Quelques conseils pour mieux tirer son épingle du jeu sur iBooks

(ces conseils et’appliquent aussi à Kobo dans une certaine mesure, mais ce distributeur est plus facile qu’iBooks, même j’y gagne personnellement moins d’argent que sur iBooks)

Je m’accroche parfois avec d’autres auteurs indépendants sur la question de KDP Select. Par exemple, ce week-end avec Patrick Ferrer (auteur du Baiser de Pandore). Je m’accroche parfois avec moi-même 🙂 puisque j’ai publié plusieurs livres en KDP Select au début de l’été. Et un argument qui revient fréquemment est : «oui, mais sur iBooks, on gagne pas un rond ».

D’abord, ce n’est pas vrai. Vous, en tant qu’auteur vous ne gagnez pas un rond, peut-être, mais ce n’est pas vrai pour tout le monde. Ce n’est pas vrai pour «les auteurs autoédités» si un tel profil existe. Les exemples abondent d’auteurs indépendants qui gagnent de l’argent, des lecteurs sur iBooks. Il y en a même qui gagnent plus d’argent sur iBooks que sur Kindle.

Regardez le top des ventes iBooks aux USA (le plus gros marché) : vous y verrez, pas tout en haut d’accord, des auteurs qui s’autopublient.

Mon cas personnel est le suivant : j’ai longtemps gagné plus d’argent sur iBooks que sur Kindle, même si ce ne sont jamais des sommes confortables (pour des raisons trop longues à expliquer, vendre des ebooks sur plateformes est moins intéressant pour moi qu’en direct). Il y a eu un renversement de tendance cet été car j’ai mis les trois livres sur l’autoédition exclusivement sur Kindle. Bon, deux traitent presque exclusivement de Kindle. Attention, on parle de sommes qui avoisinent les 100 euros par mois. Pas de quoi reposer son stylo ni fermer son Scrivener.

Mais ce qui vous intéressera le plus, c’est la réponse à cet état de fait. Comment gagner plus d’argent sur iBooks, avoir plus de lecteurs, des lecteurs plus fidèles ?

Je retranscris ici ce que j’ai synthétisé de la bouche de deux auteures qui écrivent des livres de fiction et réussissent sur iBooks. Vous pouvez les retrouver dans le podcast de Joanna Penn et dans celui de Johnny, Sean et Dave. Si je ne vous donnais pas mes sources, vous pourriez encore croire que je sors cela de mon… OK, je me tais.

Avoir une emprise sur iBook prend du temps

Les auteurs autoédités qui sont contents avec iBooks le disent souvent : il faut du temps pour qu’iBooks devienne une part plus importante de leur lectorat. Un an est une durée qui revient quand on les écoute.

Je vous rappelle le principal défaut d’iBooks : une mauvaise découvrabilité (oui, c’est un mot qui n’est pas dans le dico (1)).

Si quelqu’un vous découvre dans iBooks, c’est parce que vous l’avez envoyé là-bas. Sinon, personne ne vous trouvera. Dans l’espace personne ne vous entend crier.

Vous ne pouvez pas avoir de visibilité sur iBooks si vous ne donnez pas de visibilité à iBooks

Si vous êtes présent sur iBooks mais que vous ne le mettez pas en avant, si vous utilisez un lien d’affilié vers Amazon, mais pas un lien d’affilié vers iBooks, voire carrément pas de lien vers iBooks, attendez vous au même traitement de la part d’iBooks et de son équipe de merchandising.

Donc il faut que vous soyez gentil avec iBooks et que vous traitiez ce vendeur de la même manière qu’Amazon.

iBooks met à votre disposition des badges, des liens des moyens de mettre en avant leur boutique. Faites-le

Faites-en la promotion pour qu’ils fassent votre promotion.

Sur iBooks, les lecteurs sont moins sensibles au prix

Sur iBooks, vous touchez 70% du prix HT de vos ebooks, quelque soit le prix de votre ebook. 0,99 € ? 49,97 € ? Même combat.

De plus, avec la présence plus forte des éditeurs traditionnels qui ont toujours tendance à mettre le même prix pour la version électronique que pour la version numérique/électronique, les lecteurs ont l’habitude de voir des prix qui sont dans un intervalle plus grand, et qui peut dépasser les 10 €.

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Cliquez pour voir les prix des meilleures ventes sur iBooks, vous n’allez pas y croire !

 Sur iBooks, le gratuit n’est pas traité avec répugnance

Sur iBooks, le classement des livres gratuits est juste à côté du classement des livres payants.

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Et si vous allez dans une catégorie, les livres gratuits sont aussi bien mis en avant que les livres payants.

Trouvez les intrus gratuits
Trouvez les intrus gratuits

Or la tactique qui consiste à « offrir» un livre gratuit pour se faire découvrir et faire entrer un lecteur dans un livre, une série, une collection, un auteur est une stratégie qui marche bien.

Sur iBooks, le classement est plus stable

Je ne sais pas quelle est la formule du classement. Je sais que j’ai des livres qui sont dans le top 100 gratuit depuis plusieurs mois. Et ils y restent.

Les auteurs trouvent aussi qu’il y a moins de « manipulation » des classements, avec des entrées et des sorties éclair de titres dans le top du classement (éclair comme dans « offre-éclair »). Je ne dis pas qu’un Bookbub ne provoque pas de gros changement. Mais le classement des ventes étant un classement des ventes, sans impact de mise en avant par KDP Select ou Kindle Unlimited, pour parler des mis en cause, il reste plus stable.

Revers de la médaille : c’est plus long de rentrer dans ce classement.

Les séries sont bien mises en avant dans iBooks

Suivant la liseuse Kindle, vous pouvez rater les autres épisodes d’une série car celui-ci ne les mets pas en avant quand vous avez fini de lire. Dans iBooks US, il y a eu une catégorie « premier gratuit dans une série », et il y a souvent des mises en avant de séries, ou de premiers dans une série sur iBooks FR.

Et quand vous avez finie de lire un livre d’une série, le suivant est proposé directement, de manière exquise et qui donne envie de lire la suite.

Les pré-commandes, ça marche

Pas si vous faites une pré-commande deux jours avant la sortie. Ne faites pas cette erreur (j’ai été mordu moi aussi). Mais si vous avez un planning de sorties, ce qui doit être le cas si vous en faites une profession, vous pouvez mettre de nouveaux livres en pré-commande jusqu’à un an en avance. Pas de nastygram si vous devez déplacer la date de sortie.

Et vous pouvez mettre en pré-commande sans couverture, sans ebook de brouillon.

Sur iBooks, tout n’est pas si rose

Bien sûr, tout cela ne change pas les terribles limitations d’iBooks pour les autoédités : pas de mots clés, pas de bonne recommandation des livres les uns par rapport aux autres, pas d’email envoyé par Apple pour mettre en avant des produits.

Et dans ce que j’ai écrit jusqu’à présent, il y a un sens : ce n’est pas parce que vous donnez une visibilité de fou à iBooks qu’iBooks vous rendra la même chose. Etc…

Mais regardez plus loin qu’aujourd’hui ou demain, ayez une perspective à 10 ans sur votre carrière d’auteur, qui se construit souvent doucement. Même si vous en êtes à votre premier roman, à vos premiers romans, vous devez viser la durée et l’étendue.

Donc ce billet s’adresse à l’auteur qui veut viser large, et faire des progrès sur iBooks, pas à celui qui attend qu’iBooks lui rapporte de l’argent pour aller dessus.

Je ne manquerai pas de revisiter ce billet si je fais des découvertes extraordinaires qui me permettent d’être n°1. (ah j’en ai déjà une : faites un livre pratique sur une nouvelle version d’iOS ou de Mac OS X avant la sortie).

1 -Discoverability (j’adore l’anglais et ses dizaines de milliers de mots supplémentaires).

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