Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 16

Avez vous remarqué un petit décalage entre la date et le “Jour” ? Désolé, j’ai été dépassé par un anniversaire ce week end…

Allez, on reprend avec un rythme régulier, Cyril !

Qu’est ce qu’un éditeur ? Et un éditeur ?

On atteint les limites de la langue française, ou mes limites, et je déteste cela.

Je connais trois sens au mot éditeur :

  • le logiciel, programme spécifique d’ordinateur qui permet de modifier un contenu textuel ou graphique,
  • la personne physique ou morale qui est responsable d’une activité d’édition et de publication (le sens le plus fréquemment utilisé dans ces articles),
  • l’éditeur responsable de la qualité d’un ouvrage.

Le troisième est calqué un peu sur le mot anglais editor, mais ce mot anglais peut aussi vouloir dire “monteur” dans l’industrie du cinéma, comme me le faisait remarquer une amie il y a quelques jours.

Pour quoi toutes ces définitions ?

Parce que si un auteur peut aujourd’hui se passer “assez facilement” d’un éditeur traditionnel pour diffuser son ouvrage, il y a bien un rôle central dans l’édition que l’on néglige trop : l’éditeur/correcteur.

Le mot correcteur me semble aussi limité d’ailleurs, car il ressemble vraiment à une problématique d’orthographe, grammaire, syntaxe.

Le rôle de l’éditeur/correcteur dépasse cette correction. On devrait parler de relecteur critique.

Je passe sur la nécessité de traquer la faute d’orthographe, les erreurs de ponctuation ou les fautes de grammaire. De nombreux auteurs auto-édités se sont fait rattraper par l’erreur qui consiste à ne pas accorder encore plus de temps à cette tâche certes pénible et laborieuse, mais indispensable.

Jacques Vandroux l’avoue lui même (surtout Jacques-Line) dans son livre sur la publication de livres sur Kindle. Alice Quinn m’a dit que sa première édition d’Un Palace en Enfer souffrait elle aussi de quelques erreurs (mineures, mais qui lui ont valu des commentaires acerbes).

Bon, en fait je ne passe pas…

Oui, faire un travail à plusieurs yeux de relecture de vos textes avant “bon à numériser” est indispensable. Oui, vous pouvez aussi utiliser Antidote ou un autre logiciel de qualité pour corriger vos erreurs. Oui, si votre oncle Jean-Pierre est très bon pour repérer les coquilles, demandez lui son aide.

Mais d’un autre côté dites-vous que les éditeurs les plus célèbres ne sont pas non plus à l’abri de quelques erreurs. C’est même souvent le cas.

Assurez vous d’avoir le même niveau de qualité qu’eux, mais n’allez pas plus loin : vous ne gagnerez pas de lecteur avec une orthographe parfaite, c’est juste que vous en perdrez avec une médiocre ou moyenne.

Mais je mets la charrue avant les bœufs : avant de mettre les points sur les i et les barres aux t, vous devez confier votre travail à un relecteur.

Avouez-le : quand vous êtes à 200 pages, êtes vous capable de vous assurer que tout votre roman tient bien debout, que vous n’avez pas perdu des personnages en route, commis des approximations, des paragraphes où le lecteur va faire “Hein ?”, et devra relire une fois ou plus pour comprendre ?

Avez vous bien répondu à toutes les questions que votre livre pratique devait traiter ? Avez vous expliqué en termes explicites, même pour un profane, ce que vous vouliez dire ? Je sais que j’ai tendance au bout d’un moment à prendre certains savoir comme acquis, alors qu’ils ne le sont forcément pas. Et je ne suis ni pire, ni meilleur qu’un autre.

C’est là que le travail de votre relecteur / éditeur est INDISPENSABLE.

Alors vous feriez bien d’en trouver un bon…

Il pourra vous pousser à faire une réécriture, ou pas, il mettra le doigt là où ça fait mal.

J’ai trouvé quelques personnes qui font ça sur internet, et un des trésors de l’édition traditionnelle est d’avoir des personnes qui font ça très bien.

Je n’ai pas testé leurs services, et je sais que cela peut être parfois un peu onéreux, mais réfléchissez-y :

Et cherchez aussi au travers de votre entourage (amis, famille, amis d’amis) des lecteurs de qualité qui peuvent vous aider. Quoi qu’il en soit, faites toujours un bout d’essai avant de passer à quelque chose de plus consistant : commencez par un chapitre ou quelques pages.

Si vous ne le faites pas, vous avez un risque important que votre ouvrage, qu’il s’agisse d’un roman ou d’un livre pratique crie “amateur”. Il n’y a qu’en France que l’on croit que l’écriture est quelque chose d’inné et de solitaire. Vous pouvez être Marcel Proust et pondre des folios illisibles de relecture et de corrections, mais Marcel Proust est unique.

Votre objectif est de paraître professionnel et de vous comporter comme tel. La relecture est indispensable.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 15

Peut on faire de la poésie ?

J’en ai parlé hier, alors je voulais en reparler ici, spécifiquement.

Figurez vous que sur Amazon vous avez un classement poésie comme pour les autres genres.

Vous avez de grands classiques : Du Bellay, Virgile, Gibran, Lautréamont, Rimbaud etc.

Si vous cherchez plus loin et plus récent, vous trouverez du Cioran aussi. Mais pas de Philippe Jaccottet.

Donc oui, la poésie a un espace pour se développer sur les plateformes d’ebooks. Ce n’est pas la catégorie-reine des bestsellers, mais tout le monde n’est pas sensible ou capable de lire de la poésie. Moi, par exemple, à part Eluard…

Quoi qu’on peut avoir du succès, si on s’appelle Charles Baudelaire, par exemple, 1689 ème des ventes Kindle en ce moment.

Je ne connais pas les fondements éditoriaux du genre. Présentation, typographie etc. Mais dites vous que presque tout ce qui peut être fait avec un livre papier peut être fait avec un livre électronique.

Qu’est-ce qu’un ISBN?

Un ISBN est un numéro. Chaque pays a une agence responsable de l’attribution des ISBN. Selon les pays, l’attribution est gratuite ou non.

En France, ce numéro est attribué par l’AFNIL. Vous trouverez toutes les infos sur ces numéros et comment l’obtenir gratuitement chez eux.

Ce numéro est depuis 2007 sur 13 chiffres. Avant il n’en avait que 10.

Il permet d’identifier avec précision chaque édition d’un titre. Chaque édition doit en effet avoir un numéro différent. Par exemple si vous faites une impression, une impression à la demande, une édition mobi et une édition ePub, vous devez avoir 4 numéros différents.

Obtenir un ISBN ou une série d’ISBN est facile, il suffit de remplir le formulaire de l’AFNIL et de leur envoyer. Ils vous répondent par courrier.

Faut-il obtenir un ISBN?

Pour l’édition d’ebooks, cela a parfois été nécessaire, par exemple chez iBooks.

Aujourd’hui attribuer un ISBN à un ebook pour pouvoir le publier est inutile.

Les usages dépendent des éditeurs et ne sont pas du domaine du légal, mais des “ bons usages ”. Chaque pays a ses bons usages, chaque éditeur a le siens.

Par exemple Random House et Hachette ont des comportements différents. Random House a un ISBN pour toutes les version numériques. Hachette un numéro pour chaque plateforme.

Pour de nombreux ouvrages, il n’y a pas d’ISBN.

Si vous faites une édition papier, il est obligatoire d’obtenir un numéro ISBN. Mais comme on l’a vu, c’est facile — un peu long par rapport à notre société de l’immédiat, mais tolérable ;-).

Faut-il faire un dépot légal ?

Le dépot légal est une obligation légale qui remonte à François Ier. Il y a des dispositions pénales si vous ne vous y soumettez pas.

Le site du dépot légal est à la bibliothèque Nationale de France.

Toutefois, pour des éditions numériques uniquement, le dépot légal ne s’impose pas. Ouf ! Voici les paragraphes importants :

Les modalités de dépôt sont celles du dépôt légal de l’internet, prévues par le Code du patrimoine. L’éditeur n’a aucune démarche active à effectuer auprès de la BnF. En effet, la Bibliothèque réalise des collectes automatiques grâce à des robots. Compte tenu de la masse d’informations disponible sur l’internet, elle procède par échantillonnage, selon des critères visant à assurer la meilleure représentativité possible de ses collections.

Si la diffusion d’un livre numérique coexiste avec une version sur support papier ou électronique, celle-ci reste soumise à l’obligation de dépôt légal. Un type de dépôt ne se substitue pas à un autre.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 14

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks ».

Quel type de livre écrire ?

Si vous regardez les chiffres de vente de l’édition en général, si vous regardez le top des ventes d’Amazon etc, la réponse est évidente :

DES ROMANS !

Voici la liste des 30 livres les plus vendus en 2013 (source Ministère de la Culture/Ipsos)

  1. Astérix chez les Pictes (Astérix 35)
  2. Cinquante nuances plus sombres (Fifty shades, vol. 2)
  3. Cinquante nuances de Grey (Fifty shades, vol. 1)
  4. Demain, j’arrête !
  5. Cinquante nuances plus claires (Fifty shades, vol. 3 )
  6. Inferno
  7. La femme parfaite est une connasse !
  8. 7 ans après…
  9. Un avion sans elle
  10. Demain
  11. Si c’était à refaire
  12. La liste de mes envies
  13. Au revoir là-haut
  14. Le meilleur médicament, c’est vous !
  15. Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
  16. Un sentiment plus fort que la peur
  17. Le confident
  18. L’onde Septimus (Blake et Mortimer 22)
  19. Immortelle randonnée
  20. Cet instant-là
  21. Rien ne s’oppose à la nuit
  22. L’île des oubliés
  23. La vérité sur l’affaire Harry Quebert
  24. Les souvenirs
  25. La muraille de lave
  26. L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea
  27. L’armée furieuse
  28. Sous haute tension
  29. L’écume des jours
  30. Hexagone

Et voici le Top 10 des titres Kindle Direct Publishing les plus vendus au mois de février 2013

  1. ‘Les gens heureux lisent et boivent du café’ d’Agnès Martin-Lugand
  2. ‘Lames de Fond’ de Chris Costantini
  3. Retour à Combergueil’ de Patrick Philippart
  4. ‘’Comment se motiver et avoir cette satanée volonté’ de Mohamed Mouras
  5. ‘A lui, corps et âmes’ – vol.1’ d’Olivia Dean
  6. ‘Mort d’une héritière‘ de Michael Abramoff
  7. ‘L’enchantement d’Yvette’ de Tina Folsom
  8. ‘Les trois sœurs (Qui a tué Mélanie Morin ?)’ de John La Galite
  9. ‘Le Papyrus de Venise’ de François Darnaudet
  10. ‘L’amour en fleur’ d’Eva Liebermann

(C’est le seul palmarès trouvé, désolé).

Dans le top 30 du panel Ipsos, on trouve 2 BD, 1 livre pratique.

Dans le top 10 d’Amazon en question, on trouve 10 romans.

Dans le top 40 du moment sur iBooks, on trouve 2 BD, 1 pamphlet et 1 portrait. Tout le reste ? Des romans.

topiBooks

Et sur la boutique Kobo ? On trouve majoritairement les mêmes titres que sur iBooks ou Amazon.

On trouve notamment pas mal de romans érotiques ou romance. Il faut savoir que le lecteur de livres numériques est majoritairement une femme d’age moyen. Un peu comme le personnage de Joan Wilder dans “A la poursuite du diamant vert” ou d’Anne dans “The Fisher King”.

Bon j’arrête là les stéréotypes 😉 Je sens que je vais me faire remonter les bretelles par ces dames.

On trouve des policiers aussi, assez souvent. Et du fantasy ou dystopique (Divergente, L’épreuve, Hunger Games).

Bref, on retrouve les grands succès de l’édition !

Donc si vous voulez vendre beaucoup de livres et avoir un énorme succès, vous pouvez essayer ces genres.

Mais regardons l’histoire de l’édition au XXème siècle, et les livres qui marchent depuis des années. Vous avez aussi dans cette liste les livres de Dale Carnegie, de Napoleon Hill, le Bescherelle, les livres de révision de vacances, Le Secret de Rhonda Byrne etc.

Le best seller n’est pas une fin en soi…

Et puis après tout vous pouvez très bien ne pas être intéressé ni par les romans, ni par la littérature érotique, ni par les livres pratiques. Par exemple, vous pouvez être intéressé par la poésie.

Est-ce que vous devez vous faire violence ? Non !

Vous devez publier les livres qui vous intéressent. Pas forcément “les livres qui vont marcher”.

Prenons à nouveau le cas de cette pauvre Hélène, que décidément je fais passer à toutes les sauces. Elle a commencé par éditer la biographie de Sarah Bernardt, car la personne l’intéressait et qu’elle l’admirait. Puis des livres pour les enfants. Un recueil de nouvelles. Un policier. Bon finalement, elle a beaucoup de choses et c’est un peu décousu, mais elle édite surtout ce qui lui plait d’éditer.

Au Club Positif, on est plutôt dans le livre de développement personnel. Est-ce un genre qui fait des best sellers ? Rarement. Il en fait, surtout aux Etats-Unis, mais moins souvent en France. Pourtant c’est un sillon et un secteur qui a été travaillé par Christian Godefroy, et qui lui a été bénéfique. Entre son livre et ceux qu’il a édités en France (Napoleon Hill, Maxwell Maltz, Norman Vincent Peale, Kurt Tepperwein etc), il a vendu des dizaines de milliers d’exemplaires de livres de développement personnel.

Le mieux est donc de trouver votre propre chemin, votre propre genre ou type de livre. Et de capitaliser sur ce que vous avez déjà édité.

Dites vous bien que si vous réussissez à vous trouver 1 000 fans, vous êtes assuré de pouvoir transformer votre activité d’édition en succès. 1 000 personnes qui adorent vos livres vont le recommander à d’autres, et cela fera un effet boule de neige.

Dites vous aussi qu’exister dans un secteur ou il y a beaucoup de concurrence, comme le roman policier, c’est plus difficile. Trouvez vous une niche. Michael Conelly s’est trouvé sa niche dans le roman qui se passe à Los Angeles, John Grisham dans le policier juridique, Lee Child dans le livre d’action. Si vous êtes tenté par le genre “Romance vampire dans l’espace” et qu’il y a des gens auquel cela plait, vous vous définirez comme l’éditeur ou l’auteur incontournable du genre (ce genre existe déjà, représenté par Nina Croft et Tina Christopher).

En conclusion, le type de livre que vous devez écrire ou éditer, c’est celui qui vous plait et vous donne envie.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 13

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks ». Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici.

Avec quelle plateforme faut-il travailler ?

En fait cette question en appelle une autre : qu’est-ce que cette “platforme” dont je vous parle depuis plusieurs articles ? Je ne l’ai pas défini, même si j’en ai souvent parlé et que j’ai mis les noms des plateformes à côté.

En fait les ebooks ont longtemps vécu dans l’ignorance du grand public car il n’existait pas de solution complète et simple et économe pour acheter et consulter des livres numériques.

Vous aviez des lecteurs comme ceux de Sony (ils étaient super, pour l’époque), mais pas de boutique vraiment fournie et simple à utiliser.

La plateforme dont je parle est donc cet ensemble lecteur + boutique + logiciels qui permettent d’avoir une expérience confortable pour la lecture des ebooks.

Prenons un exemple avec la plateforme Kindle : vous avez la liseuse Kindle, à un tarif raisonnable, et la boutique Kindle sur internet avec tous les ebooks disponibles. Vous pouvez aussi consulter cette boutique depuis votre Kindle d’ailleurs, et quand vous trouvez un livre numérique qui vous plait, vous l’achetez, sans devoir à nouveau donner votre numéro de carte etc. Le livre arrive tout de suite sur votre liseuse et vous pouvez le lire.

Et si vous changez de Kindle, vous pouvez à nouveau télécharger vos précédents livres achetés.

Il y a donc la liseuse et la boutique. Souvent les deux sont très liés. La boutique Kindle ne vend que des livres pour Kindle. Idem pour iBooks ou Nook. La faute aux DRM, les fameux verrous numériques.

“Système” n’est pas un joli mot, donc on a utilisé plateforme.

Bon alors, avec laquelle travailler, par ordre de préférence ?

Le meilleur choix en termes de pérennité, d’indépendance et de capacité de développement, est d’avoir sa propre boutique et de vendre des ebooks dans tous les formats. Ce n’est pas le meilleur choix en terme de facilité de gestion, ni de notoriété. Mais c’est l’option la plus vitale, celle qui vous garantit le mieux de ne pas confier l’existence de votre activité à d’autres.

Ensuite, on a les plateformes connues dans le grand public. En France, il y en a principalement 3, Kindle, iBooks et Kobo. Je laisse de côté le détail des autres, mais je vais traiter tout de suite la question de manière latérale.

Ce qui est important pour vous est de distribuer vos ouvrages dans le maximum de formats disponibles et de pouvoir atteindre le plus de monde possible. Vous ne savez pas de quoi demain sera fait, où les lecteurs vont aller. Vous pouvez vous retrouver exposé si vous ne vous concentrez que sur une plateforme. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.

Scribd, Google Play, Youboox : des acteurs moins importants mais qui peuvent s’avérer intéressants pour vous. Quand vous avez fait le travail pour les trois plus importantes plateformes, autant dire que vous n’avez pas grand chose à dire pour celles-ci. Testez voir si l’eau y est meilleure.

Amazon Kindle : l’éléphant dans un magasin de porcelaine

Amazon est l’entreprise qui avec son Kindle a transformé les ebooks et a transformé ce qui était une opportunité en réalité.

Grand bien leur en a pris puisqu’ils ont réussi à prendre 90% du marché des ebooks en quelques années et développé le Kindle jusqu’à ce qu’en volume ils vendent plus d’ebooks que de livres papier.

Même si aujourd’hui ils ne sont plus aussi insolents dans leur domination, Amazon Kindle reste le principal lieu où acheter et vendre des ebooks. Donc si vous devez démarrer dans l’auto-édition numérique, démarrez avec Amazon !

Depuis fin 2011, Amazon Kindle est accessible en France aux auteurs et aux éditeurs indépendants avec son programme de vente directe Kindle Direct Publishing ou KDP. Vous verrez souvent cet acronyme à partir du moment où je vais vraiment plus souvent parler du Kindle.

Et Amazon adore les auteurs auto-édités ! Régulièrement, 1/3 des meilleures ventes du top 10 et du top 100 proviennent de personnes qui font de l’auto-édition, aussi bien aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni ou en France.

Tiens, au moment où j’écris ces lignes, dans le top 10, on a Giova Selly (pas de maison d’édition), John La Galite (KS Editions – apparemment sa maison d’édition), René Manzor (Editions de l’Èpée – Tout numérique), Aurélie Valognes (pas de maison d’édition).

top10 Amazon du 12/11

iBooks : vendre des livres ? Bof

iBooks est apparemment le deuxième acteur en volume sur la vente d’ebooks. C’est l’application/boutique d’Apple, qui ne vend des ebooks lisibles “que” sur iPad, iPhone et Mac.

Quand je dis “que”, il faut voir qu’il y a un nombre indécent de ces appareils dans le monde. On estime qu’Apple en a vendu 1 milliard depuis 2007. Je ne dis pas qu’il y en a encore 1 milliard en utilisation. Juste quelques centaines de millions dans le monde. Et iBooks a récemment connu un regain d’effort de la part d’Apple, qui a enfin rendu l’application présente systématiquement avec ses appareils.

iBooks et les relations que cette boutique entretient avec les auteurs indépendant et auto édités, c’est très bizarre. Des livres que je viens de citer chez Amazon, il n’y en a qu’un sur iBooks (et pas dans la bonne catégorie !). Et les auto-édités ne sont pas légion dans le top iBooks. A qu ila faute ? Aux deux ! Les auto-édités ne s’y intéressent pas autant. Les équipes éditoriales d’iBooks mettent en avant des livres de maisons d’édition connues : c’est un peu le serpent qui se mord la queue.

A tort, car ce qui compte ce sont vos lecteurs. Le seul garde-barrière qui vous intéresse, c’est le lecteur. Et si vous ne trouvez pas vos lecteurs sur iBooks :

  1. Vous vous asservissez à Amazon
  2. Vous perdez des lecteurs
  3. Vous mettez de côté de nombreux avantages stratégiques pour vendre plus de livres

Kobo : le petit acteur qui monte, qui monte

Kobo est la troisième plateforme de lecture avec liseuse et boutique. Ils se sont alliés à la Fnac en France, mais avec d’autres acteurs dans d’autres pays. Comme ils sont partis d’une position plus “outsider” que les deux premiers, ils déploient beaucoup d’efforts pour se développer.

Ils ont bonne réputation. Je n’ai pas particulièrement de réussites sur cette plateforme, mais je dois avouer à leur décharge que je ne fais pas non plus d’effort. A tort. Je regarde ce que font d’autres auteurs ou éditeurs indépendants, par exemple Hélène Muzet de L@ Liseuse dont je parlais précédemment, et je vois plusieurs livres classés dans le top de leurs catégories.

On retrouve René Manzor dans le top 50, mais pas le même Giova Selly, ni John La Galite, ni Aurélie Valognes. Donc là encore une plateforme qui est un peu à la traine, surtout du fait des auteurs et de leurs éditeurs quand ils en ont.

Une fois que vous aurez fait ces trois plateformes, vous pouvez faire les autres en effet. Vous pouvez aussi avoir votre site et votre boutique. C’est à double tranchant d’avoir sa boutique, mais cela se révèle assez vite un formidable accélérateur de ventes.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 12

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici.

Je crois que j’ai assez dit de mal de l’édition traditionnelle, des éditeurs papier et des gens qui profitent de l’édition à compte d’auteur pour brûler trente fois en enfer. Il est temps pour moi de dire du mal de l’auto-édition de livres numériques.

Enfin, d’essayer, car les ebooks, ou livres numériques, sont un débouché absolument génial pour les auteurs qui veulent s’auto-éditer, et les éditeurs indépendants aussi. Mais tout n’est pas rose, il n’y a pas de bouton sur lequel il est écrit “succès automatique”, et il faut évidemment beaucoup de travail pour durer dans cette activité.

Alors je vais commencer par parler de l’auto-édition et de l’édition indépendante. Pour moi les deux sont liées. Car ce que l’on apprend avec l’une sert à l’autre. Il y a une différence de volume, de taille, mais pas de moyens, ni de stratégie. Si vous êtes auto-éditeur, vous devez aussi vous voir comme éditeur indépendant, avec un seul auteur, vous. Le mot important ici, c’est “éditeur”.

Dans les articles qui vont suivre, je vais parler de votre rôle d’auteur. Mais ne vous leurrez pas : je ne vais voir le travail de l’auteur que comme le travail de quelqu’un qui fournit de la matière à éditer. Ce qui compte maintenant c’est l’édition, la transformation d’un manuscrit imparfait en produit vendable.

Désolé…

37. Quelle est la plus grande erreur à commettre par un auto-éditeur ?

La plus grande erreur d’un auto-éditeur ou d’un éditeur indépendant est de se considérer ou de de se comporter comme un amateur.

Amateur.

Ce ne doit pas être le cas. Il faut au contraire respirer le sérieux, la qualité, l’expérience. Du premier regard sur la couverture au moment où le lecteur referme le livre ou le fichier, il faut qu’il ait le sentiment de s’adresser à quelqu’un de professionnel, pas un dilettante.

Vous comprenez, si vous vous considérez ou vous comportez comme un amateur, votre lecteur va aussi le faire. Il ne va pas vous prendre au sérieux, et en fait il ne va pas s’intéresser à vous et à votre ouvrage.

Si vous vous dites : je vais publier cet ouvrage, mais je vais faire un couverture avec un dessin de ma petite nièce, je vais demander à mon beau-frère qui est boulanger (un bien beau métier, mais aucune qualification pour la lecture) de le relire et de le corriger, et je vais envoyer à Amazon Kindle un fichier Word en espérant que le formatage passe à peu près, si vous vous dites ça, comment voulez-vous que qui que ce soit vous prenne au sérieux ?

C’est aussi bien valable pour les livres de fiction que pour les livres pratiques. Le caractère sérieux et professionnel de votre livre de fiction se verra rapidement, ou au contraire son caractère amateur.

S’il y a bien des choses que les lecteurs n’aiment pas, c’est l’amateurisme. Ils ne veulent pas qu’on leur donne un travail mal fini, mal présenté, quelque chose qui n’est pas passé déjà par un premier filtre de vérification et de correction. Ils ne veulent pas une couverture mal faite, une description réduite à peau de chagrin, un extrait insuffisant.

Ils veulent quelque chose de qualité, et une apparence d’amateurisme ne porte personne à penser qualité.

Et quand je dis apparence, je ne parle pas que de la couleur de votre couverture…

Qu’est-ce qui peut faire la différence pour un lecteur entre un titre auto-édité et un titre édité par une maison d’édition “normale” ? Posez vous la question, et vous verrez tous les domaines dans lesquels vous devez assurer la même qualité que vos prestigieux et établis concurrents.

Dès le premier regard, faites en sorte que vos lecteurs soient contents de leur choix, soient confiants quant à leur choix. Ainsi ils seront préprogrammés pour considérer votre titre comme de qualité et ils ignoreront de petites erreurs.

Parce qu’après tout, les lecteurs se moquent de savoir si le livre est édité par Tartempion de Tarascon (le beau frère de Tartarin), ou par un des grands éditeurs de la place de Paris quand ils le lisent, non ? A l’achat, c’est différent, mais après ?

La deuxième erreur, c’est d’oublier qu’un livre qui se vend dans une librairie, virtuelle ou non, est un produit. Il y a marchandisation de l’œuvre.

On ne vend pas une œuvre, on vend un livre. Et un livre est un produit.

Ne vous attachez donc pas à l’œuvre elle même trop sentimentalement, ne fondez pas dans l’œuvre des espoirs inouïs. Pensez au produit final que les gens vont acheter. Je sais, c’est parfois difficile de se mettre dans cet état d’esprit.

On voudrait que la qualité de l’œuvre soit suffisante à assurer le succès du produit. C’est parfois le cas, mais plus souvent, c’est l’emballage, l’aspect extérieur qui va décider d’une vente. Or pour que les gens apprécient l’œuvre, il faut d’abord qu’ils achètent le produit.

Donc quand vous en serez à publier et mettre en vente votre livre, pensez d’abord à faire un produit et un produit de qualité. Cette qualité sera bien évidemment une conséquence de la qualité intrinsèque de l’ouvrage, mais aussi de la qualité extérieure de ce produit. N’agissez donc pas comme un amateur.

Publiez vos écrits, mais pas “à compte d’auteur”

Et si on parlait un peu de la publication à compte d’auteur, ou du “vanity publishing” comme cela s’appelle bien trop souvent dans les pays anglo saxons ?

Il existe en effet deux types de contrats avec les éditeurs traditionnels : le contrat à compte d’éditeur et le contrat à compte d’auteur.

Le contrat à compte d’éditeur est celui que tous les auteurs recherchent : l’éditeur prend en charge l’édition (i.e. la correction à différents niveaux), la publication, l’impression et la distribution du livre et reverse des droits d’auteur. Souvent il versera une avance pour les droits d’auteur.

Dans ce contrat, l’éditeur a plus de pouvoir que l’auteur. C’est lui qui fixe le nombre d’exemplaires, les moyens etc. L’éditeur prend le risque financier de l’édition.

Le contrat à compte d’auteur est inversé en terme de pouvoir et de prérogatives. L’éditeur est alors un fournisseur de l’auteur, et c’est à l’auteur de prendre le risque financier et de payer certaines choses, comme l’impression etc.

La publication à compte d’auteur a longtemps connu ses lettres de noblesse dans l’histoire de l’édition, et il y a quelques livres majeurs de la littérature qui ont été publiés à compte d’auteur. Par exemple le premier roman de la série “A la recherche du temps perdu” de Marcel Proust.

Mais ne nous leurrons pas, la publication à compte d’auteur est aujourd’hui essentiellement une édition de vanité (vanity publishing en anglais), où les éditeurs cherchent des auteurs qui veulent se voir édités et leurs vendent des packages très chers en leur faisant miroiter des gains mirobolants, sans assurer pour la plupart des cas le travail que ces auteurs pensent qu’ils vont assumer.

Je ne pourrai pas parler de mes expériences personnelles, mais je pourrai citer plusieurs articles d’auteurs qui ont retiré une impression mitigée de leur travail avec un éditeur à compte d’auteur.

On peut aussi citer le personnage de Timothy Cavendish dans “Cloud Atlas” : “Je lui expliquais encore une fois que mes auteurs retiraient leur satisfaction du fait de présenter des exemplaires reliés à leurs amis, à leur famille et à la postérité”.

Aux Etats Unis, une des grandes maisons d’édition (les Big Five) a dans ses filiales une société qui se fait connaître pour vendre aux auteurs en devenir des packages hors de prix et totalement inefficaces de présentation, de présence dans des foires etc. En France, plusieurs entreprises d’édition ont des propositions commerciales qui sont proches de cet abus.

Souvent, il suffit de taper “éditer un livre” dans Google pour voir des publicités à droite et en haut apparaître, qui vantent des maisons d’édition qui accueillent tous les auteurs. Dites-vous que s’ils font de la publicité, c’est que trouver de tels auteurs suffit à leur faire gagner de l’argent.

Si ce que vous recherchez est à avoir un livre à mettre dans votre bibliothèque, avec votre nom dessus, tant mieux, allez les voir. Si vous voulez écrire pour en vivre, évitez ce genre de partenaire. Ils ont souvent en plus des clauses d’exclusivité dans leur contrat qui peuvent vous causer du tort.

Mon conseil pour apprécier ce que ces maisons font : pensez à rechercher sur internet le retour d’expérience d’autres personnes qui sont passées par ces maisons d’édition. On lit rarement des histoires horribles, mais on imagine que certains sont peu fiables. Alors que d’autres le sont plus. Que certains font exclusivement de la publication à compte d’auteur alors que d’autres font parfois aussi du compte d’éditeur. Que certains font exclusivement de l’impression à la demande, alors que d’autres feront de l’impression moins chère à l’exemplaire car avec un certain volume.

In fine, la vente de livres à compte d’auteur vous rapportera très peu d’argent.

Maintenant, vous pouvez vouloir le faire pour être en librairie. C’est bien d’avoir un livre papier en librairie…

Par snobisme, mais surtout à mon avis par triste réalisme commercial, rares sont les libraires qui acceptent de prendre des livres publiés à compte d’auteur. Rarissime même.

Si votre livre n’arrive pas en librairie car il n’est pas distribué (ça coûte cher d’être distribué), si votre livre que vous placez vous même chez quelques libraires très sympathiques et compréhensifs est présenté sur la tranche, pas de face, pas sur les tables centrales mais en rayon, à quoi cela sert-il d’avoir une version papier ?

C’est jeter l’argent par les fenêtres.

Un autre critère pour juger de l’intérêt du compte d’auteur, c’est votre aptitude, avec ce système, à vous constituer un lectorat, un groupe de lecteurs qui vont vous suivre et s’intéresser à ce que vous publiez.

Avec ce système, vous n’avez pas de relation avec ces lecteurs, ou si peu, à moins de courir les foires, les salons et d’y passer beaucoup, beaucoup de temps.

En conclusion, méfiez-vous du compte d’auteur. Vos espoirs seront des illusions.

Les réponses à vos questions sur les ebooks – Jour 10

Je vais aussi profiter de ce week end pour traiter de petites questions qui ne sont pas si importantes pour vous, mais qui concernent l’édition traditionnelle en général, et expliquent l’environnement.

19. Est ce que la distribution en supermarché et grands distributeurs aide les éditeurs ?

Ce type de distribution est celui qui est apparu dans les années 70 en France. Les hypermarchés se sont mis à acheter des livres et à les vendre. Mais les hypermarchés représentent le niveau ultime de la consommation.

  • Ils vont avoir peu de références (un catalogue assez peu fourni),
  • ils vont faire des promotions sur ces livres.

En conséquence, ils vont vendre beaucoup (en quantité) de peu (en diversité) de livres.

Pas question de trouver les 72 000 ouvrages sortis en 2013 dans les rayons des hypermarchés.

Par contre, les éditeurs les plus importants aiment (adorent) vendre beaucoup d’exemplaires des livres qui marchent le mieux chez eux. Avec les hypers ils ont un partenaire qui va leur permettre de faire de gros volumes.

Alors pourquoi la loi Lang sur le prix unique du livre ? Eh bien cela avait un impact sur la diversité du catalogue : laisser la part de marché des hypers dans la distribution des livres devenir plus importante leur donnait du pouvoir, réduisait le choix des livres et mettait en danger les libraires indépendants.

Pour les éditeurs qui font des best sellers, c’est donc neutre. C’est plus douloureux pour les autres éditeurs.

Maintenant, avec internet, il s’est produit quelque chose qui n’existait pas avant : la possibilité de mettre en stock et de vendre des produits de la “longue queue” : ces produits qui n’intéressent pas beaucoup de personnes, mais quand même, un nombre non inexistant.

Avec les plateformes type Kindle ou iBooks, et avec les catalogues de livres en ligne s’est produit le contraire de la concentration vécue avec les hypers ou les grandes surfaces culturelles.

20. Est ce qu’Amazon va détruire les éditeurs et les dominer ?

Depuis mars 2014, on parle beaucoup du problème de distribution des livres du groupe Hachette aux Etats Unis. Je n’ai pas assez de connaissances du marché du livre pour dire si cela touche aussi les livres du Groupe Hachette en France.

Le bras de fer entre un éditeur et un distributeur n’est jamais profitable. Ni à l’un, ni à l’autre, ni aux consommateurs ou aux auteurs.

Le relais que ce bras de fer a dans l’actualité et dans le cercle des auteurs montre a quel point Amazon est aujourd’hui dans un rôle majeur pour tous les éditeurs et les auteurs.

Maintenant, Amazon a besoin des éditeurs. Ils essayent de devenir eux aussi éditeurs, c’est pour dire à quel point ils pensent que ce rôle est important. Certes il draguent les auteurs auto-édités, mais ceux-ci restent peu nombreux. Sans éditeurs, Amazon aurait moins de livres à vendre, donc ils ne peuvent être dans une situation de domination absolue.

On en arrive à une relation de symbiose, et non pas de parasitage. Le conflit entre Amazon et certains éditeurs n’en est que plus regrettable.

Quelle est la position de ces éditeurs ? Agissent-ils vraiment dans le meilleur intérêt des lecteurs et des auteurs ? Non, évidemment, leurs intérêts à eux sont les plus importants. Et ils veulent aujourd’hui rester les garde-barrière de l’édition en général.

21. Est ce que le marché de l’édition a appris quelque chose de l’industrie du disque ?

J’ai déjà un peu abordé la question en parlant des DRM et du piratage. L’industrie du disque a peiné à passer au numérique. Ils ont tout fait pour en rester au CD.

Mais les utilisateurs les ont pris de devant avec le format mp3, un format “suffisant” pour la musique, facile à partager.

Ensuite Napster est arrivé et le partage “illégal” de mp3 a pris énormément d’ampleur. Les utilisateurs, les auditeurs de musique voulaient des titres de musique au format single, et facilement disponibles au même moment que les sorties CD.

Heureusement pour les éditeurs de CD, iTunes est arrivé. D’abord complètement opposés à la distribution de titres un par un, ils ont finalement apprécié le fait d’avoir de nouveaux revenus, de plus en plus importants au fur et à mesure. Ils en sont venus à majoritairement abandonner les protections anti copie de type DRM : les clients n’en veulent pas, et en fait, seule une partie de la population des auditeurs se partage de la musique s’il y a une offre sérieuse et large comme iTunes.

Il faut bien le dire, les gens qui aujourd’hui s’échangent de la musique sont soit des gens qui ne l’achèteraient pas (ce ne sont pas des consommateurs à la base), soit des gens dont le besoin n’est pas aujourd’hui pris en compte : fichiers de meilleure qualité, problèmes de territoires (un disque distribué dans un territoire mais pas dans un autre), indisponibilité dans des formats sans verrou numérique.

Est-ce qu’aujourd’hui les éditeurs de livres publient les livres au format e-book en même temps que papier, à des tarifs raisonnables, sans verrou numérique qui dégrade le produit vendu ? Rarement.

Ils ont de la chance, il n’existe pas de Napster de l’ebook, et la consommation de livres est moins immédiate que celle de titres musicaux.

Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut ignorer les mésaventures de l’industrie du disque et reproduire leurs erreurs. Traiter les lecteurs comme des pirates en puissance ou les empêcher de lire le livre qu’ils veulent, le vendre à un prix à peine inférieur au prix du broché alors que le coût de fabrication et de distribution n’a aucune commune mesure, c’est se moquer des lecteurs, et donc de l’auteur.

Publier ses ebooks – Jour 9

Ce week-end où j’écris un peu moins est aussi pour moi l’occasion de revoir et de faire un petit bilan de tout ce que j’ai écrit jusqu’à présent pour voir les erreurs, les inexactitudes, les approximations, et corriger le tir si nécessaire.

Bien que j’ai la vanité de croire que tout ce que j’écris est parfait 😉 , j’ai en effet remarqué des endroits où j’ai mal exprimé ma pensée, où je ne disais que la moitié de ce que je voulais dire.

La simplicité du blog et son caractère historique, c’est à dire le fait que l’on écrit des choses à un moment donné, font que je ne vais pas aller corriger les paragraphes en question. Je vais plutôt en parler ici.

Et cela me permet aussi de parler de l’exigence de qualité et de l’aspect “correction” de vos textes, puisque la relecture et la correction sont le thème central de cet article.

Quelques corrections

Sur la question 126, jour 5, j’ai dit que plus vous écrirez de livres et les publierez, plus vous pourrez avoir de succès. C’est vrai, mais c’est à prendre avec quelques précautions et mises en garde.

L’édition ou l’auto-édition n’est pas une loterie. Il ne s’agit pas d’essayer d’acheter des billets et d’augmenter ses chances de gagner en écrivant plus de livres pour être dans une approche “plus il y en a, plus j’ai de chances de réussir”.

Qu’il s’agisse de l’écriture ou de l’édition, cette démarche ne fonctionne que si à chaque fois, vous faites des progrès dans votre activité.

D’ailleurs, quand je parle de chance… La chance n’existe pas, ou plutôt ce n’est pas du hasard. La chance qui vous tombe dessus par hasard, non. Je me souviens d’une discussion avec Alice Quinn (où peut être était-ce juste un commentaire qu’elle avait fait), dans laquelle elle disait qu’elle avait eu de la chance.

Si on considère que passer des jours à retravailler son titre, à corriger son manuscrit, à définir son nom d’auteur (Alice Quinn est un pseudonyme), à améliorer sa couverture, si on considère donc que ça c’est de la chance, oui, Alice a eu de la chance. Mais tout ce travail d’amélioration a porté ses fruits, surtout.

L’adage que vous devez vous mettre en tête est : “La chance est le moment ou le travail intensif rencontre l’opportunité”.

Vous travaillez à améliorer votre écriture, vos personnages, votre style, la manière dont vous choisissez et rédigez vos livres pratiques si c’est ce style que vous écrivez. Vous travaillez à maîtriser et améliorer votre manière de créer des couvertures, de choisir un titre, de faire votre description et de lancer vos ouvrages.

Tout cela, c’est de l’acquit, de l’expérience, quelque chose qui vous appartient. Et un jour (peut-être plusieurs fois par an), ce travail et cette expérience vont de pair avec l’air du temps, un sujet d’actualité, un besoin des lecteurs.

Ce jour-là vous avez de la chance. Vous avez créé une opportunité et mis en face la qualité de votre travail.

Donc pour augmenter vos “chances” de réussir, il faut apprendre votre métier. Ou vos métiers si vous êtes à la fois auteur et éditeur.

Par ailleurs, vous devez mettre de côté l’idée que vous allez faire un best-seller. Ou que quelqu’un va vous apprendre comment écrire un best-seller.

Je ne sais pas le faire, Albin Michel ne sait pas le faire etc etc. Là où les éditeurs traditionnels sont doués c’est pour accélérer le succès d’un ouvrage qui marche bien, pas pour savoir à l’avance lequel va bien marcher.

Ce que vous devez faire c’est créer :

  • une audience de personnes qui vont acheter ce que vous publiez,
  • une série de livres que les gens vont acheter, les uns après les autres ou en collection.

En conclusion, plus vous publierez des livres de bonne qualité, ou meilleurs à chaque fois, plus vous réfléchirez à ce que vous publierez, et plus vous connaîtrez votre métier d’éditeur, plus vous aurez de succès.

Publiez vous-même vos livres – Jour 8

Pendant ce week end du 11 novembre, je lève un peu le pied sur les réponses à vos questions, désolé, mais c’est pour mieux repartir après. Promis !

Je ne publierai donc qu’une seule, ou que deux réponses par jour…

9. Est-ce que c’est long ?

Ça dépend de quoi on parle. Il y a des parties de la création et de la publication d’un ebook qui sont longues, d’autres qui le sont moins.

Bien évidemment, le plus long c’est l’écriture. Cela peut prendre plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois en général, plusieurs années pourquoi pas.

Cela peut vous poser un problème. Déjà un problème de régularité et d’astreinte à l’écriture.

Il y a plusieurs solutions à ce problème. La méthode 750, le fait d’écrire régulièrement chaque jour, comme une séance de méditation. C’est ce que je conseille le plus.

Il y a aussi par exemple des moments où l’on peut écrire plus. Par exemple en novembre, il y a aussi NaNoWriMo aux Etats Unis. C’est le mois national d’écriture, dont l’objectif est d’écrire un texte de 50 000 mots ou 200 pages en un mois.

Un mois c’est à la fois long et court. Tenir ce rythme peut être difficile, mais la récompense est là : un premier jet de 200 pages.

11. Est-ce qu’il faut choisir entre l’édition traditionnelle et les ebooks ?

Beaucoup pensent que c’est exclusif. Soit vous êtes dans l’édition numérique, soit vous êtes dans l’édition traditionnelle. Rien n’est plus faux. Il y a de nombreuses raisons de faire les deux, avec des partenaires similaires ou différents, voire en auto-édition pour l’un ou l’autre.

Par exemple François Bott, ancien rédacteur en chef du Monde de la Littérature, qui est édité par plusieurs éditeurs et qui travaille avec Rumeurs & Cie pour éditer des livres qui ne sont plus disponibles car les droits ont été abandonnés par les éditeurs traditionnels.

Par exemple Hélène Muzet des éditions L@ Liseuse a repris un recueil de nouvelles dont l’auteur avait obtenu des prix littéraires et l’a édité sur Kindle. Il se trouve qu’au même moment, le même titre sortait aussi en version papier en Suisse avec un nouvel éditeur. La couverture était différente entre les deux ouvrages, mais l’auteur, le titre et le contenu étaient le même dans tous les formats.

Par exemple J.K. Rowling…

Saviez vous que J.K. Rowling, l’auteur d’Harry Potter, était auto-éditrice ? Relisez ce que je viens de vous dire : un des plus gros succès de librairie des 20 dernières années, une femme presque aussi riche que la Reine d’Angleterre, auto-éditrice ?

Bon, elle est très atypique : elle a commencé comme auteur publiée dans le secteur traditionnel avant de voler de ses propres ailes. Et elle est auto éditrice avec de gros moyens 😉 Mais sa maison de distribution pottermore lui permet de vendre elle même et en direct tous les livres de la série Harry Potter, à des tarifs raisonnables et pour toutes les liseuses.

Un petit article en anglais sur Wired pour en savoir plus sur la démarche.

La page copyright d'Harry Potter chez Pottermore

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 7

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici.

Aujourd’hui je vais exceptionnellement garder une sorte de continuityé avec hier, en parlant essentiellement des images et des livres qui nécessitent des images, ou beaucoup d’images.

80. Peut-on insérer des images (Arlette) ?

Oui vous pouvez donc insérer des images. Les images dans les ebooks mériteraient un livre à elles toutes seules, car il y a beaucoup de choses à expliquer au profane pour guider son choix. Je n’ai pas encore écrit cet ebook;-)

Le logiciel que vous utiliserez pour créer votre ebook pour une plate-forme, ou pour PDF, va un peu conditionner la manière dont vous pourrez mettre vos images.

Un format d’image récent, disponible uniquement sur les fichiers d’ebooks les plus récents (ePub 3) est un format vectoriel, le SVG. Par exemple ce format est encore aujourd’hui trop confidentiel, et les outils pour en créer trop peu nombreux pour en parler ici. Donc il faudra attendre un livre sur cette question, en français.

Si vous êtes angliciste, vous pouvez télécharger celui ci qui date un peu, mais reste explicatif et je pense assez clair. Il ne parle que des images non vectorielles.

Après, il y a la question du format de l’image. Format d’enregistrement et format de stockage et de compression.

Pensez que vos images peuvent être vues sur une variétés d’appareils. Alors qu’est-ce qui est important ? D’utiliser l’image comme illustration ou de lui donner la meilleur qualité possible? Si c’est la qualité qui compte, vous pouvez mettre des images de très grande taille car les lecteurs peuvent par exemple regarder votre livre avec des tabllettes avec écran de très haute résolution.

Je ne vais pas donner les tailles ici : elles seront périmées demain. En tout cas, visez grand pour que vos lecteurs ne soient pas déçus.

Car si la qualité de votre image est importante, n’oubliez pas non plus que les utilisateurs peuvent la voir d’abord en taille réduite, insérée dans du texte, puis ensuite agrandie à la taille complète de l’écran, en tapant deux fois dessus avec une liseuse. Qu’il s’agisse d’une liseuse noir et blanc ou d’une tablette couleur.

Après vient le format du fichier. Vous avez deux grands choix : le JPEG (format qui finit par .jpg) le choix pour les photos, les tableaux. Et le PNG, pour le reste. Ne compressez pas trop vos jpeg au détriment de la qualité.

Comment installer des captures d’écran dans l’ebook (Christine)

La question des captures d’écran est plutôt : comment faire une capture d’écran pour la mettre dans un ebook ?

Cette question là dépend de votre ordinateur ou de votre tablette.

Si vous avez un iPad, appuyez en même temps sur le bouton de retour à l’accueil et le bouton d’allumage pour capturer tout l’écran, et retrouvez la photo dans votre liste de photos.

Sur un Mac, vous pouvez appuyer sur Cmd+Shift(la flèche des majuscules)+3 pour capturer tout l’écran ou Cmd+Shift(la flèche des majuscules)+4 pour sélectionner la partie que vous voulez imprimer : vous aurez alors une image qui sera créée sur le bureau de votre Mac.

Sur Windows, cela fait des années que je n’ai pas fait de capture d’écran. Je me souviens qu’alors il fallait appuyer sur impr. écran puis ouvrir un logiciel d’images pour coleler la capture d’écran qui était dans le presse papiers, comme décrit ici. Apparemment il y a enfin un outil pour le faire (snipping tool) depuis Windows 7, mais cette vieille technique fonctionne toujours.

Bien sûr Christine, si vous parlez de captures d’écran vidéo de l’écran, ma réponse ne sert à rien, merci de me le faire remarquer.

Toujours pour parler d’images : quelle taille doit faire la couverture ?

Là j’ai de la chance, j’ai déjà écrit un article sur le sujet cet été.

82. Je suis photographe, puis-je éditer un livre sur Kindle? (Clément Jude)

Oui, vous pouvez, mais je ne sais pas (je ne crois pas) que ce soit une excellente idée.

Maintenant je n’ai pas les informations, et elles sont difficiles à avoir. Voyez vous, le Kindle, c’est beaucoup la liseuse Kindle noir et blanc. Amazon, dans sa grande bonté et sa transparence légendaire, ne nous donne aucune indication du nombre de liseuses Kindle vendues, ni de tablettes Kindle vendues. Encore moins des usages de ces deux appareils.

Comme je suis un utilisateur d’iPad et de Kindle, j’ai du mal à croire que les gens achètent les tablettes Kindle Fire 😉 En toute impartialité, difficile de dire quelle proportion de personnes lisent sur Kindle Fire en couleur, et quelle proportion lisent sur Kindle pour iPad, et combien pour Kindle Mac ou PC.

Je regarde par ailleurs la boutique Amazon. Catégorie Beaux livres: 43 articles. 43 !

Allez, je cherche photographie. Il y a une catégorie photographie dans la boutique Kindle. Qu’y vend-on ? Des livres pour faire de la photographie, régler la luminosité d’un studio, utiliser Lightroom etc. Et pas mal de livres qui selon moi n’ont rien à faire dans cette catégorie (Photos de lesbiennes ? Franchement :-().

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Ce sont d’ailleurs les mêmes titres que l’on retrouve sur la boutique iBooks dans la catégorie photographie.

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Il faut aller dans les livres gratuits de la catégorie photographie d’iBooks pour trouver de beaux livres de photographie.

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Donc oui, vous pouvez éditer un livre de photographies sur Kindle, mais je vous conseille d’aller voir dans la catégorie photographie sur iBooks, au risque d’être submergé par les autres livres. Car c’est plus probablement là bas que vous trouverez des gens intéressés par votre travail.

Et vous avez un outil sur Mac qui vous permettra de faire rapidement et aisément de beaux livres de photographies sur Mac : iBooks Author. Quand c’est facile, pourquoi hésiter ?

Regardez par exemple ce qu’a fait Getty avec sa série Focus.

Ensuite, pour vous assurer que vous ne vous adressez pas au mauvais public, faites une version de votre livre aussi pour Kindle. Et comparez les résultats entre les deux plateformes.

Laquelle est la plus intéressante, POUR VOUS ? Vous êtes différent de moi, de Jules, de Jim. Vous seul pouvez déterminer là où vous devrez faire porter vos efforts.

Peut-on faire d’autres livres contenant des images ?

Cette question ne m’a pas été posée telle quelle, mais elle me permet de répondre latéralement à la question du livre illustré pour les enfants.

Les enfants représentent un véritable public pour les livres numériques sur tablette. Bien que les liseuses et tablettes soient des produits assez fragiles, les enfants en prennent soin et sont véritablement attirés par cet objet et ce qu’il leur permet de faire.

Je vous signale au passage la jeune pousse de deux amis, Thomas et Edouard, qui ont fait un logiciel de partage de livres illustrés pour les enfants et leur famille. La société s’appelle StoryPlayer. Ils ne s’adressent malheureusement pas aux auteurs auto-édités (je les pousse) car ils doivent faire chaque livre à la main. Mais leur application a rencontré un beau succès d’estime.

Je vous souligne aussi, dans un autre ordre d’idées, les livres parus aux éditions L@ Liseuse, édités par Hélène, dont vous pouvez aussi voir un entretien ici. Hélène a fait plusieurs livres de jeunesse, dans différents formats. Elle a commencé par des livres dans un format assez classique (texte avec images insérées pour illustrer), mais elle a aussi fait Un amour de pylone où le texte et les images sont mélangés (comme dans un fichier ePub 3). Téléchargez un extrait de ces livres pour voir ce que cela donne !

Au vu du classement de ses livres, la distribution reste confidentielle. Mais pas inexistante. Je ne sais pas ce que représente le secteur jeunesse, je l’admets bien volontiers. Elle a eu plus de succès dans la catégorie policier.

Vous voyez avec le travail de ces personnes ce que l’on peut faire. Ce ne seront pas les meilleurs chiffres de vente, ni sur Kindle, ni sur iBooks ni en vente directe. Mais si c’est ce que vous faites, ce que vous aimez écrire, la porte vous est ouverte. Ne pas en profiter serait dommage.

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