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Comment j’ai mis le feu à mes principes

En 1997, je suis devenu directeur technique da la société dans la quelle je travaillais, Le Lab, et j’ai eu accès aux discussions avec les deux fondateurs sur la gestion de l’entreprise. Beaucoup plus intéressant et formateur que le fait de gérer le réseau, les sauvegardes ou que de manager des développeurs tous plus qualifiés que moi 😉

Parmi les choses que j’ai découvert, c’est que Montparnasse Multimedia représentait 76% du chiffre d’affaires. Un client qui contrôle plus des deux tiers de l’activité… Aïe.

Évidemment, on a travaillé à changer cet état de fait (Montparnasse s’en est chargé pour nous), et on a rééquilibré en multipliant les clients. In fine, on a refait la même erreur quelques années plus tard avec 40% du CA lié à France Télévision, et 40% à Leroy Merlin. C’était une fois de trop.

Bref, tout ça pour dire que j’ai toujours mis en avant le fait qu’il fallait multiplier les sources de revenus, chercher les lecteurs sur toutes les plateformes, ne pas succomber aux sirènes de KDP Select.

Pourtant, hier, j’ai remis deux livres (les deux livres de Joanna Penn) dan sKDP Select. Ils sont maintenant disponibles avec Kindle Unlimited ou l’Abonnement Kindle.

Est-ce trop tard pour le faire ? Seul l’avenir nous le dira.

Mais j’ai adopté une attitude cynique. Et force m’est de constater que malgré l’aide appuyée de Kobo Writing Life, que je remercie chaleureusement ici, ces livres ne se vendent pas sur Kobo. Pas plus qu’ils ne se vendent sur iBooks.

D’ailleurs, c’est assez naturel et cela va bien avec la plateforme, la manière dont les liseuses sont vendues en Fnac, les livres qui sont présentés sur la page d’accueil. Les livres pratiques à destination de ce public sont pratiquement invisibles sur Kobo, sur iBooks, et j’ai en fait passé mon temps à me fourrer le doigt dans l’œil en pensant que je pouvais avoir des ventes régulières sur ces plateformes.

Cela ne veut pas dire que Kobo ou iBooks ne sont pas bien pour d’autres livres ! J’ai vendu 90 livres déjà en janvier sur Kobo, et je vais atteindre la centaine. Mais dans un genre différent.

Pour les livres sur ce sujet, l’exclusivité de clientèle existait déjà pour Amazon Kindle, je n’ai fait que « bite the bullet », me rendre à l’évidence.

Si vous êtes abonné à l’offre Kindle Unlimited, vous pouvez donc désormais lire gratuitement Comment publier un livre et Comment gagner votre vie en écrivant sur Kindle.

Pour les livres de développement personnel que j’édite, vous pourrez continuer à les trouver sur Kobo et iBooks. Et il n’est pas dit du tout que je ne change pas d’avis plus tard. J’ai le choix, j’ai le droit, je suis autonome : parfois je fais des erreurs, mais toujours j’ai l’autonomie qui me motive, m’enthousiasme et me rend plus satisfait.

Comment bien faire une réduction de prix d’ebook pour une promotion sur Kindle, iBooks ou Kobo

Cela s’est encore produit aujourd’hui : quelqu’un que je suis a essayé de faire la promotion de son livre avec une offre commerciale, et cela a fini en eau de boudin à cause des limites des outils d’administration des plateformes. Je me suis donc dit que j’allais écrire un petit article explicatif sur la question qui puisse servir de référence à tous les auteurs indés pour les deux jours à venir.

Mais avant, on va améliorer le dictionnaire de cet article : promotion est une action incentive pour vendre ses livres, offre commerciale est le fait de proposer une réduction sur ledit livre en version numérique pour convaincre le lecteur de succomber au désir de lire ledit livre.

Je dis souvent que le marketing c’est le fait de trouver les lecteurs qui sont intéressés par votre livre mais ne le savent pas. J’irai aujourd’hui plus loin en disant qu’il s’agit aussi de permettre à ces lecteurs de ne plus voir de barrière entre leur désir de lire ce livre et l’achat.

Donc, avant de faire une offre spéciale, il faut déjà avoir trouvé votre cible, savoir vous adresser à celle-ci, et avoir les moyens de la toucher au bon moment sous l’angle de l’offre commerciale. Vous ne pourrez pas convaincre des personnes qui ne sont pas intéressées par le genre dans lequel vous publiez d’acheter, par exemple.

Ils faut planifier cette promotion : avant, pendant, après. Savoir à quel moment vous allez baisser le prix pour réaliser l’offre commerciale, comment vous allez en parler ou pas avant, et ce que vous pourrez faire après.

Avez-vous les cartes en main ? Passons à l’opérationnel avec les boutiques, puis nous aborderons les cas particuliers.


Avertissement

Sur KDP, il y a une fonction extrêmement fallacieuse ou imprécise, un panneau dans lequel beaucoup de novices tombent : le Kindle Countdown Deal. Amazon ne prend aucune précaution pour expliquer cela, et au contraire va vous vendre le Countdown Deal comme la solution idéale pour les offres commerciales. Mais cela ne fonctionne que sur le marché Nord Américain (et encore, je ne suis pas sûr que cela fonctionne au Canada). Méfiez-vous en comme la peste jusqu’à ce que la fonction change.

Kindle Countdown Deal = Marche pas


Changer ses prix chez Kobo

Kobo a récemment fait évoluer l’interface de Kobo Writing Life en apportant plus de fonctions sur la fixation du prix.

C’est une bonne chose parce que les fonctions manquaient. C’est aussi bon signe car une interface qui évolue est le signe d’une bonne santé opérationnelle.

On peut maintenant programmer des modifications de prix mais aussi des offres commerciales, en faisant le distingo entre les deux choses, et en maîtrisant l’ensemble des devises.

Bon, OK, parfois cela fait trop d’info et je doute que vous vendiez beaucoup de livres en Rands sud africains… Mais qui sait ? L’Afrique du Sud est un pays à la démographie vigoureuse, il est possible que vous accédiez à un marché de qualité un jour là-bas.

Avec Kobo, définissez un prix promotionnel, sa date de validité et choisissez les territoires
Avec Kobo, définissez un prix promotionnel, sa date de validité et choisissez les territoires

Sur l’interface de KWL, vous pouvez donc programmer une promotion avec une offre commerciale en cliquant sur « Programmez une promotion » :

Puis vous pourrez donc fixer la date de début et la date de fin de votre offre commerciale, et changer les prix par devise. Je vous conseille de veiller toujours à répercuter votre offre commerciale en dollars canadiens, l’autre grand pays de la langue francophone de Kobo, sinon Marie Bo va vous sonner les cloches.

Petite particularité de Kobo : la date de fin de l’offre commerciale correspond en fait à 23h59 le jour choisi. Donc dans l’image ci-dessus, j’ai choisi une promotion d’une seule journée. Dieu merci, cela est expliqué.

Ensuite, Kobo va vous envoyer des emails pour vous prévenir de la promotion, pour vous rappeler la promotion etc. Et le jour J, vous n’aurez rien à faire. Ce sera automatique et vous pourrez continuer à boire de Daïquiri. Ou à spammer vos copains sur Facebook.

Autre petite nouveauté qui n’est malheureusement pas encore répercutée pour nous les indés : la boutique Kobo affiche les réductions.

Oui, vous savez, cette information que Kindle a fait complètement disparaître, même des offres éclair ? Sur Kobo ils se sont rendus compte que c’était incitatif à l’achat, donc ils ont au contraire décidé de l’afficher clairement dans la page du titre.

Mais comme je le disais, ce n’est pas encore disponible pour nous. Je ne vous invite pas à écrire à l’équipe Kobo Writing Life tous les jours pour que nous y ayons aussi accès. Ce n’est pas moi. Non, n’écrivez pas tous les jours.

Si vous mettez le titre à 0,0 €, il n’y aura pas 0€, mais « gratuit ».

Dans l’exemple ci-dessus, il s’agit du livre de mon père La Dynamique Mentale, publié en 1976, et en promotion exceptionnelle jusqu’au 22 janvier, un livre de développement personnel.

Le 23 janvier, automatiquement, ce livre reviendra à son prix initial de 2,99€.

Ces fonctions de programmation de prix fonctionnent tout le temps, même pendant la trêve des confiseurs. J’ai testé… car je n’avais pas prévu mes promotions avant cette trêve.

Vous pouvez normalement combiner une offre commercial avec un changement de prix plus long, mais je ne vous conseille pas de le faire, car malheureusement l’interface de KWL est encore connue pour ses sautes d’humeur.

Sur iBooks

Sur iTunesConnect d’Apple, vous n’avez pas ce risque. Ils se servent du même outil pour vendre 1 Milliard de Dollars d’applications sur iPhone, iPad etc : je vous assure que l’interface fonctionne. En plus, l’application est faite en WebObjects, un logiciel que j’ai utilisé plusieurs années pour… mais je disgresse, je disgresse.

Une fois arrivé dans le site, et votre livre choisi, vous verrez en haut à droite les tarifications.

C’est là que vous pourrez programmer votre changement de prix. Cliquez d’abord sur Modifier territoires et tarifs

puis choisissez les choses que vous voulez modifier à savoir la devise de référence, et le prix, d’une date à une autre. Attention, le prix est avec le point comme séparateur. Cela fait toujours mauvais effet de faire une offre commerciale à 299€ au lieu de 2,99€.

Ici, la date de fin est le jour où le titre revient au prix normal, pas 23:59 le jour où la réduction s’applique. Ce n’est donc pas le même mécanisme que sur Kobo.

Ensuite vous choisirez les territoires ou la réduction s’applique, voire vous cocherez « Tout sélectionner ». Le site web vous propose ensuite un écran de vérification et de validation en appliquant les seuils choisis par Apple que vous pouvez modifier pays par pays.

Les dates de changement de prix sont à mon sens plus claires :

Là aussi, tout est automatique le jour qui va bien, dans un sens comme dans l’autre.

Pour voir le tarif appliqué partout, il vous faudra avoir le don d’ubiquité. Car vous ne pouvez accéder qu’à la boutique française quand vous avez un compte en France etc. Et si vous avez acheté votre propre livre chez iBooks, vous ne pourrez plus le voir… Soyez confiants.

Sur Kindle : changer ses prix à la main

J’ai des livres en anglais et j’ai fait des promotions aux États-Unis, j’ai donc pu tester les fonctions de Kindle Countdown Deals. Que c’est confortable, vous dites quand changez le prix, et pof, ça marche.

Alors pourquoi faut-il que nous ayons encore cette interface arriérée en France ? Le stress qui va avec ? Est-ce un supplice chinois mis à la sauce américaine ? Je dois changer mon prix quand, la veille, le jour même, à quelle heure ? Et pendant les fêtes, quand on est censés avoir moins de monde de disponible pour valider les changements ? Quoi il va leur falloir 72 heures, non c’est pas possible ?

Frustrations, frustrations.

Dans 90% des cas, faire ce que je vous recommande fonctionnera bien : la veille de votre offre commerciale, vers 18h, connectez-vous sur KDP, allez voir votre livre, faites attention à la monnaie de référence ou, mieux, modifiez les prix territoire par territoire.

Attendez tranquillement le mail de KDP qui vous prévient de la validation de cette modification, allez vérifier. Puis communiquez.

Bon il y a les cas où cela ne fonctionne pas. Si par ailleurs vous avez programmé d’autres communications, vous êtes Gros Jean Comme Devant. Mais vous ne pouvez plus rien faire, alors pas de crise de nerfs.

Je ne vous montre pas l’interface spécifique pour programmer la modification de prix pour votre offre commerciale, puisqu’il n’y en a pas.

Une fois la période finie, vous devrez faire la même opération dans l’autre sens. Parfois vous pourriez oublier… Alors mettez des notes dans votre agenda, des alertes sur votre téléphone, ne faites pas comme moi.

Cas particulier 1 : passage au gratuit

Je ne parle pas ici du passage au gratuit si vous êtes sur KDP Select. Vous savez probablement le faire. Non, j’envisage le cas où vous passez un livre en gratuit sur Kobo et iBooks.

Vous ne pourrez rien faire pour la version Kindle, que l’enlever de la publication (ne le faites pas !)

Tant pis, ils s’en rendront compte à un moment, peut être, sur certains territoires.

Dans ce cas, ne communiquez pas sur cette plateforme.

Cas particulier 2 : l’offre éclair

Si vous êtes dans KDP Select, vous pouvez avoir la proposition d’une offre éclair par l’équipe KDP. C’est eux qui se chargent de tout. Ils choisissent la date, ils la changent éventuellement au gré du vent. Ils changent le prix, la promo ne s’affiche pas, et autres péripéties qui ne sont pas bien graves si elles ne sont pas systématiques (l’offre éclair a eu plusieurs soucis cette semaine, très agaçant).

Si vous êtes hybride, je vous fais un rappel à la loi sur le prix unique du livre (valable aussi pour les livres numériques comme l’a rappelé le ministère de la culture avec la loi de 2011). Vous pouvez en effet bénéficier d’une offre éclair sur Kindle, même en étant aussi publié sur Kobo et iBooks.

Ne dites pas que c’est la faute de votre diffuseur ! Menteur, menteur. Pourquoi votre livre est à 0,99€ sur Kindle et à 4,99€ sur Kobo ? Sur Kobo aussi les éditeurs sont en contrat d’agent et fixent les prix publics. C’est donc de leur responsabilité si le prix n’est pas répercuté partout.

Il n’y a qu’en Allemagne que les éditeurs se font poursuivre pour ce genre de choses, en France, entre nous, personne ne va le faire remarquer… Hypocrites.

Et vous ?

Avez-vous des anecdotes désagréables à raconter ? Avez-vous rencontré des boutiques qui font les choses de manière plus efficace et plus souple ? N’hésitez pas à le dire dans les commentaires, ou à me poser des questions pour approfondir la question.

Un nouveau concours pour un nouveau livre

J’organise enfin un troisième concours pour gagner mon dernier livre paru sur l’autoédition et le marketing des livres sur les boutiques numériques.

Ce livre vient tout juste de paraître, aussi il a besoin de vos commentaires, si vous gagnez, qu’il vous plaît, et que vous avez envie d’en laisser un, notamment sur la boutique Kindle (mais pas que).

Pour participer et avoir l’opportunité de gagner un des 5 exemplaires offerts, il vous suffit de vous inscrire sur la page de giveaway chez Goodreads. Seuls les résidents de France, Belgique et Suisse peuvent participer toutefois.

Ce livre est aussi disponible en version numérique à télécharger sur les boutiques numériques :

La version papier est dans les tuyaux, il devrait apparaître dans les tous prochains jours (c’est toujours un peu une surprise). Je n’ai pas réussi à finir la version audio à temps, j’ai mis mes priorités à l’envers.

Le giveaway sur ce livre est plus long, vous avez jusqu’au 30/11 pour vous inscrire.

Enquête autoédition 2016 : où sont les autoédités ?

Troisième article sur les résultats de l’enquête sur l’autoédition et les autoédités rélaisée auprès de 204 personnes en août 2016.

Aujourd’hui, nous allons aborder les endroits où les autoédités concentrent leur activité. Quelles boutiques, quels sites, quels distributeurs…

kdp ibooks kobo iggybook bookelis smashwords Continuer la lecture

“Propulsez votre ebook sur la boutique Kindle” disponible sur iBooks et Kobo

Comme quoi, rien ne sert de courir, l’ebook soumis en quatrième vitesse, sans préparation et à l’arraché vendredi chez iBooks et Kobo est enfin paru sur les deux boutiques.

Si vous désirez en savoir plus sur ce livre, je vous renvoie directement à sa page de présentation.

Propulsez votre ebook - Kindle

Ce n’est pas tant de cela que je voulais parler dans ce billet, mais de la bizarrerie de publier un ebook qui parle du Kindle sur ces deux boutiques.

Pour faire simple : je ne pense pas que se limiter à la boutique Kindle d’Amazon soit une bonne stratégie pour les auteurs et éditeurs indépendants, même si les ventes sont plus importantes sur celle-ci et que cette exclusivité combinée à KDP Select soit une opportunité pour gagner plus d’argent.

J’invite donc toujours les auteurs à considérer l’opportunité de se développer sur les deux plateformes. A peser le pour et le contre, et à essayer.

Oui, Amazon est plus “sympa” avec les indépendants que ne le sont ces plateformes. Oui, les ventes sont plus importantes. Oui, il y a plein de bonnes raisons de donner l’exclusivité à Amzn. Mais cette exclusivité en elle-même est nocive.

Elle est nocive de manière générale pour le marché des ebooks. Les indés vont majoritairement chez Amazon, et semble-t-il que chez Amazon. Ils ne parlent que d’Amzn en tout cas. Cela joue en la défaveur des autres distributeurs, qui n’ont pas les même titres. Et cela polarise le marché des ebooks. Une situation de domination absolue n’est pas bonne, et conduit à l’immobilisme.

Ce n’est pas bon pour les auteurs non plus. Il est important d’ouvrir le plus possible aux différents lectorats, d’avoir le plus de personnes possibles. Et avoir une relation forte avec Amazon peut vous aider beaucoup, mais aussi vous mettre en grand danger. On ne met pas tous ses œufs dans le même panier.

Non, la flemme face à la nécessité de publier trois fois (ou plus) n’est pas une bonne stratégie non plus.

La stratégie que je recommande est celle que j’applique : mettre vos ebooks dans le programme KDP Select au début pour bénéficier des avantages de celui-ci au lancement. Promotions gratuites, merchandising, etc.

Une fois la première période d’exclusivité passée, pour peu que vous ne fassiez pas une erreur de manipulation idiote comme moi, publiez sur les autres plateformes et mettez-les en avant.

Bon, sur ce titre, ce n’est pas évident d’en tirer parti. Mais imaginez que vous ayez un roman ? Savez-vous que Kobo est la liseuse la plus répandue au Canada, et que vous pouvez in fine avoir autant de ventes sur Kobo que sur Amazon ?

Si vous n’avez toujours pas lu ce titre, vous pourrez le trouver sur la boutique Kobo, ce qui vous permettra en plus de le lire sur d’autres liseuses que la liseuse Kobo (Kobo est celui où il est le plus facile de récupérer un fichier ePub), mais aussi sur  la boutique iBooks.

A noter : plein de commentaires intéressants de personnes beaucoup plus concernées que moi sur la publication que j’ai faite sur Facebook ici.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 13

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks ». Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici.

Avec quelle plateforme faut-il travailler ?

En fait cette question en appelle une autre : qu’est-ce que cette “platforme” dont je vous parle depuis plusieurs articles ? Je ne l’ai pas défini, même si j’en ai souvent parlé et que j’ai mis les noms des plateformes à côté.

En fait les ebooks ont longtemps vécu dans l’ignorance du grand public car il n’existait pas de solution complète et simple et économe pour acheter et consulter des livres numériques.

Vous aviez des lecteurs comme ceux de Sony (ils étaient super, pour l’époque), mais pas de boutique vraiment fournie et simple à utiliser.

La plateforme dont je parle est donc cet ensemble lecteur + boutique + logiciels qui permettent d’avoir une expérience confortable pour la lecture des ebooks.

Prenons un exemple avec la plateforme Kindle : vous avez la liseuse Kindle, à un tarif raisonnable, et la boutique Kindle sur internet avec tous les ebooks disponibles. Vous pouvez aussi consulter cette boutique depuis votre Kindle d’ailleurs, et quand vous trouvez un livre numérique qui vous plait, vous l’achetez, sans devoir à nouveau donner votre numéro de carte etc. Le livre arrive tout de suite sur votre liseuse et vous pouvez le lire.

Et si vous changez de Kindle, vous pouvez à nouveau télécharger vos précédents livres achetés.

Il y a donc la liseuse et la boutique. Souvent les deux sont très liés. La boutique Kindle ne vend que des livres pour Kindle. Idem pour iBooks ou Nook. La faute aux DRM, les fameux verrous numériques.

“Système” n’est pas un joli mot, donc on a utilisé plateforme.

Bon alors, avec laquelle travailler, par ordre de préférence ?

Le meilleur choix en termes de pérennité, d’indépendance et de capacité de développement, est d’avoir sa propre boutique et de vendre des ebooks dans tous les formats. Ce n’est pas le meilleur choix en terme de facilité de gestion, ni de notoriété. Mais c’est l’option la plus vitale, celle qui vous garantit le mieux de ne pas confier l’existence de votre activité à d’autres.

Ensuite, on a les plateformes connues dans le grand public. En France, il y en a principalement 3, Kindle, iBooks et Kobo. Je laisse de côté le détail des autres, mais je vais traiter tout de suite la question de manière latérale.

Ce qui est important pour vous est de distribuer vos ouvrages dans le maximum de formats disponibles et de pouvoir atteindre le plus de monde possible. Vous ne savez pas de quoi demain sera fait, où les lecteurs vont aller. Vous pouvez vous retrouver exposé si vous ne vous concentrez que sur une plateforme. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.

Scribd, Google Play, Youboox : des acteurs moins importants mais qui peuvent s’avérer intéressants pour vous. Quand vous avez fait le travail pour les trois plus importantes plateformes, autant dire que vous n’avez pas grand chose à dire pour celles-ci. Testez voir si l’eau y est meilleure.

Amazon Kindle : l’éléphant dans un magasin de porcelaine

Amazon est l’entreprise qui avec son Kindle a transformé les ebooks et a transformé ce qui était une opportunité en réalité.

Grand bien leur en a pris puisqu’ils ont réussi à prendre 90% du marché des ebooks en quelques années et développé le Kindle jusqu’à ce qu’en volume ils vendent plus d’ebooks que de livres papier.

Même si aujourd’hui ils ne sont plus aussi insolents dans leur domination, Amazon Kindle reste le principal lieu où acheter et vendre des ebooks. Donc si vous devez démarrer dans l’auto-édition numérique, démarrez avec Amazon !

Depuis fin 2011, Amazon Kindle est accessible en France aux auteurs et aux éditeurs indépendants avec son programme de vente directe Kindle Direct Publishing ou KDP. Vous verrez souvent cet acronyme à partir du moment où je vais vraiment plus souvent parler du Kindle.

Et Amazon adore les auteurs auto-édités ! Régulièrement, 1/3 des meilleures ventes du top 10 et du top 100 proviennent de personnes qui font de l’auto-édition, aussi bien aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni ou en France.

Tiens, au moment où j’écris ces lignes, dans le top 10, on a Giova Selly (pas de maison d’édition), John La Galite (KS Editions – apparemment sa maison d’édition), René Manzor (Editions de l’Èpée – Tout numérique), Aurélie Valognes (pas de maison d’édition).

top10 Amazon du 12/11

iBooks : vendre des livres ? Bof

iBooks est apparemment le deuxième acteur en volume sur la vente d’ebooks. C’est l’application/boutique d’Apple, qui ne vend des ebooks lisibles “que” sur iPad, iPhone et Mac.

Quand je dis “que”, il faut voir qu’il y a un nombre indécent de ces appareils dans le monde. On estime qu’Apple en a vendu 1 milliard depuis 2007. Je ne dis pas qu’il y en a encore 1 milliard en utilisation. Juste quelques centaines de millions dans le monde. Et iBooks a récemment connu un regain d’effort de la part d’Apple, qui a enfin rendu l’application présente systématiquement avec ses appareils.

iBooks et les relations que cette boutique entretient avec les auteurs indépendant et auto édités, c’est très bizarre. Des livres que je viens de citer chez Amazon, il n’y en a qu’un sur iBooks (et pas dans la bonne catégorie !). Et les auto-édités ne sont pas légion dans le top iBooks. A qu ila faute ? Aux deux ! Les auto-édités ne s’y intéressent pas autant. Les équipes éditoriales d’iBooks mettent en avant des livres de maisons d’édition connues : c’est un peu le serpent qui se mord la queue.

A tort, car ce qui compte ce sont vos lecteurs. Le seul garde-barrière qui vous intéresse, c’est le lecteur. Et si vous ne trouvez pas vos lecteurs sur iBooks :

  1. Vous vous asservissez à Amazon
  2. Vous perdez des lecteurs
  3. Vous mettez de côté de nombreux avantages stratégiques pour vendre plus de livres

Kobo : le petit acteur qui monte, qui monte

Kobo est la troisième plateforme de lecture avec liseuse et boutique. Ils se sont alliés à la Fnac en France, mais avec d’autres acteurs dans d’autres pays. Comme ils sont partis d’une position plus “outsider” que les deux premiers, ils déploient beaucoup d’efforts pour se développer.

Ils ont bonne réputation. Je n’ai pas particulièrement de réussites sur cette plateforme, mais je dois avouer à leur décharge que je ne fais pas non plus d’effort. A tort. Je regarde ce que font d’autres auteurs ou éditeurs indépendants, par exemple Hélène Muzet de L@ Liseuse dont je parlais précédemment, et je vois plusieurs livres classés dans le top de leurs catégories.

On retrouve René Manzor dans le top 50, mais pas le même Giova Selly, ni John La Galite, ni Aurélie Valognes. Donc là encore une plateforme qui est un peu à la traine, surtout du fait des auteurs et de leurs éditeurs quand ils en ont.

Une fois que vous aurez fait ces trois plateformes, vous pouvez faire les autres en effet. Vous pouvez aussi avoir votre site et votre boutique. C’est à double tranchant d’avoir sa boutique, mais cela se révèle assez vite un formidable accélérateur de ventes.