d’estime.

Je vous souligne aussi, dans un autre ordre d’idées, les livres parus aux éditions L@ Liseuse, édités par Hélène, dont vous pouvez aussi voir un entretien ici. Hélène a fait plusieurs livres de jeunesse, dans différents formats. Elle a commencé par des livres dans un format assez classique (texte avec images insérées pour illustrer), mais elle a aussi fait Un amour de pylone où le texte et les images sont mélangés (comme dans un fichier ePub 3). Téléchargez un extrait de ces livres pour voir ce que cela donne !

Au vu du classement de ses livres, la distribution reste confidentielle. Mais pas inexistante. Je ne sais pas ce que représente le secteur jeunesse, je l’admets bien volontiers. Elle a eu plus de succès dans la catégorie policier.

Vous voyez avec le travail de ces personnes ce que l’on peut faire. Ce ne seront pas les meilleurs chiffres de vente, ni sur Kindle, ni sur iBooks ni en vente directe. Mais si c’est ce que vous faites, ce que vous aimez écrire, la porte vous est ouverte. Ne pas en profiter serait dommage.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 6

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

Aujourd’hui, nous allons explorer un autre sens que la vue, et voir comment profiter aussi de votre ouïe. Et je vais faire quelque chose d’un peu suicidaire : je vais rajouter des questions aux questions déjà posée (jamais je ne vais réussir à en finir avec cette liste !).

Que penser des audio-book? (Jean)

Du bien…

Mais cela ne suffira malheureusement pas. Car l’audiobook est en France le parent pauvre de l’édition. Enfin, en tout cas, il n’a pas le succès qu’il mérite auprès du public et son usage n’est pas très important.

Déjà, qu’est-ce qu’un audio-book ? C’est tout simplement la version lue d’un livre correspondant. Elle peut être lue par une seule personne ou par plusieurs. Elle peut se limiter à la lecture ou contenir aussi un habillage sonore (avec l’atmosphère).

Cette version lue est ensuite disponible sous plusieurs formats techniques (mp3, AAC, CD) : vous pouvez vendre l’audiobook comme un objet physique avec le CD ou comme un produit numérique seulement avec des fichiers à télécharger.

Ce format est pour tout le monde : enfants et personnes mal voyantes sont souvent considérés comme les deux seuls publics cible, mais c’est faux. Tous les gens peuvent être intéressés par les audiobooks.

C’est un des trois facteurs qui expliquent la faible part du livre audio dans l’édition en général.

Le deuxième facteur est le manque de nouveautés. Il est en effet rare qu’un éditeur fasse une version audio d’un livre. Avec 300 sorties de livres audio par an, la France est très loin des 74 000 titre parus en 2013. Ce n’est qu’après un succès de la version écrite habituelle d’un livre que sa version audio est considérée, avec plusieurs mois de retard.

Aux Etats-Unis notamment, il n’est pas rare de voir la version audio d’un livre sortir en même temps que la version papier ou e-book. Cela explique sans doute que le livre audio ou audiobook représente un secteur qui fait près d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires.

Il y a du mieux depuis quelques années : certains éditeurs majeurs se sont rendu compte de l’intérêt de l’audiobook et ont créé ensemble une maison d’édition dédiée à ce format, Audiolib. Mais leurs livres audio n’arrivent qu’après le succès de la version papier, et uniquement pour les “gros” titres

Le troisième facteur est le prix : un audiobook coûte plus cher qu’un livre électronique et souvent plus cher qu’un livre papier. C’est un fait qui peut être pris dans les deux sens : cela est moins intéressant pour les lecteurs, cela permet aux éditeurs de faire plus de marge.

Pour en connaître un peu plus sur les livres audio, je vous invite à aller sur le site de Librium

Avez-vous des exemples de livres audio auto édités ?

J’en ai plusieurs. Déjà, un très grand nombre de livres du Club Positif sont des livres multi formats, dont des livres audio. Si vous prenez par exemple “Les Secrets de l’attraction” ou “Lecture Éclair”, ces livres sont disponibles à la fois sous forme d’ebook à télécharger et d’audiobook avec des fichiers mp3.

J’aurai donc du mal à jeter le livre audio aux orties !

Quelle est la réflexion qui est à l’origine de cet usage systématique du livre audio ? Et bien les livres du Club Positif sont essentiellement des livres-outils des livres pratiques dont l’intérêt est dans la solution qu’ils apportent, plus que dans l’histoire qu’ils racontent, ou la qualité littéraire… Il faut donc faire en sorte qu’ils soient utilisables par tous.

Pour le roman, j’ai moins d’exemples, mais on peut citer la version audio du livre “Un palace en enfer” d’Alice Quinn qui est disponible sur iTunes. Ce livre est réalisé en collaboration avec un studio/éditeur. Bon, là aussi il a fallu attendre un peu de temps avant de voir le livre audio sortir après le succès de la version ebook. Mais pas tant de temps que cela, et il faut aussi voir la question du financement.

Car réaliser un livre audio prend du temps d’enregistrement : 8 heures pour Alice in fine dans l’audiobook, donc au moins 3 fois plus pour l’enregistrement, et x fois plus pour le nettoyage, l’habillage sonore, etc.

Pourquoi moins d’exemples ? Il y a la question de la production et de l’enregistrement, il y a aussi la question de la distribution. Distribuer un livre audio est plus difficile qu’un ebook.

Si vous écrivez un ebook, en le mettant dans le bon format vous pouvez le vendre sur Kindle, iBooks, Kobo et directement. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui pour les audiobooks. Il n’y a qu’un moyen de distribution facile : votre propre site.

La difficulté pour vendre un livre audio, c’est que vous devez le vendre tout seul.

Avoir votre propre boutique, gérer le support, livrer de manière correcte (avec la problématique du poids des fichiers). Ce n’est pas aussi “simple” qu’avec les plateformes de vente d’ebooks.

Un des principaux acteurs de la vente d’audio books aux États Unis pour les audiobooks numériques, c’est Audible. Dans ce pays, Audible est tellement développé qu’ils ont développé un site similaire à KDP qui permet à de nombreux indépendants de mettre en vente sur la boutique Audible, mais aussi sur iTunes d’Apple leurs livres audio numériques.

En France, Audible a connu un parcours plus difficile, et a même été un temps racheté par France Loisirs avant de revenir dans le giron d’Amazon comme aux États Unis. Ils n’ont pas les mêmes outils. Ils n’ont pas non plus le même public.

Si vous voulez passer par eux, il faudra donc les contacter manuellement, avoir un contrat spécifique, être capable de leur fournir les fichiers avec un serveur FTP, etc. Plein de petites barrières qui ne sont pas insurmontables mais qui peuvent vous ralentir ou vous empêcher d’accéder à leurs lecteurs.

106. Peut-on introduire à un ebook le récit de l’histoire complet en audio ? (Je pense par exemple aux malvoyants) (Edith)

Cette question me permettra de rebondir sur ce que j’évoquais précédemment.

Oui, il est possible de faire des ebooks hybrides avec à la fois du texte et de la lecture audio de celui-ci. Cela s’appelle le format “Read Aloud”, ou lecture synchronisée. Car cela va plus loin que le livre multimédia qui contient du texte et du son. Avec ce format, la lecture audio est synchronisée avec la lecture du texte.

J’ai réalisé un livre gratuit à partir de “Formules magiques pour exaucer vos vœux” que vous retrouverez sur iBooks. Il n’est lisible que sur iBooks à ce jour à ma connaissance. En effet, c’est un ebook dans un format récent que seul iBooks semble supporter à 100%.

Ce format technique est le format ePub 3. Les personnes qui ont suivi la formation ePub Publisher m’ont entendu en parler à plusieurs reprises : utiliser ePub 3 est un bon moyen de réaliser un livre multimédia, et on peut escompter que de nouveaux lecteurs et tablettes pourront l’utiliser.

Un autre exemple de livre hybride est une autre version du même “Un Palace en Enfer”, cette fois-ci disponible sur iBooks, où l’on a à la fois le texte (mais en format statique) et une “bande-son” d’ambiance qui change avec chaque page.

L’audiobook est adapté à un usage nomade, le livre en lecture synchronisée ne l’est pas. Ce n’est pas facile de lire un livre avec lecture synchronisée dans une voiture ou en se déplaçant dans le métro ou le train. Pour un voyage en avion, ça va. Mais tout juste, avec les limitations de l’usage d’appareils électroniques dans les avions. Car pour un livre avec lecture synchronisée, il faut lire.

Une possibilité supplémentaire est d’insérer du son dans un livre.

Vous pouvez ainsi faire un “package” livre + séminaire ou livre + exercices. Ne mettez pas de sons trop longs toutefois : si votre lecteur est sur un iPad par exemple, il y a de fortes chances que l’iPad s’éteigne automatiquement et coupe le son alors que l’utilisateur est en train d’écouter, mais n’a pas le doigt sur l’écran.

Enfin, à partir du moment où vous avez la matière brute (livre et son), vous pouvez aussi imaginer d’autres déclinaisons : livre exclusivement fait pour iPad avec iBooks Author par exemple.

Je parle d’iPad, d’iPad… je ne parle pas beaucoup de Kindle dans ces questions sur les audiobooks et les livres enrichis.

En effet, la situation du Kindle est un peu plus complexe à gérer puisque bon nombre de liseuses Kindle n’ont plus de haut-parleur ni de sortie casque. Par ailleurs, l’intégration de sons m’a personnellement posé plus de soucis dans le format propre au Kindle que dans le format ePub lisible sur iPad ou Kobo.

On reparlera de ces aspects techniques une autre fois.

##Et la vidéo ?##

Oui, on peut mettre de la vidéo dans un ebook. Comme le son, c’est un type de données qui est ajoutable. On peut alors avoir une vidéo qui se joue dans le cadre du livre ou en plein écran.

Pour voir ce que cela donne, regardez ce court extrait de navigation fait par mes soins à partir du livre “The Making of Star Wars” sur l’application Kindle pour iPad, livre que je vous recommande si vous êtes fan.

La vidéo présente de nombreux avantages pour faire un livre plus riche, avec une plus grande valeur, comme le son.

Mais cela a les mêmes inconvénients aussi : production plus longue et plus coûteuse, et distribution un peu plus confidentielle.

En conclusion, qu’il s’agisse de la vidéo ou de l’audio, vous pouvez réaliser des titres très complets, mariant plusieurs formes de contenus, de véritables ouvrages multimédias comme les CD-Rom du milieu des années 90. Vous ai-je avoué que j’ai été chef de projet sur “Musée d’Orsay” et que j’ai assuré la traduction du “Louvre, peintures et palais” dans plein de langues. Parler de ce type de multimédia me rappelle plein de souvenirs. Illisible ce CD sur un PC moderne…

De gros projets, impliquant de très nombreux intervenants, avec des compétences diverses. Quelque chose qu’il est difficile de faire en solo si on est tenté par l’aventure. Restez-en à des choses simples pour commencer et vous développer dans l’auto-édition. Sauf si le sujet s’y prête beaucoup évidemment.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 5

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

125. Avez vous des ebooks à me conseiller pour aller plus vite ou plus loin ?

Je suis ravi que vous me posiez la question, c’est que le sujet vous intéresse vraiment.

Alors attention, je ne dis pas que vous n’avez plus besoin de me lire si vous lisez ces ebooks. Je ne dis pas non plus qu’il vous faut absolument les lire.

Ce sont de bonnes lectures qui vont vous permettre de mettre un coup d’accélérateur, ou qui vont combler quelques unes de mes lacunes (je l’ai dit, je ne détiens pas la Vérité Universelle).

La plupart des liens vont vers la boutique Amazon et sont des liens d’affiliation : je touche des centimes si vous achetez le livre.

Je commencerai par la série de livres de mon ami Guy Poursin : “Écrivez… et vendez tous vos écrits” (lien affilié Amazon). Guy a une longue expérience du travail d’écriture. Il a été contributeur encyclopédique et a écrit une multitude de livres pour d’autres personnes. Il s’est aussi auto-édité sur Kindle pour d’autres ouvrages que celui-ci.

Ensuite, vous pouvez lire le livre de Jacques Vandroux sur l’auto-édition : “Grimpez vers le TOP 100, pour bien débuter dans l’auto-édition numérique” qui est plein d’astuces et qui relate son expérience personnelle.

Vous avez une série de titre plus spécifiquement sur le marketing de votre ebook, que l’on verra plus tard :

Enfin, juste pour la partie “comment”, je vous rappelle que j’ai écrit un ebook gratuit. Il est disponible sur iBooks et Amazon. Il doit être gratuit sur Amazon, puisqu’il est gratuit sur iBooks.

Comment publier son premier ebook: Les étapes indispensables – Les erreurs à éviter sur Amazon.

Comment publier son premier ebook sur iBooks pour iPhone et iPad.

18. Est ce que tous les livres publiés gagnent de l’argent ?

On pourrait penser qu’il suffit d’écrire un bon livre et de le mettre sur une plateforme, sur Kindle, iBooks ou Kobo pour qu’il se mette à gagner de l’argent, à être productif.

Cela ne suffit pas.

J’ai malheureusement plusieurs exemples de personnes qui ont bien mis un livre sur Kindle, dont le livre est intéressant, mais qui ne le vendent pas.

Alors première chose : si ça vous arrive, ne baissez surtout pas les bras !

Tous les livres ne gagnent pas de l’argent et la cause en est souvent unique : ils sont mal vendus.

Ce n’est pas un critère de qualité. C’est un critère de vente et de marketing.

Oui, c’est important de le dire : un livre est un produit. Ce n’est pas qu’un produit, c’est souvent plus, mais quand cet eb-book arrive sur les étalages d’Amazon ou d’iBooks , il devient un produit et il FAUT le vendre.

Or la plupart des gens qui ne vendent pas leur livre se sont limités à se mettre dans la position de l’auteur. Ca ne suffit pas.

D’ailleurs, regardez les auteurs qui vendent des livres : ils sont aussi capables de faire le représentant, allant aux entretiens, aux colloques, en librairie. Supportant de se retrouver sur un petit bureau avec une ou mille personnes qui font la queue pour arracher une signature au Salon du Livre ou ailleurs.

Si vous ne faites rien pour vendre votre livre, il ne se vendra jamais. Soyez en sûr ! C’est très facile d’échouer.

Dites vous qu’il y a peu d’élus. Mais ce sont ceux qui essaient de réussir. Il n’y a pas et il n’y aura jamais de baguette magique.

Il y a un excellent article sur actualitte qui se rapporte à cette distribution des revenus parmi les auteurs auto-édités : 20% de ceux-ci font 80% des ventes. Cela signifie que 80 % des auteurs ne gagnent pas grand chose.

Est-ce différent de l’édition traditionnelle ? Non. Ce n’est pas en passant par le numérique que les auteurs trouvent tout à coup un système automatique pour vendre leurs livres.

Une remarque d’un commentateur de l’article tiré ci-dessus reste entièrement valable : La moitié des auteurs gagnent moins de 500$ . C’est toujours plus que ce qu’ils auraient gagné à attendre d’être publiés à compte d’éditeur.

En conclusion, rappelez-vous que l’écriture est sans doute la partie la plus importante pour créer un livre, mais que la vente et le marketing sont les seuls choses qui vont le vendre.

126. Quel est le meilleur moyen d’avoir beaucoup de lecteurs ?

Il y a deux moyens essentiels, mais je ne vais insister que sur l’un d’eux, et citer le premier en passant.

Le premier est d’avoir une très bonne commercialisation de votre ebook. De bons commentaires, une couverture excellent, un titre hors pair, et évidemment un ebook de qualité.

C’était en passant : l’objectif de ces articles est aussi de vous donner les astuces et les pistes pour faire cela.

Maintenant le deuxième moyen, celui pour lequel j’ai écrit cette question, est aussi simple, et ressemble à nouveau à une porte ouverte : écrivez de bons livres. Le s du pluriel est essentiel.

Plus vous écrivez plus vous avez de chance de trouver des lecteurs. Et de les conserver d’un livre à l’autre. Alors attention, le mot chance n’a rien à voir avec le hasard. Ce n’est pas un hasard. C’est pace que vous le voulez que vous atteindrez cet ojectif.

Rappelez-vous que chaque livre est comme une mini entreprise, mais aussi que chacune de ces mini-entreprises doit avancer de concert.

Il y a un conseil qui va de pair avec cet aspect : faites en sorte que chacun de vos livres parle des autres. Soit, dans le cas d’un livre pratique, dans le corps du texte, soit, pour des romans, à la fin du roman.

Vous pouvez même mettre des liens vers votre page auteur, vers votre site ou blog, et les liens vers les autres livres dans la même boutique sont tolérés. Alors faites-le. Ce qui n’est pas acceptable, c’est de transformer votre livre en vitrine publicitaire, même si certains le font.

En poussant le jeu à l’extrême, pensez collection ou série.

Avez vous déjà lu et apprécié un Arsène Lupin, ou Le Baron, ou James Bond, ou Jack Reacher ? Et lu un autre, et un autre, et un autre ? En ce moment je suis en train de lire le numéro 17 de Jack Reacher. J’en ai acheté 16 avant.

“Cinquante nuances de Grey” s’est vendu à 492 000 exemplaires en 2013. Juste avant, il y a… son tome 2 “Cinquante nuances plus sombres” qui l’a battu de 60 000 exemplaires.

En conclusion, écrivez, publiez, faites la promotion… et recommencez. Quand vous aurez 17 tomes de votre étude de la société, vous pourrez la nommer “La Comédie Humaine”, et vous comparer à Balzac 😉

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 4

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

Aujourd’hui je vais principalement parler du piratage, ce que c’est, comment essayer de le limiter, l’impact pour les auteurs, les éditeurs et surtout les lecteurs.

Faut-il avoir peur du piratage ?

Quand on me parle de pirate, je pense à Surcouf, à Rackham le Rouge, à la Flibuste. Des choses qui ont un peu d’envergure, par les cornes de Belzebuth. Pas des bachibouzouks qui commettent des larcins.

Or dans le discours moderne sur le piratage des fichiers et des contenus culturels et intellectuels (musique, vidéo, livre, logiciel), ce n’est pas de ça dont on parle. C’est plutôt du larcin, de la personne qui regarde une vidéo sans avoir acheté le droit de la regarder, soit en faisant du streaming sur un site qui propose ce genre de contenus, soit en téléchargeant un ebook à partir d’un site de torrents sans verser de redevance aux propriétaires des droits.

Je vais quand même expliquer ce qu’est le piratage moderne.

Les livres numériques sont des fichiers informatiques. Duplicables à l’infini, vous pouvez en mettre un sur un serveur web et le voir téléchargé des dizaines voire des milliers de fois par des utilisateurs anonymes. C’est très simple à faire.

Maintenant se pose la question de l’autorisation que vous avez de mettre ce fichier en téléchargement libre, payant ou non.

Imaginons que je sois l’auteur de ce fichier. Que c’est moi qui l’ai écrit ou en ai fait la première publication, et qu’à ce titre, je dispose des droits sur cette œuvre. Vous ai-je donné le droit de le télécharger et de le proposer au téléchargement à d’autres personnes ?

Pour le premier téléchargement, certainement. En général, je suis aussi d’accord pour que vous partagiez ce fichier, et l’œuvre qu’il contient avec votre entourage, familial et amical. Vos amis et votre famille.

Par contre, en général aussi, je ne suis pas d’accord pour que vous le diffusiez en dehors de ce cercle. Déjà, j’ai remarqué des personnes qui prenaient des fichiers offerts gratuitement et qui les vendaient. Ou qui les mettaient dans un pack en vendant des droits de revente. C’est malhonnête : ils prennent quelque chose de gratuit et se mettent à le faire payer.

Par ailleurs, ces œuvres représentent un investissement, soit de mon temps, soit d’argent pour rédiger, traduire, mettre en forme les ouvrages. Et cet investissement est commercial : j’en attends un retour, soit sous la forme d’une inscription au Club pour faire de la publicité, soit en argent car c’est un livre que je vends.

Donc, toujours à supposer que vous diffusiez ce livre, cet ebook sous forme numérique, vous êtes un “pirate”.

Si vous téléchargez cet ebook sur un autre site qui fait la même chose, vous êtes aussi un “pirate”.

Là on parle de deux ou trois personnes. Mais imaginez ce qui se passe quand on parle de centaines, de dizaines de milliers de personnes qui font la même chose. Bientôt, il est plus facile de se procurer une version piratée de l’ebook qu’une version légitime.

Mettez-vous alors à la place de l’auteur ou de l’éditeur : il y a un manque à gagner certain dans ce cas. Ce manque à gagner peut être faible, ou devenir important.

Il faut trouver une solution…

Qu’est-ce que les DRM ?

Les DRM ? C’est le moyen de verrouiller le fichier de manière à rendre la possibilité de l’ouvrir, de le lire de manière intelligible uniquement à la personne qui l’a acheté.

Ce verrou numérique ne fonctionne que pour la personne qui a acheté l’ebook. Donc elle ne peut pas mettre ce même ebook en téléchargement, elle ne peut pas le diffuser. Et si quelqu’un d’autre lit le fichier, il lui est illisible.

Je ne vais pas rentrer dans le détail technique des DRM, mais disons que le fichier est alors passé dans une moulinette mathématique qui a deux clés : une clé qui est l’identification de la personne qui l’a acheté et l’autre clé fournie par la personne ou l’entreprise qui vend le fichier verrouillé.

Voilà, le problème du piratage est résolu. Il n’y a plus de piratage. Il y a des verrous numériques qui protègent parfaitement le fichier.

Ah non, pas de protection parfaite?

Dites-vous que pour les verrous numériques, il en est comme pour les cuirassés et les canons. C’est une course en avant :

  • je fais un blindage qui résiste aux boulets de canon
  • on fait des plus gros boulets
  • je fais un blindage qui résiste aux plus grands boulets
  • on fait des obus qui percent le blindage
  • je fais des blindages hyper forts qui résistent aux obus
  • on fait des obus avec des flèches en uranium appauvri qui vaporisent le blindage et font brûler le char en quelques dixièmes de secondes.

Aucun verrou numérique n’est imprenable. S’il y a une clé, il suffit de la chercher. S’il y en a deux, il suffit d’en chercher deux. Et les ordinateurs sont doués pour chercher bêtement une clé, en les essayant les unes après les autres. Ça, c’est la technique force brute. Sinon, pensez latéralement : il y a bien un moment où le verrou numérique n’est plus là, à l’affichage. Les gens qui veulent enlever les verrous numériques n’ont donc “qu’à” trouver le moyen de lire ce qui est affiché.

J’ai vu récemment une technique génialement basique :

  • vous prenez un Kindle avec un ebook verrouillé
  • vous commencez à lire le livre
  • vous posez le Kindle dans les bras d’un robot
  • le robot tourne les pages et prend des photos des pages.

Vous pouvez voir une vidéo de ce projet hobbyiste sur Vimeo

Donc les DRM vont protéger l’œuvre, ou l’ebook, tant que quelqu’un n’est pas prêt à les contourner.

Vous allez me dire : si ça marche pas, il suffit de rester au bon vieux papier… Allez me pirater un livre !

Vous avez déjà entendu parler de la photocopieuse, du “photocopillage” ?

Ça vous est arrivé de photocopier quelques pages d’un livre, voire un livre en entier ?

Et le scanner, vous connaissez ?

Ce verrou-là n’existe pas non plus. Figurez vous qu’il y a des gens qui trouvent le moyen de scanner des livres qui ne sont pas disponibles en version numérique pour en faire une version ebook, et le mettent ensuite en partage ?

Ça existe. Il m’est arrivé d’en télécharger pour lire le livre.

Maintenant, supposons quand même que votre verrou soit imprenable. Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Pour l’auteur et l’éditeur, l’avantage est surtout de se prémunir d’une copie illégale trop facile. Par contre cette technologie de verrous numériques repose sur le secret, donc il faut aller voir des gens qui disposent de ce secret et sont prêts à le louer. Il peut donc y avoir un coût supplémentaire.

Pour le diffuseur, l’avantage est que c’est lui qui a le secret, donc c’est lui en fait qui verrouille l’accès au contenu. Vous devez passer par ses fourches caudines pour rajouter le verrou, et de l’autre côté de la liseuse, le lecteur doit utiliser son système, liseuse ou logiciel pour lire le fichier. Donc le diffuseur détient le pouvoir du crâne ancestral… Pardon, le diffuseur ou la boutique est celui qui a le contrôle.

Maintenant intéressons-nous à la personne la plus importante : le lecteur.

Avec un verrou numérique, le lecteur se met dans une position où il doit faire des sacrifices : il ne peut lire l’ebook que sur un certain type de logiciels, ou avec certains appareils. Il ne peut pas prêter son ebook. Il ne peut pas changer d’appareil. Et si le vendeur de son ebook vient à disparaître (la seule chose qui soit sûre dans la vie, c’est la mort), son ebook devient illisible.

Il peut être prêt à faire ces sacrifices contre une réduction du prix de son ebook peut-être. Après tout, puisqu’il y a verrou numérique, il y a moins de manque à gagner et l’éditeur peut concéder une réduction en contrepartie.

Ah ah ah !

Vous rigolez, non ?

L’existence d’un verrou numérique n’est pas la garantie d’un prix inférieur à une version sans verrou numérique. C’est l’éditeur qui se protège, au détriment du lecteur, et sans respect pour celui-ci.

Je ne sais pas quel est votre point de vue.

Je sais qu’en tant que lecteur je déteste les verrous numériques, je les abhorre. Je lis un livre, je veux pouvoir le donner ensuite à mes fils ou ma femme pour qu’ils puissent les lire. Avec ces verrous, cela ne m’est pas possible.

Je ne parle pas du fait de vendre le livre numérique une fois que je l’ai lu, alors que je pourrais le faire avec mon livre papier. J’ai lu une fois “Léviathan” de Hobbes, soporifique, j’ai pu le revendre à Joseph Gibert, et je suis sûr qu’un étudiant de prépa lettres ou de fac, voire un professeur de philosophie s’est éclaté avec (tant mieux pour lui). Avec un livre numérique, ce serait plus difficile, voire impossible s’il y a des verrous numériques.

En tant qu’éditeur, j’ai du respect pour mes lecteurs et j’attends de ceux-ci qu’ils aient du respect pour mon travail. Aucun des livres n’est (normalement) aujourd’hui protégé par des verrous numériques au Club-Positif.

Est-ce que le piratage est une taxe du succès ?

Dans notre monde idéal, les éditeurs et les auteurs font des livres qui sont tellement bien que tout le monde veut les lire. Tous les gens qui les lisent doivent normalement avoir les moyens de les acheter. Sinon, c’est que le livre est trop cher pour l’intérêt qu’il a ou le bénéfice qu’il apporte.

Nous avons une société d’échange. Seule une petite frange de la population conçoit que le contenu intellectuel n’a pas de valeur marchande et que tous les livres devraient être gratuits. Ils pensent peut-être que les auteurs devraient avoir un revenu de subsistance ou devraient se trouver des mécènes.

Je ne fais pas partie de ce groupe. Donc pour moi un bon livre a une valeur marchande.

Si le livre dont je parlais plus haut avait été en vente sur une librairie de livres numériques, je l’aurais acheté. Je préfère faire ainsi.

S’il ne me plait pas, après tout, je peux la plupart du temps en demander le remboursement.

Le plus grand danger qui plane sur un livre, ce n’est pas le piratage, c’est l’obscurité.

Vous pouvez aussi lire un article en anglais sur Mark Coker, le fondateur de Smashwords sur Huffington Post en anglais, où il remarque fort justement que les acheteurs de livres sont majoritairement plus âgés et féminins. Madame, allez-vous sur des sites de torrent pour télécharger vos ebooks ? Savez-vous ce qu’est un torrent ?

Un “pirate” n’est pas un client pour l’auteur ou l’éditeur : il ne sera jamais dans la position de vouloir l’acheter.

À l’inverse, mettre des verrous numériques revient à traiter vos lecteurs comme des criminels potentiels. Ce manque de respect des éditeurs mériterait de les empêcher de dormir.

En conclusion, mon conseil est de ne pas mettre de verrou numérique avec des DRM. Laissez les lecteurs apprécier les ebooks, les partager, faire en sorte que les auteurs soient connus, appréciés et que les lecteurs les respectent comme les éditeurs respectent les lecteurs.

Pensez à comment il a été facile pendant des années de “pirater” Windows, jusqu’au jour où Windows a été présent sur 90% des ordinateurs.

100 question sur l’auto-édition de livres numériques – Jour 3

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

Est ce qu’on peut gagner de l’argent ?

Cette question ressemble un peu à la question de la journée précédente. Mais ce que je veux aborder aujourd’hui c’est le mécanisme qui permet de gagner de l’argent avec l’édition d’ebooks.

Je vais d’abord parler du cas de figure le plus simple pour un éditeur qui publie des livres numériques : confier toute la distribution aux plateformes.

En effet, dans ce cas de figure, pas besoin de vendre vous-même vos livres, ni de gérer un support pour les commandes, les livraisons, etc. Pas besoin d’une boutique pour vendre vos livres ni de passerelle pour le paiement, etc.

Disons que vous publiez un livre et que vous le mettez sur une de ces plateformes. Que vous travaillez bien l’aspect le plus important, à savoir la commercialisation de cet ouvrage et que vous faites des ventes.

Ce sont des gros Si mais on verra au fur et à mesure comment les réaliser.

Dans ce cas, vous touchez entre 30 et 70 % de droits d’auteurs sur le prix hors taxes suivant la plateforme et le prix de votre ouvrage.

Qu’est-ce que ça fait comme argent ?

Avec un livre à 2,99 €, soit au jour d’aujourd’hui 2,80 € hors taxes, si vous le vendez à 100 exemplaires par mois, cela vous fait 296 euros par mois, soit 2 352 euros par an.

100 livre par mois, cela fait 3 livres par jour. Ce n’est ni énorme ni ridicule.

Aux Etats-Unis, ce volume de vente correspond au 25 000 ème livre du classement des meilleures ventes. Cela veut dire que 25 000 livres rapportent plus d’argent que ça à leurs vendeurs. Chez Amazon et chez Amazon seulement.

Car vous pouvez vendre votre ebook chez Amazon, mais aussi sur iBooks ou Kobo.

Maintenant, voyons ce que cela donne pour des cas existants et des gens qui diffusent leurs informations.

Jacques Vandroux révèle avoir vendu 12 000 exemplaires de son livre les pierres couchées. Alice Quinn 15 000 exemplaires de son livre “un Palace en Enfer” en un an. Jean-Philippe Touzeau a vendu 500 exemplaires par jour de ses livres au mieux, et 150 par jour à d’autres moments. Si vous trouvez d’autres personnes qui publient leurs chiffres, ça m’intéresse.

En appliquant les mêmes formules de calcul pour ces chiffres publiés, cela fait :

  • 33 000 euros pour Jacques Vandroux
  • 5 250 euros pour Alice Quinn (le livre restait à 0,99€)
  • 52 euros par jour pour Jean-Philippe Touzeau

Oui, ce sont des gros succès d’édition numérique par des indépendants sur Kindle. Oui, ce sont des cas exceptionnels, le haut du panier.

Mais j’ai croisé Jacques Vandroux, discuté à plusieurs reprises avec Alice Quinn, et lu des interviews de Jean-Philippe Touzeau : ce sont des gens normaux, pas des surhommes. Des gens qui aiment leur activité, qui sont enthousiasmés par celle-ci.

Ils ne deviennent pas riches avec leur activité d’auteur. Ils ont par contre un revenu supplémentaire confortable.

L’avantage pour eux de ce mode de distribution c’est qu’il n’y a pas de coût marginal, pas de coût lié à la vente des ebooks eux même. Ils ne doivent pas payer un site web ou une boutique pour vendre leurs ebooks.

Maintenant voyons aussi l’autre extrémité. Pensons à ces personnes qui publient un livre, sur leur site ou sur Kindle. Mais qui ne le vendent pas. Vous les repérerez sur la boutique Kindle d’Amazon par le fait qu’ils n’ont aucun classement. Il n’y a pas écrit “Classement des meilleures ventes d’Amazon: n°46.777 dans la Boutique Kindle”.

Est-ce qu’ils perdent de l’argent pour autant ?

  • l’inscription au programme KDP d’Amazon est gratuite
  • ils ont généralement fait la couverture eux-mêmes
  • ils n’ont pas fait appel à un correcteur professionnel
  • ils n’ont pas imprimé leur livre

Au moins n’ont ils pas perdu de l’argent !

Et s’ils font l’effort de s’occuper de la commercialisation de leur livre, ils peuvent quand même en vendre. Ils ont la possibilité ce qui pourrait être un échec en succès plus important.

Cette description est à comparer au fonctionnement de la rémunération des auteurs dans les systèmes de l’édition traditionnelle. Je reviendrai dessus dans la question “Combien gagne-t-on avec un livre auto édité ?”

Donc oui, on peut gagner de l’argent, et même beaucoup d’argent. Comme dans beaucoup d’activités, la persévérance, l’expérience et de la détermination vont vous permettre d’y arriver plus vite.

Est-ce que les éditeurs connaissent bien leur métier ?

Je l’ai volontairement faite incisive cette question. En sous-entendant que non, les éditeurs étaient des gros idiots. Mais ce n’est pas mon opinion. Je pense que les éditeurs connaissent bien leur métier. Ils savent faire travailler un correcteur, un imprimeur, ils savent pour la plupart obtenir la distribution des livres qu’ils éditent.

Il y en a beaucoup qui savent apprécier et reconnaître la valeur d’un ouvrage ou d’un manuscrit.

Bien sûr comme dans chaque secteur, il y a des très bons, des pas mauvais et des mauvais. Mais j’ai tendance à penser qu’il y a plus de moyens et de bons que de mauvais.

Ce n’est pas parce qu’ils connaissent bien leur métier qu’ils peuvent non plus reconnaître à coup sûr la qualité, le succès potentiel d’un ouvrage, ou mener cet ouvrage au succès. Pas toujours, pas de manière certaine.

André Gide a refusé chez Gallimard à l’époque Du côté de chez Swann de Marcel Proust. Alice Quinn a connu le succès qu’elle a eu avec un livre qui était dans un tiroir, refusé par quelques éditeurs.

Leur métier est difficile. Je suis le premier à le reconnaître.

Il faut savoir donc que les éditeurs ne sont pas capables de reconnaître la valeur d’un ouvrage, de l’évaluer correctement. Tant mieux, cela laisse de la place à de bonnes surprises.

Par ailleurs, leur métier évolue et l’édition numérique est un facteur de l’évolution.

Qu’apporte un éditeur à ses auteurs ?

  • expertise,
  • expérience,
  • correction,
  • marketing,
  • design,
  • distribution

Il apporte surtout la capacité à imprimer beaucoup de livres pour pas cher et à les distribuer dans un nombre important de librairies.

Il faut voir qu’avant l’avènement de l’édition moderne, qui date du XIXe siècle, l’éditeur est souvent surtout imprimeur. Ainsi Balzac navigue-t’il entre le métier de libraire-éditeur et d’imprimeur avant de devenir romancier. Jusqu’à cette époque, l’édition est “à compte d’auteur”. Je reviendrai là-dessus.

Dans l’hypothèse où ce qui vous intéresse est l’édition numérique seule, cette capacité à imprimer et à distribuer n’a plus le même intérêt.

Il n’y a pas d’impression.

La distribution se fait aujourd’hui sur 3 ou quatre canaux principaux, accessibles directement aux personnes individuelles.

L’édition a connu une phase d’industrialisation, mais on voit revenir le travail d’édition artisanal (ne pas confondre artisanat et amateurisme). Et dans cet artisanat, les compétences n’ont pas besoin de s’appuyer sur une expérience très forte.

Avoir un blog d’auteur ? Facile. Avoir une page Facebook ? Aisé. Gérer une liste de prospects et de lecteurs ? À la portée de plein de personnes.

Donc oui, la plupart des éditeurs connaissent bien leur métier. Mais comme celui ci est en train de changer, nombreux sont ceux qui font de la résistance et du conservatisme. Alors qu’il faut aller là où sont les clients avant tout.

Combien gagne-t-on avec un livre auto édité ?

Une petite bataille de chiffres ! On peut leur faire dire n’importe quoi alors je vais essayer de ne pas aller trop dans le n’importe quoi.

Les gens demandent souvent combien gagne un auteur par exemplaire vendu. La réponse est pas grand-chose. Mais ce n’est pas la bonne question.

On va partir de données moyennes au niveau du marché du livre en France. Je m’appuie déjà sur l’étude du Ministère de la Culture : Secteur du Livre – Chiffres clés 2012-2013 et sur les différents chiffres cités sur le site du Ministère de la Culture. Je pense que c’est une source raisonnable et qualifiée d’informations.

Il en ressort que le prix du livre hors taxe est partagé entre les différents acteurs de manière différente suivant le mode d’édition et le mode de distribution.

Voici ce que cela donne pour un livre papier :

141103-1

Pour un livre numérique édité par un éditeur “traditionnel” :

141103-2

Pour un livre auto édité et publié sur une plateforme (Kindle, iBooks ou Kobo) :

141103-3

Pour un livre auto édité et vendu directement par l’auteur :

141103-4

Des chiffres qui parlent d’eux même pour l’auto-édition, si l’on considère le seul prix unitaire du livre, à l’exemplaire. Il est alors beaucoup plus intéressant d’être auto édité, surtout que l’on a vu que l’investissement marginal (le coût à l’exemplaire) est nul pour l’auteur.

Voyons maintenant ce que cela représente par rapport au prix moyen du livre suivant le type d’édition.

En effet, on a le livre broché, le livre de poche, l’ebook, et le livre d’occasion. Et à chacune de ces éditions, il y a un prix moyen différent.

Voici un tableau de ce que cela donne :

Type d’édition Prix Moyen Part auteur Royalties auteur (en €)
Livre broché 20 € 8% 1,6 €
Livre de poche 6,5 € 10% 0,65 €
Livre numérique 6 € 15% 0,9 €
Livre auto édité 6 € 70% 4,2 €

Alors on va m’attaquer sur les chiffres. Oui, certains auteurs ont des droits d’auteur qui sont à 15 % dès les premiers exemplaires. Mais ils ne sont pas légion. J’ai pour ma part pris les chiffres diffusés par le Ministère de la Culture et qui sont censés représenter le marché dans son ensemble.

Par ailleurs, il est à noter que les éditeurs sont réticents face au développement du livre numérique, et donc ils appliquent à l’extrême la règle du prix unique du livre. Pour eux, un ebook vaut le même prix qu’un livre numérique et il n’est pas rare de voir les sorties des livres à 14,99 € sur Kindle ou iBooks.

À l’inverse, les auto éditeurs ont moins de coûts de structure, et sont d’accord pour vendre leurs ebooks à 0,99 € ou 2,99 € (ce qui a un impact sur leurs royalties).

Poussons le calcul alors plus loin en supposant un auteur auto-édité qui vend son livre sur Kindle à 2,99 € TTC au lieu du prix moyen. Il gagne 1,96 €.

Il gagne plus sur chaque exemplaire que l’auteur qui est passé par un éditeur.

Évidemment, s’il passe au prix le plus faible, il touche moins chez Amazon, et à 0,99 € TTC de prix public, il va toucher 0,34 €.

Continuons à parler de moyenne : un tirage moyen dans l’édition traditionnelle est à 7362 exemplaires en 20011 (et cela a tendance à baisser). Disons 7 000 exemplaires. Sur le premier tirage, un auteur peut donc escompter gagner 11 200 €. Avec un livre auto édité, il lui suffit de vendre 2 700 exemplaires pour gagner autant d’argent.

Tout ceci sans parler des retours. Cela ne concerne que les grandes maisons d’édition, mais il y a un mécanisme où les libraires vont recevoir d’office des livres, qu’ils auront ensuite un an pour retourner à leurs frais à l’éditeur, qui devra soit les redistribuer soit les pilonner.

Dans l’excellent article paru dans Actualitté, l’auteur évoque un taux de retour de 35%. Donc sur les 7 000 premiers exemplaires de notre hypothèse hypothétique, seuls 4 550 exemplaires seraient vendus. Soit un gain pour l’auteur de 7 280 €. Avec le modèle évoqué ci-dessus, il suffirait à l’auteur de vendre un volume de 1 800 ouvrages pour obtenir la même rémunération.

Ça, c’est la moyenne. Le best-seller de 2013, “Cinquante nuances de Grey”, vendus à 492 500 exemplaires, et au prix actuel chez Amazon de 7,99 € rapporterait 2 754 000 euros à son auteur si toutes les ventes étaient numériques et en auto-édition. Ce n’est pas le cas, mais ça fait rêver…

En conclusion, on gagne beaucoup plus sur chaque exemplaire vendu avec un livre auto édité en numérique qu’avec un livre papier en circuit traditionnel. À l’exemplaire. Il se vend toujours beaucoup plus d’exemplaires de livres papier que d’ebooks.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 2

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

Est-ce qu’on peut devenir riche ?

Oui, on peut.

Je vous assure que quand mon père parlait de chiffre d’affaires de plus d’un million d’euros par an dans l’édition numérique, il ne mentait pas. Il voyait par contre l’édition comme une activité qui ne se limitait pas à l’écrit.

Joe Konrath, une des figures de l’édition numérique aux Etats Unis, a gagné 50 000 dollars par mois.

Est-ce que vous allez devenir riche ? Ce n’est pas mathématique. Ce n’est pas assuré. Ce n’est d’ailleurs probablement pas votre but.

Mais si c’est votre but, votre réel but, vous pouvez le faire. Le nombre de lecteurs de livres numériques est suffisant, les liseuses et les canaux de lecture sont là. Les premiers bons chiffres de vente commencent à arriver.

Surtout, l’édition est une activité de capitaliste, de rentier. Chaque livre que vous éditez est une petite entreprise qui vous rapporte de l’argent. C’est un excellent investissement de votre temps et de votre génie. Et avec de l’intelligence, de l’opportunisme et de la créativité, votre investissement peut vous rapporter de l’argent pendant des années.

Demandez aux héritiers d’Hergé ou d’Uderzo pourquoi ils se déchirent : même après le décès des créateurs, le gateau est énorme. D’ailleurs Astérix est le plus gros tirage en édition de l’année 2013 : 1 300 000 exemplaires.

C’est un des moyens qu’ont utilisé les éditeurs “classiques” pendant des années pour assurer une activité pas forcément très rémunératrice mais intéressante en termes de chiffre d’affaires: faire travailler leur fond éditorial. Leur fond de catalogue.

Si vous avez un fond éditorial riche avec plusieurs livres, et qu’ils se vendent régulièrement même “petitement”, chacun de ces livres vous rapporte chaque année un peu d’argent. Un peu de chiffre d’affaires. Ou un peu plus si vous faites des progrès en termes de marketing.

En faisant de l’édition numérique, vos coûts de stockage et de production sont proches de 0 à l’exemplaire vendu. Pas de frais d’impression, pas de frais de stockage ou de diffusion (transport etc).

Bien sûr, vous n’êtes pas non plus à l’abri de faire un lancement qui marche bien en plus. Si vous vendez plusieurs milliers d’exemplaires d’un livre quand il sort, c’est autant qui vient mettre du beurre de qualité supérieure dans vos haricots extra-fins.

Est ce que l’édition classique est foutue ?

Quand je parle d’édition classique, il faut faire attention à ne pas tout mettre dans le même panier. Certains éditeurs ont une approche purement commerciale et grand public de leur métier. D’autres ont une approche presque religieuse. Certains vont fonctionner avec des gros tirages dans des grands magasins, des grandes surfaces culturelles spécialisées (Fnac, ex-Virgin, ex-Borders pour les USA), d’autres avec des distributeurs plus confidentiels et plus pointus.

Je comprends tout à fait mes amis et mon entourage qui me disent qu’ils n’achèteront jamais un lecteur d’ebooks. Moi même je ressens un frisson en rentrant dans une grande librairie, comme ce grossiste qui existait boulevard Saint Germain, où j’arpentais les rayons avec mon père.

Je continue à acheter des livres, même si j’achète plus volontiers des ouvrages d’occasion, ou des beaux livres, exceptionnels par la richesse de leur contenu : livres de design ou de graphisme, livres de photographie…

Mais je regarde mon usage : fatigué un temps de traîner tous ces livres de logement en logement, j’ai disséminé ma bibliothèque de romans, puis arrêté d’en acheter. Par contre depuis que j’ai un Kindle, j’ai explosé mon nombre de livres. Il faut vous dire que mon père m’a donné la mauvaise habitude de lire les romans en série.

176 livres sur mon Kindle. 50 sur mon iPad. Je crois que je dois aller consulter. Or les livres du Club Positif bien sûr. Et pas tous des ebooks de 35 pages : la quadrilogie du Trône de fer en anglais, 5678 pages.

Le livre classique est en danger. Les grandes surfaces culturelles et les libraires ferment (Virgin, Chapitre). Quand une librairie ferme, ce sont des emplois, mais aussi l’accès à la culture, parfois la seule librairie variée d’une ville.

Est ce qu’on ne va acheter nos livres que dans des hypers ? Avez vous vraiment envie d’avoir le choix proposé par Auchan, Carrefour ou Leclerc ? Si des grandes surfaces culturelles ou des chaînes ont l’habitude d’avoir un nombre limité de références et de livres, c’est encore pire pour les hypermarchés.

Ils vont aller chercher uniquement des livres dont ils sont sûrs de pouvoir les écouler.

La variété de l’édition classique risque donc de se dégrader encore.

La domination des ebooks et de la vente par internet est-elle alors inéluctable ? En tout cas elle va progresser. Il y a un cercle vertueux entre les livres et les liseuses : plus il y a de bons livres à lire, plus c’est intéressant d’avoir une liseuse, plus cela pousse les éditeurs à aussi travailler sur la version numérique des livres.

Et la fermeture des librairies rend l’intérêt des ebooks plus fort encore. Quand il n’est pas possible de trouver les libraires qui vont pouvoir vendre des livres à intérêt plus spécifique, plus recherché, où va-t-on se retourner ? Vers la vente par correspondance, et les ebooks.

Alors le terme de “foutu” est peut être un peu fort, mais l’édition classique va encore vivre une métamorphose plus forte dans les années qui viennent. Elle ne se fera pas sans heurt et sans drame. Il peut en ressortir quelque chose d’aussi bien ou de moins bien, et ça c’est le travail des éditeurs qui le permettra.

Est ce que toute les librairies vont fermer ?

Oui, certaines librairies vont encore fermer. Et pas que par la faute du grand méchant loup Amazon (ou le bouc américain).

Les français lisent moins: 69% ont lu un livre au cours des 12 derniers mois en 2013, contre 74% en 1997.

Surtout le chiffre d’affaires du secteur a fondu comme peau de chagrin : de 14,9 Milliards d’euros en 2000 à 2,7 Milliards en 2013.

Le mode de distribution des livres impose des difficultés aux libraires. Le secteur bouge, se transforme. Et qui dit transformation dit ouvertures et fermetures, embauches et débauches.

En 13 ans, la distribution a beaucoup changé (source Ministère de la Culture) :

Canal de vente Part de marché 2000 Part de marché 2013
librairies et librairies de grands magasins 22,2% 18%
grandes surfaces spécialisées 17,2% 22%
grandes surfaces non spécialisées 17,8% 19,5%
maison de la presse 9,1% 4%
VPC et internet 24,1% 32%

Et la rentabilité de la librairie indépendante est faible: 0,6% du chiffre d’affaires sur un échantillon de 800 magasins.

Est ce que tout ceci est la faute du livre numérique? Non. C’est l’usage des lecteurs qui a changé.

Il faut comprendre que les gens ont une certaine durée incompressible de loisirs. Disons arbitrairement 4 heures par jour (ce qui est optimiste). Ces 4 heures se partagent entre lecture, TV, cinéma, consoles de jeux, sorties, théâtre etc. Si les gens passent plus de temps devant leur ordinateur à se connecter à Facebook ou à regarder des vidéos sur YouTube, à jouer à leur PS4 ou à aller au cinéma, c’est autant moins de temps à consacrer au livre.

Donc de manière générale le livre est en perte de vitesse.

Pourtant dans ce secteur en berne, le livre numérique voit son usage augmenter. 49 millions en 2010, 81 en 2013. Et surtout 13 millions en téléchargement en 2010, 70 millions en 2013.

On a donc deux courants contraires : un cercle vicieux et en développement pour l’édition papier des livres, un cercle vertueux et ascendant pour l’édition numérique des livres.

On n’en est pas encore à 20% des livres vendus sous forme numérique. Quand on atteindra ce seuil, le changement sera encore plus rapide. De plus en plus de lecteurs seront exposés au numérique, des livres dont on parlera ne seront disponibles qu’en numérique au début. Quand les lecteurs auront goûté au numérique, ils apprécieront ses avantages, sans se préoccuper de ses inconvénients : le coût du livre, la portabilité des liseuses, une sélection de titres plus large et plus facile.

Les réponses aux questions sur les e-books – Jour 1

Je vais tout de suite faire preuve de ma fainéantise en commençant par des questions faciles. Les numéros se rapportent à la liste qui est sur la page générale de présentation des articles.

1. Qui peut écrire et éditer un ebook ?

Tout le monde peut écrire un ebook. Evidemment. Tout le monde peut s’asseoir devant son ordinateur, son cahier, sa machine à écrire et commencer à mettre des mots derrière des mots, donner du style ou répondre à une question. On peut écrire de la poésie, on peut écrire un pamphlet. On peut vouloir faire du roman érotique, ou une histoire pour les enfants.

L’écriture n’est pas réservée aux écrivains.

D’abord personne n’est né écrivain. Ce n’est pas quelque chose que l’on est, c’est quelque chose que l’on devient en le faisant.

Ensuite, et c’est très important, il faut que vous vous rappeliez que vous n’avez pas de limite: vous êtes doté du même cerveau que les autres humains, et c’est cela qui compte.

Donnez-vous la permission. Vous êtes la seule personne qui peut décider pour vous même ce que vous voulez faire. Personne ne le fera à votre place. Ce n’est pas moi qui vais le faire, ce n’est pas à moi. Pour que ça marche c’est à vous de le faire !

On vous a peut être dit que vous ne pouviez pas écrire, que c’était difficile, que c’était sérieux… N’écoutez pas les jeteurs de sorts. Ne croyez pas les gens à l’esprit étroit. Je ne sais pas ce qu’ils veulent : vous condamner à la médiocrité, vous garder sous leur coupe, vous protéger parce qu’eux même ont peur, mais dire à quelqu’un “tu ne peux pas le faire” n’est pas la meilleure preuve d’amour ou d’amitié.

Vous avez fait des études scientifiques ? Et alors ?

Vous n’avez pas fait d’études ? Pas un problème non plus.

Ce qui compte avant tout c’est d’avoir envie de partager : une histoire, un savoir, une expérience. Et de transformer cette envie en désir très fort, qui vous consume.

Vous ne savez pas écrire ? Bonne nouvelle, ça s’apprend. Et voire même vous n’avez pas besoin de savoir écrire. Car vous pouvez vous être simplement éditeur.

Pour l’apprentissage, vous trouverez des formations et des livres sur internet, et ailleurs. Vous pouvez participer à des ateliers de lecture. Regardez autour de vous, intéressez-vous et vous en trouverez probablement un pas loin de vous.

Etre éditeur aussi est possible pour tout le monde.

Il vaut mieux avoir 18 ans et la possibilité de contracter. Mais passé ces deux obligations, vous vivez dans une époque où l’édition est en mutation et, d’un métier technique avec de nombreuses barrières capitalistiques, financières et relationnelles devient un métier que l’on peut exercer en étant (presque) tout seul.

Vous pouvez éditer des livres libres de droit. Il y en a des centaines, des milliers, des centaines de milliers. Et dans cet ensemble, tous les ouvrages ne sont pas publiés aujourd’hui.

Je conseille généralement de commencer par un livre libre de droit pour l’édition. C’est plus facile parce que l’on se détache de l’aspect émotionnel, de la peur qu’on peut avoir à publier quelque chose qu’on a soi-même écrit, ou son premier ouvrage original. En apprenant avec un livre libre de droit vous évitez cette crainte du rejet. Vous êtes plus neutre.

Certaines personnes vont dire que c’est du vil opportunisme. Oui, de l’opportunisme. Mais c’est fait avec respect. Respect de l’œuvre, respect de l’auteur et respect des lecteurs. Sinon, ça n’a pas d’intérêt.

Si vous faites de l’édition uniquement pour gagner du fric, vous n’y arriverez pas, ou vous ne durerez pas.

Si au contraire vous choisissez des ouvrages de qualité pour leur redonner vie, leur prolonger leur vie, faire des lecteurs contents, tout le monde est gagnant.

12. Est ce que c’est le bon moment ?

Pas de suspense haletant, je ne sais pas écrire de romans. Enfin, je ne me suis pas encore donné la permission 😉

La réponse est oui !

“Tout ce qui peut devenir numérique le deviendra”. Ce slogan publicitaire à l’emporte-pièce est la marque de fabrique des années 80 à nos jours et a vu la transformation et l’explosion de nouveaux marchés : le CD, la photo numérique, la téléphonie, les mp3, la vidéo.

Il est illusoire de penser que l’édition numérique n’est qu’une mode. Le secteur de l’édition a résisté longtemps (plus passivement qu’activement) à cette numérisation, mais elle est inéluctable.

Ca ne signifie pas que le livre papier va disparaître. Si on continue le parallèle avec d’autres industries, dites vous qu’en 2014 c’était la meilleure année pour l’industrie phonographique en 20 ans. Le disque vinyle résiste et gagne encore.

Cette numérisation du livre s’accompagne d’un bouleversement de l’accès à la distribution. Avec un livre papier, les obstacles à franchir pour vendre son livre peuvent être nombreux et coûteux. La numérisation et l’accélération de la micro-fabrication permettent de vendre sans constituer de stocks, et sans avoir de nombreux intermédiaires entre l’auteur et le lecteur.

C’est dans des époques comme celles-ci que naissent les futurs géants industriels, et vous pouvez vous aussi en profiter. Parce qu’apprendre de nouvelles choses et prendre de l’avance sert aussi toujours à s’adapter au futur.

C’est aussi quand un marché se développe qu’il faut s’y installer, pour grandir avec lui. Si vous n’avez que 1 million de clients potentiels et que vous vendez à 0,1% d’entre eux, quand le marché a grandi de 100%, votre clientèle aussi.

La technologie détruit la technologie. Je ne suis pas capable de dire si un jour le livre numérique disparaîtra, mais regardez ce qui est arrivé au marché du CD, et dites vous que cela pourrait aussi être le cas pour le livre numérique. Il va y avoir des années fastes devant nous, mais il est fort probable que ces années fastes ne seront un jour qu’un souvenir. Ce jour là, vous serez passé à autre chose.

Je pourrais m’appuyer sur Schumpeter et sa théorie de la destruction créatrice, et je le fais certainement sans le vouloir, tant je pense que c’est un des fondements du progrès technique et économique. La crise bouscule les positions acquises et rend possible l’exploration d’idées nouvelles et ouvre des opportunités. C’est le cas pour l’édition.

On observe majoritairement le cycle suivant dans l’adoption d’une technologie :

– innovateurs : des fans de technologies qui prennent un pari alors que personne n’y croit, ou si peu. Ce sont les gens qui ont acheté la première Ford T, les idiots qui ont fait la queue en novembre 2007 pour acheter un iPhone (mes enfants m’en parlent encore), les gens qui ont acheté une liseuse Sony au début des années 2000.

– adopteurs précoces : ce sont les visionnaires, qui veulent aller de l’avant. Ils sont plus nombreux que les précedents. Aujourd’hui ce sont les personnes qui s’achètent une voiture électrique, une Zoe ou une Tesla. La technologie est là, elle marche.

– la majorité progressiste : ils sont pragmatiques. Les acheteurs de Kindle aujourd’hui font partie de ce groupe, plus aux Etats Unis qu’en France, ou on est encore un peu en retard dans le cycle.

– la majorité conservatrice : je résiste, je résiste. Les choses avancent sans moi, mais j’ai un peu peur d’être laissé sur le bord de la route alors je m’y mets aussi.

– les sceptiques. Généralement, quand ils adoptent une technologie, c’est qu’ils n’ont vraiment plus le choix, par exemple parce que la technologie précédent n’est plus disponible.

Vous voulez être dans quel groupe ?

Maintenant regardez ce schéma :

141101DiffusionOfInnovationLicencié sous CC BY 2.5 via Wikipedia

Voyez vous à quel moment le marché est le plus intéressant ? Quand on passe des adopteurs précoces à la majorité progressiste. Non pas parce qu’on est tôt dans la courbe, mais parce que c’est à ce moment que la majorité du marché arrive à maturité.

7. Est ce qu’il faut attendre ?

Désolé, c’est apparemment deux fois la même question. Mais voyons la question du “moment” sous un angle différent.

Le mot est procrastination. Il signifie “remettre à demain ce que l’on peut faire le jour même”. C’est une maladie bien humaine. C’est une maladie du confort ou de l’oisiveté. Ou du stress aussi.

Mais c’est une maladie qu’il vous faut vaincre.

On peut toujours trouver une bonne excuse pour attendre. Par exemple, “je vais attendre que la guerre des formats s’achève pour faire un ebook dans le format qui va gagner”. Ou “je vais attendre que les lecteurs soient plus équipés en liseuses”.

Oh, les bonnes raisons. Sauf qu’elles ne vous font pas grandir, qu’elles ne vous font pas avancer. Elles vous offrent juste un justificatif pour ne rien faire. Et ce serait dommage pour vous de ne rien faire, jamais. Voulez-vous vous retrouver dans 10 ans à regretter ? “J’aurais pu me lancer dans l’édition numérique quand cela a commencé à vraiment décoller, dommage”.

J’en reviens à ce que je disais plus haut : donnez vous la permission. La permission d’essayer. De réussir. D’échouer aussi. Mais vous n’aurez pas ce genre de regret.

La procrastination détruit complètement votre capacité d’agir, et vous met dans une position d’immobilisme.

J’ai un adage personnel qui est “Il vaut mieux un con qui bouge qu’un génie assis”. Je ne sais pas d’où il vient, mais à chaque fois que je suis dans une phase d’immobilisme il me revient. Même si je ne sais pas quoi faire, le fait de faire quelque chose me permet ensuite de savoir ce que je dois faire. Si je passe mon temps à réfléchir, à la fin de la journée, qu’est ce que j’ai ? RIEN.

Admirez vous les gens qui procrastinent ? NON. Admirez vous les esprits libres qui défrichent, qui inventent et qui parviennent parfois à faire des choses géniales, simplement parce qu’ils ont essayé de le faire ? OUI.

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