Podcast autoédition avec Bruno Challard

Le podcast pour publier sur Kindle iBooks et Kobo
Le podcast pour publier sur Kindle iBooks et Kobo

Dans ce quatrième épisode, j’ai le plaisir de recevoir Bruno Challard, qui est à la fois auteur autoédité et mène plusieurs projets dans l’autoédition pour développer et dynamiser celle-ci.

Pour écouter directement cet épisode :

Bruno a un parcours très riche de différentes expériences. On commence, pour son travail d’auteur, à quitter la sphère du roman ou de l’ouvrage de fiction que l’on avait abordé dans les épisodes précédents pour parler des livres pratiques, puisque c’est le genre dans lequel il a beaucoup publié. Surtout on essaie de faire un panorama de toutes ses initiatives (et elles sont nombreuses) autour de l’autoédition.

En fin de cet épisode, on aborde enfin le mystère de la casquette de Bruno et de sa photo à travers le cockpit d’un avion 😉

Je vous conseille de souscrire à ce podcast dans iTunes ou d’utiliser une autre application pour ne pas rater un épisode. Vous pouvez aussi vous abonner au fil RSS des podcasts.

Pour vous donner un aperçu et vous faire rejoindre Bruno sur les projets qui vous intéressent et auxquels vous voulez participer, voici une liste non exhaustive de sites :

Le site “Auto-Edition”
http://auto-edition.fr.nf

Quelques tutoriels vidéo et trailers de projets sur ‘auto-édition:
https://www.youtube.com/channel/UCbW49b9lpbUcsSWOR6IBUag

La Librairie des Auteurs Auto-Edités
http://librairie-auto-edition.fr.nf/

Annuaire des auteurs auto-édités (ouvert cette année)
http://annuaire-auteurs-auto-edites.fr.nf/

Les événements en cours:

Blog : http://solidaribook-blog.zz.mu/
Site : http://solidaribook.esy.es/

Blog d’auteur
http://bruno-challard-auteur.fr.nf/

Le site de son association organisatrice officielle de tous ces projets
http://aprc.asso.st/

Enfin, vous pourrez trouver tous les ebooks publiés sur Kindle par Bruno sur sa page auteur.

Et… place à la transcription


Cyril. – Bonjour Bruno. Ravi de t’accueillir ici pour cet entretien. Merci d’être venu. Est-ce que tu pourrais te présenter et présenter tes différentes activités, pour les gens qui ne te connaissent pas encore ?

Bruno. – Bonjour Cyril ! Moi, je te remercie de m’accueillir. Alors, mes différentes activités… Au niveau de l’autoédition, depuis un peu plus de deux ans maintenant, j’ai créé le site Auto-Édition, et j’édite moi-même depuis trois ans. En fait : depuis que le Kindle existe. J’ai créé ce site parce que je suis arrivé sur Internet, donc comme tous les auteurs je suis allé papillonner un petit peu dans les groupes, etc. Je me suis inscrit sur un premier groupe Facebook, qui est un peu mon groupe d’adoption, dans lequel je suis toujours. Par contre, il était limité aux publications Kindle à l’époque. Donc c’est pour ça que j’ai créé un deuxième groupe, plus large, sur les autoédités. Je me suis aperçu aussi qu’il y avait des tas d’initiatives un petit peu à droite, à gauche, en faveur de l’autoédition, mais tout ça, c’était un petit peu dispersé et j’ai créé en fait le site Auto-Édition, histoire de centraliser un petit peu toutes ces énergies.

On peut y accéder en tapant auto-edition.fr.nf ; c’est une redirection, mais c’est plus simple à se souvenir.

Cyril. – .fr.nf C’est un peu bizarre comme… Un .fr, un .com, un .net, un…

Bruno. – Oui, j’en ai déjà parlé sur d’autres de mes blogs. Un de mes premiers blogs, c’était sur le gratuit. Tout ce qu’on pouvait faire sur Internet gratuitement : les ressources, les logiciels, etc. Et notamment, c’était tout simplement comment créer son job gratuitement sur Internet. En tout cas avec des moyens gratuits. Donc j’ai développé plein de petites choses sur ce blog, et je les utilise, bien sûr. Et l’utilisation d’hébergeurs gratuits, c’est une de ces méthodes.

Cyril. – D’accord. C’est quelque chose que tu recommandes, toi, aux auteurs autoédités, de commencer par vraiment des outils gratuits, aussi, pour se développer sur Internet et avoir pas uniquement Kindle comme plateforme, comme endroit pour parler de soi ?

Bruno. – Au niveau des gratuits, ce qui est important quand on commence ce genre d’activité, on ne sait pas du tout comment ça va marcher. Moi, j’ai un précepte, c’est que le premier sou se gagne à l’achat. C’est-à-dire que si déjà, on ne dépense pas beaucoup de sous, le bénéfice en sera d’autant plus grand. Donc pourquoi pas commencer avec des outils gratuits, quitte ensuite à les upgrader en les payant, sans modifier grand-chose en fait : c’est toujours le même blog, c’est toujours le même site. Et ensuite on peut y attacher un nom de domaine, etc.

Les conditions au niveau du référencement ont beaucoup changé par rapport au début de l’informatique. Effectivement, c’était bien d’avoir des noms de domaine en fr ou en com ou en org. Depuis quelques années, j’ai fait des tas de sites pour des tas de personnes, j’ai pu relativement facilement les mettre en première page de Google, voire dans les premiers résultats en faisant tout ce qu’il fallait faire au niveau référencement. Donc cette limite entre les sites, on va dire, officiels et les non-officiels se réduit beaucoup.

Cyril. – Oui. Ce qui compte surtout aujourd’hui, c’est vraiment le contenu.

Bruno. – Oui, tout à fait, effectivement ! Alors, la deuxième partie de ta question, c’était se diversifier, ne pas simplement publier en Kindle : oui, bien sûr ! On dit toujours de ne pas mettre tous ses yeux, pardon ses œufs dans le même panier.

Cyril. – On peut essayer de mettre les yeux aussi !

Bruno. – Ça marchera moins bien ! Et donc là, il ne faut pas hésiter à se diversifier, mais attention à ne pas courir tous azimuts parce que les journées ne font que vingt-quatre heures, on n’a pas des énergies à dépenser comme ça n’importe où, donc il ne faut pas non plus s’éparpiller. Donc avoir, je dirais… Moi, personnellement, c’est le paquet sur Amazon et ensuite, tout simplement, sur son blog. Ça suffit déjà assez, au niveau boulot.

Cyril. – Oui, c’est déjà bien. Par contre, avoir un blog ou en tout cas avoir une page derrière sa page Amazon, derrière ses présentations de livres ou le contenu de ses livres Kindle, est-ce que tu penses qu’aujourd’hui ça devient de plus en plus indispensable à un auteur qui veut durer ?

Bruno. – Oui, parce qu’en fait, quand on est sur Amazon, on n’a pas de contact avec ses lecteurs. À part les quelques commentaires qu’on peut en avoir. Et du moins, je veux dire, ce sont des commentaires à sens unique.

Cyril. – Oui, le client Amazon est un client d’Amazon. Ce n’est pas un client de la personne qui a vendu un e-book.

Bruno. – Pas directement, en tout cas. Il ne peut pas avoir de contact direct puisqu’on n’a aucune information concernant cette personne. Donc le blog permet, justement, d’avoir cette relation auteur-lecteur beaucoup plus proche ! Et c’est ça qui est important, je crois, au niveau de l’autoédition.

Cyril. – Tu parles pas mal, sur ton site Auto-Édition justement, de tout ce qui est listes pour avoir un contact avec les auteurs. Est-ce que c’est quelque chose que tu fais toi-même ? Est-ce que c’est quelque chose que tu recommandes comme première action aux gens ou c’est juste une cerise sur le gâteau ?

Bruno. –On dit que l’argent est dans la liste ! C’est une formule des webmarketeurs, mais on peut aussi l’appliquer aux auteurs. Le plus dur, quand on démarre, c’est qu’on n’est pas connu. Donc il n’y a pas trente-six manières de se faire connaître, mais dans une jungle dans laquelle il faut ressortir… Et la liste est un de ces outils-là. L’un des outils les plus importants puisqu’il va permettre à l’auteur d’avoir une relation vraiment particulière avec ses lecteurs. La liste le permet. Après, il faut savoir l’exploiter. Ce n’est pas tout d’avoir une liste, de la laisser dormir et de se rappeler aux personnes inscrites uniquement lorsqu’on a quelque chose à leur vendre. Ça, c’est un autre aspect du marketing.

Cyril. – D’accord. Tous ces conseils-là, toutes les choses dont on parle, ce sont des choses qu’on retrouve sur ton site autoedition.

Bruno. – Notamment dans le dernier projet, là, que je viens de lancer. C’est la Foire aux Cadeaux Auto-Édition, qui sera lancée pour Pâques et qui est un bon moyen pour obtenir assez rapidement des listes de lecteurs potentiels.

Cyril. – D’accord. C’est super ! Donc je vous conseille d’aller le voir… Donc ça, c’est… Ton site sur l’autoédition, donc, ça couvre tous les aspects de l’autoédition. C’est-à-dire à la fois la partie e-books sur Kindle, mais aussi e-books tout court, et puis un peu la partie traditionnelle entre guillemets : papier.

Bruno. – Oui, il y a un peu de tout. Tout n’est pas développé, parce que ça demande quand même un temps fou. Pour ça, je m’appuie sur le groupe, justement. Sur Facebook, notamment. Qui permet aux auteurs qui débutent, par exemple, de poser des questions et d’avoir des réponses d’auteurs plus expérimentés. Il y a en parallèle aussi un petit… Ce que j’ai appelé un petit forum, qui est plutôt une boîte à astuces, où dès que je trouve des bonnes astuces dans des posts Facebook, je les copie et je les colle dans ce forum. Ça permet une meilleure organisation. Sur Facebook, ce n’est pas prévu pour ça, ce qui fait que les bons conseils sont vite perdus, sont noyés dans les conversations. Ça, ça permet de les retrouver assez facilement. Il y a d’autres systèmes que j’ai mis en place, comme le troc services, qui est un échange de services entre auteurs. C’est gratuit.

Le principe, c’est bien simple : si vous avez besoin d’un correcteur, d’un illustrateur, il suffit d’aller voir dans la liste de ceux qui proposent ce service. Et en échange, par contre, il faut aussi proposer quelque chose. L’avantage de ce système, c’est que ce n’est pas un système d’échange bilatéral, mais c’est un système d’échange multilatéral. C’est-à-dire : moi je peux avoir besoin d’une compétence que tu as mais je n’aurai peut-être pas de quoi te rendre quelque chose. Par contre, il y aura peut-être une troisième personne du groupe qui pourra te le faire. Comment ça marche ? Tout simplement, il y a une monnaie locale, qu’on a appelée la page. En fait, au lieu de se payer en argent, on se paye en pages. On travaille une heure, admettons ; on gagne 60 pages, qu’on va pouvoir réutiliser avec une autre personne pour demander un autre service. C’est basé sur le système des SEL. Ce n’est pas moi qui ai invité ça ; ce sont les systèmes d’échange locaux, qui travaillent exactement de la même façon en proposant divers services. Et puis, bon, il y a d’autres trucs sur le site. Il y a une bibliothèque d’e-books gratuits, sur lesquels il y a des tas de conseils dans différents domaines : sur l’écriture, le webmarketing, le blogging, etc.

Cyril. – Le groupe, sur Facebook, ça commence à être un groupe quand même assez important. J’ai vu qu’on avait récemment fêté le deux millième membre !

Bruno. – Oui, hier soir !

Cyril. – Enfin, hier soir au moment où on enregistre ! Est-ce que tu sais si sur ces 2 000 personnes, il y en a beaucoup qui reviennent régulièrement ? Il y en a beaucoup qui participent ? Ou si c’est comme sur beaucoup de forums, une espèce de mélange entre un groupe qui est là et qui regarde et…

Bruno. – C’est ce que j’allais dire, en fait : le nombre a peu d’importance. Donc je ne me focalise pas trop sur le nombre. C’est comme dans une liste : ce qui compte, ce n’est pas le nombre, c’est la qualité de la liste. Donc je sais… Le groupe Facebook, c’est un groupe ouvert. Donc comme son nom l’indique, ouvert à tout le monde. J’ai déjà été étonné ; j’ai posé la question : est-ce qu’il ne serait pas bon de faire le ménage dans le groupe ? Et puis d’un seul coup, je voyais des gens qui se manifestaient en disant : « Non, moi, je n’interviens pas forcément, je ne participe pas forcément, mais je lis bien tout ce qui est marqué » etc. Donc je me dis : c’est tout, là, il y a des gens, il y a un potentiel… Tout ne peut pas intéresser tout le monde. Des fois, il y a des projets qui donnent écho à certaines personnes qui sont inscrites, que je n’ai jamais entendues et d’un seul coup qui ressortent. C’est tout. C’est un truc sympa quand même, je trouve.

Cyril. – Ils prennent contact les uns avec les autres un peu sur la bande, quoi, en messages privés sur Facebook, entre personnes inscrites.

Bruno. – Oui, moi, je pensais faire ça un peu comme un café, quand on n’est pas très nombreux. Et après, c’est plus une place publique, je dirais, où tout le monde se retrouve, qui n’a pas forcément les mêmes intérêts, mais de temps en temps il y a une conversation qui se fait et il y a des gens qu’on n’a pas vus depuis longtemps qui viennent s’ancrer là-dessus.

Bon, il y a aussi beaucoup de profiteurs. Au début. Parce qu’en fait, la plupart des groupes sont phagocytés par les promos. Donc là, on a… Il y a à peu près six mois, j’ai fait un grand ménage là-dedans, de manière à avoir des règles beaucoup plus strictes, ce qui fait que maintenant on a vraiment des messages d’aide. C’est le but du groupe. Les autres étant renvoyés sur des événements permanents pour tout ce qui concerne les promos gratuites, les promos payantes, les offres de services, etc.

Cyril. – D’accord. Oui, il y a beaucoup moins d’offres de services et de machins, de publicités pour des imprimeurs, etc. qu’avant.

Bruno. – Oui, on essaye de suivre l’objectif du groupe. Mais c’est important, parce que sinon, les gens qui viennent pour ça, s’ils ne voient que des posts hors-sujet ils en ont marre, ils ne viennent plus et je les comprends. Et puis, en fait, ça ne sert à rien : les gens qui font ça ne se rendent pas compte que ça les dessert plutôt qu’autre chose. Mais bon, c’est les leçons de marketing qui rentrent !

Cyril. – Oui. En général, quand il y a quelqu’un qui arrive et qui fait juste de la promo, tout de suite il se prend des commentaires qui sont… Pas forcément désagréables, mais toujours un peu…

Bruno. – Oui, c’est vrai que… Je ne dis rien pour le premier commentaire, parce que je sais moi-même… Quand on arrive sur un groupe, il faut bien se présenter. Donc en général, qu’est-ce qu’on fait : on se présente, on présente un petit peu le dernier bouquin qu’on a fait ou celui qu’on aime bien pour montrer ce qu’on a pu faire. Mais je veux dire, ça peut s’arrêter là et puis après il faut faire autre chose. Si c’est un groupe d’entraide, eh bien proposer quelque chose.

Cyril. – Oui. Je parlais surtout de tous les posts qui arrivent et qui sont : « Tenez, voilà la dernière plateforme à la mode que j’ai créée » ou « pour laquelle je bosse »…

Bruno. – Oui. Surtout que maintenant, le problème, c’est qu’il y a des robots, en fait, qui se contentent d’envoyer des messages automatiquement. Alors ça devient l’horreur !

Cyril. – Oui, ça devient un cauchemar. Non, c’est bien. Et toi, ton expérience en tant qu’auteur autoédité… Alors, tu as un certain nombre de livres sur Kindle… Je n’ai pas compté. Tu en as combien ? Une dizaine, une quinzaine…

Bruno. – Une bonne vingtaine, à peu près.

Cyril. – Une bonne vingtaine, carrément. Ce sont… Alors, le genre, c’est essentiellement des livres pratiques. Il y a pas mal de livres de tours de magie ou de choses comme ça aussi.

Bruno. – Oui. C’est-à-dire que l’autoédition n’a que quelques années mais moi c’est vrai que je suis peut-être l’un des premiers autoéditeurs. Quand l’informatique est arrivée en France, la micro-informatique, dans les années 1980, j’ai été tout de suite attiré par ça. Donc j’ai créé un centre de formation (j’avais senti la bonne affaire) en informatique. Donc j’ai tout de suite investi dans une dizaine d’ordinateurs, j’ai ouvert un centre de formation, j’ai formé les gens. Au fur et à mesure que la micro-informatique s’est développée, les gens étaient de plus en plus équipés, si bien que les cours magistraux, je dirais, se sont réduits. Donc j’ai très vite changé ma façon de faire.

J’ai commencé à proposer les cours que je faisais avec tout le monde sur Internet. En fait, j’avais une dizaine d’élèves, pas forcément du même niveau, donc j’avais créé mes propres cours sur papier et chacun pouvait suivre ça à son rythme. Donc j’ai proposé… Les premiers trucs que j’ai fait, c’est que j’ai proposé sur Internet ces cours-là. Qui étaient en vente, un peu comme on fait maintenant sur nos blogs. C’étaient des petits e-books. Et donc, comme j’ai pas mal d’activités : dans le domaine informatique, dans le domaine de la danse de salon, de la prestidigitation… Chaque fois, j’avais des supports de cours, dans tous ces domaines-là, que j’ai mis en ligne et qu’on retrouve maintenant. Ça a été mes premiers e-books proposés sur Kindle. J’ai été étonné que ça marche. J’avais mis ça un petit peu… Au début, comme ça : pour voir. Un petit peu comme tout le monde.

Surtout, j’avais laissé ça dans un coin, je n’y pensais plus. Et puis un jour, j’ai reçu un chèque. J’ai dit : tiens ! C’est quoi ?

Cyril. – Finalement, c’est intéressant !

Bruno. – Oui ! Alors, du coup… J’ai dit : tiens, ça marche. Alors du coup, j’ai continué.

Cyril. – Tu étais là dès fin 2011, quand KDP a commencé à sortir, ou tu as même réussi à passer avant ?

Bruno. – Je le faisais directement, par l’intermédiaire de mon site. J’avais un site à l’époque. Et puis, quand KDP s’est ouvert, j’ai naturellement transvasé mes livres dessus.

Cyril. – D’accord. Donc tes livres, c’est dans quels domaines ?

Bruno. – Comme j’ai dit, il y a des livres de danse. Donc ce sont des fiches pour apprendre à danser. Ce sont simplement les fiches que je donnais à mes élèves dans mes cours. Les gens, je sais que… Je faisais des stages de danse et je disais à mes élèves : n’essayez pas de tout retenir. Moi, ce qui m’intéresse, quand vous venez au cours de danse, c’est que techniquement, quand vous repartez, vous sachiez faire le pas. Ça veut dire que j’ai pu vous voir, j’ai pu vous corriger. Par contre, par exemple, quand on apprend le rock, il y a des dizaines de pas. Je sais bien qu’au niveau mémoire, on ne peut pas tout retenir dans une seule journée. Donc je faisais des fiches, tout simplement. Je leur disais : faites bien chaque passe correctement ; ça, c’est ce qui m’importe. Et ensuite, avec les fiches, vous trouverez exactement l’ordonnancement des… Comment dire ? L’enchaînement des passes. Et ça, vous pourrez le faire chez vous, tranquillement, et le mémoriser tranquillement. Donc c’est naturellement tout ce travail que j’ai remis sous forme de Kindle.

Cyril. – D’accord. Bon, il y a aussi quelques livres qui sont dédiés au Kindle.

Bruno. – Oui. Un des premiers que j’ai faits, c’était Le Guide du Gratuit pour Kindle. C’était tout ce qu’il était possible de faire avec un Kindle : récupérer des e-books gratuits, mais aussi plein d’autres choses dont on n’a pas idée, comme recevoir le matin des nouvelles fraîches des journaux qu’on aime bien sur son Kindle, comme convertir des livres qui ne sont pas faits à la base pour le Kindle, tout un tas de choses. Ça a très bien marché, ce bouquin-là.

Cyril. – Donc tu es observateur, un petit peu, de l’autoédition, depuis très très longtemps. Est-ce que tu vois des grandes évolutions en termes de professionnalisme ou est-ce qu’il faut toujours reprendre les auteurs qui arrivent dans le domaine de l’autoédition du début ? Est-ce qu’il faut toujours leur donner vraiment le b.-a.-ba de l’édition ? Est-ce que les gens sont vraiment encore toujours complètement novices ou est-ce qu’ils arrivent déjà avec un certain bagage ?

Bruno. – Je pense qu’il y a beaucoup de novices. Le problème des auteurs, d’une manière générale, c’est qu’ils sont pressés. Et donc ils passent souvent sur la case formation. Et quand je dis qu’ils passent, c’est qu’ils passent dessus sans s’y arrêter. Donc quasiment… Je vois, dans les groupes, on retrouve toujours les mêmes questions. Les mêmes réponses, évidemment.

Certains auteurs qui étaient là depuis le début, évidemment, eux, ont bien évolué. Je vois des auteurs que j’ai eu la chance de connaître sur mon premier groupe Facebook et qui sont là encore aujourd’hui. Et ce sont souvent les mêmes, à la fois qui ont fait le métier, je dirais, et qui taxent aujourd’hui : ça paye. Qui… Comment dire ? Qui donnent des conseils aux nouveaux.

Cyril. – Tu as des exemples ?

Bruno. – Oui. Il y a… Je pense à Chris Simon, à Jacques Vandroux, par exemple.

Cyril. – Ah oui, parce que tu étais avec Jacques sur le premier groupe.

Bruno. – Oui. Dans le premier groupe… C’était « Les auteurs francophones format Kindle », qui a changé de nom maintenant. Et c’est là-dessus que j’ai connu la plupart des auteurs que je connais encore maintenant. Mais c’est vrai, le problème, c’est qu’on a beaucoup d’auteurs qui arrivent sur le marché et qui n’ont pas pris le temps de faire des formations. Mais à tous les niveaux ! Là, je lis des bouquins, des fois, qu’on m’envoie, et je suis affolé par ce que je vois. Ils m’envoient leur fichier souvent au format doc et quand j’ouvre ça, c’est affolant. Ils ne savent pas se servir d’un traitement de texte ! J’ai encore des gens qui centrent un texte en appuyant cinquante fois sur la barre espace pour centrer le texte, en mettant des tabulations dans tous les coins… Enfin, des horreurs, quoi ! C’est pire que si on avait une machine à écrire !

Cyril. – Oui, donc ça, c’est déjà… Rien qu’au niveau travail de l’auteur, déjà, il y a encore des gens qui ont des difficultés. Et puis après, il y a la partie je suis auteur, je vais m’éditer ou je veux réussir à trouver le moyen d’avoir des partenaires qui sont… Enfin, je veux garder une certaine forme de contrôle, donc je veux m’autoéditer d’une certaine manière. Et là aussi, on se retrouve face à des gens qui vont un peu trop vite et ne prennent pas le temps de se renseigner bien sur ce qu’ils peuvent faire en autoédition. Déjà, est-ce que tu as l’impression que les auteurs pensent plus maintenant à l’autoédition qu’à l’édition classique, entre guillemets ?

Bruno. – Non, j’allais y revenir, justement. Il y a encore beaucoup d’auteurs qui ignorent l’autoédition. Je suis encore étonné. Je voyais encore ce matin des gens : leur seul souci, c’était de trouver un éditeur.

Cyril. – Oui. Parce qu’ils pensent que l’autoédition, c’est juste du vanity publishing ? Enfin, je n’arrive pas à trouver un terme pour définir…

Bruno. – Ils pensent que c’est une édition de seconde zone, on va dire.

C’est aussi l’idée qui est véhiculée par le plus grand nombre : on s’autoédite parce qu’on n’a pas trouvé un éditeur. Ça a un côté péjoratif.

Cyril. – Oui. Ou on trouve un éditeur à compte d’auteur.

Bruno. – Oui, voilà ! Bon, les auteurs, aussi, pour beaucoup, ont un certain ego qui fait que le fait d’avoir son nom chez un éditeur (ou même un pseudo-éditeur ou quelqu’un qui se prétend éditeur) ça les conforte dans leur ego. Ils sont contents. Combien de fois je vois des posts : « Ça y est, je suis publié. Je suis édité ! » Chez Untel ou chez Untel. Et quand on creuse un peu, ce n’est rien derrière. Ce ne sont pas vraiment des éditeurs ; ce sont de simples publieurs.

Cyril. – Oui, il y en a quelques-uns comme ça, dont le nom… Enfin, je ne vais pas citer des noms parce que, forcément, après on va dire que je fais de la discrimination ou… Qui ont des noms très sérieux, genre Société des écrivains ou Société de littérature, des choses comme ça. On a l’impression que ce sont des vrais éditeurs… Enfin, des éditeurs qui font de l’édition à compte d’éditeur, c’est-à-dire qu’ils ont un contrat avec un auteur où c’est eux qui prennent en charge tout le travail et qui financent l’auteur, alors qu’en fait ce sont des pseudo-éditeurs, d’une certaine manière. Qui gagnent de l’argent surtout parce qu’il y a des auteurs qui viennent les voir et qui leur donnent de l’argent pour que leur livre soit publié.

Bruno. – Oui ! Ce sont des gens très malins. Et pas forcément malhonnêtes, d’ailleurs, puisque le statut officiel d’éditeur peut faire en sorte qu’on propose ce genre de chose. Le problème aussi, c’est que les gens qui arrivent sur le marché ne connaissent pas forcément aussi toutes les ficelles. Et on se laisse griser un petit peu et on ne lit pas trop les lignes du contrat. Tellement content d’être édité, d’avoir son bouquin en papier, qu’on oublie beaucoup de choses.

Cyril. – Oui, ça, c’est une chose à laquelle il faut faire vraiment très attention. Quand vous allez voir n’importe qui, que ce soit un éditeur, un distributeur, un imprimeur, il faut lire le contrat de haut en bas et faire très attention à toutes les clauses d’exclusivité ou les choses comme ça. Moi, je reçois des e-mails de gens, très fréquemment, qui disent : « J’ai déjà publié un livre, il ne se vend pas, j’aimerais en faire un e-book » et puis ils me donnent le nom de la société ou de la personne avec qui ils ont contracté. Et en fait ils sont maintenant pieds et poings liés !

Bruno. – Eh oui ! Parce qu’ils ont perdu leurs droits d’exclusivité sur leur bouquin.

Cyril. – Oui. Même pas simplement les droits d’exclusivité, mais ils ont accordé des droits qui sont délirants ! C’est-à-dire qu’ils ont accordé les droits à la fois pour publication papier mais aussi carrément pour la publication e-books ! Et après, les clauses du contrat, pour reprendre les droits, sont…

Bruno. – Rédhibitoires !

Cyril. – Rédhibitoires, parce qu’à partir du moment où on est publié en e-book, il n’y a pas de… Dans le papier, il y a cette idée que si l’éditeur n’a pas réimprimé un livre qui n’est plus disponible, l’auteur peut reprendre ses droits et donc se séparer de l’éditeur et aller chercher quelqu’un d’autre. Quand on est avec de l’impression à la demande ou quand on est avec des e-books, cette notion disparaît complètement. Donc perdre ses droits… Enfin, récupérer ses droits chez un éditeur de ce type-là, ça devient beaucoup plus difficile. Je voulais… J’en profite quand même pour revenir sur ce que tu disais il y a un instant : il est vrai et tout à fait juste de dire que la publication à compte d’auteur (c’est-à-dire aller voir un éditeur et donner de l’argent pour qu’il édite) ça peut être très bien. Il y a quand même quelques exemples célèbres, d’écrivains très connus, genre Marcel Proust, qui ont fait publier leur livre à compte d’auteur.

Bruno. – Oui. C’était aussi à une époque où il y avait moins d’auteurs !

Cyril. – Voilà !

Bruno. – Bon, à l’époque, il y avait moins d’éditeurs aussi ! À ce propos-là, donc, il y a un projet que j’ai lancé aussi depuis quelque temps : c’est un groupe de réflexion sur la… Trouver une autre voie, en fait, à l’édition. Parce qu’on réfléchit encore trop, je dirais, avec des idées qui datent… Même pas du siècle dernier, mais de l’autre d’avant. Les auteurs arrivent sur le marché avec encore l’idée d’un éditeur tout-puissant qui va tout faire. Donc ça, c’était bon quand il y avait un certain nombre d’auteurs. Le problème de maintenant, c’est qu’avec les auteurs qui explosent littéralement, ce système ne fonctionne plus. En tout cas, il ne peut plus fonctionner de la même façon.

C’est pour ça qu’on a créé un groupe de réflexion pour trouver une troisième voie. Alors, je ne sais pas ce qui va en ressortir ! On utilise certaines méthodes de travail et de réflexion qui ont été utilisées dans d’autres domaines qui n’ont rien à voir, comme l’automobile, l’aérospatiale, les services, etc. pour arriver à dégager des idées innovantes, en ce sens qu’on ne va absolument rien rejeter. Ne serait-ce que les idées forcément pas mauvaises qui existent déjà. Mais essayer de trouver d’autres idées.

Cyril. – Par exemple, une voie… Un axe sur lequel vous réfléchissez en ce moment, c’est quoi ? Par exemple.

Bruno. – Pour l’instant, on est vraiment… C’est vraiment très technique, les systèmes qu’on utilise. Ce qui permet de cloisonner, en fait, les fonctions d’un produit. Donc là, notre produit, c’est le livre. On a déjà déterminé les fonctions auxquelles devait répondre ce produit. C’est-à-dire : le livre doit être édité, le livre doit être corrigé, le livre doit correspondre à ce que pense l’auteur. En fonction de ça, on hiérarchise ensuite ces fonctions, pour savoir ensuite sur lesquelles on va travailler. Ensuite, on donne des critères. C’est-à-dire : ensuite, on va donner des pourcentages. Par exemple, si je parle de la correction, à partir de quel pourcentage on peut considérer qu’un livre est corrigé correctement ? Par exemple, pour l’orthographe, il n’y a pas de marge, c’est 100 %. Il ne doit pas y avoir de fautes dans un bouquin. Par contre, après, pour le style, c’est très variable. Donc là, on peut avoir des marges de progression. Par exemple : le style peut être revu jusqu’à 50 %. Ce système va nous permettre d’établir des cahiers des charges très précis pour ensuite travailler avec des gens et leur demander exactement ce qu’on veut. Alors, travailler avec des gens, ça veut dire que forcément cette troisième voie ne sera pas gratuite, parce que c’est impossible. Il faut se dire qu’à partir de maintenant, si vraiment on veut percer, il faut y mettre les moyens. Alors, il y a des gens qui vont lever les bras au ciel là-dessus.

Cyril. – Oui. Ça peut être un peu collaboratif aussi, comme le groupe d’échange que tu as…

Bruno. – Oui, ce sera forcément collaboratif, mais je veux dire, arriver à ce stade-là, où… Par exemple, on se dit, sur un objectif : chaque année, on se dit… On veut éditer mille auteurs. Dans ce cas-là, forcément, ça suppose derrière des techniciens, etc. Là, on sort complètement du cadre du bénévolat. Ce n’est plus possible. Et donc, là, c’est pour ça que je dis : ça ne sera certainement pas gratuit. Mais bon… Je dirais, dans toute activité, il y a forcément des investissements de départ à faire. On a l’impression que ce qui concerne l’édition, c’est l’exception culturelle, on va dire, française : dès qu’on parle d’argent, dans le domaine de l’autoédition, ça effraie beaucoup de personnes. Mais je dirais, là, il faut absolument… Ça fait partie, justement, des idées innovantes. Il faut remettre ces préjugés de côté et voir la réalité en face.

Cyril. – Oui. Tu penses que c’est vraiment cette idée de l’auteur français qui écrit dans son coin, qui donne son ouvrage à l’éditeur, et après l’éditeur fait le tout-puissant et il s’occupe de tout, qui fait que derrière, on a cet imaginaire où on pense que le travail de l’auteur, c’est… Il n’y a pas d’argent derrière. Enfin, il n’y a pas de question d’argent derrière ?

Bruno. – Oui, c’est vrai qu’en France je pense qu’on a… Oui, cette idée où en mélangeant… On évite toujours de mélanger culture et argent, alors que dans d’autres pays, ça va de soi. Mais je dirais, c’est tout à fait normal. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent. Parce qu’à ce moment-là, autant tout publier gratuitement, et puis… Il y a toujours des paradoxes à ce niveau-là, je trouve.

Cyril. – En termes d’autoédition sur e-books, est-ce qu’il y a des outils particuliers que toi tu as faits, ou des démarches que tu conseilles, ou des endroits où tu sais qu’il y a, tu as recensé un certain nombre de liens vers, justement, des tutoriels, des formations, des choses un petit peu méta, mais aussi parfois des choses un peu techniques, qui permettent d’avoir un panorama plus important de ce qu’on doit faire pour s’autoéditer soi-même en e-books, sur Kindle ou ailleurs, d’ailleurs.

Bruno. – Oui. Bon, les premières choses, comme j’ai dit tout à l’heure, c’est au niveau technique. Il faut déjà être au niveau technique parfait. Proposer un livre qui est bien mis en forme, qui n’a pas de fautes, etc. Des fois, je télécharge des Kindle et je m’aperçois qu’il y a des… Il y a des erreurs de formatage, il y a des tables des matières qui ne sont pas cliquables, des choses comme ça. Déjà, à ce niveau-là, c’est une des premières choses. Dès le départ, en fait. Je ne parle pas non plus du contenu, parce que ça, ça peut être très subjectif. Mais rien qu’au niveau mise en forme, c’est important.

Et puis, présentation vis-à-vis des lecteurs. Si déjà, on ne respecte pas le lecteur à ce niveau-là, on peut se dire que pour la suite, ça ne va pas être terrible ! Ensuite, je dirais, une fois que le produit est terminé, ensuite, effectivement, il y a la partie promo. Donc ça, c’est un gros écueil au niveau des auteurs autoédités. Je le comprends bien aussi : en général, ce sont des gens qui ont un métier à côté et ce n’est pas évident, quand on a déjà bossé huit heures dans sa journée, de se remettre encore sur l’ordi en se disant : « Maintenant, j’attaque la promo ». Donc souvent ça se résume, comme je l’ai dit tout à l’heure, à balancer des messages un peu partout : « Achetez mon bouquin ! », « Achetez mon bouquin ! »

Cyril. – Oui, un peu partout, et en plus, en général, dans un circuit qui ne concerne que les autoédités ou les auteurs eux-mêmes.

Bruno. – Oui, c’est un peu comme si un boucher allait proposer son bifteck au voisin, qui est boucher lui-même !

Cyril. – Voilà, exactement ! Ça peut marcher, mais… Pas sur du bifteck.

Bruno. – Il ne fera pas sa clientèle comme ça, en tout cas. Donc déjà… Alors, essayer… Mais ça, c’est le métier de webmarketeur, je dirais. C’est un métier à part entière et ça réclame du temps. Souvent, les gens n’en ont pas et ils vont au plus vite. Ils n’ont pas cette formation de base qui leur permet de vouloir durer. Comme j’ai dit, ils sont pressés. Donc ils veulent aller vite. Le problème, dans ce domaine-là, c’est que souvent, la promo, c’est quelque chose de très long. Moi, quand ils arrivent, je suis toujours étonné : « J’ai mis mon bouquin, ça fait trois mois, ça ne décolle pas, je n’ai pas de ventes ». Je discute un petit peu… Tu en as parlé un petit peu, à droite à gauche ?

Cyril. – On va voir le bouquin aussi : on tombe sur une description où il y a trois lignes… Déjà.

Bruno. – Voilà, par exemple. Donc je leur dis… Déjà, il faut voir. Il ne faut pas être pressé : trois mois, pour un bouquin, ce n’est rien ! Il faut que les gens apprennent à te connaître, et puis il faut faire en sorte qu’ils te connaissent ! Déjà, quand tu es sur un forum ou sur Facebook, etc. ne commence pas à… C’est comme dans la vie : si tu arrives quelque part et que tu commences à jouer les matamores… Tu obtiens exactement l’inverse de ce que tu veux : les gens se cabrent et puis finalement, tu obtiens vraiment l’inverse. C’est-à-dire que les gens ne s’intéressent pas à toi. Intéresse-toi aux autres et les gens s’intéresseront à toi !

Cyril. – Il faut d’abord donner pour pouvoir recevoir ensuite.

Bruno. – Tout à fait. J’avais fait un article sur mon blog, d’ailleurs. Pourquoi on donne un cadeau ? Et puis tout le système qui se met en place chez quelqu’un à qui on donne un cadeau, de manière à avoir du retour. Et ça, effectivement, ça, c’est long. C’est un travail qui est très long. Sur Internet, il ne faut pas être pressé. Il faut travailler pierre par pierre, brique par brique, et à la fin, ça finit par payer. Mais surtout, surtout, il faut être tenace, insister, insister, insister. Alors, je vois des gens… Pareil : ils arrivent, ils partent… D’un seul coup, ils te pondent trois bouquins d’un coup. Ils font un blog ; tous les jours, il y a un article. Et puis au bout d’un mois, terminé, il n’y a plus rien.

Cyril. – C’est fini, je suis épuisé, là ! J’ai fait tous ces efforts et il n’y a rien. Aucun résultat derrière !

Bruno. – Eh oui ! Souvent, je leur dis : à la limite, déjà, avant de publier un bouquin, le mieux, ça serait d’en avoir plusieurs. Parce que commencer déjà avec un bouquin, c’est vachement difficile. Les gens, tout de suite, ont une certaine méfiance vis-à-vis d’un premier livre. Mais bon, ce n’est pas toujours évident. Quand on a fabriqué son bouquin, on a envie de le mettre… Au niveau du blogging, par exemple, c’est pareil : n’hésitez pas, déjà, à avoir des articles d’avance. N’ouvrez pas votre blog si vous n’avez pas déjà au moins un mois d’avance. Parce que sinon, vous allez vous épuiser. Et puis, au bout d’un moment, ça va tomber. Souvent, je le vois.

Je leur dis aussi : il faut vraiment une stratégie. Quel est votre objectif ? Est-ce que… Votre objectif, c’est quoi ? Est-ce que vous voulez être auteur ? Vous voulez simplement éditer un bouquin ? Parce qu’il y a des gens, ils ont fait un bouquin et puis voilà, ça ne va pas plus loin. Bon, pourquoi pas, à la limite ? Si c’est leur truc.

Mais j’en vois d’autres, qui veulent aller un petit peu plus loin, mais ils ne savent pas, ils attendent, ils hésitent, etc. Donc il faut mettre en place une véritable stratégie. Et là, encore une fois, ça passe aussi par de la formation. Il faut apprendre. Et ça prend du temps. Donc, comme je dis toujours, il ne faut pas être pressé ! C’est comme tous les métiers. Surtout dans l’autoédition, je dirais. Il faut avoir des casquettes tellement multiples que ce n’est pas évident. Si on veut faire une couverture, il faut quand même avoir un certain goût, une certaine compétence technique. Ce n’est pas tout le monde qui peut utiliser un logiciel de PAO ou de DAO pour faire ses illustrations.

Cyril. – Ou alors il faut avoir un petit peu d’argent et acheter une couverture quelque part.

Bruno. – Voilà, c’est toujours le problème ! Les gens, toujours… Effectivement, il y a des trucs gratuits qui existent, mais du coup, ils sortent des daubes, quoi ! Il faut le dire. Ou alors adressez-vous à quelqu’un qui sait le faire ! Et puis proposez un échange de services, comme je fais. Je dis : surtout, surtout, ne soyez pas pressés ! Ça, c’est affolant, je pense, c’est la civilisation du tout tout de suite, alors on veut tout tout de suite. Mais bon, ça ne marche pas comme ça.

Cyril. – C’est une question d’apprentissage et d’expérience.

Bruno. – Oui, bien sûr. Comme je disais, être autoédité, c’est avoir plusieurs casquettes, et on n’apprend pas du jour au lendemain à se servir d’un traitement de texte, on n’apprend pas du jour au lendemain à faire une couverture, à faire de la promo, à faire… Je ne sais pas, moi… À configurer ou écrire un blog, à avoir un autorépondeur, savoir gérer sa liste… C’est aussi un travail énorme ! C’est plusieurs métiers. Et comme tout métier, ça s’apprend. Ou alors on délègue.

Cyril. – Tu parlais de… Mais à ce moment-là, il faut trouver carrément un éditeur, pour déléguer.

Bruno. – Oui, ou trouver des agents. Il y a des gens dont c’est le travail, de… Ce sera peut-être une des pistes de ce qu’on va trouver dans notre nouveau système, je ne sais pas.

Cyril. – Oui, justement, est-ce que tu ne penses pas qu’il y a une sorte de nouvel éditeur, entre éditeur et agent, qui va apparaître, qui va être une sorte de mentor, coach… Pour les auteurs. Et qui va justement être l’agent (enfin, l’acteur) qui va permettre aux auteurs d’aborder l’autoédition de manière plus facile. Et plus… Et avec plus de succès.

Bruno. – Ça existe déjà dans les pays anglo-saxons, où l’agent est quelque chose d’assez commun. Par contre, qui en France n’a pas pris du tout. Je ne sais pas, moi, c’est peut-être une question de culture. C’est vrai que dans le système qu’on va proposer, il y aura je pense un peu un mélange de tout ça. Alors, il n’y aura pas forcément un interlocuteur unique, parce qu’on l’a dit, on a le problème du nombre. Si on veut éditer plusieurs centaines d’auteurs, une personne ne peut pas s’occuper de centaines d’auteurs. Ce n’est pas possible. Cesera une structure, en fait. Ce sera plus une structure, à laquelle la personne s’adressera, et qui ensuite lui proposera ce qu’elle peut faire. Mais quelque chose de correct. Le problème…

C’est vrai que dans l’autoédition, les gens lèvent un peu les bras au ciel quand on leur demande de payer, parce qu’en fait, on leur demande de payer des choses, mais souvent le service n’est pas en rapport avec ce qu’on leur demande. On leur dit : « On va faire votre promo, etc. » Ils s’imaginent qu’il y a une promo qui va être faite et puis en fait, c’est quoi ? C’est un article dans le journal, c’est une pub sur Facebook, et ça y est : ça ne va pas plus loin. Évidemment, pour vendre des livres… Donc je pense qu’à partir du moment où il y aura un réel service, là, le côté payant sera justifié.

Cyril. – D’accord. En parlant un peu du monde anglo-saxon… Est-ce que tu recommandes à quelqu’un qui parle anglais assez couramment d’aller voir tout ce qui se passe dans l’autoédition aux États-Unis et en Angleterre ? Ou est-ce que tu dis : aucun intérêt ? Est-ce que tu penses que ce qui se passe dans ces pays-là, justement, va vraiment infuser la France ou qu’il va y avoir des blocages et des résistances ?

Bruno. – Dans une certaine mesure. Ils sont bien en avance sur nous et on dit toujours que ça finira par arriver ici, mais il y a aussi, effectivement, des différences culturelles qui font que ça ne prendra pas beaucoup. Je vois des auteurs qui, comme moi, essayent de développer des trucs, de lancer des idées. Chris Simon, par exemple, qui est franco-américaine, et donc qui sait bien comment ça marche là-bas, qui essaye de lancer des initiatives. Et alors, le problème, en France, c’est toujours pareil : les gens s’enflamment sur un nouveau projet, trouvent ça super… J’ai lancé des tas de trucs sur mon blog depuis deux, trois ans. Ça dure quinze jours, trois semaines, un mois, et puis…

Cyril. – Ça fait le soufflé.

Bruno. – Exactement. C’est comme un soufflé, ça retombe. Alors, je me suis amusé, des fois, à lancer des projets rien que comme ça. Pouf, ça retombait. Trois mois après, je les ressortais : pouf, ça repartait. Puis pareil. Donc c’est en dents de scie. Les gens n’arrivent pas à… C’est difficile à les tenir à vraiment à ce qu’ils suivent une méthode.

Cyril. – Oui. La persévérance.

Bruno. – Oui, tout à fait. Comme je disais tout à l’heure, il faut du temps, il faut de la ténacité, et ça… J’ai l’impression qu’en France c’est très très difficile à obtenir, sauf parmi les auteurs qui arrivent, depuis le début, et pour lesquels ça ne marche pas trop mal. Ce qui prouve que c’est efficace.

Cyril. – Ce qui prouve que c’est efficace, oui. Est-ce qu’il y a, dans tout le cercle de personnes que tu connais autour de toi, qui sont soit auteur soit petit éditeur indépendant, soit… Enfin, bon, différents profils, comme ça ! Des gens que tu admires, justement, parce qu’ils ont réussi à sortir complètement du profil habituel et est-ce qu’il y a des succès, comme ça, que tu recommandes aux gens d’étudier ?

Bruno. – Oui. Pas seulement, d’ailleurs, dans le domaine de l’autoédition. C’est un peu dans tous les domaines. J’en parle toujours en disant que les gens qui réussissent, ce sont des gens qui sont tenaces, qui croient en eux, mais qui ne restent pas fermés. C’est-à-dire, quand je dis croire en toi, en soi, ce n’est pas avoir d’orgueil. Ce n’est pas suivre des voies qui ne mènent nulle part. Donc prendre exemple sur ceux pour qui ça fonctionne. En sachant très bien que ce n’est pas parce que ça a fonctionné pour quelqu’un que ça marchera forcément pour soi. Il faut souvent adapter à sa personnalité ce qu’on trouve chez les autres.

Cyril. – Je veux des noms !

Bruno. – Ben, je prendrai un exemple… En ce moment, c’est le salon. On parle de Jacques Vandroux que je connais très bien, et que j’aime bien. C’est quelqu’un, quand tu l’écoutes, il a appliqué des méthodes, mais il dit lui-même qu’il ne sait pas trop pourquoi ça marche ! Alors moi, j’ai une idée quelque part. Simplement, ça marche bien parce qu’il propose quelque chose de bon.

Cyril. – Oui, et puis c’est un ingénieur de formation ! Il a vu un système, il a déconstruit le système et il s’est dit : là, il y a un problème. Il faut trouver une solution. Alors, je vais couper le truc en petits morceaux et puis voilà, je vais trouver une solution à chaque fois.

Bruno. – Voilà ! C’est quelqu’un qui a une méthode de travail. Mais comme tu dis, il est ingénieur, ce n’est pas son métier d’écrire et ça marche ! Donc c’est parce qu’il a appliqué une méthode. Et puis aussi, c’est parce qu’il propose quelque chose qui est très correct et qui correspond à un certain lectorat.

Cyril. – Oui. Par ailleurs, Jacques Vandroux a cet énorme avantage, c’est que Jacques Vandroux, ce sont deux personnes.

Bruno. – Oui. Quand je dis Jacques, je pense bien sûr aussi à Jacqueline !

Cyril. – Voilà ! Et bon, Jacques travaille beaucoup sur l’écriture. Jacqueline travaille beaucoup sur l’édition et la promotion. Ce problème d’être bicéphale, comme ça, d’avoir une casquette sur Internet et une casquette dans l’écriture, est-ce que… Est-ce que tu penses que tout le monde peut y arriver ? Est-ce que…

Bruno. – Tout le monde peut y arriver, pas forcément directement parce qu’on n’a pas forcément sous la main un adjoint aussi compétent. Et aussi disponible. Donc ce n’est pas forcément évident. D’où l’intérêt de travailler avec d’autres personnes, d’autres auteurs, pour s’entraider et mettre ensemble les énergies. Mais bon, il y a aussi… Je dirais, il y a plusieurs phénomènes pour qu’un livre marche. Déjà, on doit avoir un bon produit, ça, c’est sûr. Et puis il faut le faire connaître. Si on ne le fait pas connaître, tu as beau avoir le meilleur produit du monde, tu ne feras rien. Il y a aussi un phénomène de chance. C’est-à-dire : ton produit doit correspondre… Au moment où tu le fais, au moment où tu le fais connaître, doit correspondre à un certain lectorat. Ça, c’est important. Si tu fais un livre sur une certaine actualité et puis que tu le sors à un moment donné où personne ne s’intéresse à ça, ça ne marchera pas. Il a beau être très bon. Et ça, tout ça, ce sont des facteurs qu’il faut mettre absolument ensemble pour que ça fonctionne. Il suffit qu’il en manque un, souvent, et puis ça capote. Et il y a des gens qui ont du mal à comprendre ça !

Chez les auteurs qui m’ont contacté… Un, il essaie de sortir un bouquin sur un sujet qui n’intéressait que lui, finalement. C’est tout ! Ton sujet t’intéresse toi, mais pas forcément les autres ! Ou alors un nombre très très limité de personnes, donc ça va être très dur de leur faire connaître. Parce que ça aussi, c’est un outil statistique : si tu arrives à toucher un million de personnes, tu arriveras peut-être à vendre dix mille livres. Et puis si tu touches dix fois moins de personnes, tu en vendras dix fois moins. Et puis, il m’a… Curieusement, il était passionné de foot. Et puis il voulait faire un bouquin sur le foot. C’était au moment de la Coupe du monde. Je lui ai dit : fonce ! J’attends toujours son livre…

Cyril. – Moi, je connais quelqu’un comme ça qui a sorti au mois de… C’est quelqu’un… Malheureusement, c’est un des étudiants de la formation de mon père, mais qui a sorti un livre sur la Coupe du monde du Brésil au mois de janvier. C’est fini ! C’est complètement fini, la Coupe du monde ! Plus personne n’en parle. Voilà comment on… À la limite, ce serait la Coupe du monde 1998. Il y a toujours des moments où les gens repensent à la Coupe du monde 1998, aux émotions qui se sont produites à ce moment-là, etc. Mais là, l’équipe de France, elle n’a pas brillé, donc…

Bruno. – Non, il faut vraiment trouver un thème porteur. Je ne sais pas, moi… Les dessous de la Coupe du monde ou je ne sais quoi !

Moi, j’ai sorti des bouquins… Je n’avais pas de calendrier bien précis, parce que ce n’était pas spécialement lié à l’actualité, et puis ils ont bien marché. C’est tout. Parce qu’à ce moment-là, je ne sais pas, il y avait un facteur de circonstance qui a fait que le lectorat était au rendez-vous et souvent ça marche alors qu’on prévoit… Des fois, on se dit : avec ça, je vais faire un carton, et puis… Finalement, ça a du mal à décoller. Alors, il faut… Si c’est un thème général, je dirais, qui n’est pas lié à l’actualité, il ne faut pas hésiter à le ressortir de temps en temps, parce qu’il peut qu’à ce moment-là, il y ait un lectorat qui s’y intéresse.

Cyril. – Oui. C’est aussi une chose importante, c’est qu’un livre, une fois qu’il est publié… Bon, il y a la phase de lancement où, évidemment, comme pour la plupart des produits, on va avoir beaucoup de ventes (enfin, on est censé avoir beaucoup de ventes) sur la phase de lancement, puis ensuite avoir des ventes qui s’étiolent. Mais un e-book, il n’a pas de durée de vie. Il peut être toujours dans les rayons de la librairie virtuelle d’Amazon ou de la librairie virtuelle d’iBooks ou de Kobo, etc. Et on peut remettre ce livre en avant des mois plus tard, des années plus tard.

Bruno. – Tout à fait, parce que ça, c’est une des forces d’Internet : toujours de nouveaux lecteurs ! C’est-à-dire que ton livre, on va dire, il peut être nouveau en permanence pour un certain lectorat.

Cyril. – Oui ! Là, Apple, avec iOS 8, ils ont mis iBooks sur tous les iPhones et tous les iPads qu’ils vendent. Automatiquement, ils ont gagné dix millions de lecteurs comme ça.

Bruno. – Tout à fait !

Cyril. – Donc ça fait dix millions de nouvelles… Bon, c’est dans le monde entier, ce ne sont pas des Français… Ce ne sont pas dix millions de nouveaux Français ! Mais ça fait, en six mois, dix millions de personnes qui arrivent sur le marché des e-books et qui commencent à consommer des e-books. On va en avoir encore comme ça pendant très longtemps. Et puis après, un jour, on en aura beaucoup moins. Est-ce que tu penses qu’en France on est encore vraiment dans une phase découvreurs ou on commence à aborder la partie plus… Je n’arrive pas à trouver les mots en français. Mainstream. C’est-à-dire le cadre où tout le monde, presque, a lu un e-book.

Bruno. – J’ai l’impression qu’en France, c’est toujours très lent. Tout est très lent. On a du mal à changer ses habitudes. On est toujours très traditionnel. Combien je vois encore d’auteurs qui me parlent du plaisir de toucher un livre en papier, etc. OK. Mais je leur dis : c’est quand même le contenu le plus important.

Cyril. – Alors, tu as une solution, pour ça : tu as un livre sur Comment publier sur CreateSpace.

Bruno. – Oui, par exemple ! Oui, parce que c’est… J’ai aussi d’autres auteurs qui font l’inverse. Eux ne jurent que par le numérique ! Alors je leur dis : c’est dommage de se passer d’un marché, des gens qui aiment le livre papier ! Parce que bon, après tout, ils aiment le livre papier, c’est leur droit. C’est tout à fait leur droit. Et donc on peut offrir à nos lectorats ce qu’ils demandent ! Donc s’il y a un marché à ce niveau-là, ce serait dommage de s’en couper parce que nous-mêmes on l’a rejeté. Ça, c’est complètement idiot vis-à-vis d’un auteur. De la même façon, je dirais, il faut exploiter toutes les formes, justement, au niveau informatique, sous lesquelles on peut proposer son livre. Ce qui permet, justement, de donner un coup de jeune, parfois, à un livre qui date déjà un peu.

On peut tout simplement proposer des livres audio, par exemple. Ce qui permet de s’ouvrir à un nouveau marché. Pas seulement des gens qui sont aveugles. Ça peut être tout simplement des gens qui voyagent beaucoup, qui se déplacent, qui roulent, et qui ont envie d’écouter pendant qu’ils roulent. Parce qu’ils vont rouler toute la journée, pendant six ou sept heures, et ils s’enquiquinent dans leur camion ou dans leur bagnole. Ça leur permet, comme ça, d’écouter tout simplement, de… Ça, c’est un marché. Maintenant, avec les moyens techniques qu’on a, ce n’est pas grand-chose de faire un livre audio. Pourquoi s’en priver ?

Cyril. – Oui, ça, c’est quelque chose qui m’étonne aussi beaucoup : c’est la faiblesse du livre audio en France, comparé à d’autres pays. Bien évidemment, les pays anglo-saxons ! Où, alors là, le livre audio, c’est une part vraiment importante du marché du livre ! Je crois que c’est 20 % ou 30 % aux États-Unis. Et même dans des pays comme la Pologne ou l’Allemagne, le livre audio est vachement présent. Moins qu’aux États-Unis, mais ça doit être de l’ordre de 10 % ou 15 %. En France, c’est… Ce n’est même pas quelques pour cent.

Bruno. – Comme je dis, c’est encore l’esprit traditionnaliste. On fait partie du vieux continent, mais dans ce qu’il n’a pas de bon !

Cyril. – Bon. Écoute, Bruno, merci pour cet entretien. Où est-ce qu’on peut te retrouver ? Donc, est-ce que tu peux donner les adresses ? Comment te contacter si on veut te contacter. Le site web, page Facebook, etc.

Bruno. – Le mieux, c’est d’aller sur le site Auto-Édition. Il y a tout ce qu’il faut : les adresses sur Twitter, sur Facebook, sur le mail. Comme ça, on me contacte directement.

Cyril. – Bon. Et est-ce qu’il y a un dernier conseil, quelque chose… Tu veux profiter des deux auditeurs qu’on a pour donner un conseil spécifique aux gens qui veulent se lancer dans l’autoédition ?

Bruno. – Le mieux, si on n’est pas aguerri, c’est de prendre conseil auprès de personnes qui sont déjà passées par là. En général, les anciens auteurs ne sont pas avares de conseils. Ils partagent facilement leur expérience, et ça, c’est inestimable, donc profitez-en ! Et puis, une fois que vous avez ces conseils, appliquez-les. Ce n’est pas le tout de les entendre, mais appliquez-les. Et comme on dit, faites bien le métier, surtout. Ce sera profitable et pour les personnes et pour tout le monde. Je pourrais reparler des prochains projets, là, qui sont en route en ce moment.

Donc il y a la Foire aux Cadeaux Auto-Édition qui va se lancer. On a aussi le Prix Auto-Édition 2015, qui est en cours en ce moment, qui se terminera au mois de septembre et qui doit couronner trois livres dans trois genres différents. Genres narratif, explicatif et poétique. Qu’est-ce qu’il y a encore ? Alors, c’est un prix qui se déroule d’une façon un peu particulière. Ce n’est pas comme tous les prix que je vois sur le web, où il suffit d’aller voter pour un livre dont on n’a lu qu’un petit extrait et sur lesquels on peut voter dix fois si on veut. Là, c’est… On va dire que c’est un peu plus sérieux, quand même. Il y a une trentaine de membres du jury. Chaque livre est lu plusieurs fois par l’ensemble des membres. Il y a des grilles d’évaluation qui sont établies, etc. Donc ça tient un peu plus la route que ce que je vois.

Il y a un projet que j’ai appelé le Solidaribook. Donc ça, c’est… Ce n’est pas un truc que j’ai inventé. C’est un truc qui existe déjà, encore une fois, dans les pays anglo-saxons. C’est une façon de vendre des e-books, des jeux vidéo, des tas de choses ! Ça se présente de la façon suivante : en fait, on achète un pack d’e-books pour le prix qu’on veut, à partir de 0,50 €. Donc on peut payer 0,50 ; on peut payer 1 € et on obtient un pack d’e-books. Si on paye au-dessus d’un certain prix… Ce certain prix, c’est quoi ? C’est la moyenne des prix de la journée, qui est calculée chaque jour. Admettons qu’à la fin de la journée, la moyenne soit de 1,50 € : le lendemain, tous les gens qui paieront au-dessus de cette moyenne obtiendront en plus du premier pack un deuxième pack de livres. Ce qui est intéressant ! Et puis, il y a ensuite un pack bonus, qui va se rajouter au fur et à mesure. Alors, ce sont des événements… Ce Solidaribook, ça dure une quinzaine de jours. Pendant cette quinzaine de jours, on peut acheter. L’intérêt de ce principe d’achat, c’est de rémunérer à la fois l’organisateur, les auteurs, et en même temps une association ou plusieurs associations caritatives qui sont partenaires de l’événement. Donc tous les revenus issus de ces ventes seront partagés, en grande partie pour les… L’organisateur aura 20 %, 40 % iront pour les auteurs, et les 40 % qui restent iront à l’association caritative. Donc c’est une manière de satisfaire un petit peu tout le monde. Et une manière originale de vendre des e-books. Aux États-Unis, ça marche très très bien et certains packs d’e-books ont été vendus plusieurs millions de dollars. Donc on n’a pas cette prétention en France, mais si on ne lance pas le mouvement, jamais rien ne se fera.

Cyril. – Oui. Il faut qu’il y ait un peu plus de culture de collaboration.

Bruno. – Tout à fait. Et puis il ne faut pas hésiter à participer à des choses comme ça, comme le Solidaribook, qui sont tout à fait différentes de nos habitudes d’achat françaises.

 

Une réflexion au sujet de « Podcast autoédition avec Bruno Challard »

  1. Merci Cyril encore une fois pour ce podcast très intéressant, et de part ce fait Merci aussi à Bruno.
    J’ai bien compris et surtout bien enregistré les erreurs que j’ai pu commettre et qui ont fait que aujourd’hui pas grand chose n’a avancé sur mes projets d’E-books.
    Oui on veut aller trop vite, oui j’ai tout fais mais certainement pas dans le bon sens donc un gros flop et un total découragement, ben oui le blog, la promo, la page d’auteur, l’auto répondeur, l’E-book en soit mal formaté, truffé de fautes ortho ou syntaxe bref c’est un métier passionnant mais un réel métier où chaque chose entreprise doit être peaufinée en prenant le vrai temps nécessaire à ça bonne réalisation.
    Sandrine

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