Enquête autoédition 2016 : où sont les autoédités ?

Troisième article sur les résultats de l’enquête sur l’autoédition et les autoédités rélaisée auprès de 204 personnes en août 2016.

Aujourd’hui, nous allons aborder les endroits où les autoédités concentrent leur activité. Quelles boutiques, quels sites, quels distributeurs…

kdp ibooks kobo iggybook bookelis smashwords

Beaucoup de données que je ne vais pas toujours commenter à fond, pour vous laisser l’occasion de vous faire votre propre opinion.

Une note importante : une des questions était vraiment très mal posée, et les résultats sont non conclusifs. Je les mets quand même. Mais je poserai des questions plus précises l’année prochaine. On en reparle plus loin…

Les formats

Dans le premier article, je faisais un raccourci en disant que décembre 2011 était la date du renouveau de l’autoédition. Les résultats à la question « En quels formats sont disponibles vos livres ? » me confortent dans ce raccourci…

Format autoédition

Le format le plus utilisé (dans les personnes qui ont répondu !) est le format d’Amazon. 134 personnes sur 182 répondants. Le deuxième format numérique est loin derrière avec seulement 76 personnes.

Dans les proportions, cela ne doit pas être une surprise.

Seules 11 personnes ont uniquement des livres en papier, 6% des répondants. Les autres sont sur le numérique, avec un format ou un autre.

Le papier reste important, malgré la difficulté pour un autoédité à distribuer ses livres. On en reparlera quand on parlera de l’édition papier. Près des deux tiers des répondants font aussi des livres au format papier, soit en passant par l’impression à la demande soit en passant par des impressions de petites séries.

Ce qui m’étonne le plus est la faiblesse du format ePub, format standardisé et utilisé par le plus grand nombre de boutiques numériques. On voit dans cette proportion que le développement de l’édition numérique est d’abord dirigé par la distribution.

Où trouver vos livres ?

La question suivante dans cette série de questions sur le livre numérique était «Chez quels distributeurs sont diffusés vos livres numériques ? » 173 personnes ont répondu.

Là encore, on peut voir la domination d’Amazon et de sa boutique de livres Kindle.

Distributeurs autoédition

80% des répondants ont mis leurs livres sur KDP, le programme de publication de livres proposé par Amazon aux indépendants de l’autoédition.

C’est donc certainement le premier canal de distribution qui est envisagé par les personnes qui s’autoéditent. Et d’ailleurs, le deuxième canal, c’est Amazon livres, soit souvent Createspace (je n’ai pas fait de question directement sur Createspace, mais je corrigerai cela plus tard). Autre erreur idiote du mec qui a fait l’enquête : il a oublié iBooks. Deux baffes !

Dans ces conditions, on ne sait plus qui est l’œuf, qui est la poule : Amazon domine le marché du livre numérique avec sa boutique d’ebooks Kindle, particulièrement dans l’autoédtion, mais n’est-ce pas aussi parce que certains vont privilégier cette boutique et ne mettront pas leurs titres sur les autres boutiques ?

Direct ou pas ?

Le fin des intermédiaires. C’est ce que permet (entre autres) le développement du commerce électronique. Et dans l’autoédition, cette disparition des intermédiaires se voit aussi du côté approvisionnement.

distribution directe autoédition

Les 3/4 des autoédités qui ont répondu passent en direct sur les boutiques, sans faire appel à un autre distributeur pour leurs livres numériques.

Cela rejoint l’idée que l’autonomie est un des aspects de l’autoédition qui plait aux autoédités. On peut se faire aider par un distributeur si on en a besoin, mais si on recherche l’autonomie, l’indépendance, on peut faire tout soi-même, et ça marche.

La facilité relative d’utilisation des différentes plateformes (surtout KDP et Kobo Writing Life) est aussi démontrée avec ces résultats : 90% des gens arrivent à publier leur livre en numérique sans qu’on leur tienne la main.

DRM LOL

Les DRM, ce sont les verrous numériques tout à fait inconsistants et faciles à détourner que les boutiques imposent trop souvent aux lecteurs pour faire plaisir aux éditeurs et autres personnes qui ont peur du piratage.

Je rappelle que ces verrous ne limitent pas le piratage. Encore récemment, on a parlé d’une personne indélicate qui publiait des dizaines de livres piratés sur son blog. Et pour nombre d’entre eux, ils venaient d’éditeurs qui demandent toujours des verrous.

Quand j’ai posé cette question aux autoédités, j’avais l’espoir qu’ils abondent dans mon sens : les DRM, ça sert à rien, je n’en mets pas.

DRM et autoédition

Il reste pourtant beaucoup de personnes, même dans l’autoédition, qui mettent ces verrous. Oui, la grande majorité s’est rendu compte de leur vacuité. Nombreux aussi baissent les bras devant tous ces sites cachés qui proposent leurs livres en téléchargement gratuit, sans versement des moindres royalties. On ne fait pas boire un cheval qui n’a pas soif.

La situation reste plus agréable pour les lecteurs d’auteurs autoédités toutefois. Parce que ceux qui sont pris en otage avec cette question des verrous, ce sont les lecteurs.

Les différentes plateformes d’autoédition numérique

J’ai aussi posé une question sur plusieurs boutiques. Mais j’ai fait deux erreurs, ce qui rend les réponses imprécises. D’abord, j’ai encore oublié certaines plateformes ou distributeurs que j’avais pourtant mis en avant ailleurs. Ensuite la question était mal formulée « De 1 à 5, êtes-vous content de ce distributeur ? »

Est-ce une mesure de satisfaction sur l’utilisation de l’outil, sur les conditions financières, sur les résultats en termes de ventes ? Un peu de tout ça, et malheureusement bien trop imprécis.

Ce qui m’intéressait surtout était l’outil lui-même, mais je sais que des gens ont répondu par rapport à leurs ventes. Doh !

Je ne commenterai donc pas ces résultats, et je vous préviens à l’avance du flou de ces réponses, qui doit m’être reproché

KDP – 148 opinions

Kindle KDP

Kobo – 52 opinions

kobo writing life et satisfaction

iBooks – 17 opinions

Satisfaction iBooks

Smashwords – 15 opinions

Satisfaction Smashwords

IggyBook – 15 opinions

3-iggybook

Le livre numérique, pilier de l’autoédition

C’est sûr, le livre numérique et particulièrement Kindle Direct Publishing reste le pilier le plus important des autoédités. Et le niveau de satisfaction est élevé : 82% de satisfaits, contre 46% pour Kobo.

Faudra juste que j’apprenne à faire des questionnaires un peu plus pertinents pour l’année prochaine.

Mais le numérique n’est pas tout.

Dans un prochain article, on retournera à la première forme de l’édition, avec le papier, et on abordera le rapport des autoédités aux éditeurs traditionnels, et à la cession de leurs droits.

Une réflexion au sujet de « Enquête autoédition 2016 : où sont les autoédités ? »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *