Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 6

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

Aujourd’hui, nous allons explorer un autre sens que la vue, et voir comment profiter aussi de votre ouïe. Et je vais faire quelque chose d’un peu suicidaire : je vais rajouter des questions aux questions déjà posée (jamais je ne vais réussir à en finir avec cette liste !).

Que penser des audio-book? (Jean)

Du bien…

Mais cela ne suffira malheureusement pas. Car l’audiobook est en France le parent pauvre de l’édition. Enfin, en tout cas, il n’a pas le succès qu’il mérite auprès du public et son usage n’est pas très important.

Déjà, qu’est-ce qu’un audio-book ? C’est tout simplement la version lue d’un livre correspondant. Elle peut être lue par une seule personne ou par plusieurs. Elle peut se limiter à la lecture ou contenir aussi un habillage sonore (avec l’atmosphère).

Cette version lue est ensuite disponible sous plusieurs formats techniques (mp3, AAC, CD) : vous pouvez vendre l’audiobook comme un objet physique avec le CD ou comme un produit numérique seulement avec des fichiers à télécharger.

Ce format est pour tout le monde : enfants et personnes mal voyantes sont souvent considérés comme les deux seuls publics cible, mais c’est faux. Tous les gens peuvent être intéressés par les audiobooks.

C’est un des trois facteurs qui expliquent la faible part du livre audio dans l’édition en général.

Le deuxième facteur est le manque de nouveautés. Il est en effet rare qu’un éditeur fasse une version audio d’un livre. Avec 300 sorties de livres audio par an, la France est très loin des 74 000 titre parus en 2013. Ce n’est qu’après un succès de la version écrite habituelle d’un livre que sa version audio est considérée, avec plusieurs mois de retard.

Aux Etats-Unis notamment, il n’est pas rare de voir la version audio d’un livre sortir en même temps que la version papier ou e-book. Cela explique sans doute que le livre audio ou audiobook représente un secteur qui fait près d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires.

Il y a du mieux depuis quelques années : certains éditeurs majeurs se sont rendu compte de l’intérêt de l’audiobook et ont créé ensemble une maison d’édition dédiée à ce format, Audiolib. Mais leurs livres audio n’arrivent qu’après le succès de la version papier, et uniquement pour les “gros” titres

Le troisième facteur est le prix : un audiobook coûte plus cher qu’un livre électronique et souvent plus cher qu’un livre papier. C’est un fait qui peut être pris dans les deux sens : cela est moins intéressant pour les lecteurs, cela permet aux éditeurs de faire plus de marge.

Pour en connaître un peu plus sur les livres audio, je vous invite à aller sur le site de Librium

Avez-vous des exemples de livres audio auto édités ?

J’en ai plusieurs. Déjà, un très grand nombre de livres du Club Positif sont des livres multi formats, dont des livres audio. Si vous prenez par exemple “Les Secrets de l’attraction” ou “Lecture Éclair”, ces livres sont disponibles à la fois sous forme d’ebook à télécharger et d’audiobook avec des fichiers mp3.

J’aurai donc du mal à jeter le livre audio aux orties !

Quelle est la réflexion qui est à l’origine de cet usage systématique du livre audio ? Et bien les livres du Club Positif sont essentiellement des livres-outils des livres pratiques dont l’intérêt est dans la solution qu’ils apportent, plus que dans l’histoire qu’ils racontent, ou la qualité littéraire… Il faut donc faire en sorte qu’ils soient utilisables par tous.

Pour le roman, j’ai moins d’exemples, mais on peut citer la version audio du livre “Un palace en enfer” d’Alice Quinn qui est disponible sur iTunes. Ce livre est réalisé en collaboration avec un studio/éditeur. Bon, là aussi il a fallu attendre un peu de temps avant de voir le livre audio sortir après le succès de la version ebook. Mais pas tant de temps que cela, et il faut aussi voir la question du financement.

Car réaliser un livre audio prend du temps d’enregistrement : 8 heures pour Alice in fine dans l’audiobook, donc au moins 3 fois plus pour l’enregistrement, et x fois plus pour le nettoyage, l’habillage sonore, etc.

Pourquoi moins d’exemples ? Il y a la question de la production et de l’enregistrement, il y a aussi la question de la distribution. Distribuer un livre audio est plus difficile qu’un ebook.

Si vous écrivez un ebook, en le mettant dans le bon format vous pouvez le vendre sur Kindle, iBooks, Kobo et directement. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui pour les audiobooks. Il n’y a qu’un moyen de distribution facile : votre propre site.

La difficulté pour vendre un livre audio, c’est que vous devez le vendre tout seul.

Avoir votre propre boutique, gérer le support, livrer de manière correcte (avec la problématique du poids des fichiers). Ce n’est pas aussi “simple” qu’avec les plateformes de vente d’ebooks.

Un des principaux acteurs de la vente d’audio books aux États Unis pour les audiobooks numériques, c’est Audible. Dans ce pays, Audible est tellement développé qu’ils ont développé un site similaire à KDP qui permet à de nombreux indépendants de mettre en vente sur la boutique Audible, mais aussi sur iTunes d’Apple leurs livres audio numériques.

En France, Audible a connu un parcours plus difficile, et a même été un temps racheté par France Loisirs avant de revenir dans le giron d’Amazon comme aux États Unis. Ils n’ont pas les mêmes outils. Ils n’ont pas non plus le même public.

Si vous voulez passer par eux, il faudra donc les contacter manuellement, avoir un contrat spécifique, être capable de leur fournir les fichiers avec un serveur FTP, etc. Plein de petites barrières qui ne sont pas insurmontables mais qui peuvent vous ralentir ou vous empêcher d’accéder à leurs lecteurs.

106. Peut-on introduire à un ebook le récit de l’histoire complet en audio ? (Je pense par exemple aux malvoyants) (Edith)

Cette question me permettra de rebondir sur ce que j’évoquais précédemment.

Oui, il est possible de faire des ebooks hybrides avec à la fois du texte et de la lecture audio de celui-ci. Cela s’appelle le format “Read Aloud”, ou lecture synchronisée. Car cela va plus loin que le livre multimédia qui contient du texte et du son. Avec ce format, la lecture audio est synchronisée avec la lecture du texte.

J’ai réalisé un livre gratuit à partir de “Formules magiques pour exaucer vos vœux” que vous retrouverez sur iBooks. Il n’est lisible que sur iBooks à ce jour à ma connaissance. En effet, c’est un ebook dans un format récent que seul iBooks semble supporter à 100%.

Ce format technique est le format ePub 3. Les personnes qui ont suivi la formation ePub Publisher m’ont entendu en parler à plusieurs reprises : utiliser ePub 3 est un bon moyen de réaliser un livre multimédia, et on peut escompter que de nouveaux lecteurs et tablettes pourront l’utiliser.

Un autre exemple de livre hybride est une autre version du même “Un Palace en Enfer”, cette fois-ci disponible sur iBooks, où l’on a à la fois le texte (mais en format statique) et une “bande-son” d’ambiance qui change avec chaque page.

L’audiobook est adapté à un usage nomade, le livre en lecture synchronisée ne l’est pas. Ce n’est pas facile de lire un livre avec lecture synchronisée dans une voiture ou en se déplaçant dans le métro ou le train. Pour un voyage en avion, ça va. Mais tout juste, avec les limitations de l’usage d’appareils électroniques dans les avions. Car pour un livre avec lecture synchronisée, il faut lire.

Une possibilité supplémentaire est d’insérer du son dans un livre.

Vous pouvez ainsi faire un “package” livre + séminaire ou livre + exercices. Ne mettez pas de sons trop longs toutefois : si votre lecteur est sur un iPad par exemple, il y a de fortes chances que l’iPad s’éteigne automatiquement et coupe le son alors que l’utilisateur est en train d’écouter, mais n’a pas le doigt sur l’écran.

Enfin, à partir du moment où vous avez la matière brute (livre et son), vous pouvez aussi imaginer d’autres déclinaisons : livre exclusivement fait pour iPad avec iBooks Author par exemple.

Je parle d’iPad, d’iPad… je ne parle pas beaucoup de Kindle dans ces questions sur les audiobooks et les livres enrichis.

En effet, la situation du Kindle est un peu plus complexe à gérer puisque bon nombre de liseuses Kindle n’ont plus de haut-parleur ni de sortie casque. Par ailleurs, l’intégration de sons m’a personnellement posé plus de soucis dans le format propre au Kindle que dans le format ePub lisible sur iPad ou Kobo.

On reparlera de ces aspects techniques une autre fois.

##Et la vidéo ?##

Oui, on peut mettre de la vidéo dans un ebook. Comme le son, c’est un type de données qui est ajoutable. On peut alors avoir une vidéo qui se joue dans le cadre du livre ou en plein écran.

Pour voir ce que cela donne, regardez ce court extrait de navigation fait par mes soins à partir du livre “The Making of Star Wars” sur l’application Kindle pour iPad, livre que je vous recommande si vous êtes fan.

La vidéo présente de nombreux avantages pour faire un livre plus riche, avec une plus grande valeur, comme le son.

Mais cela a les mêmes inconvénients aussi : production plus longue et plus coûteuse, et distribution un peu plus confidentielle.

En conclusion, qu’il s’agisse de la vidéo ou de l’audio, vous pouvez réaliser des titres très complets, mariant plusieurs formes de contenus, de véritables ouvrages multimédias comme les CD-Rom du milieu des années 90. Vous ai-je avoué que j’ai été chef de projet sur “Musée d’Orsay” et que j’ai assuré la traduction du “Louvre, peintures et palais” dans plein de langues. Parler de ce type de multimédia me rappelle plein de souvenirs. Illisible ce CD sur un PC moderne…

De gros projets, impliquant de très nombreux intervenants, avec des compétences diverses. Quelque chose qu’il est difficile de faire en solo si on est tenté par l’aventure. Restez-en à des choses simples pour commencer et vous développer dans l’auto-édition. Sauf si le sujet s’y prête beaucoup évidemment.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 5

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

125. Avez vous des ebooks à me conseiller pour aller plus vite ou plus loin ?

Je suis ravi que vous me posiez la question, c’est que le sujet vous intéresse vraiment.

Alors attention, je ne dis pas que vous n’avez plus besoin de me lire si vous lisez ces ebooks. Je ne dis pas non plus qu’il vous faut absolument les lire.

Ce sont de bonnes lectures qui vont vous permettre de mettre un coup d’accélérateur, ou qui vont combler quelques unes de mes lacunes (je l’ai dit, je ne détiens pas la Vérité Universelle).

La plupart des liens vont vers la boutique Amazon et sont des liens d’affiliation : je touche des centimes si vous achetez le livre.

Je commencerai par la série de livres de mon ami Guy Poursin : “Écrivez… et vendez tous vos écrits” (lien affilié Amazon). Guy a une longue expérience du travail d’écriture. Il a été contributeur encyclopédique et a écrit une multitude de livres pour d’autres personnes. Il s’est aussi auto-édité sur Kindle pour d’autres ouvrages que celui-ci.

Ensuite, vous pouvez lire le livre de Jacques Vandroux sur l’auto-édition : “Grimpez vers le TOP 100, pour bien débuter dans l’auto-édition numérique” qui est plein d’astuces et qui relate son expérience personnelle.

Vous avez une série de titre plus spécifiquement sur le marketing de votre ebook, que l’on verra plus tard :

Enfin, juste pour la partie “comment”, je vous rappelle que j’ai écrit un ebook gratuit. Il est disponible sur iBooks et Amazon. Il doit être gratuit sur Amazon, puisqu’il est gratuit sur iBooks.

Comment publier son premier ebook: Les étapes indispensables – Les erreurs à éviter sur Amazon.

Comment publier son premier ebook sur iBooks pour iPhone et iPad.

18. Est ce que tous les livres publiés gagnent de l’argent ?

On pourrait penser qu’il suffit d’écrire un bon livre et de le mettre sur une plateforme, sur Kindle, iBooks ou Kobo pour qu’il se mette à gagner de l’argent, à être productif.

Cela ne suffit pas.

J’ai malheureusement plusieurs exemples de personnes qui ont bien mis un livre sur Kindle, dont le livre est intéressant, mais qui ne le vendent pas.

Alors première chose : si ça vous arrive, ne baissez surtout pas les bras !

Tous les livres ne gagnent pas de l’argent et la cause en est souvent unique : ils sont mal vendus.

Ce n’est pas un critère de qualité. C’est un critère de vente et de marketing.

Oui, c’est important de le dire : un livre est un produit. Ce n’est pas qu’un produit, c’est souvent plus, mais quand cet eb-book arrive sur les étalages d’Amazon ou d’iBooks , il devient un produit et il FAUT le vendre.

Or la plupart des gens qui ne vendent pas leur livre se sont limités à se mettre dans la position de l’auteur. Ca ne suffit pas.

D’ailleurs, regardez les auteurs qui vendent des livres : ils sont aussi capables de faire le représentant, allant aux entretiens, aux colloques, en librairie. Supportant de se retrouver sur un petit bureau avec une ou mille personnes qui font la queue pour arracher une signature au Salon du Livre ou ailleurs.

Si vous ne faites rien pour vendre votre livre, il ne se vendra jamais. Soyez en sûr ! C’est très facile d’échouer.

Dites vous qu’il y a peu d’élus. Mais ce sont ceux qui essaient de réussir. Il n’y a pas et il n’y aura jamais de baguette magique.

Il y a un excellent article sur actualitte qui se rapporte à cette distribution des revenus parmi les auteurs auto-édités : 20% de ceux-ci font 80% des ventes. Cela signifie que 80 % des auteurs ne gagnent pas grand chose.

Est-ce différent de l’édition traditionnelle ? Non. Ce n’est pas en passant par le numérique que les auteurs trouvent tout à coup un système automatique pour vendre leurs livres.

Une remarque d’un commentateur de l’article tiré ci-dessus reste entièrement valable : La moitié des auteurs gagnent moins de 500$ . C’est toujours plus que ce qu’ils auraient gagné à attendre d’être publiés à compte d’éditeur.

En conclusion, rappelez-vous que l’écriture est sans doute la partie la plus importante pour créer un livre, mais que la vente et le marketing sont les seuls choses qui vont le vendre.

126. Quel est le meilleur moyen d’avoir beaucoup de lecteurs ?

Il y a deux moyens essentiels, mais je ne vais insister que sur l’un d’eux, et citer le premier en passant.

Le premier est d’avoir une très bonne commercialisation de votre ebook. De bons commentaires, une couverture excellent, un titre hors pair, et évidemment un ebook de qualité.

C’était en passant : l’objectif de ces articles est aussi de vous donner les astuces et les pistes pour faire cela.

Maintenant le deuxième moyen, celui pour lequel j’ai écrit cette question, est aussi simple, et ressemble à nouveau à une porte ouverte : écrivez de bons livres. Le s du pluriel est essentiel.

Plus vous écrivez plus vous avez de chance de trouver des lecteurs. Et de les conserver d’un livre à l’autre. Alors attention, le mot chance n’a rien à voir avec le hasard. Ce n’est pas un hasard. C’est pace que vous le voulez que vous atteindrez cet ojectif.

Rappelez-vous que chaque livre est comme une mini entreprise, mais aussi que chacune de ces mini-entreprises doit avancer de concert.

Il y a un conseil qui va de pair avec cet aspect : faites en sorte que chacun de vos livres parle des autres. Soit, dans le cas d’un livre pratique, dans le corps du texte, soit, pour des romans, à la fin du roman.

Vous pouvez même mettre des liens vers votre page auteur, vers votre site ou blog, et les liens vers les autres livres dans la même boutique sont tolérés. Alors faites-le. Ce qui n’est pas acceptable, c’est de transformer votre livre en vitrine publicitaire, même si certains le font.

En poussant le jeu à l’extrême, pensez collection ou série.

Avez vous déjà lu et apprécié un Arsène Lupin, ou Le Baron, ou James Bond, ou Jack Reacher ? Et lu un autre, et un autre, et un autre ? En ce moment je suis en train de lire le numéro 17 de Jack Reacher. J’en ai acheté 16 avant.

“Cinquante nuances de Grey” s’est vendu à 492 000 exemplaires en 2013. Juste avant, il y a… son tome 2 “Cinquante nuances plus sombres” qui l’a battu de 60 000 exemplaires.

En conclusion, écrivez, publiez, faites la promotion… et recommencez. Quand vous aurez 17 tomes de votre étude de la société, vous pourrez la nommer “La Comédie Humaine”, et vous comparer à Balzac 😉

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 4

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

Aujourd’hui je vais principalement parler du piratage, ce que c’est, comment essayer de le limiter, l’impact pour les auteurs, les éditeurs et surtout les lecteurs.

Faut-il avoir peur du piratage ?

Quand on me parle de pirate, je pense à Surcouf, à Rackham le Rouge, à la Flibuste. Des choses qui ont un peu d’envergure, par les cornes de Belzebuth. Pas des bachibouzouks qui commettent des larcins.

Or dans le discours moderne sur le piratage des fichiers et des contenus culturels et intellectuels (musique, vidéo, livre, logiciel), ce n’est pas de ça dont on parle. C’est plutôt du larcin, de la personne qui regarde une vidéo sans avoir acheté le droit de la regarder, soit en faisant du streaming sur un site qui propose ce genre de contenus, soit en téléchargeant un ebook à partir d’un site de torrents sans verser de redevance aux propriétaires des droits.

Je vais quand même expliquer ce qu’est le piratage moderne.

Les livres numériques sont des fichiers informatiques. Duplicables à l’infini, vous pouvez en mettre un sur un serveur web et le voir téléchargé des dizaines voire des milliers de fois par des utilisateurs anonymes. C’est très simple à faire.

Maintenant se pose la question de l’autorisation que vous avez de mettre ce fichier en téléchargement libre, payant ou non.

Imaginons que je sois l’auteur de ce fichier. Que c’est moi qui l’ai écrit ou en ai fait la première publication, et qu’à ce titre, je dispose des droits sur cette œuvre. Vous ai-je donné le droit de le télécharger et de le proposer au téléchargement à d’autres personnes ?

Pour le premier téléchargement, certainement. En général, je suis aussi d’accord pour que vous partagiez ce fichier, et l’œuvre qu’il contient avec votre entourage, familial et amical. Vos amis et votre famille.

Par contre, en général aussi, je ne suis pas d’accord pour que vous le diffusiez en dehors de ce cercle. Déjà, j’ai remarqué des personnes qui prenaient des fichiers offerts gratuitement et qui les vendaient. Ou qui les mettaient dans un pack en vendant des droits de revente. C’est malhonnête : ils prennent quelque chose de gratuit et se mettent à le faire payer.

Par ailleurs, ces œuvres représentent un investissement, soit de mon temps, soit d’argent pour rédiger, traduire, mettre en forme les ouvrages. Et cet investissement est commercial : j’en attends un retour, soit sous la forme d’une inscription au Club pour faire de la publicité, soit en argent car c’est un livre que je vends.

Donc, toujours à supposer que vous diffusiez ce livre, cet ebook sous forme numérique, vous êtes un “pirate”.

Si vous téléchargez cet ebook sur un autre site qui fait la même chose, vous êtes aussi un “pirate”.

Là on parle de deux ou trois personnes. Mais imaginez ce qui se passe quand on parle de centaines, de dizaines de milliers de personnes qui font la même chose. Bientôt, il est plus facile de se procurer une version piratée de l’ebook qu’une version légitime.

Mettez-vous alors à la place de l’auteur ou de l’éditeur : il y a un manque à gagner certain dans ce cas. Ce manque à gagner peut être faible, ou devenir important.

Il faut trouver une solution…

Qu’est-ce que les DRM ?

Les DRM ? C’est le moyen de verrouiller le fichier de manière à rendre la possibilité de l’ouvrir, de le lire de manière intelligible uniquement à la personne qui l’a acheté.

Ce verrou numérique ne fonctionne que pour la personne qui a acheté l’ebook. Donc elle ne peut pas mettre ce même ebook en téléchargement, elle ne peut pas le diffuser. Et si quelqu’un d’autre lit le fichier, il lui est illisible.

Je ne vais pas rentrer dans le détail technique des DRM, mais disons que le fichier est alors passé dans une moulinette mathématique qui a deux clés : une clé qui est l’identification de la personne qui l’a acheté et l’autre clé fournie par la personne ou l’entreprise qui vend le fichier verrouillé.

Voilà, le problème du piratage est résolu. Il n’y a plus de piratage. Il y a des verrous numériques qui protègent parfaitement le fichier.

Ah non, pas de protection parfaite?

Dites-vous que pour les verrous numériques, il en est comme pour les cuirassés et les canons. C’est une course en avant :

  • je fais un blindage qui résiste aux boulets de canon
  • on fait des plus gros boulets
  • je fais un blindage qui résiste aux plus grands boulets
  • on fait des obus qui percent le blindage
  • je fais des blindages hyper forts qui résistent aux obus
  • on fait des obus avec des flèches en uranium appauvri qui vaporisent le blindage et font brûler le char en quelques dixièmes de secondes.

Aucun verrou numérique n’est imprenable. S’il y a une clé, il suffit de la chercher. S’il y en a deux, il suffit d’en chercher deux. Et les ordinateurs sont doués pour chercher bêtement une clé, en les essayant les unes après les autres. Ça, c’est la technique force brute. Sinon, pensez latéralement : il y a bien un moment où le verrou numérique n’est plus là, à l’affichage. Les gens qui veulent enlever les verrous numériques n’ont donc “qu’à” trouver le moyen de lire ce qui est affiché.

J’ai vu récemment une technique génialement basique :

  • vous prenez un Kindle avec un ebook verrouillé
  • vous commencez à lire le livre
  • vous posez le Kindle dans les bras d’un robot
  • le robot tourne les pages et prend des photos des pages.

Vous pouvez voir une vidéo de ce projet hobbyiste sur Vimeo

Donc les DRM vont protéger l’œuvre, ou l’ebook, tant que quelqu’un n’est pas prêt à les contourner.

Vous allez me dire : si ça marche pas, il suffit de rester au bon vieux papier… Allez me pirater un livre !

Vous avez déjà entendu parler de la photocopieuse, du “photocopillage” ?

Ça vous est arrivé de photocopier quelques pages d’un livre, voire un livre en entier ?

Et le scanner, vous connaissez ?

Ce verrou-là n’existe pas non plus. Figurez vous qu’il y a des gens qui trouvent le moyen de scanner des livres qui ne sont pas disponibles en version numérique pour en faire une version ebook, et le mettent ensuite en partage ?

Ça existe. Il m’est arrivé d’en télécharger pour lire le livre.

Maintenant, supposons quand même que votre verrou soit imprenable. Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Pour l’auteur et l’éditeur, l’avantage est surtout de se prémunir d’une copie illégale trop facile. Par contre cette technologie de verrous numériques repose sur le secret, donc il faut aller voir des gens qui disposent de ce secret et sont prêts à le louer. Il peut donc y avoir un coût supplémentaire.

Pour le diffuseur, l’avantage est que c’est lui qui a le secret, donc c’est lui en fait qui verrouille l’accès au contenu. Vous devez passer par ses fourches caudines pour rajouter le verrou, et de l’autre côté de la liseuse, le lecteur doit utiliser son système, liseuse ou logiciel pour lire le fichier. Donc le diffuseur détient le pouvoir du crâne ancestral… Pardon, le diffuseur ou la boutique est celui qui a le contrôle.

Maintenant intéressons-nous à la personne la plus importante : le lecteur.

Avec un verrou numérique, le lecteur se met dans une position où il doit faire des sacrifices : il ne peut lire l’ebook que sur un certain type de logiciels, ou avec certains appareils. Il ne peut pas prêter son ebook. Il ne peut pas changer d’appareil. Et si le vendeur de son ebook vient à disparaître (la seule chose qui soit sûre dans la vie, c’est la mort), son ebook devient illisible.

Il peut être prêt à faire ces sacrifices contre une réduction du prix de son ebook peut-être. Après tout, puisqu’il y a verrou numérique, il y a moins de manque à gagner et l’éditeur peut concéder une réduction en contrepartie.

Ah ah ah !

Vous rigolez, non ?

L’existence d’un verrou numérique n’est pas la garantie d’un prix inférieur à une version sans verrou numérique. C’est l’éditeur qui se protège, au détriment du lecteur, et sans respect pour celui-ci.

Je ne sais pas quel est votre point de vue.

Je sais qu’en tant que lecteur je déteste les verrous numériques, je les abhorre. Je lis un livre, je veux pouvoir le donner ensuite à mes fils ou ma femme pour qu’ils puissent les lire. Avec ces verrous, cela ne m’est pas possible.

Je ne parle pas du fait de vendre le livre numérique une fois que je l’ai lu, alors que je pourrais le faire avec mon livre papier. J’ai lu une fois “Léviathan” de Hobbes, soporifique, j’ai pu le revendre à Joseph Gibert, et je suis sûr qu’un étudiant de prépa lettres ou de fac, voire un professeur de philosophie s’est éclaté avec (tant mieux pour lui). Avec un livre numérique, ce serait plus difficile, voire impossible s’il y a des verrous numériques.

En tant qu’éditeur, j’ai du respect pour mes lecteurs et j’attends de ceux-ci qu’ils aient du respect pour mon travail. Aucun des livres n’est (normalement) aujourd’hui protégé par des verrous numériques au Club-Positif.

Est-ce que le piratage est une taxe du succès ?

Dans notre monde idéal, les éditeurs et les auteurs font des livres qui sont tellement bien que tout le monde veut les lire. Tous les gens qui les lisent doivent normalement avoir les moyens de les acheter. Sinon, c’est que le livre est trop cher pour l’intérêt qu’il a ou le bénéfice qu’il apporte.

Nous avons une société d’échange. Seule une petite frange de la population conçoit que le contenu intellectuel n’a pas de valeur marchande et que tous les livres devraient être gratuits. Ils pensent peut-être que les auteurs devraient avoir un revenu de subsistance ou devraient se trouver des mécènes.

Je ne fais pas partie de ce groupe. Donc pour moi un bon livre a une valeur marchande.

Si le livre dont je parlais plus haut avait été en vente sur une librairie de livres numériques, je l’aurais acheté. Je préfère faire ainsi.

S’il ne me plait pas, après tout, je peux la plupart du temps en demander le remboursement.

Le plus grand danger qui plane sur un livre, ce n’est pas le piratage, c’est l’obscurité.

Vous pouvez aussi lire un article en anglais sur Mark Coker, le fondateur de Smashwords sur Huffington Post en anglais, où il remarque fort justement que les acheteurs de livres sont majoritairement plus âgés et féminins. Madame, allez-vous sur des sites de torrent pour télécharger vos ebooks ? Savez-vous ce qu’est un torrent ?

Un “pirate” n’est pas un client pour l’auteur ou l’éditeur : il ne sera jamais dans la position de vouloir l’acheter.

À l’inverse, mettre des verrous numériques revient à traiter vos lecteurs comme des criminels potentiels. Ce manque de respect des éditeurs mériterait de les empêcher de dormir.

En conclusion, mon conseil est de ne pas mettre de verrou numérique avec des DRM. Laissez les lecteurs apprécier les ebooks, les partager, faire en sorte que les auteurs soient connus, appréciés et que les lecteurs les respectent comme les éditeurs respectent les lecteurs.

Pensez à comment il a été facile pendant des années de “pirater” Windows, jusqu’au jour où Windows a été présent sur 90% des ordinateurs.

100 question sur l’auto-édition de livres numériques – Jour 3

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

Est ce qu’on peut gagner de l’argent ?

Cette question ressemble un peu à la question de la journée précédente. Mais ce que je veux aborder aujourd’hui c’est le mécanisme qui permet de gagner de l’argent avec l’édition d’ebooks.

Je vais d’abord parler du cas de figure le plus simple pour un éditeur qui publie des livres numériques : confier toute la distribution aux plateformes.

En effet, dans ce cas de figure, pas besoin de vendre vous-même vos livres, ni de gérer un support pour les commandes, les livraisons, etc. Pas besoin d’une boutique pour vendre vos livres ni de passerelle pour le paiement, etc.

Disons que vous publiez un livre et que vous le mettez sur une de ces plateformes. Que vous travaillez bien l’aspect le plus important, à savoir la commercialisation de cet ouvrage et que vous faites des ventes.

Ce sont des gros Si mais on verra au fur et à mesure comment les réaliser.

Dans ce cas, vous touchez entre 30 et 70 % de droits d’auteurs sur le prix hors taxes suivant la plateforme et le prix de votre ouvrage.

Qu’est-ce que ça fait comme argent ?

Avec un livre à 2,99 €, soit au jour d’aujourd’hui 2,80 € hors taxes, si vous le vendez à 100 exemplaires par mois, cela vous fait 296 euros par mois, soit 2 352 euros par an.

100 livre par mois, cela fait 3 livres par jour. Ce n’est ni énorme ni ridicule.

Aux Etats-Unis, ce volume de vente correspond au 25 000 ème livre du classement des meilleures ventes. Cela veut dire que 25 000 livres rapportent plus d’argent que ça à leurs vendeurs. Chez Amazon et chez Amazon seulement.

Car vous pouvez vendre votre ebook chez Amazon, mais aussi sur iBooks ou Kobo.

Maintenant, voyons ce que cela donne pour des cas existants et des gens qui diffusent leurs informations.

Jacques Vandroux révèle avoir vendu 12 000 exemplaires de son livre les pierres couchées. Alice Quinn 15 000 exemplaires de son livre “un Palace en Enfer” en un an. Jean-Philippe Touzeau a vendu 500 exemplaires par jour de ses livres au mieux, et 150 par jour à d’autres moments. Si vous trouvez d’autres personnes qui publient leurs chiffres, ça m’intéresse.

En appliquant les mêmes formules de calcul pour ces chiffres publiés, cela fait :

  • 33 000 euros pour Jacques Vandroux
  • 5 250 euros pour Alice Quinn (le livre restait à 0,99€)
  • 52 euros par jour pour Jean-Philippe Touzeau

Oui, ce sont des gros succès d’édition numérique par des indépendants sur Kindle. Oui, ce sont des cas exceptionnels, le haut du panier.

Mais j’ai croisé Jacques Vandroux, discuté à plusieurs reprises avec Alice Quinn, et lu des interviews de Jean-Philippe Touzeau : ce sont des gens normaux, pas des surhommes. Des gens qui aiment leur activité, qui sont enthousiasmés par celle-ci.

Ils ne deviennent pas riches avec leur activité d’auteur. Ils ont par contre un revenu supplémentaire confortable.

L’avantage pour eux de ce mode de distribution c’est qu’il n’y a pas de coût marginal, pas de coût lié à la vente des ebooks eux même. Ils ne doivent pas payer un site web ou une boutique pour vendre leurs ebooks.

Maintenant voyons aussi l’autre extrémité. Pensons à ces personnes qui publient un livre, sur leur site ou sur Kindle. Mais qui ne le vendent pas. Vous les repérerez sur la boutique Kindle d’Amazon par le fait qu’ils n’ont aucun classement. Il n’y a pas écrit “Classement des meilleures ventes d’Amazon: n°46.777 dans la Boutique Kindle”.

Est-ce qu’ils perdent de l’argent pour autant ?

  • l’inscription au programme KDP d’Amazon est gratuite
  • ils ont généralement fait la couverture eux-mêmes
  • ils n’ont pas fait appel à un correcteur professionnel
  • ils n’ont pas imprimé leur livre

Au moins n’ont ils pas perdu de l’argent !

Et s’ils font l’effort de s’occuper de la commercialisation de leur livre, ils peuvent quand même en vendre. Ils ont la possibilité ce qui pourrait être un échec en succès plus important.

Cette description est à comparer au fonctionnement de la rémunération des auteurs dans les systèmes de l’édition traditionnelle. Je reviendrai dessus dans la question “Combien gagne-t-on avec un livre auto édité ?”

Donc oui, on peut gagner de l’argent, et même beaucoup d’argent. Comme dans beaucoup d’activités, la persévérance, l’expérience et de la détermination vont vous permettre d’y arriver plus vite.

Est-ce que les éditeurs connaissent bien leur métier ?

Je l’ai volontairement faite incisive cette question. En sous-entendant que non, les éditeurs étaient des gros idiots. Mais ce n’est pas mon opinion. Je pense que les éditeurs connaissent bien leur métier. Ils savent faire travailler un correcteur, un imprimeur, ils savent pour la plupart obtenir la distribution des livres qu’ils éditent.

Il y en a beaucoup qui savent apprécier et reconnaître la valeur d’un ouvrage ou d’un manuscrit.

Bien sûr comme dans chaque secteur, il y a des très bons, des pas mauvais et des mauvais. Mais j’ai tendance à penser qu’il y a plus de moyens et de bons que de mauvais.

Ce n’est pas parce qu’ils connaissent bien leur métier qu’ils peuvent non plus reconnaître à coup sûr la qualité, le succès potentiel d’un ouvrage, ou mener cet ouvrage au succès. Pas toujours, pas de manière certaine.

André Gide a refusé chez Gallimard à l’époque Du côté de chez Swann de Marcel Proust. Alice Quinn a connu le succès qu’elle a eu avec un livre qui était dans un tiroir, refusé par quelques éditeurs.

Leur métier est difficile. Je suis le premier à le reconnaître.

Il faut savoir donc que les éditeurs ne sont pas capables de reconnaître la valeur d’un ouvrage, de l’évaluer correctement. Tant mieux, cela laisse de la place à de bonnes surprises.

Par ailleurs, leur métier évolue et l’édition numérique est un facteur de l’évolution.

Qu’apporte un éditeur à ses auteurs ?

  • expertise,
  • expérience,
  • correction,
  • marketing,
  • design,
  • distribution

Il apporte surtout la capacité à imprimer beaucoup de livres pour pas cher et à les distribuer dans un nombre important de librairies.

Il faut voir qu’avant l’avènement de l’édition moderne, qui date du XIXe siècle, l’éditeur est souvent surtout imprimeur. Ainsi Balzac navigue-t’il entre le métier de libraire-éditeur et d’imprimeur avant de devenir romancier. Jusqu’à cette époque, l’édition est “à compte d’auteur”. Je reviendrai là-dessus.

Dans l’hypothèse où ce qui vous intéresse est l’édition numérique seule, cette capacité à imprimer et à distribuer n’a plus le même intérêt.

Il n’y a pas d’impression.

La distribution se fait aujourd’hui sur 3 ou quatre canaux principaux, accessibles directement aux personnes individuelles.

L’édition a connu une phase d’industrialisation, mais on voit revenir le travail d’édition artisanal (ne pas confondre artisanat et amateurisme). Et dans cet artisanat, les compétences n’ont pas besoin de s’appuyer sur une expérience très forte.

Avoir un blog d’auteur ? Facile. Avoir une page Facebook ? Aisé. Gérer une liste de prospects et de lecteurs ? À la portée de plein de personnes.

Donc oui, la plupart des éditeurs connaissent bien leur métier. Mais comme celui ci est en train de changer, nombreux sont ceux qui font de la résistance et du conservatisme. Alors qu’il faut aller là où sont les clients avant tout.

Combien gagne-t-on avec un livre auto édité ?

Une petite bataille de chiffres ! On peut leur faire dire n’importe quoi alors je vais essayer de ne pas aller trop dans le n’importe quoi.

Les gens demandent souvent combien gagne un auteur par exemplaire vendu. La réponse est pas grand-chose. Mais ce n’est pas la bonne question.

On va partir de données moyennes au niveau du marché du livre en France. Je m’appuie déjà sur l’étude du Ministère de la Culture : Secteur du Livre – Chiffres clés 2012-2013 et sur les différents chiffres cités sur le site du Ministère de la Culture. Je pense que c’est une source raisonnable et qualifiée d’informations.

Il en ressort que le prix du livre hors taxe est partagé entre les différents acteurs de manière différente suivant le mode d’édition et le mode de distribution.

Voici ce que cela donne pour un livre papier :

141103-1

Pour un livre numérique édité par un éditeur “traditionnel” :

141103-2

Pour un livre auto édité et publié sur une plateforme (Kindle, iBooks ou Kobo) :

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Pour un livre auto édité et vendu directement par l’auteur :

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Des chiffres qui parlent d’eux même pour l’auto-édition, si l’on considère le seul prix unitaire du livre, à l’exemplaire. Il est alors beaucoup plus intéressant d’être auto édité, surtout que l’on a vu que l’investissement marginal (le coût à l’exemplaire) est nul pour l’auteur.

Voyons maintenant ce que cela représente par rapport au prix moyen du livre suivant le type d’édition.

En effet, on a le livre broché, le livre de poche, l’ebook, et le livre d’occasion. Et à chacune de ces éditions, il y a un prix moyen différent.

Voici un tableau de ce que cela donne :

Type d’édition Prix Moyen Part auteur Royalties auteur (en €)
Livre broché 20 € 8% 1,6 €
Livre de poche 6,5 € 10% 0,65 €
Livre numérique 6 € 15% 0,9 €
Livre auto édité 6 € 70% 4,2 €

Alors on va m’attaquer sur les chiffres. Oui, certains auteurs ont des droits d’auteur qui sont à 15 % dès les premiers exemplaires. Mais ils ne sont pas légion. J’ai pour ma part pris les chiffres diffusés par le Ministère de la Culture et qui sont censés représenter le marché dans son ensemble.

Par ailleurs, il est à noter que les éditeurs sont réticents face au développement du livre numérique, et donc ils appliquent à l’extrême la règle du prix unique du livre. Pour eux, un ebook vaut le même prix qu’un livre numérique et il n’est pas rare de voir les sorties des livres à 14,99 € sur Kindle ou iBooks.

À l’inverse, les auto éditeurs ont moins de coûts de structure, et sont d’accord pour vendre leurs ebooks à 0,99 € ou 2,99 € (ce qui a un impact sur leurs royalties).

Poussons le calcul alors plus loin en supposant un auteur auto-édité qui vend son livre sur Kindle à 2,99 € TTC au lieu du prix moyen. Il gagne 1,96 €.

Il gagne plus sur chaque exemplaire que l’auteur qui est passé par un éditeur.

Évidemment, s’il passe au prix le plus faible, il touche moins chez Amazon, et à 0,99 € TTC de prix public, il va toucher 0,34 €.

Continuons à parler de moyenne : un tirage moyen dans l’édition traditionnelle est à 7362 exemplaires en 20011 (et cela a tendance à baisser). Disons 7 000 exemplaires. Sur le premier tirage, un auteur peut donc escompter gagner 11 200 €. Avec un livre auto édité, il lui suffit de vendre 2 700 exemplaires pour gagner autant d’argent.

Tout ceci sans parler des retours. Cela ne concerne que les grandes maisons d’édition, mais il y a un mécanisme où les libraires vont recevoir d’office des livres, qu’ils auront ensuite un an pour retourner à leurs frais à l’éditeur, qui devra soit les redistribuer soit les pilonner.

Dans l’excellent article paru dans Actualitté, l’auteur évoque un taux de retour de 35%. Donc sur les 7 000 premiers exemplaires de notre hypothèse hypothétique, seuls 4 550 exemplaires seraient vendus. Soit un gain pour l’auteur de 7 280 €. Avec le modèle évoqué ci-dessus, il suffirait à l’auteur de vendre un volume de 1 800 ouvrages pour obtenir la même rémunération.

Ça, c’est la moyenne. Le best-seller de 2013, “Cinquante nuances de Grey”, vendus à 492 500 exemplaires, et au prix actuel chez Amazon de 7,99 € rapporterait 2 754 000 euros à son auteur si toutes les ventes étaient numériques et en auto-édition. Ce n’est pas le cas, mais ça fait rêver…

En conclusion, on gagne beaucoup plus sur chaque exemplaire vendu avec un livre auto édité en numérique qu’avec un livre papier en circuit traditionnel. À l’exemplaire. Il se vend toujours beaucoup plus d’exemplaires de livres papier que d’ebooks.

Les réponses aux questions sur les ebooks – Jour 2

Cet article fait partie d’une série sur “les 100 questions de l’édition d’ebooks”. Vous pouvez retrouver la liste complète des questions ici

Est-ce qu’on peut devenir riche ?

Oui, on peut.

Je vous assure que quand mon père parlait de chiffre d’affaires de plus d’un million d’euros par an dans l’édition numérique, il ne mentait pas. Il voyait par contre l’édition comme une activité qui ne se limitait pas à l’écrit.

Joe Konrath, une des figures de l’édition numérique aux Etats Unis, a gagné 50 000 dollars par mois.

Est-ce que vous allez devenir riche ? Ce n’est pas mathématique. Ce n’est pas assuré. Ce n’est d’ailleurs probablement pas votre but.

Mais si c’est votre but, votre réel but, vous pouvez le faire. Le nombre de lecteurs de livres numériques est suffisant, les liseuses et les canaux de lecture sont là. Les premiers bons chiffres de vente commencent à arriver.

Surtout, l’édition est une activité de capitaliste, de rentier. Chaque livre que vous éditez est une petite entreprise qui vous rapporte de l’argent. C’est un excellent investissement de votre temps et de votre génie. Et avec de l’intelligence, de l’opportunisme et de la créativité, votre investissement peut vous rapporter de l’argent pendant des années.

Demandez aux héritiers d’Hergé ou d’Uderzo pourquoi ils se déchirent : même après le décès des créateurs, le gateau est énorme. D’ailleurs Astérix est le plus gros tirage en édition de l’année 2013 : 1 300 000 exemplaires.

C’est un des moyens qu’ont utilisé les éditeurs “classiques” pendant des années pour assurer une activité pas forcément très rémunératrice mais intéressante en termes de chiffre d’affaires: faire travailler leur fond éditorial. Leur fond de catalogue.

Si vous avez un fond éditorial riche avec plusieurs livres, et qu’ils se vendent régulièrement même “petitement”, chacun de ces livres vous rapporte chaque année un peu d’argent. Un peu de chiffre d’affaires. Ou un peu plus si vous faites des progrès en termes de marketing.

En faisant de l’édition numérique, vos coûts de stockage et de production sont proches de 0 à l’exemplaire vendu. Pas de frais d’impression, pas de frais de stockage ou de diffusion (transport etc).

Bien sûr, vous n’êtes pas non plus à l’abri de faire un lancement qui marche bien en plus. Si vous vendez plusieurs milliers d’exemplaires d’un livre quand il sort, c’est autant qui vient mettre du beurre de qualité supérieure dans vos haricots extra-fins.

Est ce que l’édition classique est foutue ?

Quand je parle d’édition classique, il faut faire attention à ne pas tout mettre dans le même panier. Certains éditeurs ont une approche purement commerciale et grand public de leur métier. D’autres ont une approche presque religieuse. Certains vont fonctionner avec des gros tirages dans des grands magasins, des grandes surfaces culturelles spécialisées (Fnac, ex-Virgin, ex-Borders pour les USA), d’autres avec des distributeurs plus confidentiels et plus pointus.

Je comprends tout à fait mes amis et mon entourage qui me disent qu’ils n’achèteront jamais un lecteur d’ebooks. Moi même je ressens un frisson en rentrant dans une grande librairie, comme ce grossiste qui existait boulevard Saint Germain, où j’arpentais les rayons avec mon père.

Je continue à acheter des livres, même si j’achète plus volontiers des ouvrages d’occasion, ou des beaux livres, exceptionnels par la richesse de leur contenu : livres de design ou de graphisme, livres de photographie…

Mais je regarde mon usage : fatigué un temps de traîner tous ces livres de logement en logement, j’ai disséminé ma bibliothèque de romans, puis arrêté d’en acheter. Par contre depuis que j’ai un Kindle, j’ai explosé mon nombre de livres. Il faut vous dire que mon père m’a donné la mauvaise habitude de lire les romans en série.

176 livres sur mon Kindle. 50 sur mon iPad. Je crois que je dois aller consulter. Or les livres du Club Positif bien sûr. Et pas tous des ebooks de 35 pages : la quadrilogie du Trône de fer en anglais, 5678 pages.

Le livre classique est en danger. Les grandes surfaces culturelles et les libraires ferment (Virgin, Chapitre). Quand une librairie ferme, ce sont des emplois, mais aussi l’accès à la culture, parfois la seule librairie variée d’une ville.

Est ce qu’on ne va acheter nos livres que dans des hypers ? Avez vous vraiment envie d’avoir le choix proposé par Auchan, Carrefour ou Leclerc ? Si des grandes surfaces culturelles ou des chaînes ont l’habitude d’avoir un nombre limité de références et de livres, c’est encore pire pour les hypermarchés.

Ils vont aller chercher uniquement des livres dont ils sont sûrs de pouvoir les écouler.

La variété de l’édition classique risque donc de se dégrader encore.

La domination des ebooks et de la vente par internet est-elle alors inéluctable ? En tout cas elle va progresser. Il y a un cercle vertueux entre les livres et les liseuses : plus il y a de bons livres à lire, plus c’est intéressant d’avoir une liseuse, plus cela pousse les éditeurs à aussi travailler sur la version numérique des livres.

Et la fermeture des librairies rend l’intérêt des ebooks plus fort encore. Quand il n’est pas possible de trouver les libraires qui vont pouvoir vendre des livres à intérêt plus spécifique, plus recherché, où va-t-on se retourner ? Vers la vente par correspondance, et les ebooks.

Alors le terme de “foutu” est peut être un peu fort, mais l’édition classique va encore vivre une métamorphose plus forte dans les années qui viennent. Elle ne se fera pas sans heurt et sans drame. Il peut en ressortir quelque chose d’aussi bien ou de moins bien, et ça c’est le travail des éditeurs qui le permettra.

Est ce que toute les librairies vont fermer ?

Oui, certaines librairies vont encore fermer. Et pas que par la faute du grand méchant loup Amazon (ou le bouc américain).

Les français lisent moins: 69% ont lu un livre au cours des 12 derniers mois en 2013, contre 74% en 1997.

Surtout le chiffre d’affaires du secteur a fondu comme peau de chagrin : de 14,9 Milliards d’euros en 2000 à 2,7 Milliards en 2013.

Le mode de distribution des livres impose des difficultés aux libraires. Le secteur bouge, se transforme. Et qui dit transformation dit ouvertures et fermetures, embauches et débauches.

En 13 ans, la distribution a beaucoup changé (source Ministère de la Culture) :

Canal de vente Part de marché 2000 Part de marché 2013
librairies et librairies de grands magasins 22,2% 18%
grandes surfaces spécialisées 17,2% 22%
grandes surfaces non spécialisées 17,8% 19,5%
maison de la presse 9,1% 4%
VPC et internet 24,1% 32%

Et la rentabilité de la librairie indépendante est faible: 0,6% du chiffre d’affaires sur un échantillon de 800 magasins.

Est ce que tout ceci est la faute du livre numérique? Non. C’est l’usage des lecteurs qui a changé.

Il faut comprendre que les gens ont une certaine durée incompressible de loisirs. Disons arbitrairement 4 heures par jour (ce qui est optimiste). Ces 4 heures se partagent entre lecture, TV, cinéma, consoles de jeux, sorties, théâtre etc. Si les gens passent plus de temps devant leur ordinateur à se connecter à Facebook ou à regarder des vidéos sur YouTube, à jouer à leur PS4 ou à aller au cinéma, c’est autant moins de temps à consacrer au livre.

Donc de manière générale le livre est en perte de vitesse.

Pourtant dans ce secteur en berne, le livre numérique voit son usage augmenter. 49 millions en 2010, 81 en 2013. Et surtout 13 millions en téléchargement en 2010, 70 millions en 2013.

On a donc deux courants contraires : un cercle vicieux et en développement pour l’édition papier des livres, un cercle vertueux et ascendant pour l’édition numérique des livres.

On n’en est pas encore à 20% des livres vendus sous forme numérique. Quand on atteindra ce seuil, le changement sera encore plus rapide. De plus en plus de lecteurs seront exposés au numérique, des livres dont on parlera ne seront disponibles qu’en numérique au début. Quand les lecteurs auront goûté au numérique, ils apprécieront ses avantages, sans se préoccuper de ses inconvénients : le coût du livre, la portabilité des liseuses, une sélection de titres plus large et plus facile.

Les réponses aux questions sur les e-books – Jour 1

Je vais tout de suite faire preuve de ma fainéantise en commençant par des questions faciles. Les numéros se rapportent à la liste qui est sur la page générale de présentation des articles.

1. Qui peut écrire et éditer un ebook ?

Tout le monde peut écrire un ebook. Evidemment. Tout le monde peut s’asseoir devant son ordinateur, son cahier, sa machine à écrire et commencer à mettre des mots derrière des mots, donner du style ou répondre à une question. On peut écrire de la poésie, on peut écrire un pamphlet. On peut vouloir faire du roman érotique, ou une histoire pour les enfants.

L’écriture n’est pas réservée aux écrivains.

D’abord personne n’est né écrivain. Ce n’est pas quelque chose que l’on est, c’est quelque chose que l’on devient en le faisant.

Ensuite, et c’est très important, il faut que vous vous rappeliez que vous n’avez pas de limite: vous êtes doté du même cerveau que les autres humains, et c’est cela qui compte.

Donnez-vous la permission. Vous êtes la seule personne qui peut décider pour vous même ce que vous voulez faire. Personne ne le fera à votre place. Ce n’est pas moi qui vais le faire, ce n’est pas à moi. Pour que ça marche c’est à vous de le faire !

On vous a peut être dit que vous ne pouviez pas écrire, que c’était difficile, que c’était sérieux… N’écoutez pas les jeteurs de sorts. Ne croyez pas les gens à l’esprit étroit. Je ne sais pas ce qu’ils veulent : vous condamner à la médiocrité, vous garder sous leur coupe, vous protéger parce qu’eux même ont peur, mais dire à quelqu’un “tu ne peux pas le faire” n’est pas la meilleure preuve d’amour ou d’amitié.

Vous avez fait des études scientifiques ? Et alors ?

Vous n’avez pas fait d’études ? Pas un problème non plus.

Ce qui compte avant tout c’est d’avoir envie de partager : une histoire, un savoir, une expérience. Et de transformer cette envie en désir très fort, qui vous consume.

Vous ne savez pas écrire ? Bonne nouvelle, ça s’apprend. Et voire même vous n’avez pas besoin de savoir écrire. Car vous pouvez vous être simplement éditeur.

Pour l’apprentissage, vous trouverez des formations et des livres sur internet, et ailleurs. Vous pouvez participer à des ateliers de lecture. Regardez autour de vous, intéressez-vous et vous en trouverez probablement un pas loin de vous.

Etre éditeur aussi est possible pour tout le monde.

Il vaut mieux avoir 18 ans et la possibilité de contracter. Mais passé ces deux obligations, vous vivez dans une époque où l’édition est en mutation et, d’un métier technique avec de nombreuses barrières capitalistiques, financières et relationnelles devient un métier que l’on peut exercer en étant (presque) tout seul.

Vous pouvez éditer des livres libres de droit. Il y en a des centaines, des milliers, des centaines de milliers. Et dans cet ensemble, tous les ouvrages ne sont pas publiés aujourd’hui.

Je conseille généralement de commencer par un livre libre de droit pour l’édition. C’est plus facile parce que l’on se détache de l’aspect émotionnel, de la peur qu’on peut avoir à publier quelque chose qu’on a soi-même écrit, ou son premier ouvrage original. En apprenant avec un livre libre de droit vous évitez cette crainte du rejet. Vous êtes plus neutre.

Certaines personnes vont dire que c’est du vil opportunisme. Oui, de l’opportunisme. Mais c’est fait avec respect. Respect de l’œuvre, respect de l’auteur et respect des lecteurs. Sinon, ça n’a pas d’intérêt.

Si vous faites de l’édition uniquement pour gagner du fric, vous n’y arriverez pas, ou vous ne durerez pas.

Si au contraire vous choisissez des ouvrages de qualité pour leur redonner vie, leur prolonger leur vie, faire des lecteurs contents, tout le monde est gagnant.

12. Est ce que c’est le bon moment ?

Pas de suspense haletant, je ne sais pas écrire de romans. Enfin, je ne me suis pas encore donné la permission 😉

La réponse est oui !

“Tout ce qui peut devenir numérique le deviendra”. Ce slogan publicitaire à l’emporte-pièce est la marque de fabrique des années 80 à nos jours et a vu la transformation et l’explosion de nouveaux marchés : le CD, la photo numérique, la téléphonie, les mp3, la vidéo.

Il est illusoire de penser que l’édition numérique n’est qu’une mode. Le secteur de l’édition a résisté longtemps (plus passivement qu’activement) à cette numérisation, mais elle est inéluctable.

Ca ne signifie pas que le livre papier va disparaître. Si on continue le parallèle avec d’autres industries, dites vous qu’en 2014 c’était la meilleure année pour l’industrie phonographique en 20 ans. Le disque vinyle résiste et gagne encore.

Cette numérisation du livre s’accompagne d’un bouleversement de l’accès à la distribution. Avec un livre papier, les obstacles à franchir pour vendre son livre peuvent être nombreux et coûteux. La numérisation et l’accélération de la micro-fabrication permettent de vendre sans constituer de stocks, et sans avoir de nombreux intermédiaires entre l’auteur et le lecteur.

C’est dans des époques comme celles-ci que naissent les futurs géants industriels, et vous pouvez vous aussi en profiter. Parce qu’apprendre de nouvelles choses et prendre de l’avance sert aussi toujours à s’adapter au futur.

C’est aussi quand un marché se développe qu’il faut s’y installer, pour grandir avec lui. Si vous n’avez que 1 million de clients potentiels et que vous vendez à 0,1% d’entre eux, quand le marché a grandi de 100%, votre clientèle aussi.

La technologie détruit la technologie. Je ne suis pas capable de dire si un jour le livre numérique disparaîtra, mais regardez ce qui est arrivé au marché du CD, et dites vous que cela pourrait aussi être le cas pour le livre numérique. Il va y avoir des années fastes devant nous, mais il est fort probable que ces années fastes ne seront un jour qu’un souvenir. Ce jour là, vous serez passé à autre chose.

Je pourrais m’appuyer sur Schumpeter et sa théorie de la destruction créatrice, et je le fais certainement sans le vouloir, tant je pense que c’est un des fondements du progrès technique et économique. La crise bouscule les positions acquises et rend possible l’exploration d’idées nouvelles et ouvre des opportunités. C’est le cas pour l’édition.

On observe majoritairement le cycle suivant dans l’adoption d’une technologie :

– innovateurs : des fans de technologies qui prennent un pari alors que personne n’y croit, ou si peu. Ce sont les gens qui ont acheté la première Ford T, les idiots qui ont fait la queue en novembre 2007 pour acheter un iPhone (mes enfants m’en parlent encore), les gens qui ont acheté une liseuse Sony au début des années 2000.

– adopteurs précoces : ce sont les visionnaires, qui veulent aller de l’avant. Ils sont plus nombreux que les précedents. Aujourd’hui ce sont les personnes qui s’achètent une voiture électrique, une Zoe ou une Tesla. La technologie est là, elle marche.

– la majorité progressiste : ils sont pragmatiques. Les acheteurs de Kindle aujourd’hui font partie de ce groupe, plus aux Etats Unis qu’en France, ou on est encore un peu en retard dans le cycle.

– la majorité conservatrice : je résiste, je résiste. Les choses avancent sans moi, mais j’ai un peu peur d’être laissé sur le bord de la route alors je m’y mets aussi.

– les sceptiques. Généralement, quand ils adoptent une technologie, c’est qu’ils n’ont vraiment plus le choix, par exemple parce que la technologie précédent n’est plus disponible.

Vous voulez être dans quel groupe ?

Maintenant regardez ce schéma :

141101DiffusionOfInnovationLicencié sous CC BY 2.5 via Wikipedia

Voyez vous à quel moment le marché est le plus intéressant ? Quand on passe des adopteurs précoces à la majorité progressiste. Non pas parce qu’on est tôt dans la courbe, mais parce que c’est à ce moment que la majorité du marché arrive à maturité.

7. Est ce qu’il faut attendre ?

Désolé, c’est apparemment deux fois la même question. Mais voyons la question du “moment” sous un angle différent.

Le mot est procrastination. Il signifie “remettre à demain ce que l’on peut faire le jour même”. C’est une maladie bien humaine. C’est une maladie du confort ou de l’oisiveté. Ou du stress aussi.

Mais c’est une maladie qu’il vous faut vaincre.

On peut toujours trouver une bonne excuse pour attendre. Par exemple, “je vais attendre que la guerre des formats s’achève pour faire un ebook dans le format qui va gagner”. Ou “je vais attendre que les lecteurs soient plus équipés en liseuses”.

Oh, les bonnes raisons. Sauf qu’elles ne vous font pas grandir, qu’elles ne vous font pas avancer. Elles vous offrent juste un justificatif pour ne rien faire. Et ce serait dommage pour vous de ne rien faire, jamais. Voulez-vous vous retrouver dans 10 ans à regretter ? “J’aurais pu me lancer dans l’édition numérique quand cela a commencé à vraiment décoller, dommage”.

J’en reviens à ce que je disais plus haut : donnez vous la permission. La permission d’essayer. De réussir. D’échouer aussi. Mais vous n’aurez pas ce genre de regret.

La procrastination détruit complètement votre capacité d’agir, et vous met dans une position d’immobilisme.

J’ai un adage personnel qui est “Il vaut mieux un con qui bouge qu’un génie assis”. Je ne sais pas d’où il vient, mais à chaque fois que je suis dans une phase d’immobilisme il me revient. Même si je ne sais pas quoi faire, le fait de faire quelque chose me permet ensuite de savoir ce que je dois faire. Si je passe mon temps à réfléchir, à la fin de la journée, qu’est ce que j’ai ? RIEN.

Admirez vous les gens qui procrastinent ? NON. Admirez vous les esprits libres qui défrichent, qui inventent et qui parviennent parfois à faire des choses géniales, simplement parce qu’ils ont essayé de le faire ? OUI.

100 questions sur l’édition d’ebooks

J’ai encore besoin de votre aide, je crois.

J’ai prévu de consacrer le mois de novembre à l’édition d’ebooks, et à répondre à tout un tas de questions que les gens se posent sur cette activité, comment y arriver, comment faire, quels titres éditer etc.

Mais je n’ai pas encore le compte des questions. Je suis presque à 100, et j’aimerais vraiment dépasser ce nombre.  Aussi, si vous pouvez en rajouter (sur une ligne, et un peu générale, comme j’ai fait), je vous en suis d’ores et déjà reconnaissant.

Lisez d’abord toutes celles que j’ai prévu d’aborder et n’hésitez pas à rajouter la votre, ou d’autres commentaires, en bas de page.

  1. Qui peut écrire et éditer un ebook ?
  2. Est ce qu’on peut gagner de l’argent ?
  3. Est ce qu’on peut devenir riche ?
  4. Est ce qu’on peut en vivre ?
  5. Qu’est ce qu’un éditeur ? Et un éditeur ? Est-ce un faux-ami de l’anglais “editor”?
  6. Faut il avoir peur du piratage ?
  7. Est ce qu’il faut attendre ?
  8. Est ce que c’est compliqué ?
  9. Est ce que c’est long ?
  10. Est ce que c’est gratifiant ?
  11. Est ce qu’il faut choisir entre l’édition classique et les ebooks ?
  12. Est ce que c’est le bon moment ?
  13. Est ce que l’édition classique est foutue ?
  14. Est ce que les librairies vont fermer ?
  15. Est ce que les éditeurs sont incontournables ?
  16. Est ce que les éditeurs connaissent bien leur métier ?
  17. Qu’est ce qui aide le plus pour vendre des livres ?
  18. Est ce que tous les livres publiés gagnent de l’argent ?
  19. Est ce que la distribution en supermarché et grands distributeurs aide les éditeurs ?
  20. Est ce qu’Amazon va détruire les éditeurs et les dominer ?
  21. Est ce que le marché de l’édition a appris quelque chose de l’industrie du disque ?
  22. Est ce que les éditeurs ont raison de traiter la vente d’un livre papier de manière différente d’un ebook ?
  23. Comment faire face au piratage ?
  24. Comment faire pour avoir un éditeur sûr ?
  25. Est ce qu’on gagne plus d’argent avec un livre papier ou avec un ebook ?
  26. Est ce qu’il faut faire un petit prix parce qu’on est un auteur-éditeur ?
  27. Est ce qu’il y a des rôles essentiels dans l’édition ?
  28. Est ce que votre éditeur est plus qualifié que vous face à internet ?
  29. Est-ce qu’il faut passer par un vanity-éditeur ?
  30. Y a-t-il un cercle vertueux ou vicieux pour édition d’ebooks ?
  31. Est ce que les éditeurs sont des points d’entrée tels Cerbère ?
  32. Est-ce qu’on vend plus de livres papier ou d’ebooks ?
  33. Est ce que l’envoi par la poste d’un manuscrit imprimé est un facteur bloquant dans l’édition ?
  34. Quel est le facteur clé de succès des grandes maisons d’édition ?
  35. Quels sont les mythes de l’auto-édition ?
  36. Est-ce que l’auto édition et l’édition classique sont mutuellement exclusifs ?
  37. Quelle est la plus grande erreur à commettre par un auto-éditeur ?
  38. Quelle est la première étape pour s’auto éditer ?
  39. Quel outil utiliser pour écrire ?
  40. Quel type de livre écrire ?
  41. Qu’est ce qui marche le mieux ?
  42. Quelles sont les étapes avant d’avoir un livre à publier ?
  43. Comment faut il formater son livre ?
  44. Faut-il mettre une préface, un avant propos, une page de copyrights?
  45. Avec quelles plateformes faut-il travailler?
  46. Comment faut-il choisir le prix de son livre?
  47. Faut-il obtenir un ISBN?
  48. Qu’est-ce qu’un ISBN?
  49. Comment maximiser son profit?
  50. Comment maximiser ses lecteurs?
  51. Faut-il avoir un blog?
  52. Quelle est l’arme essentielle pour développer son lectorat et ses ventes?
  53. Faut-il avoir une page Facebook?
  54. Qu’est ce qu’un page auteur Amazon?
  55. Quel est l’intérêt d’avoir des commentaires?
  56. Comment avoir des commentaires sur les plateformes?
  57. Comment choisir son titre?
  58. Quel est votre nom d’auteur?
  59. Comment traiter les commentaires critiques?
  60. Quand faire une opération de promotion?
  61. Quelles sont les opérations de promotion?
  62. Comment surveiller ses ventes?
  63. Quelle est l’importance d’une bonne couverture?
  64. Quel est le cycle de progrès?
  65. Est ce que vous devez passer par un éditeur classique si vous avez du succès ?
  66. Quelles sont les raisons de faire de l’auto-édition?
  67. Est ce que le succès est plus facile avec l’auto-édition?
  68. Quelles sont les success stories en auto-édition?
  69. Est ce que des auteurs qui étaient dans l’édition classique sont passés à l’auto-édition?
  70. Qui va sortir vainqueur des batailles de l’édition numérique?
  71. Qu’est ce qui est le plus important : le best seller ou la longue queue?
  72. Est ce que mon livre vaut la peine d’être édité? Lila
  73. Est-ce qu’on peut publier son livre sur plusieurs plateformes et soi-même? (David)
  74. Je suis déjà écrivain et j’ai publié 8 livres, pourquoi m’intéresser à l’auto-édition? (Agnès)
  75. Je suis aveugle, est ce que je peux moi aussi écrire et publier un ebook? (Christine)
  76. Quel est le prix d’édition? (Corinne)
  77. Parmi tous les moyens de faire la promotion d’un livre, lequel est le plus rentable? (Fred)
  78. Peut-on écrire un livre sur une liseuse? (Arlette)
  79. Quel logiciel utiliser sur Linux? (Arlette)
  80. Peut-on insérer des images? (Arlette)
  81. Combien de pages minimum pour un livre?
  82. Je suis photographe, puis-je éditer un livre sur Kindle? (Clément Jude)
  83. Comment éditer sur le Kobo et autre liseuse? (Jean-Pierre)
  84. Peut-on éditer un livre français sur Createspace?( Jean-Pierre)
  85. Quel est le domaine d’écriture qu’il faut choisir? (Lani)
  86. Comment faire pour trouver des titres qui séduisent les lecteurs ?
  87. Entre les romans fiction et les ebooks pratiques, qu’est-ce qui se vend le plus sur le Kindle?
  88. Quels sont les mots pour décrire les émotions des personnages d’une roman?
  89. Puis-je faire des livres pour enfants? (Monique)
  90. Peut-on transformer un fichier libre office en ebook ? comment ? (Arlette)
  91. Quel est le volume de ventes qu’on peut attendre d’un ebook?
  92. Quelle est la part d’internet dans la vente de livres?
  93. Quelle est la part des ebooks dans la vente de livres?
  94. Quelle est la part de marché des différents acteurs?
  95. Faut-il accorder une exclusivité à Amazon avec KDP Select?

Je sélectionnerai les meilleures questions que vous pouvez encore poser, et surtout celles auxquelles je pourrai répondre (sinon ça n’a pas de sens).

Merci

La messe est dite

Ceci est un des premiers articles d’une série que j’ai prévu de publier. Je l’ai pompeusement intitulée “les 30 secrets de l’éditeur indépendant”, et j’espère en avoir plus que 30.


 

Savez vous ce qu’Amazon attend de vous, autoéditeurs ou éditeurs indépendants ? Savez vous ce qu’ils vous poussent à faire et vous récompensent pour l’avoir fait ?

ECRIRE

Nouvelles, classements ici et là, nouveau Kindle unllimited (même s’il n’est que pour les USA) etc. Amazon offre des opportunités pour que tous vos écrits soient publiés, exploités et vous rapportent des royalties.

Si vous écrivez d’autres livres ? Vos livres actuels sont recommandés en fin de lecture, dans la page du livre, dans la page auteur.

Par ailleurs, avoir beaucoup de livres est un facteur essentiel de succès sur Amazon. De très nombreuses personnes ont remarqué qu’atteindre une masse critique de 3 à 5 livres permettait d’accélérer durablement les ventes.

Sur iBooks, c’est la même chose, puisque la boutique va aussi recommander d’autres livres du même auteur, les autres livres d’une série…

Pourquoi croyez vous que Balzac soit si connu ? Oui, il a pondu des chefs d’œuvre de la littérature française. Mais est ce que ses 93 romans en étaient tous ?

Savez vous aussi quel est l’un des plus grands succès de l’édition de la fin du 20ème Siècle ? SAS de Gréard de Villiers. Son Altesse Sérénissime Malko Linge n’est pas Eugène de Rastignac, mais en écrivant un livre par an au moins Gérard de Villiers est devenu millionaire.

Si vous êtes autoéditeur, qu’est ce que ça signifie pour vous ?

Cela signifie que vous devez AU-TO-MA-TI-SER votre travail d’édition :

  1. Découvrez
  2. Approfondissez
  3. Maîtrisez
  4. Automatisez

Et trouvez les moyens les plus efficaces et les plus automatiques pour publier, faire connaître et transformer en carton chacun de vos livres.

  • Ne réinventez pas la roue.
  • Ne passez pas des heures sur des forums ou des groupes Facebook 😉
  • Ne passez pas plus d’une fois par semaine sur votre blog (sauf en période de lancement)

Votre capacité à produire des contenus riches est le meilleur moyen d’atteindre le succès.

Les pré commandes sur KDP, vous avez vu ?

L’actualité d’Amazon et de KDP a été chargée cet été et il est probable que vous ayez raté une annonce discrète mais néanmoins importante. En fait, je dois dire que je n’ai vu cette nouveauté relayée nulle part… ce qui est bien dommage pour vous.

Courant août, Amazon KDP a annoncé que les pré-commandes étaient maintenant disponibles et utilisables dans KDP (Kindle Direct Publishing), et pas seulement pour les éditeurs ayant un contrat traditionnel avec Amazon.

Les pré-commandes ne sont pas qu’un gadget de plus.

Ce sont un outil très puissant d’amélioration de votre marketing et de votre visibilité.

Décrivons d’abord ce à quoi cela correspond pour un client Kindle qui veut acheter un livre pas encore sorti mais annoncé. Il peut l’acheter en pré-commande et sait quand ce livre sortira. Le jour de la sortie, il peut le télécharger ou le recevoir directement dans sa bibliothèque Kindle sur son Kindle.

Simple, non ?

Maintenant, allons de l’autre côté du rideau pour voir ce que vous pouvez faire. On verra plus tard comment je vous conseille de le faire.

Vous pouvez prévoir une précommande pour un ebook qui sort au maximum 90 jours plus tard. Vous devez bien entendu prévoir toutes les méta données (titre, auteur description etc) et la couverture avant de faire la “pré-publication”. Il y a deux spécificités aux pré-publications :

  • vous devez fournir au moins un “brouillon” de votre ebook,
  • vous devez choisir une date de mise à disposition.

precommande-kdp

Pour le reste, c’est comme une publication normale.

Que se passe-t-il pendant la période de pré-commande ?

Il est bon à savoir que vous ne gagnez pas d’argent. Les pré-commandes ne se convertissent pas encore en espèces sonnantes et trébuchantes.

Par contre elles s’accumulent. Pour peu que vous fassiez le travail de promotion de votre ebook en dehors de la boutique Kindle, mais aussi que vous ayez les bonnes méta-données (bonne catégorie, bonnne description et bon titre), les lecteurs qu ivous intéressent vont voir votre livre et peuvent le pré-commander.

C’est aussi le bon moment pour faire un communiqué de presse et envoyer un email à votre liste d’inscrits.

Car le jour de la parution, ces pré-commandes (ou presque toutes) se transforment en ventes. Le même jour ou presque car cela dépend du moment où ils le téléchargent vraiment.

Ce que vous devez faire, ou ne pas faire avec les pré-commandes KDP

L’erreur la plus terrible serait de mettre un “brouillon” (ce qu’Amazon appelle un manuscript préliminaire) et d’oublier de fournir la version finale au moins 10 jours avant la date de publication.

Cette erreur peut entraîner pour vous l’exclusion de la fonction des pré-commandes, le report sine die de la sortie de votre livre, etc.

C’est pourquoi je vous donne mon premier conseil :

Fournissez à Amazon la version finale, jamais un manuscript préliminaire

Une autre erreur (que j’avoue avoir commise ailleurs) est de mettre une date de parution trop proche ou trop lointaine par rapport à la date actuelle.

Trop proche : vous ne bénéficiez pas de l’effet accumulatif des pré-commandes. Trop lointaine : les lecteurs prendront leur temps pour pré-commander, si bien que… ils ne feront pas de pré-commande. Donc :

Créez votre pré-commande un mois avant la date de parution

C’est aussi une phase de tests pour votre ebook et ses méta données, où vous allez pouvoir vérifier que les mots-clés qui vous intéressent, les catégories etc sont les bonnes, bien ajustées avec le bon environnement.

Continuez à améliorer vos méta-données pendant cette période

Comme on l’a vu, chaque pré-commande va devenir une vente. Il y a aussi le fait que la page de votre livre est alors disponible sur Amazon. Vous pouvez envoyer des gens acheter cet ebook. Avec ou sans affiliation, vous aurez ainsi plus de lecteurs, vous pourrez exploiter ce lien dans vos autres livres (pensez à mettre à jour vos pages additionnelles !).

Utilisez déjà vote nouvelle page d’ebook Amazon, elle ne changera pas d’adresse à la sortie du livre

Par contre, et c’est un gros par contre à prendre en compte, ne pensez pas que cette fonction va fonctionner de la même manière que sur iBooks en ce qui concerne le classement.

Vos pré-commandes sont décomptées au moment où elles sont faites en termes de classement. Si vous êtes 1500ème et que vous avez une pré-commande de plus, vous allez monter dans le classement, le même jour. L’impact sur le classement ne sera pas effectué le jour du lancement.

Si votre stratégie de merchandisation est basée sur l’apparition dans le top le premier jour de la vente, ne comptez pas dessus

Il y a aussi les cas particuliers à voir. Ainsi un auteur qui fait une série a tout à fait intérêt à faire une pré-commande de la suite de la série, même à 90 jours pour capitaliser sur la lecture de la version actuelle. J’ai succombé à cela par exemple avec le prochain roman repris de la série “Homeland”, après avoir lu “Carrie’s Run”. En résumé :

Si vous faites une série PENSEZ PRÉ-COMMANDE

Pensez aussi lancement orchestré. Quoi de plus horrible que d’annoncer une sortie et, pour une raison pas évidente (par exemple KDP mal luné, les reviewers en vacances au soleil, coupure de courant), vous ne pouvez pas publier exactement le bon jour.

C’est encore le moyen de planter une opération de communication à cause d’un impondérable.

Un auteur-éditeur avisé et prévoyant en vaut deux

En termes de prix, le prix le plus bas appliqué pendant la période de pré-commande est celui qui est appliqué pour toutes les pré-commandes. Par exemple le livre de David Galbraith (J.K. Rowling) était en pré-commande à 4.95 USD, puis 3.99 :  toutes les pré-commandes ont été payées 3.99.

Cela ne vous empêche pas de le mettre à un prix un peu plus élevé ensuite.

Faites une promotion avant la promotion

J’espère que ceci vous aura donné du grain à moudre. N’hésitez pas à partager vos expériences sur les pré-commandes dans les commentaires, ou à me poser des questions.

Kindle Unlimited : on en parle plus aux USA

Evidemment, comme ce blog est encore un peu “frais”, je n’ai pas autant de lecteurs et de commentaires que d’autres. Et puis je parle surtout du marché français.

Sur le marché américain, d’autres ont une vision plus précise que moi. Je vous invite à les lire en anglais :

D’abord un article sur les questions que KU leur pose chez David Gaughran.

Ensuite un premier retour sur expérience chez Nick Stephenson.

Bonnes lectures !

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