Un petit extrait du livre de Joanna Penn

Le livre de Joanna Penn Comment publier un livre a déjà reçu plusieurs commentaires de lecteurs qui l’ont apprécié sur la boutique Amazon. Je ne résiste pas à la possibilité de vous en délivrer un court extrait, qui complète l’interview que j’ai faite avec elle au moment de la sortie.

Cet extrait sur les mythes du marketing est vraiment essentiel car il expose une philosophie et une approche du marketing qui rendent celui ci beaucoup plus facile à faire au quotidien et le rend en fait plus simple à exécuter.


Les mythes marketing que vous devez oublier

Il y a un certain nombre de mythes marketing autour de l’édition qu’il faut que nous fassions exploser dès le début. Oui, bien sûr, la foudre peut éclairer le parcours d’un auteur et le transformer, mais, en général, ce sont vraiment des mythes.

Je reçois aussi chaque semaine des emails de personnes qui ont souvent largement payé pour un package marketing dans une entreprise, et sont déçus par ce qui s’est passé, par exemple aucun résultat d’un communiqué de presse massif et onéreux. Je veux que ce genre de mésaventure ne vous arrive pas.

MYTHE 1 : si j’ai un contrat d’édition traditionnel, je n’ai pas besoin de faire de marketing.

Les auteurs ont toujours dû faire une forme de marketing ou une autre, mais cela s’est souvent traduit par une présence personnelle à des signatures en librairie, en salon du livre ou à des conventions, ainsi que des apparitions dans les médias.

Certains auteurs ont eu des publicitaires dans leur maison d’édition ou dans une société de marketing extérieure dont l’activité était d’organiser cela pour eux, afin qu’ils auteurs n’aient qu’à venir et faire acte de présence. Mais je ne suis toujours pas persuadée que cela se soit produit pour des auteurs de mi-liste ou de nouveaux auteurs, qui vendaient raisonnablement bien mais n’étaient pas des superstars. Oui, certains chanceux ont encore aujourd’hui un publicitaire, mais souvent seulement pour la période de lancement, et cela ne paiera pas les factures pendant votre longue carrière.

D’après les auteurs qui partagent aujourd’hui leur expérience, il semble que :

a) Les éditeurs sont essentiellement intéressés par les auteurs qui ont déjà leur plateforme, ceux qui ont créé leur mailing-list et ont déjà le moyen de vendre des livres aux lecteurs qui s’intéressent à eux.

Il faudra que vous incluiez votre plateforme dans votre « pitch » aux éditeurs et agents, afin que le marketing soit mis en avant avant même que vous signiez avec eux. L’édition est un business, donc bien sûr ils cherchent à limiter leurs risques.

b) Les éditeurs vont faire du marketing pour vous, mais essentiellement au niveau de la distribution et des acheteurs des centrales, et en vous conseillant sur ce que vous pouvez faire pour les aider à faire la promotion du livre. Vous devrez in fine faire tout ce qui concerne votre plateforme, que l’on verra en partie 4, de toute façon. Alors même si vous avez une équipe pour vous conseiller pendant la période de lancement, vous devrez faire énormément vous-même. Et après la période de lancement, vous serez certainement abandonné à votre sort, pendant que le publicitaire ou l’attaché de presse s’occupera de l’auteur suivant, du livre suivant dans son calendrier.

En avril 2013, le Prix Pultizer David Mamet a annoncé sa décision de s’autoéditer, car « L’édition est comme Hollywood – personne ne fait le marketing qu’il promet ».

MYTHE 2 : le marketing c’est de l’arnaque, c’est pourri et horrible et je ne suis pas le genre de personne qui peut le faire (donc je ne vais pas le faire et plutôt m’en plaindre !).

Il est temps de recadrer ce qu’est le marketing.

Pensez-y plutôt de cette manière. Le marketing c’est partager ce que vous aimez avec les personnes qui vont apprécier d’en entendre parler.

Vous écrivez un livre sur comment vous avez aidé vos enfants à se sortir du diabète de type 2 (associé à une obésité infantile). Ne pensez-vous pas que les gens aimeraient connaître votre histoire ?

Vous avez écrit un thriller qui tue et qui va exciter les pauvres banlieusards avec lesquels vous partagez votre wagon quotidiennement, et les sortir de la routine pendant quelques heures. Ne pensez-vous pas qu’ils veulent en savoir plus ?

Alors : vous devez trouver le moyen de vous connecter avec les gens qui voudraient lire votre livre. C’est ça le marketing de nos jours. Ce n’est ni de l’arnaque, ni pourri, ni horrible (si vous ne voulez pas l’être). C’est une question d’authenticité et de principes tels que « connaître, aimer et avoir confiance » et aussi d’aspects techniques que vous trouverez dans ce guide.

Vous devez aussi recadrer dans votre esprit ce qu’est le marketing, car il s’avère que nous sommes tous des vendeurs de nos jours. Dans le livre de Daniel Pink, To Sell is Human, il explique comme le monde a changé et comment le mot « vendeur » n’existe plus vraiment, que nous sommes tous impliqués dans la vente chaque jour. Cela peut être « vendre » de la nourriture saine à vos enfants, ou vous « vendre » pour faire avancer votre carrière, ou, en tant qu’auteurs, c’est pitcher vos idées à des agents ou des éditeurs ou réussir à rendre les gens intéressés par vous et vos livres.

MYTHE 3 : un attaché de presse pourra m’avoir une participation à <insérer le nom d’une émission ici>.

Soyons honnêtes, les auteurs sont souvent introvertis et une des choses les pires pour nous est un appel téléphonique imprévu. Je ne réponds pas aux appels téléphoniques en général et il faut que je me motive énormément pour ceux que je dois effectuer. Je préfère de loin écrire…

Quand il s’agit de choses comme les médias, et les communiqués de presse et apparaître à la télé, la manière de faire nécessite de pitcher et d’être souvent rejeté jusqu’à ce que quelqu’un dise oui, généralement quand votre livre correspond parfaitement à un sujet d’actualité.

Un attaché de presse peut faire ces pitches pour vous mais il ne peut travailler qu’avec ce que vous fournissez, donc il faudra que vous pensiez aux accroches que vous pouvez trouver pour votre livre. La chose la plus importante à vous rappeler en ce qui concerne l’attaché de presse est que vous devez lui payer un certain montant au forfait, mais qu’il ne peut pas vous garantir l’attention des médias.

MYTHE 4 : passer à la télé nationale ou la presse nationale ou la radio, ça permet de vendre des millions de livres.

Beaucoup trop d’auteurs pensent naïvement que payer quelques milliers d’euros à un attaché de presse aura un retour sur investissement automatique en termes de ventes. Mais le passage dans les médias généralistes se convertit plus en notoriété et en « preuve sociale » qu’en ventes réelles, à cause de :

a) l’approche non ciblée et mitraillette des médias traditionnels

b) la distance entre l’endroit où sont les gens quand ils consultent ce média et l’étape d’achat du livre.

Il y a plus de détails sur cette problématique dans la partie 3.

MYTHE 5 : le lancement c’est tout OU une grosse campagne marketing va faire décoller comme une fusée mes ventes et je serai multimillionnaire (yippee !).

L’approche « lancement » est quelque chose qui vient de l’édition traditionnelle. À cause des cycles et calendriers de l’édition, chaque livre ne bénéficie que d’une petite fenêtre d’opportunités pour avoir un impact avant que tout le monde ne passe au livre suivant.

Mais le monde de l’achat de livres a changé, et cela devient de plus en plus l’affaire de la « longue traîne », là où il y a de moins en moins de succès phénoménaux, mais au contraire un plus grand nombre d’auteurs gagnant raisonnablement leur vie grâce à des lecteurs cherchant des livres différents.

Donc le lancement ne doit pas être tout pour nous.

En réalité, la période de lancement est généralement décevante comparée à ce qui se produit une fois que les algorithmes Amazon commencent à fonctionner et que vous gagnez de l’élan grâce aux commentaires et à la réputation. Dans mon expérience, les ventes peuvent être meilleures quelques mois après la sortie initiale du livre.

En ce qui concerne le fait de gagner beaucoup d’argent, les auteurs qui ont du succès financier ont un nombre important de livres (en fiction) ou gagnent de l’argent de produits annexes, services et conférences (livres pratiques).

Une fois que vous comprenez ces mythes, et les déconstruisez, vous avez le pouvoir en tant qu’auteur de faire du marketing de vous-même et de vos livres avec les connaissances de votre côté.


 

Vous pouvez retrouver l’intégralité du livre de Joanna Penn, qui explique comment contourner ces mythes et prendre le contrôle de votre carrière d’auteur autoédité et indépendant sur le long terme sur les principales plateformes, et très bientôt en version papier

6 réflexions au sujet de « Un petit extrait du livre de Joanna Penn »

  1. Bravo, article génial, merci. Je suis dans le cas d’un auteur “classique” (compte d’éditeur). Mon roman a été lancé avec un prix, j’ai eu une attachée de presse durant 6 mois et elle a disparu sans qu’on ne se donne la peine de me prévenir. J’ai dû courir moi-même après les signatures, les salons, l’éditeur n’a jamais rien organisé comme le contrat le stipulait. je prends donc le taureau par les cornes et monte un blog, une formation pour apprendre à mieux écrire, et ferai dorénavant mon marketing sans compter sur mon éditeur. Quant à passer à l’édition numérique, pourquoi pas… Ca mûrit longuement dans mon esprit ! Tout cela pour dire que votre article est frappé au sceau du bon sens. Ca m’a fait du bien de lire que non, le marketing n’est pas horrible. Si les éditeurs savaient s’en occuper, mais non…

    1. Tout à fait d’accord Laure : même si on a un éditeur, faire le marketing de ses livres sans compter sur lui est une mesure vitale pour aller plus loin. Je regrette que beaucoup d’auteurs continuent à se mettre les mains dans les poches, alors que ce sont leurs projets, leurs bébés, leurs œuvres dont il s’agit.
      N’oubliez pas : les trois piliers… Il faut aussi penser à faire sérieusement une liste d’emails pour une mailing-list, en plus de ce que vous faites déjà. Profitez de la formation gratuite que j’ai préparée, elle ne le restera pas éternellement (gratuite).

      1. Oui, je vais suivre attentivement votre formation gratuite. Merci du reste, c’est un super bonus, généreux. Oui, je vais aussi placer un bonus sur mon blog (en train de l’écrire) et placer un optin et commencer ma liste. Je vais aussi lire sérieusement vos articles. Ah là là, que de travail quand on aime surtout écrire, écrire et … écrire des oeuvres de fiction ! Bonne journée.

        1. C’est une phase de mise en place qui prend du temps c’est vrai, mais une fois que c’est mis en place et que cela vous correspond, s’en occuper ne prend plus des jours entiers. Il faut savoir placer le curseur et trouver l’équilibre entre ce qui prend du temps et ce qui est efficace.

          1. Oui, question d’équilibre, c’est certain. Je vais travailler dur cette première année, sans aussi la deuxième, je suis nulle en technique, donc… Après, ce sera sûrement plus fluide. Et puis, je continue à écrire, et ça c’est un vrai bonheur !

  2. Bonjour intéressée par votre formation gratuite car je suis débute j’ai ecris deux ebooks le premier offert à mes clientes et le deuxième sur les anges je ne sais pas du tout comment le publier en version numérique et la j ai déjà ecris 30 pages pour le troisième voilà voilà
    Cecile d Ajaccio

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