Quels livres sont vendus chez Amazon ?

Amazon ne communique habituellement pas sur ses chiffres. Or en tant que vendeur principal en numérique et grosse boutique de livres sur internet, ils ont une vision exceptionnelle du marché du livre dans la vente à distance.

La semaine dernière nous a apporté quelques informations intéressantes car Frédéric Duval s’est encore retrouvé sur le gril (le pauvre) à cause de la fermeture des librairies, de Black Friday etc.

Je ne vais pas m’étendre sur les reproches généralement faits à Amazon, notamment concernant la fiscalité. Je trouve le discours assez hypocrite des deux côtés, et je le dis comme je le pense : si Amazon peut profiter de failles de la fiscalité française et de l’absence de politique fiscale au niveau européen, c’est à la commission et aux autres instances politiques d’imaginer des systèmes (super compliqués évidemment) pour combler ces failles.

Ce qui m’a véritablement intéressé, ce sont les petites informations que M. Duval a été obligé de révéler pendant une de ces interviews. Et notamment celle-ci : 70% des livres vendus par Amazon ont été publiés depuis plus de 2 ans.

Dans le grand débat qui oppose les partisans de la libraire à tous les autres, un facteur n’est en effet pas assez mis en avant : le fait que la librairie, encore plus de nos jours qu’auparavant, en tant que lieu physique, ne peut pas servir tous les lecteurs avec les livres qu’ils veulent avoir, là, maintenant, tout de suite (même quand elles sont vraiment ouvertes). Il y a beaucoup trop de livres pour cela.

Je n’arrive pas à avoir de chiffres, sauf ceux publiés chaque année sur le nombre de nouveaux titres publiés. Je vous rappelle ce chiffre, publié chaque année par le ministère de la culture à partir des informations fournies par la bibliothèque nationale :

  • 67 942 nouveautés en 2018
  • 68 171 nouveautés en 2019

Quelle librairie est capable d’accueillir 67 942 nouveautés dans son espace ? Le dixième ? Même le dixième, cela fait 26 livres par jour.

À côté de cela, il y a la problématique des “vieux livres”. Enfin, vieux : qui ont plus de deux ans. Un libraire peut-il continuer à les stocker ad vitam eternam ? Et en racheter quand son stock approche de zéro ?

Est-ce à dire que ces livres ne mériteraient pas d’être vendus ?

Parmi les livres que j’édite, certains ont été écrits en 1976, 1984, 1988, 2004, 1923. Est-ce qu’il faut arrêter de les vendre ? Est-ce que les gens arrêtent de les acheter ?

Non et non.

Certains livres que j’ai mis sur Amazon Kindle en 2014 se vendent mieux aujourd’hui, en version papier comme en version numérique, qu’il y a 6 ans. Évidemment, la cause principale est que j’arrive à mieux trouver les lecteurs qui peuvent être intéressés par ces livres, en tout cas, j’ai le sentiment que c’est la raison principale. Car un livre auquel je ne touche pas, pour lequel je ne fais aucun effort d’amélioration de la couverture, de la description, des mots clés etc ne se vend pas plus. Il continue à se vendre un peu et c’est déjà pas mal…

Maintenant, je vends des livres pratiques, pas des fictions. Est-ce que ce que j’observe est reproductible avec le livre de fiction ?

Est-ce qu’un lecteur qui découvre un auteur qui écrit des livres qui lui plaisent est amené à en lire d’autres du même auteur, surtout s’ils sont à moins de 5€ en version numérique ?

Je vous laisse sur ces réflexions.

P.S. Ceux qui connaissent le principe de la longue traine ou celui des 1 000 fans trouveront dans ce billet de quoi mettre de l’eau dans le moulin. Je ne décris pas ces principes ici, mais je vous invite à les rechercher si vous ne les connaissez pas.

Bernd

Bernd

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