S’autoéditer pour le plaisir ?

Aujourd’hui, j’essaie d’écrire deux articles en un, et attention, cet article est rangé dans la catégorie Humeur. Les deux thèmes abordés, définition du succès et plaisir d’écrire, sont étroitement liés l’un à l’autre, et que je ne cours pas après les clics sur le blog, mais après une meilleure connaissance, compréhension de l’auto-publication et de l’autoédition, dans toute sa diversité.

Reste à savoir si parler en même temps de la définition du succès et de l’autoédition pour le plaisir va me permettre d’équilibrer les deux sujets. Verdict à la fin, si vous avez tout lu avec intérêt…

Dans son livre Comment publier un livre, Joanna Penn passe un chapitre entier à évoquer la définition du succès, le fondement de celui-ci et les moyens d’atteindre la forme de succès que l’on veut atteindre. Sans regarder ce qu’elle a écrit, même si je m’en souviens bien pour l’avoir traduit, relu, relu et relu encore, voici ce que j’ai en dire pour ma part :

Chacun a sa définition du succès et cherche à atteindre un objectif pour ce qui est de l’édition.

De manière générale, le discours de ce blog et le public cible, c’est l’autrice ou l’auteur qui veut transformer son activité annexe d’écriture et d’édition en activité principale, toucher le plus grand nombre de lecteurs et gagner correctement sa vie. Je m’adresse rarement au grand débutant, à la personne qui s’autoédite pour le plaisir. Pourquoi ? Parce que l’objectif définit souvent la manière dont on va faire les choses.

Donc si votre objectif est de vivre de la vente de vos livres, qu’il s’agisse de romans ou de livres pratiques, qu’ils soient en papier ou numériques, je vous distille régulièrement ce que j’apprends d’autres auteurs avec une préférence pour l’autoédition numérique.

Le moyen (l’autoédition numérique) peut aussi servir à d’autres objectifs, des objectifs qui ne sont ni moins intéressants ni moins nobles, ni moins difficiles.

  • partager un livre avec votre entourage direct
  • publier des ouvrages de poésie ou autre genre littéraire ayant une très petite audience
  • “laisser une trace”
  • le faire parce que vous aimez le faire.

Ce denier alinéa est pour moi une évidence. Si l’on n’apprécie pas de faire de l’édition, pour soi ou pour les autres, autant laisser tomber. Contrairement à ce que d’aucuns disent, l’édition numérique n’est pas un nouvel Eldorado. Il n’y a pas de ruée vers l’or.

Je sais que j’ai l’habitude d’avoir des entretiens avec des autrices et des auteurs qui ont vendu 25 000, 15 000, même 3 000 de leurs ouvrages, mais je m’en défend, car je ne veux pas vous berner en vous disant que tout le monde peut le faire.

Vous-même, combien de lecteurs vous faudrait-il pour considérer que vous avez atteint votre objectif ? 1 000, 10 000, 100 000 ?

1 ?

Est-ce qu’il ne vous suffit pas, après tout, de lire vous-même votre livre et de considérer que vous êtes content de ce que vous avez écrit ? Seriez-vous fat si vous faisiez cela ? Je vous dis ce que j’en pense : non… vous feriez juste preuve d’une confiance en vous et d’une estime assez incroyable (certainement pas celle de la plupart des auteurs publiés).

S’autoéditer, cela peut donc aussi être uniquement pour le plaisir de s’autoéditer, de faire en sorte que d’autres personnes lisent un livre. Cela peut être gratuit. Cela peut être un loisir en plus d’un plaisir.

Je ne dis pas que ce souhait est moins juste, moins méritant que celui qui consiste à vouloir vendre plusieurs livres et passer son temps à écrire. Ni plus juste non plus. Ce souhait existe, et c’est tant mieux qu’il y ait des gens qui cherchent ce genre d’activité. Juger que ceux qui écrivent pour le plaisir sont inconscients ou que ceux qui écrivent pour gagner leur vie se fourrent le doigt dans l’œil, voilà qui est inconscient.

Et vous, à quoi définissez vous votre succès ? Quel est votre objectif ?

N’opposez pas les auteurs qui veulent simplement publier et ceux qui veulent vendre assez de livres pour en vivre. Vous n’êtes pas à l’intérieur de leur tête, vous ne connaissez pas leur définition du succès, leur objectif en se publiant, en s’éditant.

A l’inverse, en tant qu’auteurs, il faut que nous soyons réalistes, que nous considérions qu’il y a autant d’objectifs que de personnes qui écrivent, et il ne faut pas considérer que ce que nous faisons est le meilleur objectif, le seul qui ait un intérêt. La réussite, ce n’est pas forcément être au premier rang du classement des ventes. Ce n’est pas non plus forcément avoir gagné un prix. Ce n’est pas, enfin, tirer des revenus réguliers et confortables de cette activité.

Mais cela peut être les trois à la fois.

2 réflexions au sujet de « S’autoéditer pour le plaisir ? »

  1. La chute m’a fait sourire 😉
    Tu as raison, Cyril. Le simple fait d’aller au bout de son projet d’écriture peut déjà être considéré comme une réussite en soi. On a tendance à l’oublier parce que certains objectifs peut-être pas toujours réalistes (est-ce qu’un objectif doit nécessairement être réaliste, ça, c’est un autre débat…) nous empêchent de prendre le temps de regarder le chemin déjà parcouru.
    Comme j’aime le dire, il y a un grand nombre de gens qui rêvent d’écrire un livre et qui ne réaliseront probablement jamais ce rêve, pour des raisons diverses. Rien que le fait d’avoir accordé du temps à la concrétisation de cette envie est une action respectable, et je dirais même peu importe le résultat.
    Ensuite, il faut savoir pourquoi l’on écrit. Dans quel but.
    Parfois, ce but est plus ambitieux qu’il n’y paraît, et plus on s’y accroche, moins l’on obtient de résultats. Cela peut paraître douloureux et injuste au prime abord, mais il faut le reconnaître : comment pourrait-on recevoir quoi que ce soit en ayant les deux mains prises ?

    1. En fait, j’ai un peu peur, en parlant tout le temps de marketing et à des auteurs qui ont des succès respectables, de laisser sur le côté de la route des personnes qui aimeraient s’auto-publier et y trouveraient une forme de succès. C’est mon côté développement personnel qui joue. Avant d’être cet auteur mondialement connu que je suis devenu ;-), j’ai été ce mec qui a caressé ses premiers livres reçus de Lulu (et en a vendu 2 exemplaires , Yes !). C’était un succès. Il m’a permis de faire d’autres choses par la suite…

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