Pourquoi Kobo est une des meilleures boutiques pour les autoédités

Alors oui, cet article est “intéressé” : en mettant ainsi en avant Kobo j’espère qu’ils vont encore plus souvent mettre en avant les livres que j’ai publiés chez eux. Ne nous voilons pas la face, “I’m a whore”, comme disent les américains.

Mais si je le dis, c’est aussi, et avant tout, parce que je le pense.

Voyons ensemble les raisons qui me poussent à déclarer ainsi ma flamme, et à mettre Kobo au-dessus d’iBooks par exemple, et dans une case différente d’Amazon.

Kobo est une bonne boutique pour les lecteurs

Utilisation d’un format ouvert et accessible à tous, interopérable comme disent les technocrates : utiliser le format epub est dans l’intérêt des lecteurs aussi.

Les formats spécifiques à des constructeurs ont ce gros désavantage qu’ils ne progressent pas forcément dans l’intérêt des lecteurs et sont inutilisables par d’autres. Vous ne pouvez pas, par exemple faire une application pour tablette ou une liseuse qui pourrait lire le format des ebooks d’Amazon.

Vous avez de la liberté par rapport à Kobo grâce à leur utilisation de ce format : la liberté d’utiliser une autre application que la leur, la liberté de changer de liseuse, la liberté de continuer à lire vos livres qui ne sont pas encombrés par les DRM si le Canada est rayé de la surface du globe et que Kobo disparaît.

Un autre aspect intéressant est que vous pouvez vraiment récupérer vos livres, le fichier, et les sauvegarder ailleurs. Il vous faudra évidemment un ordinateur pour le faire. Mais ce n’est pas complexe et techniquement un cauchemar. À l’inverse, essayez de récupérer un livre acheté sur iBooks, le fichier ePub lui-même.

Ils traitent bien leurs lecteurs, et traitent bien aussi les lecteurs qu’ils récupèrent.

Les clients de Flipkart sont passés chez Kobo quand cette boutique indienne a fermé ses portes. Récemment, eu Royaume-Uni, il y a deux vendeurs de livres qui ont arrêté de distribuer des livres numériques. Le plus choquant à mon sens était l’arrêt de Nook, la filiale de livres numériques de Barnes&Noble : ils ont donné leurs clients à une chaîne de supermarchés, Sainsbury.

À l’inverse, c’est Kobo qui a récupéré les clients de Waterstones. Cela ne se fera pas sans grincements de dents, mais Kobo a l’avantage d’avoir un catalogue très profond.

Kobo est aussi un bon partenaire pour les auteurs

La visibilité pour un primo auteur n’est pas facile à acquérir sur leur boutique, et il est vrai qu’il faut qu’ils travaillent à améliorer cela. C’est dans leur intérêt d’avoir de la diversité et de pouvoir s’appuyer sur cette communauté dynamique pour satisfaire leurs lecteurs.

Pour un auteur qui s’investit dans cette relation, il y a tout à y gagner :

  • un contact avec les équipes de Kobo qui sont à l’écoute et sont présentes sur plusieurs salons au cours de l’année,
  • un rayonnement international qui ne se limite pas à une dizaine de pays,
  • une structure de prix qui est avantageuse pour les auteurs productifs,
  • un outil de gestion qui malgré ses petits bugs persistants offre des fonctions pertinentes et utiles (la gestion des périodes de promotions, la pré-commande plusieurs mois à l’avance).

Je vais m’attarder sur la structure des coûts, car elle peut être très intéressante pour les auteurs les plus productifs.

Vous savez comme quand vous allez au-dessus de 9,99€ sur Kindle, vos royalties, vos royalties redescendent à 35% ? Ce n’est pas le cas chez Kobo et cela en fait une boutique intéressante pour certains livres plus chers. Pour l’auteur de fiction, le cas typique est le coffret de livres : mettez 4 ou 5 livres d’une série ensemble à un prix inférieur à la somme des livres séparés sur Kobo, et vous pourrez les vendre chez Kobo en continuant à percevoir des royalties conséquentes.

Et les lecteurs de Kobo sont un peu moins sensibles aux prix que sur Kindle, donc ils voteront avec leur porte-monnaie.

À l’inverse, si votre démarche est adaptée à cette stratégie, vous pouvez mettre un livre gratuit sur Kobo. Quand personne ne vous connaît ou ne vous a lu, offrir un livre entier est encore le meilleur moyen d’avoir des téléchargements, et découvrir de nouveaux lecteurs.

Le problème avec Kobo

Évidemment, rien n’est parfait dans ce monde, surtout pas moi, et il y a quelques inconvénients qui persistent.

Je n’ai pas acheté les plus récentes générations de liseuses, mais celle que j’ai est qualitativement inférieure à ma Paperwhite 1. Dans mon esprit, les liseuses sont un peu moins bien : plus lentes, plus épaisses, avec une interface un peu moins bonne.

L’outil de gestion, si vous l’utilisez en direct pourra déclencher des colères chez vous : il m’est encore arrivé récemment de devoir recommencer la création d’un ebook, car elle plantait et ne conservait rien. Et récemment, j’ai eu des soucis avec le chargement des couvertures.

La visibilité quand on commence dans l’autoédition : elle est difficile à acquérir avec Kobo. Il faudra faire plus d’efforts, et vous n’aurez pas les avantages d’un programme KDP Select (l’opium de l’auteur KDP).

Ce qu’en disent les auteurs indépendants

Il y a deux écoles qui disent deux choses opposées et personne ou presque au milieu. Le clivage est assez étonnant.

D’un côté, vous avez les auteurs 100% KDP, qui d’ailleurs sont tous KDP Select. Les bénéfices de la participation à l’abonnement Kindle sont leur drogue, et est importante. Cédric Charles Antoine dans son interview parlait de l’équivalent de 25% de ses redevances sous la forme de KU. Difficile à abandonner.

Parmi ceux-ci, certains ont tenté temporairement l’aventure Kobo, temporairement. J’ai tendance à croire que le “temporairement” a été un facteur d’échec de leurs tentatives. Ils n’ont pas remplacé les revenus apportés par KU en ouvrant leur mode de distribution.

À l’opposé du spectre, vous avez ceux qui ont pris le parti d’être large et de ne pas succomber aux sirènes du KENPC. Petit à petit, ils ont vu leurs redevances grandir. Je rappelle le post de David Forrest (aussi connu pour son site Kouvertures.com) sur la structure de ses redevances.

Tous les lecteurs sont de bons lecteurs

In fine il ne faut pas oublier que tous les lecteurs sont intéressants : être large est une bonne démarche sur le long terme.

Vous pouvez comme moi être cynique, et utiliser KDP Select quand cela sert un objectif très précis : pénétrer un marché, vous intéresser spécifiquement à un lectorat qui est d’abord sur Kindle. En français, j’ai un livre en KDP Select. Pour essayer de trouver un lectorat aux États-Unis, j’ai mis plusieurs livres en KDP Select et fait des campagnes de promo gratuite (1300 téléchargements en une journée !).

Vous pouvez être cynique comme ces auteurs qui ont des livres en KDP Select et les intégrales en coffret sur Kobo et iBooks.

Les éditeurs ne sont pas des œuvres de charité, les boutiques de livres numériques non plus.

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