Enquête autoédition : Born to be on paper

C’est déjà le 4ème article sur les résultats de l’enquête sur l’autoédition et les éditeurs indépendants de 2016. Le temps s’envole quand on s’amuse ! Dans ce celui-ci, on va faire un détour par le papier, les rapports des autoédités à l’édition traditionnelle et à l’exclusivité. Oui, je vais un peu dans tous les sens…

Mais revenons au papier. Celui-ci reste important 😉 C’est peu de le dire, puisque la lecture numérique ne représente toujours que 7% de la lecture en France en nombre de titres vendus. Alors ne me demandez pas si ce chiffre est précis : beaucoup de personnes ne publient pas leurs chiffres de ventes et les chiffres du SNE sont ceux des éditeurs… Est-ce que que cela couvre vraiment toutes les saveurs de l’édition numérique ?

Vanité, quand tu nous tiens…
Vanité, quand tu nous tiens…

On voit encore des articles de personnes qui demandent s’il faut lire en numérique. Si cela va continuer… Certains types de lecteurs ont fait le choix d’une lecture principalement numérique, comme on le verra plus tard.

Reste que faire un livre papier… Ne serait-ce que pour le mettre dans sa bibliothèque…

Quel mode d’impression utilisez-vous ?

144 personnes ont répondu à cette question. A comparer aux 114 personnes qui ont indiqué qu’ils avaient des livres en papier dans une autre question. Prenez donc les résultats comme un indicateur général, pas comme une vérité universelle. Méfiez-vous toujours des sondages !

Autoédition de livres papier

Comme dans la lecture numérique, la domination d’Amazon est indécente. 62% des autoédités passent par Createspace pour faire leurs livres papier et les vendre.

Car un élément important est encore une fois la possibilité de vendre. Si vous n’avez pas le canal de distribution qui permet de toucher vos lecteurs, avoir un livre au format papier est un effort vain.

L’impression en petite série survit avec pugnacité, puisque 20% des répondants font imprimer leurs livres chez des imprimeurs. Sur un nombre d’exemplaires non négligeable, il vaut mieux en effet passer par Jouve ou un autre que faire de l’impression à la demande (beaucoup plus chère à l’exemplaire).

On voit que les imprimeurs spécialisés sur ce marché ou les prestataires qui travaillent avec Lightning Source et Hachette Livre (BOD, Bookelis et Iggybook) n’occupent qu’une petite partie de l’intérêt des autoédités. Personnellement je m’interroge sur cette attitude.

En effet, travailler avec Createspace est à nouveau accorder l’exclusivité à une société d’Amazon, et ne vendre que sur Amazon. Je ne connais pas de boutique en ligne à part Amazon qui vende des livres imprimés et distribués par Createspace en France.

Si vous voulez que votre livre soit référencé en librairie et chez les autres boutiques en ligne, il faut faire plus que seulement Createspace.

Référencement en librairie

Je ne suis pas un spécialiste de la distribution en librairie. Cela fait partie des domaines sur lesquels je dois m’améliorer. Mais j’entends toujours parler d’Electre et de Dilicom : ces bases de référence des livres disponibles pour les libraires.

Si vous voulez vendre en librairie, que cela fait partie de vos objectifs, il faut être dans ces bases avec votre livre papier.

Autoédition Electre et Dilicom

Sur les 153 réponses, 8% sont sur Electre, 16% sur Dilicom. Vraisemblablement, la distribution en librairie n’est ni une priorité ni un objectif.

Est-ce définitif ? Est-ce parce que les autoédités sont désabusés par rapport à l’accueil des libraires ? Est-ce une question d’argent (il y a un coût) ? Je n’ai pas la réponse, mais j’aimerais bien l’avoir. Si vous êtes dans ce cas, vous pouvez mettre un commentaire à la fin de cet article pour apporter votre pierre.

Part du papier dans les ventes

Mais faire un livre papier en vaut-il la peine ? Que l’on vende uniquement sur Amazon ou sur les autres boutiques internet, voire en librairie, pendant des dédicaces, etc, quelle est la part des livres papier dans les ventes totales ?

Sur les 137 personnes qui ont répondu (encore un chiffre différent d’une réponse précédente !), la réponse est : numérique d’abord !

Autoédition, part du papier

53% des répondants font moins de 10% de leurs ventes en papier. Plus de la moitié. Ensuite, cela se répartit jusqu’aux personnes qui vendent essentiellement du papier. Car il y a des autoédités qui ne vendent pratiquement que des livres papier, il faut le savoir.

Vu les difficultés de distribuer et vendre des livres papier, ces autoédités auraient peut-être plus de succès avec un éditeur traditionnel qui fait surtout du papier.

L’expérience de l’édition traditionnelle

La question de savoir si les autoédités ont déjà travaillé avec un éditeur traditionnel a évidemment ses limites. Toutes les éditeurs traditionnels ne font pas la même chose. Et quelques entreprises se présentent comme des éditeurs alors que… non je ne vais pas m’énerver.

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Nos autoédités sont-ils de complets novices ou ont-ils déjà taté de l’édition traditionnelle ? Quelques-uns ont déjà été édités dans l’édition traditionnelle, environ un tiers.

Cela veut dire qu’il y en a aussi les deux tiers qui n’ont jamais été édités avant de le faire eux-même. Donc aucune expérience, ou peu : une expérience qui peut éventuellement s’arrêter à la soumission à un comité de lecture.

L’auteur hybride existe, je l’ai rencontré

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Plus intéressant, parmi ces auteurs, certains sont encore édités par des éditeurs traditionnels. De fait, ils sont donc hybrides : un pied dans l’édition traditionnelle, un autre dans l’autoédition. Satisfaits ou pas, par dépit, le mystère est entier, et je suis sûr que l’on aurait autant d’opinions que d’auteurs : un à qui on a rendu ses droits sur certains livres et qui a saisi l’opportunité de republier par lui-même, une autre qui était un peu écœurée de ses relations avec son éditeur, un troisième qui s’autoédite parce qu’il ne trouve pas d’autre éditeur, et le fait par dépit.

L’autoédition, une passerelle ?

Fréquemment, vous lirez un article dans la presse spécialisée ou pas, parlant de ces éditeurs qui viennent faire leurs courses chez les autoédités. À tort ou à raison, avec plus ou moins de succès (on ne vous parlera que du succès) et on vous dira que c’est la voie royale, ou que c’est devenu presque systématique.

C’est un débouché et un fait. Ce n’est ni la règle générale, ni l’exception. Les éditeurs traditionnels arrivent aussi parfois avec leur faconde et leurs conditions qui peuvent sembler déraisonnables à des auteurs autoédités qui ont goûté à l’indépendance et l’autonomie.

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Parfois donc, ce contact avec un éditeur traditionnel n’est pas concluant. Ou plutôt, lisons ces résultats avec une loupe :

  • ce n’est pas parce qu’on est autoédité qu’on a un contact avec un éditeur traditionnel, que celui vient vous chercher. C’est évident, mais il faut le répéter pour celles et ceux qui lisent trop de contes de fées.
  • dans un cas sur trois, cela a donné lieu à la signature d’un contrat.
  • dans les deux autres cas non. Un tiers des auteurs contactés disent clairement que les conditions ne leur convenaient pas.

Je viens d’avoir une interview avec une auteure qui a exprimé le souhait de trouver un éditeur papier clairement, mais n’y est pas arrivé avec sa première trilogie. Avec son dernier roman, cela a plus de chances de se produire. Vous aurez donc des éditeurs qui iront droit au but, sans fausses promesses ni exclusivité. Petit à petit, les lignes bougent. Toujours trop lentement à mon goût.

Droits numériques

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Je me suis intéressé aux quelques personnes qui ont signé un contrat après ce premier contact avec un éditeur. Qu’est-il advenu de leurs droits numériques ?

Une fois que votre livre est publié en numérique et que vous touchez entre 35 et 70% de redevances sur les ventes de celui-ci, pourquoi rétrocéder en effet les droits à un éditeur traditionnel papier ? Que va-t-il faire de plus pour votre livre ? Demandez lui des comptes et des promesse écrites (un contrat sert à cela).

On voit que certains auteurs autoédités ont réussi à garder leurs droits numériques. Des éditeurs traditionnels ont compris que cela ne servait à rien de les demander d’ailleurs… Pour les autres, les conditions sont nettement moins avantageuses qu’avec l’autoédition.

Je suis personnellement ravi de voir la notion de période limitée de cession de droits faire son chemin. Il est aberrant pour un auteur de céder ses droits pour sa vie entière et 70 ans après son décès, contrairement à ce que vous diront tous les éditeurs.

Au fait, pourquoi l’édition traditionnelle ?

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Les autoédités sont des cyniques. La première raison pour travailler avec un éditeur traditionnel est bien évidemment une meilleure distribution en librairies.

Mais ce sont aussi des poètes et des rêveurs… plus de notoriété, plus de crédit littéraire. Une meilleure exploitation de leurs droits annexes…

Ils ont perdu leurs illusions en ce qui concerne l’intérêt des éditeurs pour ce qui est de la qualité éditoriale. Ou ils ont pris les choses en main pour fournir celle-ci. Le fait qu’ils utilisent de plus en plus souvent et systématiquement les services et les prestations de correcteurs professionnels et de graphistes spécialisés pour les couvertures est bon signe.

Et l’exclu lulu ?

Il existe une autre forme d’exclusivité, c’est l’exclusivité de distribution avec Amazon Kindle sous la forme de KDP Select.

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J’ai trouvé la réponse de certains comique, ou effrayante. « Je ne sais pas » ! Ce n’est pas possible. Vous tenez votre stylo dans la main droite ou gauche pour écrire ? «Je ne sais pas ».

Alors attention, la prochaine fois que vous répondez à cette enquête : je laisserai des questions piège comme celle-ci pour voir si vous êtes concentré.

Il s’agit de vos livres et de votre carrière d’auteur, des contrats que vous avez accepté ! Vous devez savoir ce genre de choses !

Je connais plusieurs auteurs qui après plusieurs livres autoédités, commencent enfin à se poser la question de publier sur Kobo ou iBooks. Et d’autres qui leurs disent de venir voir comme l’herbe est aussi verte ailleurs.

J’en connais d’autres qui n’ont pas tiré profit de leurs aventures en dehors de l’exclusivité.

En soi, accorder l’exclusivité à Kindle n’est ni un bien ni un mal. Sachez pourquoi vous le faites et sachez si vous le faites !

Kindle Unlimited, ça rapporte ?

Le dernier résultat de cet article. Je ne sais plus pourquoi je posais cette question. Probablement pour mesurer le degré d’exposition des auteurs qui sont en exclusivité avec Kindle aux variations de celui-ci, dans les prix mais aussi dans les conditions du programme.

Il y a 20 ans, la société dans lequel je travaillais avait un client qui représentait 59% du CA. Quand ce client a commencé à réduire ses commandes, les vaches ont maigri de manière assez pénible. Quand on est exposé à Kindle Unlimited à plus de 50%, on attend de savoir quel est le prix de la page lue chaque mois avec intérêt, et sans pouvoir prendre les choses en main.

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C’est tout ?

Oui, c’est tout… pour aujourd’hui. 1743 mots pas très pertinents, mais des résultats qui j’espère vous permettent d’en savoir plus sur l’autoédition. Je retourne pour ma part réfléchir aux différentes formes de promotion de mes livres et de ce blog…

Justement, c’est de promotion qu’on devrait parler la prochaine fois. Si vous voulez recevoir les articles du blog au fur et à mesure, vous pouvez inscrire uniquement au blog.

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