Rapport “Authors earning ” de Mai 2015

Ceci est une traduction rapide et imparfaite du rapport publié ici.

Si vous lisez l’anglais, lisez plutôt la version originale.


C’est le sixième rapport trimestriel sur les gains des auteurs. Ils prennent leurs données sur environ 200 000 livres numériques. Et chaque rapport, ils découvrent quelque chose qui les étonne.

Récemment aux USA, Amazon a commencé à indiquer  sur chaque ebook qui fixait le prix des ebooks. C’est un des effets de la renégociation qui a eu lieu l’année dernière, notamment avec Hachette Group. Amazon a dit et pense que les ebooks ne devraient pas coûter plus de 9,99 USD. Mais après le conflit avec Hachette, ils ont abandonné la possibilité de mettre des réductions de prix.

Nelson-Book

Après ces discussions, les observateurs ont commencé à noter une augmentation du prix moyen des ebooks. Les éditeurs semblent avoir décidé de dépasser la limite des 9.99.

Capture d’écran 2015-05-06 à 17.55.27

Depuis le début des rapports (fev 2014) le prix moyen des ebooks big 5 a augmenté de 17%, contre 5% pour les auteurs indépendants et 7,5% pour les publications Amazon. Et cette hausse est régulière.

Effet de ces changements

Capture d’écran 2015-05-06 à 17.55.35

Les big 5 ont eu une réduction de 26% du nombre de titres dans les best sellers.

Capture d’écran 2015-05-06 à 17.55.40

Les ventes quoti ont elles baissé de 17% en unités

Capture d’écran 2015-05-06 à 17.55.46

Et leur part de marché financière a baissé de 7,8% (rappelez vous que les prix ont augmenté, ce résultat est donc contradictoire).

Capture d’écran 2015-05-06 à 17.55.51

Plus important : les auteurs des Big 5 ont perdu 20% en revenus quotidiens. Les hausses de prix ont donc atteint les lecteurs mais aussi les auteurs.

Evolution par catégorie

Capture d’écran 2015-05-06 à 17.55.57

Les indies vendent maintenant plus en termes d’unités que les big 5, pour la première fois.

Capture d’écran 2015-05-06 à 17.56.08

C’est encore plus vrai en termes de royalties. Ils touchent maintenant 40% des royalties contre plus de 30% pour les auteurs des big 5.

Ce ne sont pas des accidents de parcours, il s’agit d’évolutions sur le moyen terme (18 mois).

Capture d’écran 2015-05-06 à 17.56.15

Les big 5 ne vendent plus que 33% des titres sur le marché des ebooks. Et ils ont pris la sauce sur un an.

Le modèle Agence

Un peu long à traduire. Mais en gros, avant Amazon payait de sa poche les réductions sur les ebooks des big 5. Avec le modèle agence, ils ne peuvent plus le faire, et ils touchent 30% du chiffre d’affaires des big 5. Et ce modèle a été imposé par les éditeurs.

Daily revenue to author, publisher and Amzon January 2015
Avant le modèle agence
Avec le modèle agence mai 2015
Avec le modèle agence mai 2015

Forcément, les big 5 gagnent moins d’argent, et leurs auteurs aussi.

Conclusion

Les éditeurs se sont battus pour reprendre le contrôle des prix, et Hachette l’a dit publiquement à ses actionnaires. Ce contrôle a entraîné des prix plus élevés et moins de revenus pour leurs auteurs. Cela a permis aux indies d’augmenter leur part de marché.

Ces résultats sont bizarres. Les éditeurs se seraient sabordés ? Ils l’ont déjà fait, comme l’a prouvé le jugement contre Apple. Un dirigeant d’une big 5 a écrit que cela permettrait de ralentir l’adoption de la lecture numérique. Ils feraient tout pour réduire l’influence d’Amazon.

Il est important pour les auteurs de se rendre compte que les éditeurs n’ont pas les intérêts de leurs auteurs à cœur. Tous ne sont pas comme ça…
Il serait intéressant que les agents ajoutent des prix plafonds aux contrats avec les éditeurs. Leur carrière à eux aussi est en jeu.

Les éditeurs savent que les ebooks leurs rapportent plus que les livres papiers, et à leurs auteurs aussi. Chaque politique visant à réduire le développement du numérique au profit du papier a en fait pour conséquence étonnante de réduire leurs profits, leurs ventes (en nombre) et le nombre de lecteurs.

C’est une grande lutte de pouvoir sur les prix et les auteurs se retrouvent victimes de cette lutte. Sauf s’ils sont autoédités.


Cette traduction incomplète et brouillonne est publiée avec la licence A-NC-SA comme l’article d’origine.

J’ai aussi traduit cet article car la démarche m’a semblé avoir des garanties assez sérieuses. Vous pouvez trouver sur http://readingandraytracing.blogspot.fr/2015/02/an-author-earnings-methodology-primer.html un article sur la méthodologie écrit à partir des commentaires sur les différents rapports.

4 réflexions au sujet de « Rapport “Authors earning ” de Mai 2015 »

  1. Merci Cyril, d’avoir pris la peine de traduire cet article passionnant.
    Je ne comprends pas très bien les véritables enjeux dans cette lutte souterraine, car peu de gens se rendent compte de ce qui se passe vraiment, y compris les auteurs,
    mais une chose est sûre, l’époque est favorable aux auto-édités.
    Je relirais tout ça à tête reposée…
    amitié,
    Alice

  2. Ce que je ne comprends personnellement toujours pas c’est la volonté de certains éditeurs de mettre fin au livre numérique. D’abord parce que c’est une perte de lecteurs et de profits, et ensuite parce que c’est “ineluctable”, alors autant prendre de l’avance. Et encore on parle des USA où l’ebook a plus de 20% de part de marché, pas de la France avec ses misérables 3%.
    Je ne me suis pas étendu en commentaires, mais si j’étais auteur aux USA avec un contrat classique exclusif, je refuserais les déjeuners avec cocktails de mon agent et de mon éditeur et je leur enverrais quotidiennement des courriers pour qu’ils divulguent mes livres.

  3. Et heureusement tous les éditeurs ne font pas la même chose. Mais il faut être plus modeste et avoir faim pour comprendre qu’on peut en tirer profit et mettre en danger le modèle qui assure son salaire et ses primes annuelles.

  4. Merci Cyril pour ces infos que je trouve hyper intéressantes 🙂 Depuis quelques temps, je suis déjà leur site authorearnings.com découvert récemment… Mais la traduction française aide bien 🙂 Petite remarque : il me semble que c’est sur 200 000 ebooks les + vendus (“data taken on over 200,000 bestselling ebooks”) qu’ils prennent leurs données et non 120 000 :)))

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *